5ème république, mal de la France ?

The USA, the UK and France, which have led the democratic world, are all suffering problems with their constitutions. But the problem is most acute in France, where President Macron has lost his parliamentary majority, and forced his pension reforms through by decree. But worse is to come; Macron can only serve as President until 2027 and will leave a vacuum at the heart of French politics when he steps down. And unlike Charles de Gaulle, he doesn’t seem likely to leave an enduring movement or an obvious successor. He hoovered up centrist support when he swept to power, and his main rivals now are either far-left or far-right. They both are populists, anti-NATO and pro-Putin. Edward Stourton explores if France is heading towards a constitutional crisis and asks what political turmoil in our nearest neighbour might mean.

Présentation de France : a constitutional crisis in the making (sans point d’interrogation). Une émission de BBC4.

Il est curieux d’entendre parler de son pays par des étrangers.

La France file un mauvais coton, pense la BBC. M.Macron pourrait suivre l’exemple de M.Obama et transmettre le pouvoir à Mme Le Pen. Le problème de la France vient de sa constitution qui permet de la gouverner sans faire grand cas de l’avis du peuple. A cela s’ajoute le fait que M.Macron a siphonné les voix de la droite et de la gauche modérées. Il n’y a plus que lui et les extrêmes. Or, la constitution de la 5ème République, parce qu’elle n’est pas démocratique, leur convient très bien et permet de gouverner en étant minoritaire. Quel serait, pour le monde, l’impact d’une France, qui demeure une grande puissance, d’extrême droite ?

Constitution dysfonctionnelle, mais problème complexe. L’émission disait que, faute d’un système de partis forts comme en Angleterre, un régime parlementaire, celui de la 3ème ou de la 4ème République, est instable.

La solution est peut-être, comme dans toutes les démocraties, entre les mains du peuple ? Tant qu’il se comportera de manière irresponsable, il sera ingouvernable ?

Mat en deux coups ?

Devenu nounou, l’Etat en France se veut protecteur (La Tribune de la semaine, de samedi matin.)

Notre gouvernement craint le mécontentement populaire, et pense que le salut est dans l’anesthésie. Mais la dette menace de nous enfoncer dans un cercle vicieux. Il faudrait prendre des mesures…

Les limites du jacobinisme jupitérien ? Quand on prend le Français pour un imbécile, il vous donne raison ?

Réchauffement et déluge

Ce blog est écrit plusieurs jours avant d’être publié. Il a du mal à rester dans l’actualité. Cela continue.

Les partis politiques anglais ont fait immédiatement la même analyse que lui (billet de dimanche, écrit vendredi) : la « transition climatique » n’est pas compatible avec l’électeur. Samedi matin, déjà, ils changeaient, radicalement, leurs programmes !

Il faut dire que, partout en Europe, les partis anti « valeurs avancées » gagnent les élections.

Quant à M.Macron ? Il donne la « planification écologique » comme « cap » à son gouvernement. Après lui le déluge ?

Le chef de l’Etat a réaffirmé sa confiance à sa première ministre, Elisabeth Borne, après le remaniement. En réponse aux critiques, il a défendu un « cap clair », en fixant la planification écologique comme une priorité de la rentrée. (Le Monde de samedi.)

Dîner avec le diable

Je lisais quelque-part que MM.Macron et Modi étaient inséparables.

Pourtant, on dit beaucoup de mal de M.Modi.

Comment interpréter l’attitude de M.Macron ? Real Politik ? Ou faut-il y voir un changement de principes de notre pensée collective ?

Jusque-là il n’y en avait que pour l’absolu. Il y avait le bien et le mal. Et pas question de transiger avec lui. A tel point que le « mal » étant partout, on ne pouvait rien faire, à moins d’utiliser des masses d’hypocrisie.

Et s’il fallait aller au delà du bien et du mal ? Et si M.Modi, M.Erdogan et leurs semblables représentaient quelque-chose qui nous échappe ? Sans aller jusqu’à approuver l’invasion de l’Ukraine par la Russie ou celle de Taiwan par la Chine, n’est-ce pas une question à se poser ?

Programme présidentiel

Mais on ne peut s’empêcher de penser que c’est surtout lui-même que le président de la République devra « remanier » afin de retrouver le souffle de 2017, lorsque dans son livre « Révolutions », il promettait de réformer l’école, de rétablir une forme d’égalité « réelle » des chances, et de redonner à la France son rang dans le monde. (Philippe Mabille, Tribune de la semaine du 15 juillet).

