Mariage pour tous

La bigamie serait une invention récente. A peine mille ans. Une invention du catholicisme.

Il a bien essayé d’en faire un péché mortel, mais ça n’a pas pris. En Angleterre, la pratique était courante, en France, les tribunaux considéraient le bigame comme un martyr d’intérêt public (à l’image d’Elon Musk, qui multiplie les ménages, pour repeupler la race blanche).

La preuve ultime qu’il n’y avait pas mort d’homme ? Contrairement à ce qui se passe pour le véritable crime, le nombre de femmes bigames était important.

Voilà ce que je retiens d’une émission de Jean-Noël Jeanneney.

Parent et divorcé

Quelques recommandations de quelqu’un qui a plutôt réussi ses enfants, en dépit de divorces :

  • Divorce : fatalement des tensions entre parents. Essayer d’en abriter les enfants (« les négociations sont dures, elles se répercutent sur les enfants »). Surtout « ne pas prendre à parti le gamin », « ne pas l’utiliser comme mesure de rétorsion, ou comme espion ». « Ce n’est pas parce que l’autre cache, qu’il faut cacher. », « jouer son rôle de façon neutre : pas oeil pour oeil. » 
  • « Sortir du contexte judiciarisé du divorce. » Le droit français empêche le contact humain et encourage la surenchère, et envenime les relations. Penser « médiation ». « Le meilleur investissement que nous ayons fait. » 
  • Adopter des « rituels », pour faire oublier les « souvenirs stressants ». 
  • L’enfant demande « de l’équité et de l’égalité ». Les meilleures solutions sont celles qui traitent les parents à égalité. Mais ne pas imposer une égalité mécanique, si l’on n’en a pas les moyens, par exemple pas le temps de bien s’occuper de l’enfant que l’on a en garde. Il vaut mieux faire peu et bien, que beaucoup et mal. « Faire quelque-chose qui marque les esprits. »
  • Attention, l’enfant n’est pas un ange. Il peut aussi profiter de la situation, et manipuler ses parents. « Faire plaisir aux enfants, ne leur rend pas service. » 
  • Vigilance. Enquêter, notamment auprès des professeurs, pour connaître les réactions de l’enfant. Il est important que les parents se parlent, et se parlent de l’enfant, et qu’il le sache. En outre : « le jour où on s’est reparlé, ça a été apaisant pour l’enfant. »
  • « Assumer son rôle, sans se débiner ». Jouer son rôle de père ou de mère. Tenir ses engagements. Adopter une attitude respectueuse par rapport à son ancien conjoint, en particulier. Cela paie à long terme. 

Au fond, mon interviewé aime ses enfants. C’est peut-être la recette du succès. Si l’on aime, on se pose de « bonnes questions » et on les résout. « Aime et fais ce que tu veux », de Saint Augustin. En tout cas, être divorcé ajoute un sérieux handicap à l’exercice. Et cela doit énormément compliquer la vie personnelle. Je soupçonne que les égoïstes ne doivent pas divorcer.

(Précédent billet sur la question.)

Enfants et divorce

Un divorce près de chez moi. Constatant que les enfants vivent mal le divorce de leurs parents, j’ai décidé d’enquêter. Qu’ont fait ceux dont les enfants s’en sont bien tirés ? Premier billet sur deux.

Premier contact. Première constatation frappante. Le divorce, c’est violent, à un point que je n’imaginais pas. Sans aller chercher très loin, j’ai immédiatement trouvé des divorces qui s’étaient fait alors que les enfants avaient quelques mois, voire n’étaient pas nés ! Je ne m’y attendais pas. Mais, c’est normal, à la réflexion. C’est lorsque l’on est plein de vigueur que l’on est sensible au nouvel amour. Tout de même, cela donne envie de créer un mouvement pour les droits de l’enfant. Et pourtant, les parents en question sont des amis. Des gens estimables, selon moi. Le divorce est une pathologie sociale, aurait sûrement dit Durkheim. D’ailleurs, le divorçant est souvent divorcé. Le divorce n’est pas une question de genre. Un partout, le gamin au milieu ? Car, de l’avis même des parents, le divorce est un traumatisme pour les enfants, il laisse de premiers souvenirs marquants. Et, on ne peut pas y faire grand chose. Les parents sont emportés par les événements. On ne peut que guérir, pas prévenir.

Carla Bruni parlait de son enfance, à France Culture (A voix nue). Elle a peu vu ses parents, mais ils ont créé pour leurs enfants un univers protégé, ce dont elle les remerciait. Ce qui a fait qu’elle n’a pas perçu, qu’en fait, ils menaient des vies séparées. Et qu’elle n’avait pas le même père que sa soeur. C’était ainsi qu’opérait la noblesse d’antan.

Mais tout le monde n’a pas la chance d’avoir des parents nobles, et riches. Prochain billet : divorcé et parent.

