Que veut le peuple ?

J’ai regardé le fil twitter du « grand débat« . D’un côté les annonces du gouvernement, de l’autre des insultes. J’ai bien peur que le gouvernement ait fait le contraire de ce que je lui conseillais en janvier.

Que veut le peuple ? Comme cet agent de la DGSE qui disait, dans une émission de France Culture, qu’il en apprenait beaucoup des taxis, mes sources ne sont pas représentatives. Mais, elles me font penser que le Français en veut peu. Il constate que ce qui marchait ne marche plus. Il a l’impression que ceux sur lesquels il devrait pouvoir se reposer le trahissent (plus par incompétence que par malhonnêteté ?). Il aimerait, simplement, que tout le monde fasse son travail correctement.

Le gouvernement l’a-t-il fait ?

L'extraterrestre Macron ?

Politico EU donne des nouvelles des institutions européennes. On y rapporte les déclarations de M.Macron. Je m’interroge. M.Macron semble parler en son nom propre. Deux questions. Ne devrait-il pas se préoccuper de son opinion nationale, et s’assurer qu’elle sait, et est d’accord, avec ce qu’il dit ? Ce qu’il dit, justement, est-il jugé pertinent par les autres chefs de gouvernement européens ?

Je me demande s’il ne ressemble pas à George Mikes. George Mikes, Hongrois installé en Angleterre, explique que les Anglais ne savent pas parler anglais. Le véritable anglais est celui qui est parlé en Hongrie. Et si M.Macron avait inventé son « libéralisme », et si, d’une part, il découvrait que ce n’était pas celui des libéraux, et, d’autre part, qu’il n’est plus à la mode et que ce qui l’est est ce qui fait que la nation qui l’a élu résiste au libéralisme, comme elle a résisté à la guerre d’Irak ?

M.Macron à Paris

La mairie de Paris pourrait-elle échoir aux amis de M.Macron ? C’est ce que l’on dit.

Le camp Macron est convaincu que la ville est macroniste. Est-ce vrai ? M.Macron doit séduire le Bobo de droite (trader), mais pas le Bobo de gauche (universitaire ou fonctionnaire). Et il y a une importante minorité anti-Hidalgo, façon 16ème, qui ne doit pas se reconnaître dans les valeurs « avancées » de M.Macron.

Reste que M.Macron pourrait réitérer le coup de la présidentielle. (Voilà ce qui éclaircirait un mystère : pourquoi est-ce que LREM présente autant de candidats maires.) Il y a certainement une volonté de « dégagisme » à Paris, et un disciple de M.Macron serait la seule solution crédible. Seulement, y en a-t-il un qui soit compétent et expérimenté ? Un débat entre ce candidat et Mme Hidalgo finirait-il comme celui du second tour de la présidentielle ? Même en France, il y a des limites au règlement de comptes ?

M.Macron et les intellectuels

Lundi dernier j’ai été surpris de constater que l’émission que je voulais écouter était remplacée par un débat entre M.Macron et les « intellectuels ». Je n’ai pas écouté mais j’ai cherché à savoir s’il valait la peine de m’intéresser à la question :

France Culture rediffusait des prises de parole de « philosophes », lors du débat. Dramatiquement insipide. Je doute que Tocqueville, Victor Hugo ou Proudhon aient tenu ce type de propos à Napoléon III. Quant aux journaux, ils n’avaient pas, non plus, grand chose à rapporter, sinon que la séance avait duré longtemps. Même Fidel Castro se serait lassé.

Comme un grand maître d’échecs, M.Macron fait des parties simultanées avec une soixantaine « d’intellectuels ». On est loin du temps de Frédérick II et de Voltaire. Qu’en déduire de l’estime que M.Macron porte à son propre QI, ou de celui de « l’intellectuel » ?

Le Français refuse la modernité

Le sociologue Alain Touraine déclare que la France « refuse la modernité ». (A voix nue, France Culture.)

