Insubmersible Macron ?

Hier, Brice Couturier, de l’IFOP, parlait à France Culture : les rumeurs de mécontentement de l’électorat vis à vis de M.Macron ne seraient pas fondées. 

Certes, l’électorat ne serait pas enthousiaste, mais il n’y aurait pas de vague de rejet, comme il y en eût dans le passé, notamment à l’endroit de M.Sarkozy. Le niveau de mécontentement vis à vis de M.Macron serait revenu à ce qu’il était lors de son élection, après avoir culminé au temps des Gilets jaunes. Tout est écrasé par le coronavirus, et le citoyen estime que personne ne gérerait mieux l’épidémie que le gouvernement.

En dehors de Mme Le Pen, les autres personnalités politiques sont des épiphénomènes. 

France – Argentine match nul

Le gouvernement, en pleine crise, est parvenu à diviser le taux de défaillance des entreprises quasiment par deux. Je suis persuadé qu’il va réitérer son exploit. 

La difficulté que cela pose est que nos entreprises étaient déjà particulièrement fragiles, or, peu cherchent à s’améliorer, car elles attendent un retour d’avant, qui ne reviendra pas. 

Ce qui signifie une économie encore plus faible, alors que le pays aura pris encore plus de dettes. 

S’il ne parvient pas à faire que ses entreprises se transforment, si l’inflation repart, n’y a-t-il pas risque de faillite ? Argentine, étude de cas ? 

Scénarios présidentiels

 Elections présidentielles, le duel entre M.Macron et Mme Le Pen peut-il être bousculé ?

  • Scénario chaos : une partie des opposants à M.Macron votent Mme Le Pen. Elle a peu de chances d’avoir une majorité à l’assemblée, ce qui permet de faire reparaître, lors d’une nouvelle élection, les partis éliminés au premier tour. 
  • Scénario faiblesses de la force :
    • M.Mélenchon attaque Mme Le Pen sur son terrain, et termine dans les deux premiers, ce qu’il a essayé de faire la fois précédente. 
    • Une personne providentielle, à la Macron, émerge. Elle réédite le coup de M.Macron. 

Méthode détestable

« Encore une fois, le gouvernement use de cette méthode détestable qui consiste à faire payer ses cadeaux par les autres » (André Laignel, parlant de la politique de l’Etat vis-à-vis des collectivités locales.)

Toute la politique du gouvernement, depuis toujours : en prendre aux uns, pour en donner aux autres, et en perdre au passage ? Peut-être aussi, pour que ça ne se voit pas : monter les uns contre les autres, en faisant croire que l’un volait à l’autre, alors qu’il se trouvait que le financement en question était nécessaire à son fonctionnement, lui même nécessaire à la nation ? 

Et si, au lieu de diviser pour régner, notre gouvernement se demandait comment combiner nos forces de façon à ce que nous nous mettions à créer une richesse qui nous profite à tous ? 

Que change le changement de l'ENA ?

L’ENA devient l’ISP ? Cela change-t-il quelque-chose ? J’ai eu beau me renseigner, je ne vois pas de quoi il est question.

Qu’est-ce que l’ENA ? Un classement de sortie. Les premiers de ce classement entrent dans le corps des finances. Le corps des finances mène à la présidence de la République et à la direction de nos grandes entreprises. Or, on constate aujourd’hui que la gestion de la France ressemble à une pompe qui fonctionnerait à l’envers. Elle retire ses forces aux pays, et, pour compenser le manque à gagner, empile les dettes. Il se peut que l’on atteigne la limite de rupture. 

Le citoyen est, sans doute, irrité par le contraste qui existe entre l’arrogance d’une « élite » auto proclamée, un enrichissement sans précédent dans la tradition de la haute fonction publique, et le ridicule de ses résultats. 

On dit que le coq gaulois chante les pieds dans la crotte, mais s’il chante trop fort, on lui coupe la tête. Est-ce ce que M.Macron tente d’éviter, en changeant un sigle par un autre ? 

Réformer les réformateurs ?

 Coronavirus, temps des bilans. Pourquoi le pays est-il en mauvais état ? Résumé des épisodes précédents :

  • Depuis 74, nos gouvernants achèteraient l’opinion en ponctionnant l’entreprise. Perte de compétitivité, le tissu économique se contracte. 
  • Ils pensent que l’industrie et la ruralité c’est fini, que l’avenir est au service et aux mégapoles. (Pourquoi ?) Ils font une politique dans ce sens. 
  • Nos champions nationaux tireraient contre leur camp. Ils sont subventionnés par le contribuable français (« Etat brancardier »), mais font travailler des étrangers, et rémunèrent des actionnaires étrangers. 
  • Or, nos fondamentaux n’étaient pas bons. Les trente glorieuses ne le furent pas autant que cela. La France aurait profité, avec peu de génie et beaucoup de retard, d’une vague d’innovations mondiale. Il en aurait résulté des entreprises peu solides.
Tout cela aurait un même effet : pomper de l’argent, et du savoir-faire, français pour le donner à l’étranger. Le déficit qui en résulte est comblé par la dette, ce qui le rend, pour le moment, insensible. 
Cela change-il ? Le gouvernement a contracté des masses de dettes. Apparemment ll veut déverser cet argent le plus vite possible avant les élections. Du fait de la complexité de l’obtention de ces fonds, ils vont vers les multinationales et les métropoles, à l’envers de la lutte contre l’inégalité qui est son mot d’ordre. Et ils partent dans des projets, la transition climatique après la French tech, qui ne sont que des modes. Elles ont plus de chances de profiter à l’étranger qu’à notre pays, encore une fois ?