Un Etat ressemble à une « start up » : ce qui compte est le cap, il faut savoir « pivoter » pour finir par l’atteindre ? Ce qui demande d’avoir un amour propre pas excessivement chatouilleux.

Si ce n’est toi…

L’autre jour je lisais que M.Macron, à Marseille, réclamait qu’on ne lui reproche pas les décisions de ses prédécesseurs.

Ce qui est juste. Arrêtons de nous lamenter sur le passé. Où en serait-on si l’on avait dû reprocher au Français d’avoir collaboré ?

Ce qui est plus désagréable est l’arrogance. Ce qu’oublie de dire M.Macron, homme de la commission Attali, c’est qu’il a monté ce qu’il est en train de démonter. Il affirme avec autant d’aplomb une chose et son contraire. En cela, son comportement ne diffère en rien de celui des siens, notre « élite », mais que l’on retrouve aussi chez le moindre médecin généraliste.

Et si l’on acceptait de douter ? Douter n’est pas être faible. C’est la première étape de la réflexion, de la recherche de « sa » vérité, de ses convictions.

Le soleil se lève à l’Est

M.Macron est devenu le champion de la cause ukrainienne. Qu’en penser ?

Il se rapproche des pays de l’Est, qui sont pro-allemands, par leurs intérêts, pro américains et anti UE, par nature. Comme François 1er, et son alliance avec les Turcs, il encercle l’empire romain-germanique, à un moment où la France menaçait d’être isolée dans un cul de basse-fosse ?

Les Ukrainiens sont partis pour entrer dans l’UE. Qu’en penser ? Grande Europe ? Avec les Turcs, justement ? Pourquoi pas. Qui ne tue pas renforce. Cela forcerait l’UE à sortir de son repli frileux, et à revoir son architecture. Et, en projetant notre armée sur le front russe nucléaire, cela la contraindrait à la remise en cause.

En même temps

Relocalisation en urgence, besoin de place pour les usines, et Zéro Artificialisation Nette. Comment un président qui ne parle plus que d’industrie, mais qui a imposé le ZAN, va-t-il se tirer de ce paradoxe ?

Le « en même temps » de M.Macron a peut-être bien résumé le gouvernement de ses prédécesseurs : ils ont fait en même temps des choses contradictoires, comme en demander de plus en plus de l’armée, tout en lui coupant les vivres, ou encore une politique en même temps ultra libérale et sociale.

Nos gouvernants vont-ils atteindre l’âge de responsabilité ?

Le Financial Times, hier :

Demand for Europe factory space rises 29% amid ‘nearshoring’ rush
Manufacturers look to reduce dependence on China over geopolitical and supply chain concerns

The big one ?

Apparemment, M.Macron voudrait imiter M.Schröder. Message clair : mettre les paresseux au travail, en leur coupant les vivres.

Mais M.Macron s’est-il demandé ce que donnait un paresseux au travail ? Est-ce ce dont ont besoin nos entreprises ?

Le problème actuel de la France est structurel. La formation et les aspirations que donne notre société à ses membres ne correspondent pas à ce dont a besoin l’entreprise. D’où manque de compétence, et dépression. S’il y a des coupables dans cette affaire, c’est, principalement, les amis de M.Macron, nos précédents gouvernements. Comme M.Schröder, ils nous font payer leurs erreurs.

M.Macron semble penser que sa réforme des retraites a montré la faiblesse de son opposition. Mais a-t-il raison ? Si celle-ci considère qu’il s’en prend à la dignité humaine, ne pourrait-elle pas le faire tomber, lui et son gouvernement minoritaire ? (Ce faisant plongeant le pays dans le chaos.)

Aime et fais ce que tu veux

Voir Emmanuel Macron s’inspirer vingt ans plus tard des lois Hartz, toujours très impopulaires en Allemagne car elles ont aussi été le symbole d’une paupérisation d’une partie des travailleurs, ne manque en tout cas pas de piquant… Il suffit de traverser la rue, proposait-il à un jeune chômeur, pour trouver du boulot. Et si la formule devenait réalité, pour le meilleur, comme pour le pire ! (La Tribune de la semaine d’hier.)

Un ami suédois me disait que la France a la réputation, à l’étranger, de traiter ses salariés comme de la m…

Monsieur Macron serait-il fidèle à notre tradition ? Ou jouerait-il avec le feu ?