Étiquette : MBA
Notre avenir selon The Economist : Dickens ou Kafka ?
Contrairement à ce qui s’est passé jadis, la technologie (Internet) devrait détruire l’emploi, et dans de grandes proportions. Les start up sont les agents de ce changement. L’entrepreneur serait-il le prolo moderne ? Il est exploité par l’investisseur, qui le fait travailler nuit est jour dans des « accélérateurs ». Pour produire ce qui semble d’une étrange inutilité. S’il a de la chance, il sera absorbé par une grande entreprise, il en deviendra une sorte de chef de service. Malheureusement, le système éducatif ne forme par le personnel auquel est destiné l’emploi de demain. L’offre ne correspond pas à la demande. Les entreprises commencent à fournir des formations en ligne afin de mettre à niveau ceux qui peuvent l’être. Ce monde sera Orwellien ou ne sera pas. Google devient le nouveau General Electric. C’est un General Data. Il constitue un groupe d’entreprises qui collecte toutes les données possibles sur nous. Gigantesque NSA.
Insead, proie et ombre
Débat sur une plate-forme d’échange de l’Insead (à laquelle je n’ai plus accès suite à une évolution technique à la Obamacare) : le doyen de l’Insead va-t-il quitter la France ? L’histoire de l’Insead mérite un billet.
A note for English speakers.
As Insead new dean elects to stay in Singapour, this post looks at a paradox. Insead has been founded as the MBA for Europeans. An extraordinary success has ensued. Recently it has chosen to be “the business school for the world”. Since then it has been taken over by European schools that have stuck to their roots. Insead’s future is worrying. It has left a large and rich market for a non existent one. This post makes an assumption. Insead’s problem comes from its professors. Insead has tried to recruit US academics. For obvious reasons it could only get second tier people. (To know Ben Bernanke is the current dean’s apparent main feat of arm…). While Insead should have made its teaching staff in its image, the opposite has happened.
L’INStitut Européen d’ADministration des affaires fut une innovation. C’était une adaptation du concept de MBA à l’Europe. En fait, c’était une sorte d’executive MBA. Autrement dit un MBA court pour cadre ayant déjà une grosse expérience. En effet, en France et en Allemagne, le cadre est généralement Bac + 5, voire plus (docteurs allemands, corps de polytechnique…), alors qu’il est Bac + 3 aux USA. Succès remarquable. L’Insead a longtemps été LE MBA européen. On y venait, j’ai eu cette impression, lorsque l’on était intéressé par l’Europe. Par exemple certains élèves Japonais avaient préféré l’Insead à Harvard parce qu’ils comptaient mener une carrière en Europe (ou, du moins, leur employeur avait formulé ce projet pour eux).
Puis, changement. L’Insead devient « the business school for the world ». Que cela signifiait-il ? Que l’Europe était finie ? Que l’avenir était à la globalisation et à l’Asie ? Ce faisant n’a-t-il pas lâché la proie pour l’ombre ? N’a-t-il pas délaissé un marché, peut-être ringard, mais qui lui était acquis, pour un autre, pour lequel la pâle copie de Harvard qu’il est n’a aucun intérêt, et qui d’ailleurs tend à ne prendre de la globalisation que ce qui l’intéresse ? L’Insead a lâché l’Europe pour Singapour ? Ne s’est-il pas fait voler sa place par des écoles qui n’ont pas eu son complexe de supériorité, et qui se sont adaptées sans renier leurs racines, comme HEC, l’ESSEC, l’IMD, l’IESE ?
Simple erreur stratégique ? Ce qui nous frappait, mes camarades et moi, lorsque nous étudions à l’Insead était le décalage entre le niveau des élèves et celui des enseignants. Les premiers étaient issus des universités d’élite, les seconds étaient, dans le monde des MBA, de division d’honneur. Et si le vice de fabrique de l’Insead avait été son incapacité à construire un corps professoral qui corresponde à son positionnement ? Et si c’était ce corps professoral qui avait mené le changement, en cherchant un terrain sur lequel ses caractéristiques aient été un avantage, alors que c’était lui qui aurait du se réformer ?…
MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine
Une présentation du MBA Management, Risques et Contrôle de Dauphine (je m’occupe du cours de conduite du changement).
Le MBA vise des personnes qui souhaitent :
- Prendre du recul par rapport à leur quotidien,
- Évoluer à l’intérieur ou à l’extérieur de leur entreprise,
- Bénéficier d’un encadrement de qualité dans une Université réputée,
- Bénéficier d’une connaissance de l’état de l’art en termes de management des performances, développant les leviers de contrôle des risques, les leviers d’apprentissage et la dimension éthique, en plus des approches classiques sur le sujet,
- Se poser les bonnes questions en fonction de chaque contexte organisationnel.
La formation s’adresse à ceux qui managent et à ceux qui construisent les dispositifs permettant à ces managers d’avoir les commandes. site http://www.mba-controle.fr/.
- Il est suivi par des gens qui, généralement, se sont distingués dans leur carrière, et qui cherchent un diplôme complémentaire pour accompagner un nouveau grade. Or, bien souvent, ils doivent leur promotion à un « exploit ». Et cet exploit est un changement. (Mais ils ne s’en sont pas toujours rendu compte.)
