Le monde devient instable ?

Epidémie de coronavirus et ses variants, le monde s’arrête. La Russie envahit l’Ukraine. On tente en catastrophe de réorganiser la supply chain mondiale. Risque d’accident nucléaire. L’inflation repart, alors que nous avons désormais beaucoup d’indépendants et de précaires. Trump et ses équivalents ont le vent en poupe. Et ensuite ? 

Une secousse succède à une secousse. A chaque fois, c’est plus violent. Où va-t-on ? 

Nos pères pensaient que la seconde guerre mondiale n’était qu’un début. Il fallait agir en urgence, pour éviter l’extinction de l’humanité. Ils ont construit des remparts. Les générations qui les ont suivis ont expliqué que le problème, c’était ces remparts. Pour les intellectuels, ils gênaient l’épanouissement de l’individu, pour les hommes d’affaires, ils empêchaient la croissance. 

Relation de cause à effet ? 

Après la destruction, la création ? 

Frexit ?

Parfum de Brexit ? Le mécontentement est décomplexé. Et comme à la veille du Brexit, le « non » a le vent en poupe et est quasiment à égalité avec le oui.

Mais, la situation est moins claire qu’en Angleterre où le choix à faire était simple. Le front du mécontentement est certainement bien plus large qu’on ne le dit. Il y a les « Gilets jaunes » et ceux qui trouvent que les « Gilets jaunes » sont des paresseux, le militant de gauche qui ne voit pas de différence entre le président et Mme Le Pen, le rural victime de décennies de « désertification » centralisée, etc. Au fond, si l’on se donne la peine de tendre l’oreille, on se rend compte que, par ci ou par là, les thèses de Mme Le Pen ne sont pas loin de faire l’unanimité. S’il y a un peu de suspens encore cela tient probablement à son image.

Mark McCormack, gourou des techniques de vente disait que « ce qui rend fou un client est de ne pas comprendre ce qui le rend fou ». 

C’est probablement ce qui se passe actuellement. Quelque chose « rend fou » le Français, mais il ne sait pas quoi. Ce qu’il attend de son président, c’est qu’il le lui dise. Malheureusement, comme M.Cameron avant lui, M.Macron manque gravement d’humilité ?

M.Macron : qu'est-ce qui cloche ?

Pourquoi M.Macron est-il menacé par Mme Le Pen ? Très compliqué. Cependant, si l’on relit ce blog, on peut hasarder l’hypothèse suivante :

  • M.Macron poursuit la politique de ses prédécesseurs. (Il aurait été programmé par sa formation pour cela.) Cette politique est nocive pour une grande partie de la population, et, collectivement, pour le pays. 
  • M.Macron est un « libéral », ce qui a un sens très particulier. Le libéralisme est une croyance selon laquelle il n’y a que des individus, pas de société, pas de « culture » (au sens anthropologique du terme : Mme Thatcher a dit « there is no such thing as society »). Cela l’amène à attaquer, par ses paroles, les « valeurs » de tous les groupes sociaux qui constituent la nation. 
  • Mais, comme ses prédécesseurs, M.Macron utilise la planche à billets, lorsqu’il y a un mouvement social. Ce qui peut le faire passer pour un socialiste. Et ajoute à la confusion : alors qu’il dépense des dizaines de milliards d’un côté, il s’accroche comme un pit bull à des réformes qui ne rapportent que des clopinettes, mais frustrent le simple citoyen. 
  • En outre, il fait preuve d’un certain pragmatisme, par exemple lorsqu’il s’agit de PME, jusque-là condamnées pour obsolescence, de nucléaire, de relocalisation et d’Europe, et son libéralisme peut donner des signaux non libéraux (contrats avec les collectivités locales).
  • Le complotisme et le délire verbal qui s’est emparé de la France, quelle qu’elle soit, n’est qu’un écran de fumée. La population réagit à la dégradation de ses conditions de vie. 

Analyse juste ou non, on voit apparaître un problème qui n’est pas propre à la France. Il est américain et anglais. Depuis Theresa May, les conservateurs anglais ont compris qu’ils devaient inverser le cours de leurs réformes, faire de l’anti Thatcher. C’est ce qu’ils appellent « leveling up », nivellement par le haut. Les Américains n’y sont pas parvenus, parce que M.Biden est peu charismatique et gaffeur, et handicapé par une extrême gauche épouvantail, qui n’a de gauche que le nom, et par une vice-présidente qui est une calamité. Seulement, les USA sont tellement puissants et, par construction, tellement peu dépendants de leur pouvoir central, qu’ils peuvent élire un Trump. Ce n’est pas le cas de la France. 

On est dans la situation ukrainienne. Ce n’est pas parce que l’on a beaucoup à reprocher à quelqu’un qu’il faut déclarer une guerre. Le citoyen doit montrer l’exemple de la responsabilité à son « élite ». Cela ne se limite pas au vote. Il s’agit de faire bouger la société de l’intérieur, en manoeuvrant l’Etat pour qu’il fasse son travail. C’est ce que M.Cameron a appelé « big Society ». 

Présidentielles : rien ne va plus ?

