Mandrin

Mandrin aurait trois cents ans cette année.

Ses exploits n’ont duré qu’un an. C’était une sorte de bandit de grand chemin, du Dauphiné, qui faisait la contrebande du tabac. Son innovation fut de forcer les représentants de l’Etat à acheter ce tabac.

Mandrin était un criminel qui avait le sens des relations publiques. Surtout, en ces temps, la France était une kleptocratie. Le roi avait confié le peuple aux fermiers généraux, des truands. Ce qui encourageait la contrebande. Et rendait sympathique le contrebandier. Surtout lorsqu’il terrorisait le truand.

On comprend mieux ainsi les raisons des droits de l’homme et de la révolution ? Et des dangers d’une société de classes, dans laquelle l’élite ne considère pas le peuple comme humain ?

(Une émission de 1975. Louis Mandrin, sans sa légende.)