Paris est une poubelle ? (Suite)

Décidément, le réservoir des inconnus de La République En Marche est sans fond. On annonce qu’après M.Villani, le mathématicien qui ne fait plus de mathématiques, M.Griveaux, l’exhibitionniste honteux, et Mme.Buzyn, le médecin qui ne fait plus de médecine, un certain M.Guérini, homme d’affaires qui ne fait plus d’affaires, se présenterait à la Mairie de Paris. Un autre sacrifié ?

Ces équipes d’inconnus ont, en fait, des origines connues. LREM a joué les voitures balai des ambitions déçues. Il y a, par exemple, les ex Jupé, derrière le premier ministre. Mais aussi les ex DSK, généralement des anciens d’HEC, comme lui, et leurs proches. Profils identiques : aucune expérience et la fréquentation précoce des cercles politiques, auxquels ils apportent leur génie attesté par leurs diplômes. Ce sont les startupers de la politique. Ils ne savent rien sinon que tout est à changer. Le gouvernement est entre les mains de bandes de copains. Il suffit de lire wikipedia, et de suivre ses liens pour s’en convaincre.

Le népotisme est-il un mal ? Tout dépend ce que cela donnera. On ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs. La fin justifie souvent les moyens…

(A moins que M.Macron ne trouve, au niveau local avec lequel il se réconciliera peut-être, des hommes politiques solides qui remplacent son équipe de bras cassés ?)

Le coronavirus fait la révolution ?

Le coronavirus a-t-il réussi là où Révolution a échoué ? Depuis que la France est France, nous avons des dirigeants de droit divin. Eh bien, aujourd’hui, France Stratégie (l’ex commissariat au plan) s’interroge. Où allons-nous ? Ne faudrait-il pas mettre en cause nos certitudes ? Et nous demande de l’aide.

préparer un redémarrage qui tienne compte des erreurs du passé pour ne pas les reproduire, réévaluer nos priorités et nos besoins, avec le souci du long terme, dans le respect de nos engagements environnementaux, de nos libertés publiques, et de nos droits sociaux. (Appel à contribution.)

Etat de guerre

M.Macron parle de guerre, M.Trump réquisitionne General Motors, les Chinois construisent des unités d’isolement pour éviter à leur système hospitalier d’être engorgé.

En France, on cause, ailleurs, on agit ?

La France a toujours eu du mal avec la mobilisation. Si l’on en croit Marc Bloch (L’étrange défaite), en 40, elle n’a réussi ni à mobiliser son armée (ses officiers ne croyaient pas en leurs troupes), ni les usines d’armement (en grève). En revanche, les USA, ont construit un plan de bataille économique, et l’ont appliqué. Dans ces circonstances, il faut débrancher l’économie de marché, et la démocratie.

Exemple de « changement dirigé ». Il y a certaines circonstances dans lesquelles on sait ce que l’on doit faire. Alors, on s’organise pour le faire.

M.Macron peut-il être victime de l'effet Macron ?

On me disait que rien n’était écrit : M.Macron pourrait perdre les prochaines élections. Mais, n’est-ce pas improbable ? L’opposition se ridiculise un peu plus tous les jours, l’élection se jouera donc entre lui et Mme Le Pen ?

Mais n’ai-je pas toujours tort ? Et si, après les Gilets jaunes et la « liste citoyenne » de ma commune, apparaissait un mouvement citoyen emmené par une autorité morale ?

Peu probable, mais il y a le précédent Macron, a poursuivi mon interlocuteur.

(Il y a le modèle « Lean start up » : avec le logiciel dont on dispose il est facile et rapide de monter un Amazon. Et s’il existait la « Lean start up nation » : la population a atteint un tel niveau d’éducation qu’un groupe d’inconnus peut prétendre diriger le pays ?)

Le retour de la guerre froide ?

Trump / Sanders, Johnson / Corbyn, Macron, Poutine, Xi Jinping. Déjà vu ?

Mêmes profils que les leaders politiques du temps de la Guerre froide ?

Les analyses universitaires de la vie politique moderne concluent à un rejet de la « société du diplôme », qui a succédé aux trente glorieuses. Et si, implicitement, l’électeur avait décidé que la guerre froide lui avait été plus favorable que l’époque actuelle ?

Cédric Villani : quels mobiles ?

Election à la Mairie de Paris. Cédric Villani va faire perdre son camp.

Hervé Kabla recherche le mobile du crime. Il se demande si M. Villani n’est pas un sous-marin du parti socialiste. Sa défection aurait un prix. Pourquoi pas ?

Pour ma part, j’ai plutôt l’impression que, dans la tradition d’ancien régime française où les hommes de pouvoir sont « parachutés », M. Villani a cru qu’il pourrait monnayer sa médaille Fields contre un ministère. D’ailleurs, n’est-il pas normalien ? Il aurait pu être polytechnicien, et, probablement, ingénieur des mines, une race de parachutés. Un moment, M.Macron a été séduit, mais il ne l’a pas trouvé compétent, et il l’a oublié. L’injustice serait le motif de la révolte.

De la difficulté d’interpréter un comportement !

Retraites, corporatisme, libéralisme et Proudhon

Et si le combat des retraites était bien plus qu’une question d’intérêt financier ? Une thèse dont je parle depuis peu est qu’il pourrait s’y jouer la fin du corporatisme français.

Quel est le mobile du crime ? Le « libéralisme » ? Remplacer les corporations par le marché ? L’homme est un loup pour l’homme ? Après tout, de gauche ou de droite, toutes les forces qui influencent le pouvoir sont, depuis des décennies, libérales.

Seulement, il y « quelque-chose qui s’appelle la société », pour paraphraser Mme Thatcher. L’homme, comme l’animal, est lié à son milieu, et élevé par lui. Le libéralisme n’existe pas et n’a jamais existé. (C’est un fantasme d’intellectuel, qui croit devoir tout à ce qui se trouve dans son cerveau, et rien au reste de la société ?)

Or, entre le corporatisme et la « société d’individus » libérale, se trouve, justement, l’écosystème dont parle Proudhon. La société s’organise naturellement en groupes (ou en « équipes » ?), qui se coordonnent les uns par rapport aux autres, pour réaliser des tâches communes.

Vers une « troisième voie » ?

L'enjeu de la réforme des retraites : la fin de la France corporatiste ?

Une analyse originale (ici). Ce qui se jouerait avec la réforme des retraites serait un changement structurel de la France.

La caractéristique de la France serait un modèle corporatiste (cf. les fameux régimes de retraite). Il produirait une défiance généralisée, chacun se crispant, avec hargne, sur son intérêt mesquin, au détriment de l’intérêt général. Au delà de la question budgétaire, ce serait donc la nature de la France que le gouvernement aurait voulu changer. Il aurait voulu nous rendre sympathiques.

Voilà qui expliquerait la féroce résistance au changement de l’ancien régime.

(Corporatisme : un héritage de Pétain ?)

Ni vu ni connu, M.Macron manoeuvre

Qui sait ce que fait M.Macron ? Apparemment, il s’est rapproché de M.Orban. Or, M.Orban était dénoncé, hier, comme un affreux populiste. Que cherche à faire M.Macron ? Changer l’équilibre Européen au profit de ses idées ? Se rapprocher de l’est de l’Europe, Lebensraum allemand ?…

En tout cas, comment se fait-il que le représentant du peuple informe aussi peu le peuple de ce qu’il fait ?