L'éternel mari

L’éternel mari rencontre l’éternel amant. Ils ont partagé une femme. L’un est moche et lâche, l’autre, grand et beau. Tous les deux traversent une période de désarroi et de chaos. Rien ne va plus. Le premier a perdu l’épouse sans laquelle il n’est rien, le second la fortune nécessaire à ses conquêtes.

L’épreuve va-t-elle les transformer ? En faire des êtres humains dotés d’un coeur ? Mais la chance tourne, et ils reviennent à leur nature, comme si de rien n’avait été.

L’homme est-il incapable de changer ? Est-il « éternel » ?

Le couple idéal ou la fin du divorce

L’observation me fait croire que le coupe idéal est le couple complémentaire. Il y en a un qui est méticuleux, l’autre créatif… C’est peut-être ce que Durkheim aurait appelé « solidarité organique ».

Mais la diversité est aussi une cause de divorce : Tu ne ranges jamais rien !

Peut-être que le secret du couple heureux est là : aimer la différence de l’autre.
Peut-être aussi que cela demande souvent de corriger une erreur initiale ? On est allé vers l’autre, parce qu’il était différent, mais en pensant, qu’en plus, il aurait toutes nos qualités ? D’où désillusion. Mais elle n’a pas lieu d’être.

La violence conjugale, un fait social ?

On s’émeut des violences conjugales. Mais s’est on interrogé sur leurs causes ?

J’ai lu chez des spécialistes du mariage, psychologues ou anthropologues, que ce qui clochait était notre conception moderne du dit mariage. Il est supposé être fusionnel. Or, culture ou nature, l’homme et la femme ne fonctionnent pas de la même façon. L’homme résout ses problèmes seul, la femme en société. L’homme est fait pour vivre avec des hommes, et la femme avec des femmes ! (Mais ils peuvent avoir été faits par la société.) Mélanger les deux, sans précaution, conduit généralement au conflit.

Le plus curieux dans cette affaire est que l’on pourrait croire que c’est toujours l’homme qui est en tort. En effet, contrairement à la femme, qui est un as de la manipulation sociale, il en est resté à la science des cavernes. Il frappe. Et la justice, elle aussi demeurée dans les cavernes, ne comprend que la violence physique. Mais, mes livres disent aussi qu’aux USA c’est souvent la femme qui prend les armes. Serait-on en marche vers l’égalité ?

Couple

Comment un couple peut-il tenir ensemble ? Considérons l’éducation de l’enfant. Tout lui est permis, et on lui dit que tout lui est dû. Le couple est donc la réunion de l’égoïsme de deux enfants.

Pourquoi n’y a-t-il pas plus de séparations ? Peut-être que l’égoïsme a ses lois. Après tout, la guerre en a bien, et la guerre n’est probablement qu’un affrontement d’égoïsmes. Ensuite il y a certainement une forte pression sociale à la conformité. Enfin, le modèle américain de l’entreprise qui prend totalement en charge le cadre de haut niveau, en échange de son âme et d’une disponibilité totale, ressemble beaucoup à une cellule familiale.

(Et si ce modèle d’entreprise était à l’origine de notre modèle de société ?)

Mariage pour tous

« il y a toujours à craindre pour un ménage trop isolé et qui se nourrit d’amour seulement. (…) C’est l’institution qui sauve le sentiment. » Alain, Propos sur le bonheur, 14 décembre 1912.

Autrement dit, ce sont les contraintes externes qui font la solidité du couple, pas l’attraction mutuelle.

Cette prévision semble avoir été validée par l’expérience. Depuis que l’on a imaginé que le mariage devait être d’amour, les ménages se sont mis à divorcer.

(Il y a de rares exceptions.)

Couple durable

Le couple moderne est bâti sur la passion. Curieusement, Bergson dit que le principe même de la société est d’éviter la passion. Car elle est destructrice. C’est pourquoi il y a la raison et les règles sociales. Hobes dit à peu près la même chose : l’état de nature, c’est la guerre de l’homme contre l’homme. C’est la société qui apporte la paix. 
Peut-être cela explique-t-il qu’il y ait autant de divorces ? Le couple durable est celui qui parvient à dominer les passions par la raison ? Qui bâtit une micro société ? 

François Mitterrand

Le témoignage d’Anne Pingeot montre un Mitterrand sympathique : un individu soumis à des passions humaines. Il est usuel de dire que c’est Rastignac. Il est plus que cela : c’est le « leader » des théories du changement. Il a du pouvoir sans pouvoir. Il a une puissance de séduction inconcevable. Cette séduction ne s’exerce pas tant sur les individus que sur les foules, sur les assemblées qui en font leur chef. En 65, grâce à une combinaison invraisemblable d’alliances contre nature, David ébranle de Gaulle. Est-ce là que son avenir s’est joué ? Peut-être, aussi, a-t-il semé les graines de 68 : il a montré les failles d’un édifice qui semblait formidable ? Mais miner les bases du royaume dont on veut remplacer le souverain, est-ce bien procéder ? Mitterrand, plus Talleyrand que Rastignac ?