- En outre, je crois qu’on en revient ici à la mission initiale du MBA (américain) : apporter les connaissances qui manquent à une personne qui a donné des preuves de son potentiel exceptionnel de management. Le MBA moderne est devenu une copie de l’ENA : il propulse des intellectuels au sommet de l’entreprise.
MBA internationaux
Les MBA se disent globaux, et pourtant, ils enseignent la même chose à tout le monde, dans une langue unique. Mieux : ils ne parlent pas de problèmes culturels ou multinationaux. La seule chose de globale chez eux est leur implantation, dans plusieurs pays. Voici, en substance, ce que dit un chercheur de l’IESE.
Êtes-vous un entrepreneur ?
MBA intelligent
Risques psychosociaux et entreprise
LORIOL, Marc, Agir contre le stress et les risques psychosociaux au travail, La documentation française, Août – Septembre 2010. Les entreprises désirent « faire quelque chose » pour éliminer les risques psychosociaux (« ne serait-ce que pour se prémunir contre le risque de sanctions juridiques »), mais ne savent pas quoi. (Elles ne sont pas aidées : la « vision classique de la prévention » est « à dépasser ». Elle oublie la « dimension sociale » de la question.)
- Le « manque de reconnaissance » du travail effectué favorise le « trouble psychique ». Si ce que l’on fait semble absurde, le moindre imprévu – qui n’a peut-être rien d’anormal ! – provoque une souffrance. (Paradoxe : ce qui ferait souffrir ne serait pas le travail en lui-même, mais la perception que l’on en a !) Il faut « donner du sens au travail ».
- On retrouve du sens, de la « fierté », un « sentiment d’appartenance », quand on prend conscience de « l’importance sociale » de son travail. Il est aussi utile de permettre aux « salariés de définir collectivement ce qu’est le travail « bien fait » et de donner un sens positif aux différentes activités réalisées. »
- La « reconnaissance » vient d’abord de ses pairs. Aussi, posséder un « métier », un corpus de règles qui expliquent comment résoudre les problèmes que pose sa tâche, et le sentiment d’avoir une mission reconnue, rend imperméable à l’aléa. Mais il n’y a pas de « métier » si tout le monde ne lui appartient pas.
- La rupture du contrat moral implicite qui récompensait l’engagement personnel exceptionnel par une « carrière » a lui aussi créé un sentiment d’injustice, qui a fragilisé l’employé. La carrière doit renaître.
- Si le management n’a pas le même point de vue que l’employé sur ce que signifie bien faire son travail, il y a sentiment d’injustice. Il faut « associer les agents à la définition des projets de changement ».
- Il faut « réfléchir aux asymétries de pouvoir », les dysfonctionnements s’accumulent chez certains, qui en sont accusés alors qu’ils n’en sont pas responsables et qu’ils ne peuvent rien y faire. Ce qui passe par une reconception collective des processus de travail, afin d’éliminer de tels dysfonctionnements, et la « recherche d’autonomie collective ».
- Dans le même esprit, l’entreprise doit collectivement chercher une différenciation de son offre qui l’éloigne du stress d’une concurrence débilitante ; et des « solutions collectives » aux « difficultés dans le travail », notamment par des « espaces de régulation et de discussion », qui permettent apprentissage du métier, « performance collective » et règlement à l’amiable de conflits.
- Par où démarrer la réforme de l’entreprise ? « Une évaluation quantitative à l’aide d’échelles de mesure validées et intégrant les aspects organisationnels permet de dresser une première cartographie ; d’effectuer des comparaisons dans le temps et entre services afin de mieux détecter les facteurs de stress ou de protection et de convaincre les différents partenaires sociaux d’agir. Un comité de pilotage associant direction, médecin du travail, salariés et représentants syndicaux est alors chargée de poser un diagnostic et de proposer des réponses. » Mais surtout il faut « initier une démarche de détection et de résolution de problèmes « par le bas », au plus près du terrain et donc de la connaissance pratique des difficultés rencontrées ».
- Ce qui est décrit ici correspond quasiment point pour point au propos de mes livres. Or, je ne parle pas de santé mais de changements. Et ils sont vus de la perspective du patron. Ma rationalité est exclusivement économique. L’optimum économique serait-il un optimum humain, comme le disaient mes anciens, et vénérables, associés ?
Le diplôme ne prédit pas la performance
- Les sociologues ont montré que le principal critère entrant dans un recrutement n’était pas la performance, mais une culture partagée. Le diplôme serait-il une marque qui indique que le candidat a la bonne culture (celle des ses pairs), qu’il est de bonne compagnie ?
- L’armée a une façon intéressante de sélectionner ses généraux : ses officiers qui démontrent le plus grand potentiel sont envoyés à l’école de guerre. Traditionnellement c’était aussi le principe du MBA américain, qui apportait un complément de formation nécessaire au manager que son talent faisait accéder à une direction générale. Le diplôme reconnaissait une compétence, il n’était pas supposé la créer.
