Vaccin et responsabilité

Que sait-on du vaccin contre le coronavirus ? Qu’il n’est pas totalement efficace, mais qu’il peut freiner la propagation de la maladie, probablement surtout si l’on maintient une forme de « distanciation sociale ». 

En outre, on ne peut pas être sûr qu’il soit sans risques. Comme le dit le dirigeant de Moderna : il faudra attendre dix ans pour en connaître les risques à dix ans. Ce qui n’a rien de surprenant. Le Mediator, par exemple, semblait initialement un progrès. Idem pour l’amiante, ou même le tabac. Il arrive régulièrement, depuis des siècles, que l’on découvre des effets secondaires d’une innovation qui avait des effets premiers bénéfiques. 

Autrement dit, ce que le gouvernement demande à la population, c’est de faire un choix difficile. C’est une prise de risques personnelle, dans l’intérêt général. Dans ces conditions, accuser ceux qui doutent d’arriération n’est ni juste, ni efficace. C’est ne pas douter qui est anormal, voire « diabolique ».

Et si, comme on le dit aujourd’hui, le gouvernement « changeait son logiciel » ? Et s’il comprenait que les « gens bien » ne sont pas où il le croit ? Cela rendrait-il sa communication, soudainement, efficace ? Nudge ?

Le sens de la manifestation

 La CPME envoie la pétition suivante :

Pass sanitaire : non, les chefs d’entreprise n’ont pas à être menacés de 45 000 euros d’amende et d’un an d’emprisonnement !

 

La CPME lance une pétition pour s’opposer à cette pénalisation abusive et à ces sanctions totalement disproportionnées.

 

 

La vaccination est la solution pour éviter un nouveau reconfinement qui serait désastreux pour nos entreprises. Dans ce contexte, si la mise en place du pass sanitaire peut s’entendre, en faire peser, dans les secteurs concernés, le contrôle et la responsabilité sur « les exploitants d’un lieu ou établissement, le responsable d’un évènement ou exploitant de service de transport » pose problème.

Il n’est en aucun cas acceptable, ainsi que cela figure pourtant dans le projet de loi relatif à l’adaptation de nos outils de gestion de la crise sanitaire de les menacer d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Un restaurateur, un exploitant de salle de cinéma, par exemple, iront en prison s’ils n’ont pas contrôlé les personnes souhaitant y accéder. C’est clairement excessif.

Signer la pétition 
 

On entend dire que le manifestant est idiot. Il parle d’étoile jaune, c’est ridicule. Mais n’est-ce pas l’expression, maladroite, d’un sentiment qui mériterait d’être écouté : une inquiétude face aux réflexes de nos gouvernants ?

Le changement qui n'a pas dit son nom

 Les dirigeants généraux d’intercos ont un coup de blues. Qui sont ces gens bizarres ? Au dessus des communes, les précédents gouvernements ont créé des groupements ou « intercos », qui ont le pouvoir économique. Ces intercos sont non démocratiques (leurs membres sont élus par les élus des communes) et frustrent les maires qu’elles coiffent. Les directeurs généraux dirigent les services de l’interco.

Pourquoi ce blues ? Parce que les intercos ont perdu. Le citoyen ne les reconnaît pas, et l’épidémie a redonné du poil de la bête au maire. 

Il y a derrière ceci une nouvelle fondamentale. Les gouvernements précédents ont fait, sans le dire et en contravention complète avec les principes de la démocratie, une série de réformes radicales.

Ces réformes visaient à adapter la France à un changement qu’elle rejetait : la globalisation du « digital », des grandes métropoles, grandes régions, etc. Or, d’une part l’aspect non démocratique des structures politiques qui en ont résulté conduit à leur rejet (explication de l’abstention massive aux dernières élections), et, d’autre part, l’épidémie les a mises en échec, et a montré, a contrario, l’efficacité de la « France traditionnelle » (frontières nationales, maires…). 

La question qui se pose maintenant à nous : comment vivre avec l’héritage de ces réformes ?

L'invention du centre

Article d’analyse des régionales. « L’analyse de l’offre électorale pour ce premier tour des régionales confirme trois points : (1) la perte de centralité du PS à gauche, maintenant concurrencé par EELV ; (2) l’émergence d’un pôle centriste gouvernemental ; (3) le maintien d’un affrontement à droite entre l’alliance LR-UDI et le RN« .

M.Macron est-il le représentant de la mondialisation heureuse, comme on le lit, ou a-t-il fait renaître « le centre » ? Doit-on y voir la réapparition d’une caractéristique nationale propre, qu’elle se soit appelée radicalisme ou gaullisme ? Quant au RN, il semble un amalgame nouveau. Le camp des mécontents ?

Portée de baffe

La presse anglo-saxonne a immédiatement parlé de la tentative de gifler notre président. Risque du métier ai-je pensé. Point. Oubli. 

Mais, en entendant la réaction de M.Macron, par hasard à la radio, je me suis dit, ce que je me dis souvent en ces occasions : l’accident révèle les personnalités. (Et l’efficacité des services de protection, qui ont détourné le coup.)

(En tout cas, cet attentat rappelle un autre thème de ce blog : la « pensée simplifiante » d’une grande partie de la population, qui croit que l’on règle les problèmes du monde par la force.)

M.Macron, dirigeant français ?

Quelque-chose m’a frappé dans mon expérience du changement. Le changement réussi provoque une transformation du dirigeant français. Alors que, jusque là, il était entouré d’un « brain trust » de diplômés, qui l’isolaient de la réalité, il se met à diriger l’entreprise en lien direct avec ses troupes de terrain. 

