Réformes

Liste des réformes prévues par le gouvernement. Difficile de savoir de quoi il s’agit, et surtout de quantifier qui va gagner et qui va perdre (à court terme). Mais, il y a des sujets qui devraient toucher directement les syndicats, donc les voir résister. Par exemple, on dit qu’ils détournent l’argent de la formation continue. Or, il semble que l’on veuille le leur retirer. 
Le plus surprenant est que la CGT soit sur la défensive. Le gouvernement serait apparemment un négociateur habile. Comment s’y prend-il ? N’y a-t-il pas le risque, une fois de plus, de vider les réformes de leur contenu, en échange du calme ? 
Principal enseignement : le gouvernement semble savoir masquer ses intentions.

Macronite

On parle de Macronite. Pour ma part, j’écoute les informés de France Info et j’y entends à chaque fois des gens extrêmement critiques, parfois aux limites de la correction, de M.Macron. Je ne suis pas sûr que ses prédécesseurs aient été aussi mal traités. On nous annonce un dictateur. On en appelle à « la rue« , qui lui fera rendre gorge. Car il n’a pas été élu démocratiquement, manifestement. 
Y a-t-il réellement une « Macronite », ou a-t-elle été inventée par des personnes fâchées que l’on ne partage pas leur haine de M.Macron ? Et la voix de ces personnes est-elle particulièrement bien portée par les médias ?

Macron et la Grèce

Yanis Varoufakis dissèque le Brexit. Chaque camp va faire le mal en voulant faire le bien. L’UE doit faire perdre l’Angleterre pour faire un précédent, et l’Angleterre est prêt à tout sacrifier pour mettre un  terme à la liberté de mouvement au sein de l’Europe. Alors qu’elles auraient tout à gagner à coopérer. 
Plus surprenant, l’homme qui est contre la globalisation, le fascisme et pour toutes les gauches les plus pures et aussi l’ami de M.Macron. Car M.Macron est le seul homme politique qui a cherché à comprendre les difficultés de la Grèce, et à aider ce pays… 

Technocrates

J’entends dire que le gouvernement est fait de technocrates. C’est apparemment un reproche. Avec l’aspect paradoxal que ce que l’on n’aime pas chez le technocrate, c’est qu’il est compétent dans son domaine. On ajoute qu’il est là pour faire pièce à l’administration, qui résiste au changement, et fait ce qu’elle veut du politique sans défense. Mais est-ce le rôle du politique de gouverner ? Le politique est législatif, il transforme la volonté du peuple en lois. Et le gouvernement les exécute. Et pour les exécuter, il faut être compétent. 
En France le parlement ne sert pas à grand’chose. La réelle émanation du peuple est le président. On est dans un cas de figure qui a été étudié de long en large par la littérature du management. Le bon « leader » est celui qui part de l’intérieur pour formuler une stratégie qui représente l’intérêt général.  « Je vous ai compris. » Alors, il l’applique d’en haut. En fait, la France est organisée comme une entreprise. Mais elle élit son PDG. 

Député normal

Pourquoi certains robots ont-ils quelque-chose d’inquiétant ? Parce qu’il sont presque à l’image de l’homme, mais pas tout à fait. Et c’est cette différence presque invisible qui nous met mal à l’aise. Voilà ce que j’ai lu. 
Eh bien, j’ai eu cette expérience. Un jour j’étais au marché. J’ai vu arriver un étrange petit personnage. Il était accompagné d’un photographe. Il avait un curieux sourire figé. Et il se plaçait derrière les étales. Des gens essayaient de l’approcher. Mais, il ne les voyait pas. Ou, plutôt, son attitude les repoussait. Je me suis demandé qui cela pouvait être. C’était le député de la circonscription. Il participait à un reportage. Monsieur le député va au marché. 
On entend dire que les Français de l’étranger n’ont plus honte de leur nationalité. Résultat de l’arrivée de M.Macron. Super Macron ? Ou « président normal » ? Quelqu’un qui se comporte comme ses collègues étrangers ? Et si c’était le sens du changement qui se déroule actuellement ? La France remplace sa classe dirigeante par des gens comme vous et moi ?

Le retour de l'Europe

L’Europe semble s’être réveillée dans l’adversité. On lui prédisait le populisme, les Anglo-saxons en faisaient un épouvantail. Mais l’arroseur semble avoir été arrosé, et elle pourrait être en train de se révéler dans l’épreuve.

M.Macron serait l’hirondelle qui fait le printemps. Et son projet de gouvernement ne semble pas tant français qu’européen.

Macron’s vision for taking Europe forward, which includes plans for a common eurozone budget, a finance minister and even a separate parliament for the currency bloc, is as bold as it is controversial.

