Les revers de M.Macron

M.Macron est peu aimé dans son pays. A-t-il plus de succès dans sa politique extérieure ? Apparemment, dit Libération, il aurait fait preuve d’indécision en Europe, ce qui fera probablement que, quoi qu’il arrive aux prochaines élections européennes, il n’aura aucun poids dans le parlement Européen. Du coup, cela peut ouvrir un boulevard à un vote sanction. Il est sans danger.

Un président incompétent et impopulaire, un encouragement au mouvement social ?

Hubris jupitérien

Le ministre Gérard Collomb parlait du « manque d’humilité de l’exécutif », ai-je lu. « Hubris », disait-il aussi. Explication de ce que notre président est exceptionnellement impopulaire, selon les enquêtes.

L’hybris, ou démesure, était pour les Grecs de l’Antiquité la dérive d’un orgueil qui ne se retient plus. L’hybris attire un châtiment: la némésis, la destruction. Prométhée, Icare, Lucifer illustrent ce fatal enchaînement. (wikipedia)

Ce qui rend humble, je crois, c’est la difficulté, la contrainte. Jupiter, l’original, devait avoir une forme d’humilité. Car, il avait sans cesse des difficultés avec son épouse, qu’il trompait. D’ailleurs, ses aventures se terminaient rarement bien. La vie lui rappelait qu’il n’était pas un dieu.

Comme dit la « dialectique du maître et de l’esclave », la contrainte a du bon. Elle amène l’homme à se transformer, et à révéler un potentiel insoupçonné. Le Français, lorsqu’il répond au sondeur, essaie-t-il de créer les conditions qui permettront à son président de révéler ses potentialités ?

(En tout cas, ce type de message n’a pas été compris par ses prédécesseurs. Le pouvoir absolu corrompt peut-être absolument, mais, rend-il, aussi, sourd ?)

Vive les Danois ?

M.Macron rêve apparemment de diriger un peuple de Danois.

Il est possible qu’il y ait un accord national sur la question. Le Gaulois aussi rêve d’un président danois. Une personne simple, qui ne vit pas dans un palais, et pense qu’elle appartient à une communauté d’élus.

(Il y a d’ailleurs un précédent : lorsque les Danois, que l’on appelait alors Vikings, ont reçu en rémunération de leur pouvoir de nuisance le duché de Normandie, ils y ont fait régner l’ordre.)

Macronix, le Gaulois

M.Macron est un homme exceptionnel. Il a commencé son quinquennat par un discours louant ses prédécesseurs. En France, il n’y avait rien à jeter. Comme M.Poutine, il avait réconcilié Staline et les Tsars. Cela n’a pas duré. Selon les journaux, il ne peut jamais s’empêcher, lorsqu’il est loin de la France, de critiquer ses concitoyens. Il a recommencé au Danemark.

M.Mélenchon a flairé le sang. M.Macron est le portrait robot de ce que le Français adore haïr: la prétention et l’arrogance. « Le p’tit con qui nous prend pour des cons. » Ce qui a été le mal de quasiment tous nos présidents, et de nos généraux. Le propre de la Gaule ?

Le changement selon M.Macron

Marronnier de ce blog : le changement selon… Cette fois-ci, M.Macron. Tentative de décryptage :

Son modèle de l’Etat ? Celui de l’entreprise. Il est président d’un conseil d’administration dont il est le seul membre, il s’occupe du long terme est des « gros coups ». Il a écrit un livre sur les réformes qu’il comptait mener. (Une de ses caractéristiques est son flou quant aux questions de mise en oeuvre). Il a un plan, son gouvernement doit l’appliquer. Le premier ministre est directeur général, il exécute. Les ministres sont des directeurs fonctionnels.