Je me demande si ce n’est pas le destin d’Emmanuel Macron. J’écoutais l’autre jour le directeur de la stratégie de l’Agence De Cohésion du Territoire (qui a remplacé la DATAR), dire que son rôle était de repérer ce qui se faisait de bien dans les territoires, et de le faire connaître. De même, il y a actuellement négociation entre l’Etat et les collectivités locales sur des Contrats de Relance et de Transition Ecologique. On semble en revenir à un changement à la Michel Crozier, inspiré par le bas. 

Mais, ce qui manque à M.Macron, ce sont les élus. La difficulté est de trouver autre chose que les diplômés qui encombrent son parti, et les personnes d’appareil qui encombrent les partis politiques traditionnels et qui ne rêvent que d’être président de la République. 

Changement en France

Le RN pourrait-il gagner les présidentielles ? Il est le seul parti ayant un socle électoral solide et maintenant très important. En cela il est quasiment une exception mondiale. Ensuite, ses adversaires sont divisés, et, aussi bien à droite qu’à gauche, on peut être tenté de jouer avec le feu. 

Comment en est on arrivé là ? Cela viendrait d’un constat, dont les journaux ne se font pas l’écho : le pays s’est fracturé en communautés. Et ces communautés sont malheureuses. Et le gouvernement ? Une « élite » auto-proclamée de petits jeunes ridicules. 

La solution ? Remplacer cette bande de bras cassés par des gens sérieux. (Et l’homme politique traditionnel, fraichement « dégagé », n’entre pas dans cette catégorie.) Le généraux en retraite ne feraient donc que dire tout haut ce qu’une grande partie de la population pense tout bas. 

Bonne solution ? La particularité de la France est son mécanisme d’intégration, par l’emploi et par l’école. Ce sont eux qui ont failli, et qui ont créé la situation actuelle. Ce sont eux qu’il faut relancer. Et non faire appel à la légion. 

Gouvernement d'élite

Il y a un paradoxe concernant le gouvernement. D’un côté on entend (un institut de sondage) qu’il n’est pas sérieusement remis en cause. D’un autre il est dit qu’il va sévèrement perdre les régionales (comme s’il pouvait en être autrement, compte-tenu de son absence d’implantation locale), et que ce sera le signal de l’hallali pour M.Macron. 

Qu’en est-il ? On lit que lui et son équipe représentent la fameuse « élite » si décriée. Ce sont à la fois les causes et les gagnants de la grande transformation du monde, qui a fait tant de perdants. Explication du rejet ? Mais, d’un autre côté, il semble surtout mécontenter les états majors de droite et de gauche. N’a-t-il pas frustré bien des ambitions ? Les « dégagés » ne rêvent-ils pas de prendre leur revanche, quoi qu’il en coûte au pays ? 

Tout cela est extrêmement mystérieux. Qu’est-ce que cela peut donner ? Quelqu’un peut-il battre M.Macron au premier tour ? Et si cette personne est à gauche, ou a droite, n’a-t-elle pas beaucoup plus de chances de perdre contre Mme Le Pen que lui ? Ceux qu’ils frustrent peuvent-ils le faire perdre au second tour ? Comment pourra-t-il se maintenir avec un parti aussi faible en talents et en légitimité ? Aura-t-il une majorité à l’assemblée ? Nos partis politiques « les plus bêtes du monde », et qui ne représentent plus personne (sinon l’ambition de leurs dirigeants), pourraient-ils se transformer, gagner en QI, et adopter des stratégies de coalition ?… 

Rien ne va plus ? Moment de changement passionnant à observer. Si ses enjeux n’étaient pas aussi grands…

France : rien ne va plus ?

Les dernières élections de Madrid ont produit le chaos dans la politique espagnole. Un article se conclut ainsi :

« Mais le scrutin de Madrid offre deux autres leçons qui, au-delà de l’Espagne, valent pour l’Europe, à commencer peut-être par la France. La première est que la volatilité de l’électorat est extrême. Les électeurs ne sont ni fidèles, ni constants. Ils votent avec leurs tripes. Leur vote est tout autant un vote de colère que d’adhésion. Sa cristallisation est donc extrêmement difficile à cerner. (…) La seconde est que dans les crises politiques qui ont recomposé les électorats et les structures politiques, l’avantage ne va pas aux formations nouvelles. (…) D’autres pays ont connu des recompositions électorales spectaculaires (l’Italie avec le mouvement 5 étoiles et la Ligue de Salvini, la France d’Emmanuel Macron…). L’Espagne, je crois, n’a pas vocation à être un cas particulier et nous indique des tendances partagées de la vie électorale européenne.« 

C’est une conclusion extrêmement inquiétante, car quelque peu myope. En effet, en France, ce qui est fort, ce ne sont pas les partis politiques traditionnels, mais le Front National. 

Le préfet, hirondelle de la réforme de l'Etat ?

On annonce la suppression du corps des préfets. Un article décode la nouvelle.

« Chaque corps instaure une hiérarchie sociale en son sein. Les préfets forment une barrière douanière qui protège de l’extérieur. » Les corps administratifs sont des corporations, ils ont leur vie propre, c’est cela qui est en jeu. Apparemment il est maintenant prévu qu’une carrière administrative se fasse en passant de corps en corps. Les préfets ne sont qu’un exemple parmi d’autres. 

Va-t-on utiliser une technique que l’on attribuait aux Japonais, dans ma jeunesse : ils faisaient passer un employé par toutes les fonctions de l’entreprise, de façon à ce qu’il la connaisse et acquiert le sens de l’équipe ? 

Si c’est le cas, l’Etat pourrait donner des leçons à l’entreprise… 

(En tout cas, je constate que la politique du gouvernement est toujours aussi illisible pour le commun des mortels.)