Prophète

M.Macron aime-t-il les membres de LREM ? Envisageait-il qu’il serait rejoint par ces gens ? On pourrait se poser la même question pour Jésus Christ, Ayn Rand ou de Gaulle.

C’est la question que pose l’entreprise libérée. Un leader ne peut attirer que des suiveurs. Ce n’est qu’en se supprimant que l’on peut créer les conditions de la liberté. Les véritables disciples de M.Macron sont les Wauquiez et autre Mélenchon, qui font acte d’originalité.

(Le groupe que j’anime se définit comme « des libertaires fédérés par des projets communs ».)

PDG Macron

Selon moi, et quelques auteurs de management classiques, le rôle du PDG est de concevoir la stratégie et d’intervenir dans les « gros coups », notamment commerciaux. C’est très rarement ce que fait le Français. Cela tient en partie à notre culture. Mais aussi au fait que, pour pouvoir prendre de la hauteur, il faut construire une entreprise qui fonctionne sans soi. C’est toute la question de la « libération », qui est revenue récemment à la mode. C’est aussi le problème de la rentabilité de l’entreprise française qui est largement insuffisante. Résultat : elle subit les événements sans pouvoir en profiter. En particulier, elle demeure toute petite. Elle est limitée par les capacités de l’homme qui la dirige.

Une des particularités de M.Macron est d’avoir choisi la position du PDG que je juge correcte. Les conséquences de son action vont-elles me donner raison ?

L'ère du pragmatisme

Ce matin j’entendais parler de M.Macron et du Moyen-orient, et du Pape. Dans les deux cas, il en ressortait qu’ils étaient des pragmatiques (au sens du courant philosophique américain qui porte ce nom). Ils se gardaient bien des grandes déclarations, et des nobles principes, s’ils nuisent à la cause qu’ils servent. Ce sont des hommes d’action. (Ce qui peut surprendre pour un pape.) La parole étant un moyen et non une fin.

Et si l’on avait vécu un changement majeur ? Un de ceux tels que l’on en connaît seulement tous les demi siècles ? Celui du pragmatisme. Le temps des idéaux, des absolus et des discours d’intellectuels est fini ? Avènement d’une ère de l’action et de l’expérimentation ?

(Une introduction au pragmatisme. « Pragma » en grec signifie action. Il s’oppose à l’empirisme qui croit que le monde n’a pas de sens, et à l’idéalisme qui croit à l’absolu. Il pense que l’action de l’homme peut réaliser les visions de l’idéalisme dans un monde qui n’a pas de sens.)

LREM blues

Je lis ça et là que beaucoup de députés LREM se demandent ce qu’ils font dans cette galère.

LREM est une drôle de chose. Des amis qui ont fait de l’entrisme me décrivent un parti d’extra terrestres. Toujours est-il qu’il n’en émerge pas des talents politiques.

Ce n’est pas plus mal pour M.Macron. Il a décidé de réduire la taille de l’assemblée. Il pourra procéder à une sélection naturelle, sans regret. Seulement, il est douteux qu’il lui reste grand chose de réutilisable. Si l’on conserve le système électif présent, l’électeur hésitera peut-être à élire un zombie LREM…

Donc, il y a peut-être une logique dans le morcèlement politique inspiré des insoumis. Ces petits partis, à mâle dominant, ont un positionnement clair, et on peut s’y faire remarquer.

Vers une France de coalitions ?

Démocratie

Qu’ont en commun MM.Xi Jinping, Erdoggan, Poutine et Macron ? Ce sont des hommes forts, qui imposent un « changement dirigé ». Mais, aussi, ce sont des intellectuels. Ils ont fait oeuvre de philosophe. Ils ont conçu une théorie de la nation. Sa préoccupation est de réconcilier leur population avec elle-même et avec son histoire, éternelle.