Son modèle du Français ? Il estime que ce qu’il comprend, ce sont les actes pas les raisonnements. Le Français n’a pas de tête. Il est infime le nombre de gens qui ont fait des études. Par l’image de soi qu’il donne dans Paris Match, lorsqu’il s’adresse à un enfant, où lorsqu’il gesticule pendant un match de football, il veut nous faire ressentir qu’il partage nos valeurs, qu’il est l’un des nôtres.

A creuser.

Le talent de M.Trump ?

Il y a quelque chose d’étrange chez M.Trump. C’est un (faux ?) milliardaire, pourtant la classe des déclassés s’identifie à lui.

Par beaucoup d’aspects, M.Macron lui ressemble. Et pourtant il ne suscite nulle part la sympathie. En revanche s’il irrite, il ne provoque pas de rejet violent.

Cela a-t-il une importance ? Il n’y a que les hommes politiques qui aient besoin d’être aimés. L’électeur est utilitariste. Du moins, c’est ce qu’il me semble.

L'Europe : la Bérézina de M.Macron ?

M.Mélenchon en appelle au peuple. Mettons une « raclée » à M.Macron aux européennes.

Cela révèle l’image que M.Mélenchon a de nous : le garnement qui fait des niches à l’autorité. C’est une image répandue à l’étranger.

Que va-t-il se passer ? Le Français va-t-il sanctionner les grands airs de M.Macron ? Mais, cela ne serait-il pas suicidaire ? Car, dans un monde qui se régionalise, l’Europe prend une importance décisive pour notre prospérité. Or, elle est aux prises avec des nations qui n’ont pas notre intérêt en tête. Qu’il s’agisse de l’Allemagne hégémonique ou de l’assemblage hétéroclite de populisme et d’autoritarisme qui apparaît au sud et à l’est. La France sera-t-elle représentée par des partis dont le seul programme est de donner une leçon d’humilité à notre président ?

L'homme peut-il changer ?

Il y a quelque chose de commun entre les oppositions politiques françaises et américaines : elles essaient d’éliminer le président en place en montrant à quel point il est affreux.

Mais tout le monde le sait. Mais l’électeur estime que ce n’est pas un problème. Le problème c’est l’opposant. Pourquoi celui-ci ne s’en rend-il pas compte ? S’il le faisait, il pourrait certainement gagner facilement le pouvoir.

Ce n’est pas une question propre à l’homme politique. Qu’est-ce qui nous empêche de changer ? Probablement de multiples forces. La pression sociale, d’abord. Comment dire différemment des siens ? Et comment vivre, avoir une carrière, sans eux ? Mais aussi peut-on renier son passé ? Faute de pouvoir affronter la difficulté, on l’ignore. Et on se donne l’illusion d’agir, en cherchant la paille dans l’oeil du voisin ?

Effets imprévus des réformes de l'Etat

A une époque j’ai fait des missions dans le BTP. J’ai été surpris de constater à quel point ce secteur, et ses plus grandes entreprises, dépendait de la commande publique.

Le secteur public essaie de se réformer depuis des années. Cela produit souvent une élimination de la sous-traitance. J’ai aussi remarqué que certains cabinets de conseil travaillent gratuitement pour l’Etat.  Si la tendance se généralise, ce qui serait un moyen de se réformer sans licencier, l’entreprise va devoir se sevrer de son lien à l’Etat. La réforme qu’elle appelait de ses voeux risque de lui coûter cher. Et le carnet d’adresses du haut fonctionnaire ne va plus être une raison, pour le secteur privé, de l’embaucher.

Sécurité sanitaire

Turquie, dernière victime de M.Trump ? En tout cas, il semblerait que la dévaluation de sa monnaie, liée au sanctions américaines, rende les médicaments turcs hors de prix. Ils sont massivement importés.

Aujourd’hui, 22% des médicaments remboursés, en France, sont produits chez nous. Il est curieux qu’à une époque où l’on parle tant de sécurité nationale, la question soit ignorée. (Apparemment, M.Macron l’aurait évoquée, dans un débat avec Mme Le Pen…)