Relance : pauvres en dangers ?

J’entendais dire que le plan Biden allait relancer l’économie de la Chine. 

Toujours est-il que nos gouvernants sont avant tout extrêmement soucieux du court terme et ne tiennent pas compte des conséquences systémiques de leurs réformes. Ce n’est pas pour rien, qu’en cinquante ans, la France a accumulé une quantité colossale de dette, et se retrouve avec une économie anémiée. 

On ne parle que de « combler les inégalités ». Mais, ce qui risque d’arriver, c’est le contraire. Ceux qui sont armés pour profiter de la relance sont les grands (multinationales et métropoles), et les industriels (Chine et Allemagne). Or les plus faibles, individus, entreprises, et nations, sont à leur limite de flottaison…

(Il faut probablement relire Poor Economics : la définition même de la pauvreté est que le moindre incident devient un drame.)

Le coût du "quoi qu'il en coûte"

Voilà ce qui semble se dessiner :

Du gouvernement aux entreprises, en passant par l’administration, tout le monde a adopté un raisonnement à court terme, qui consiste à maintenir en vie le maximum d’entreprises « quoi qu’il en coûte », par la subvention et l’effacement de dette. 

Si c’est le cas, cela risque d’avoir de sérieux effets pervers : 

  • Gros « effet d’aubaine » (pas uniquement fraude, mais maintien sur une mauvaise trajectoire d’entreprises qui devraient et ont le potentiel de changer) 
  • L’argent, saupoudré, ne va pas où il faut « mettre le paquet », c’est-à-dire là où le pays a encore des forces qui lui sont propres.
  • La relance « écologique », qui semble la seule stratégie du gouvernement, est essentiellement industrielle (panneaux solaires, éoliennes, isolants, batteries…), et relancera avant tout l’économie chinoise, allemande ou autre… 

Tout le monde est anesthésié. Ligne Maginot acte II ?

Va-t-on se retrouver avec une économie en assistance respiratoire ? Avec une masse de dettes ? Qu’arrivera-t-il si l’inflation repart ? 

M.Macron : le défi de l'optimisme ?

Où est passé le peuple de gauche ? (plus exactement : comment expliquer et prévoir le vote des Français ?) se demande un article dont est tiré ce diagramme, qui rappelle les « perceptual mappings » des études de marché. 
Selon ce diagramme, le vote (de 2017) serait structuré par deux « perceptions » : la satisfaction vis-à-vis de sa vie, et la confiance en l’autre. Encore plus simplement dit, plus vous avez une vision optimiste de l’existence, plus vous tendez à voter pour M. Macron. C’est l’inverse pour Madame Le Pen. Cette analyse place M.Macron devant ce que les théories du management appellent un « stretch goal » : transformer le Gaulois en optimiste. 
Pour la psychologie, l’optimiste est celui qui est stimulé par l’aléa. (On comprend ce que stretch a de stretch quand on prend conscience de ce que signifie cet objectif !) Or, nous sommes dans une crise quasi séculaire, et c’est dans les crises que change ce type de perception. Ce qui va faire bouger l’opinion est la perception de la façon dont elle va traverser les événements à venir. 
Dans ces conditions, quelle est la meilleure stratégie ? « Etat paternaliste » ou « on s’y met tous ensemble » ?

Vaccinés par McKinsey

Hier, je lisais que le gouvernement avait pris McKinsey pour le conseiller quant à la logistique de la vaccination. Mauvaise publicité pour McKinsey, disait l’article. 

Ce qui pose surtout beaucoup de questions. En effet, notre Etat a traditionnellement était un champion de la logistique, en particulier en ce qui concerne la vaccination. Dans un autre domaine, la transition à l’euro a été impeccable. Et, à moins qu’elle ait été démantelée pour cause de réforme financière, l’agence de la Biomédecine est extrêmement efficace. C’est elle qui gère les greffes, elle est informée de la disponibilité d’organes à greffer quasiment en temps réel, et organise ensuite la convocation de la personne qui doit subir la greffe, son opération, et le transport de l’organe parfois d’un bout de la France à l’autre, au plus vite, et en employant des techniques de planification étonnantes (qui font parfois appel à la Garde républicaine pour dégager la route !). 

Que nous arrive-t-il ? L’Etat est devenu incompétent ? Le gouvernement copie la multinationale : il monte une organisation de consultants en parallèle d’une structure qu’il ne sait pas diriger ?…