Et les quelque peu mystérieuses réformes du code du travail pourraient y jouer un rôle  :

Macron’s La République En Marche (Republic on the Move) party is likely to dominate the National Assembly. That suggests he’ll have the votes necessary to push through labor market and other tricky economic reforms widely considered crucial to reviving the French economy.

(Citations venues du lien.)

Abstention

Comment interpréter l’abstention des élections d’hier ? Il y a la tentation, relayée par les journalistes, de penser que c’est un déni de démocratie, l’annonce de mouvements sociaux (pour la presse, une poignée de casseurs est bien plus démocratique que des millions d’électeurs), une désapprobation du gouvernement. Curieusement, les partis qui clamaient le plus fort ces thèses sont ceux à qui elles s’appliquent en premier. 
Hier, j’ai constaté que des amis ne savaient pas quoi voter. Ce qui n’était un déni de rien du tout. Simplement le constat que leurs repères étaient bouleversés. Un sondeur confirmait cette impression : ses études montraient que ceux qui étaient le plus résolu à voter avaient voté pour M.Macron aux présidentielles. En outre, traditionnellement, les élections législatives connaissent une faible participation : tout s’est joué à la présidentielle, et l’électeur ne veut pas remettre en cause le choix collectif. 
Bref, comme le disent certaines théories sur le changement, il semble qu’une grosse partie de la population attende pour se faire une opinion. L’abstention serait un doute légèrement favorable. 
(Le dit sondeur qualifiait Mme Le Pen de « loser« , elle a fait la preuve qu’elle n’avait pas la capacité de s’emparer de la présidence. Le FN ne sera jamais que marginal. Il est probable qu’il en est de même de tous les partis, en dehors de celui du président : aucun n’est plus crédible.)

Etat de grâce

La presse (médias) disait que les sondages se trompaient. Puis que M.Macron avait été élu par défaut et qui’l n’y aurait pas d’état de grâce. Tout cela était faux. Et, en termes d’état de grâce, M.Macron semble atteindre des niveaux inconnus depuis longtemps. 
Faut-il croire la presse ? Aurait-elle donné dans la prédiction auto réalisatrice ? 

Communication présidentielle

Je me suis interrogé sur la communication présidentielle. En fait, M.Macron semble avoir une vision très personnelle de ce que communiquer signifie. Tout d’abord, il semble prendre à contre-pied les usages. Jusqu’ici la presse faisait la pluie et le beau temps. Si je dénonce un ministre, il tombe, par exemple. Eh bien, M.Macron n’écoute pas la presse. En revanche, il semble écouter les grévistes. Leur fait-il des concessions ? En tout cas, ils sont calmés. Les grévistes, les syndicalistes, oui, la presse, non. 
Ensuite, il écrase la main de Trump, il le ridiculise en écrivant « make our planet great again », il retourne l’argument anglo-saxon utilisé contre la France : fuyez Trump, venez en France, il invite M.Poutine à la Galerie des glaces, il modifie l’actionnariat de STMS… C’est du de Gaulle, mais un de Gaulle qui manifesterait sa différence en se jouant des règles des autres, et non en cherchant à leur imposer les siennes. Des invités de France Info disaient, en substance, « cela est bel et bon, mais nous le jugerons sur ses actes« . Pour moi, cela pourrait bien être des actes. Albert Hirschman avait observé que le secret du changement réussi était « a bias for hope ». M.Macron fait aussi le diagnostic que ce qui nous manque est la confiance en nous. Il est possible qu’il cherche à la réinstaller. S’il y parvient, il n’aura pas besoin d’agir. Nous aurons pris les devants. 

Président de l'intérieur

J’entendais M.Macron parler du rôle de l’Assemblée nationale. Et ce qu’il disait me paraît original. Il me semble qu’il arrive au gouvernement après s’être fait des idées sur beaucoup de problèmes de notre société. C’est nouveau. Jusqu’ici régnait une sorte de cynisme. « Realpolitik ». Les hommes politiques n’avaient aucune idée purement à eux. Ils adoptaient celles qui leur convenaient le mieux. Leur seule ligne de conduite était leur intérêt. 
Pense-t-il bien ? Je n’en sais rien. Mais il illustre ce qu’on lit dans les livres de management (cf. John Kotter) : celui qui fait changer les entreprises part d’une analyse, de l’intérieur, des questions qu’elle a à résoudre ; il en tire une « vision ». Pour le reste, il répète, sans concession, ses idées. Surtout, il doit construire une coalition. Et multiplier les « petites victoires » (symboliques). Finalement, il fait entrer les changements dans la culture (au sens anthropologique) du groupe. 
M.Macron semble avoir pris cette voie.