Mais qu’est ce que la modernité ? Pas très clair. Cela semble avoir été l’usine contre le champ, dans le passé. M.Giscard d’Estaing. M. Rocard contre M.Mitterrand, à gauche. C’est même ce qui aurait défini le courant politique représenté par M. Rocard ou M.Delors, aujourd’hui Emmanuel Macron. Effectivement, dans Révolution, M.Macron dit qu’il veut faire entrer la France dans la « modernité ».

Mais, après guerre, la France a-t-elle refusé la « modernité » ? Et, à l’heure du Brexit, de M.Trump, du mouvement 5 étoiles, de la lutte contre le réchauffement climatique, du dirigisme triomphant et du protectionnisme, où sont les champions de la « modernité » et qu’ont-ils à proposer qui enthousiasme les peuples moins arriérés que le nôtre ?

Les Gilets jaunes expliqués par Albert Camus ?

Relecture de L’homme révolté de Camus.

Camus oppose la révolte à la révolution. La révolte est une réaction, qui cherche à améliorer les choses. Elle vient « d’en bas » de la société, de la réalité. La révolution vient d’en haut, c’est une utopie, une abstraction simplifiante, qui prétend être la réalité. La révolte produit une renaissance, la société comme oeuvre d’art, un épanouissement de l’homme. « Je me révolte donc nous sommes. » La révolution est un « nihilisme », elle détruit, elle fait de l’homme un robot. Son moteur n’est pas l’intérêt de l’humanité, mais la volonté de puissance.

M.Macron a appelé son livre « Révolution », sa Révolution aurait-elle provoqué une révolte ?

(La révolte, c’est la pensée complexe, la révolution, la pensée simplifiante, dirait Edgar Morin.)

Génération Macron

L’inspection des finances me semble avoir produit une génération qui ressemble à M.Macron. Génération de révoltés. Ils veulent s’évader de l’administration, qu’ils haïssent, et, surtout, la combattre. Ils se disent « entrepreneurs ». (J’en ai rencontré quelques-uns.)

Paradoxe : ces « entrepreneurs », qui ont passé trente ans le nez dans des bouquins, se révoltent contre un système qui leur a donné, très jeunes, tous les pouvoirs sur nous et sur l’Etat. Sans lui, ils ne seraient rien. 68, 50 ans après.

Et si l’on examinait l’idéologie inculquée par l’ENA ?

Les réformes du président Macron

Depuis son élection, je m’interroge sur ce que le président Macron a en tête. Je lui ai prêté un temps une vision subtilement systémique. Une fois de plus, j’ai eu tort.

Un débat que j’animais il y a quelques temps conclut que le programme de M.Macron aurait, en quelque sorte, pour principe fondateur qu’il y a du travail de l’autre côté de la rue. Ses réformes seraient doubles. D’une part simplifier les licenciements, surtout rendre leur coût prévisible. La difficulté à licencier briderait l’élan vital de l’entrepreneur. D’autre part, la « start up nation ». Les start up nageraient dans l’argent de l’Etat. Même l’Allemagne ne ferait pas mieux.

Cela ne semble pas marcher. Y aurait-il quelque-chose d’erroné dans les hypothèses faites par M.Macron ?

Des amateurs à l'Elysée ?

Affaire Benalla. La presse parle d’un rapport d’une commission du Sénat. On affirme que c’est méchant. Vraiment ?

Ce que je retiens de ce que j’ai vu, c’est qu’il est dit que l’affaire Benalla, commencée le premier mai, aurait dû être terminée le deux. C’est une sorte de licenciement pour faute grave. Pourquoi traîne-t-elle ? Hold up du siècle : un gang d’amateurs s’empare de l’Elysée ?

Sens de l'élection

Que signifie être un « peuple élu » ? Etre l’esclave de Dieu. Un Dieu terrible, incompréhensible à celui qui croit le comprendre. Comment obtenir de son peuple une attention et une crainte permanentes, autrement ? (N’en est-il pas de même de « l’élu du coeur » d’une femme ?)

Et nos présidents ? Eux aussi ont été élus par un Dieu terrible. Pourquoi sont-ils surpris qu’il ait des colères terrifiantes lorsqu’ils ne lui prêtent aucune attention ?