L'économie de M.Macron

Les hasards des suggestions de YouTube me font voir un ancien reportage de FR3 sur M.Macron. On interroge un de ses condisciples de classes préparatoires. En mathématiques une solution ne peut qu’être bonne ou mauvaise. Or, E.Macron, lui, trouvait une « troisième voie ». Une formulation séduisante.

Que peut-on déduire de cette remarque ? Faut-il être bon en mathématiques pour être président ? En tout cas, M.Macron pourrait manquer de sens critique. Donc se laisser embarquer dans des projets irréalistes. Mais, cette remarque ne parle peut-être pas tant de M.Macron que de la société. Le plus surprenant est que M.Macron a été sélectionné par l’ENA pour être inspecteur des finances. De plus, M.Attali disait aux reporters qu’il avait conseillé à M.Hollande de prendre M.Macron comme conseiller économique… L’économie ne serait-elle pas une question de rigueur intellectuelle ?

Gilets jaunes : comment sortir de la crise ?

Parlant de 89, Tocqueville a dit que plus l’on a répondu aux revendications des manifestants, plus ils ont pris conscience de leur malheur, et plus ils ont revendiqué. Comment arrêter le phénomène, avant que les mêmes causes ne provoquent les mêmes effets ?

Un éminent universitaire me répond que le problème vient de la technocratie. Elle est au pouvoir, partout. Elle n’est pas capable d’entendre et de penser. Elle ressort sans cesse les méthodes qui sont à l’origine de la crise. Il faut dissoudre l’assemblée. Une cohabitation forcerait le gouvernement à écouter et à faire fonctionner son cerveau.

Surprenant.

Mais n’est-ce pas la méthode Air France ? Une lutte qui semblait sans issue, une période de chaos. Et des gens qui pourraient avoir retrouvé leur raison.

Solidarité négative

Michel Cozier disait, qu’en France, il n’y a de solidarité que « négative ». Solidarité « contre ».

Gilets jaunes ? D’un seul coup, c’est l’unanimité. Et les partis politiques semblent parler d’une seule voix. Jusqu’à M.Macron qui joue le rôle qui convient à ce phénomène : celui du petit chef.

Comme me le disait quelqu’un qui comptait se joindre aux prochaines manifestations : comment cela va-t-il se terminer ?

(Comme prévu, M.Trump explique que la lutte contre le réchauffement climatique crée la pauvreté. Ce qui l’était moins, c’est que les manifestants, se rendant compte de leur pouvoir, retrouvent l’esprit de 68, et demandent de plus en plus.)

M.Macron va-t-il changer ?

M.Macron a quelque-chose de curieux. Il est vieux. C’est un faiseur de morale, dans l’esprit de la société pré-68. Celui qui a rendu fou la jeunesse de l’époque.

Aujourd’hui, il se trouve face à une épreuve formidable. Un consensus se dégage : si la France va mal, c’est le résultat de 40 ans de réformes. Ce à quoi M.Macron pensait apporter la touche finale est en échec. Il n’est pas à la tête de pays de retardés, qui refusent le progrès, comme il le pensait, c’est lui qui se trompait, et le peuple qui avait raison.

Comment va-t-il se tirer de ce mauvais pas ? Peu de gens peuvent survivre à une telle remise en cause. Est-il capable de rajeunir ?

(Dommage qu’il n’ait pas assisté à la conférence donnée par J.Fradin, N.Guiny et le groupe Saretec : on y parlait de sa situation.)

Donner aux riches

Une théorie veut qu’il faut donner aux riches pour enrichir les pauvres. Apparemment, MM.Macron et Trump auraient choisi cette ligne de conduite. Cela semble marcher en Amérique, pas en France. On lit même que les gilets jaunes rappellent l’amorce du mouvement 5 étoiles italien…

Et si M.Trump croyait moins aux cadeaux qu’aux compensations ? Il a donné aux riches pour qu’ils acceptent un protectionnisme qui fait monter le niveau de vie du pauvre ?

Réformes systémiques

Et si les gilets jaunes avaient un mérite ? Ils montrent le vice des politiques gouvernementales. Elles consistent à prendre des décisions sans mesurer leurs conséquences, et, ensuite, à accuser celui qui les subit des dommages qu’elles ont occasionnés. C’est la politique comme science abstraite. Elle prétend transformer la société, par de simples réformes, grâce à la main plus ou moins visible de l’économie.

Si le gouvernement comprenait qu’une société n’est pas une équation, un grand changement aurait peut-être été réussi.

Femmes jaunes

Informations ce matin. Femmes « gilets jaunes » d’un côté. Au milieu des casseurs. « On n’arrive plus à nourrir nos familles. » Autre manifestation : contre les violences faites aux femmes. Cette fois-ci pas de casseurs. Dignité.

Est-ce la même France, dans ces deux défilés ? Pourquoi les femmes du second défilé ne se reconnaissent-elles pas dans le premier ?

(En écoutant ces gens, j’ai pensé que vu le peu de chances que leurs revendications aboutissent, se livrer à de tels agissement montre qu’ils ne doivent plus avoir beaucoup d’espoirs.)

France en colère

Gilets jaunes, infirmières en colère, maires en colère… si j’en crois Le Monde, la France est en colère.

La raison ? Le « mépris » du gouvernement.

Le gouvernement a les moyens de son mépris. Ces coléreux n’ont pas de députés ou de syndicats. Ils ne peuvent rien contre lui. Alors, il applique des réformes qui semblent avoir les caractéristiques de celles de M.Schröder : appauvrir les pauvres ?

Moins méprisant, serait-il plus efficace ? Et si c’était la ligne politique suivie depuis des décennies, un peu partout dans le monde, qui était la cause des difficultés du moment, voire de la non durabilité de l’espèce humaine ? Et si le malaise des populations était un symptôme et non une cause ? Et si le rôle d’un gouvernement en démocratie était d’écouter et, surtout, de comprendre ? D’autant qu’il se dit élite intellectuelle ?

(La justice, elle aussi, est en colère, ainsi que les policiers.)