Communauté et société aurait peut-être dit Tönnies. Le monde a eu la tentation de la « société », c’est à dire d’une vision de l’homme individu, libre de tout lien. La « communauté » revient au galop. La communauté, c’est l’homme défini, avant tout, par son appartenance au groupe.

(Inconcevable pour notre élite intellectuelle. Comment peut-on prétendre penser si l’on n’est pas diplômé de normale sup, et agrégé de philosophie ?)

Sondages

Du rôle de la communication dans la conduite du changement : M.Macron. Sa popularité est en hausse significative. Or, je suis frappé par l’hostilité que lui expriment les médias traditionnels. Lui-même semble avoir une vision désobligeante, pour nous, de la communication. Grands événements et presse people.

Confirmation de ce que disent mes livres : on nous juge sur nos actes, pas sur nos paroles ?

Monde à l'envers

Au paradis les policiers sont anglais, les garagistes sont allemands, les cuisiniers sont français, les amants sont italiens et tout est organisé par les Suisses. En enfer les policiers sont allemands, les garagistes sont français, les cuisiniers sont anglais, les amants sont suisses et tout est organisé par les Italiens. (La Dépêche du Midi.)

Un Egyptien ancien dit la même chose : l’enfer, c’est lorsque personne n’est à sa place.

Et aujourd’hui, qui décide ? Ce sont les grands patrons ou les hommes politiques. Mais en quoi le parcours du combattant qu’est la vie d’un entrepreneur ou l’ascension de la hiérarchie d’une multinationale ou d’un parti politique vous prépare-t-il à décider du sort du monde ? Et ont-ils, simplement, le temps de penser ? Quand aux gros intellects, que font-ils ? Ils sont payés par les premiers pour obéir à leurs ordres…

M.Macron change les choses. Il a absorbé les travaux de la Commission Attali pour en faire un programme politique. C’est mieux. Mais il a eu un bien pauvre filon à exploiter.

Force tranquille

Interview du ministre de l’éducation. Message que j’entends : on identifie les problèmes à résoudre, on cherche ce qui semble marcher pour le résoudre, et ensuite on met au point. Pas de révolution. On améliore ce qui existe. C’est la définition même du pragmatisme, au sens philosophique du terme. Et c’est totalement opposé aux affrontements idéologiques qui ont cours chez nous d’habitude. C’est une forme de désenchantement du monde politique. Le bulldozer Macron enterre 68.

(Par ailleurs, il semblerait que la côte de popularité de M.Macron s’améliore régulièrement : ce qu’il fait marche.)

Vide

Personne n’aime M.Macron dit la radio publique. Elle ne devrait pas s’en réjouir, car cela ne sert pas son camps. En effet, il n’a rien à proposer. Ce qui est curieux est à quel point notre président a fait le vide autour de lui. Non seulement il a récupéré ce qui était un peu opérationnel dans les idées de droite, mais il a absorbé une grosse partie de la bien-pensance de gauche. Il a même capturé le dernier écologiste vivant.

Que reste-t-il à ses opposants ? La nausée. L’angoisse existentielle. La confrontation avec le néant, ou l’absurde. Autrement dit, le changement. Kurt Lewin le décrit comm un dégel. Glasnost en russe. Il faut mettre en cause les principes en lesquels on croyait. Et en chercher d’autres, plus efficaces. Si la situation s’améliore, ces nouveaux principes gèlent. Changement de phase. De jeune con, on devient vieux con. Il y a cinq ans pour cela. Peut-être dix.

Maître du monde

Time Magazine parlant d’Emmanuel Macron :

But if Macron is proved right, France could emerge as a far more important global power than it has been in decades. If he wins re-election in 2022, after his first five-year term as President, he would leave the Élysée Palace in 2027 at a sprightly 49 years of age—with plenty of time to form a radically different post-presidential role for himself ( ) if Macron pulls off his transformation at home, the ambitions he has to change the world—not just France—could be within reach. That club, after all, has an opening for a leader.

Emmanuel Macron, maître du monde ?