Mme Le Pen pourrait être élue disent les sondages. Voilà qui est nouveau. Comment l’expliquer ? 

  • On lisait déjà il y a des années que la gauche ne voulait plus du vote utile. M.Macron ou Mme Le Pen, c’est la même chose. Seulement, il n’y a plus de gauche. 
  • Autre hypothèse. Récemment, j’observais que 50% de l’électorat votait « mécontent », d’après les sondages. Ils pourraient s’unir, et, s’ajouter à l’abstention de ce qui reste de la gauche, ou de la droite. 

Cela ressemble au phénomène qui a conduit au Brexit et à l’élection de M.Trump. Et il a une explication rationnelle, que cache la « théorie du complot » : les politiques de ces dernières décennies ont nuit à la majorité de la population. Boris Johnson, avec tout ce qu’on peut lui reprocher, a certainement trouvé le bon slogan : « leveling up » : « nivellement par le haut ». Il a à la fois tué les Brexiters et le vote travailliste.

5G pour les nuls

La technologie n’est plus que du marketing, du vent. Le pur et innocent ingénieur que j’étais a été vacciné à cette vérité dès sa plus tendre enfance. Alors, dès qu’il entend, big data, objets connectés, intelligence artificielle, 5G… il pense « manipulation ». Passez votre chemin, il n’y a rien à voir.

J’entends d’ici Edgar Morin parler de « pensée simplifiante ». Il a raison : un esprit humain ne devrait jamais s’arrêter à des considérations aussi simplistes. 

Que penser de la 5G, alors ? On m’a obligeamment envoyé l’intéressant article suivant : https://www.boutique-box-internet.fr/actualites/5g-francais-particuliers-entreprises/

J’en retiens que ma « pensée simplifiante » avait vu juste : la 5G est un flop, faute d’applications. En outre, ses promesses de haut débit ne sont pas tenues. Peut-être provisoirement. 

Plus intéressant, et ça je ne le savais pas (méfiez-vous de votre pensée simplifiante !), il y a 5G et 5G. La vraie 5G est dans une certaine bande passante. Or, l’offre de beaucoup d’opérateurs est ailleurs ! Marketing à la puissance deux ! Le pire n’est jamais certain.

Du coup, j’ai lu le rapport remis au gouvernement par la mission 5G industrielle. Effectivement, il confirme que la 5G est une solution à la recherche d’un problème. (Implicitement, cela signifie que le gouvernement est sensible à la propagande.) Mais il dit, surtout, que la France s’est mise dans une situation tellement dysfonctionnelle que, même si le problème existe, elle n’a aucune chance de le trouver ! Elle indique 7 blocages à faire sauter. 

Voilà un travail remarquable ! (Accès aux conclusions, et au rapport complet.)

Mal français : le sens des réalités ?

Et si le mal de notre pays, c’était son gouvernement ? 

La logique qu’il suit, depuis toujours, semble la suivante. Il veut résoudre instantanément tous les problèmes du moment. Transition climatique, Education nationale, terrorisme au Mali, intégration, pauvreté, culture… Mais il n’a pas les moyens pour. Alors, petite entourloupe pour faire « comme si ». Si bien que tout rate, et que les fonds investis sont perdus. On avait peu, on a encore moins. Et le problème a empiré.

Et si tout n’était qu’une question de priorités ? On ne commence une réforme que lorsque l’on a réussi la précédente ? Et on part de la réforme la plus importante ? 

C’est comme cela qu’un de mes interviewés redresse les entreprises. D’ailleurs, quand il en prend les commandes, il les trouve dans l’état de la France… Et il nomme sa démarche : « garder le sens des réalités »…

(Il n’a pas présenté sa candidature à l’élection présidentielle.)

Les hasards heureux de la politique

Les défections se multiplient, de droite et de gauche. La popularité de M.Macron semble atteindre des sommets au sein du personnel politique. Le seul présidentiable à ne pas être un clown ? 

La politique est pleine de surprises. On savait la gauche en proie à l’anarchie, mais on se félicitait que la droite ait conservé un esprit de parti. Eh bien, il a suffi d’un mauvais choix de candidat, pour qu’elle se disloque.

Cela va-t-il résoudre le problème de l’inexistence des députés de M.Macron ? Va-t-il réussir à se constituer une « base » politique, parmi ses ralliés ? 

(Pourquoi M.Macron a-t-il voulu rencontrer M.Poutine ? L’Ukraine ? Et si c’était pour lui demander conseil ? Comment rester président, éternellement ?)

Le, finalement, séduisant M.Macron ?

J’ai l’impression (mais je suis les présidentielles de loin) qu’à gauche et à droite, l’homme politique est tenté par M.Macron. Par exemple, je lisais que le clan de M.Sarkozy semblait faire défection en masse. 

(Plus exactement, le dit homme politique semble désespérer des compétences du leader de son parti.)

Etonnant ? Il semblerait que M.Macron réussisse à nouveau ce qu’il a fait à la précédente présidentielle : paraître de gauche et de droite, et attirer des caciques de chaque bord recherchant un job. 

Comme quoi, une élection n’est pas qu’une question d’électeurs ? 

La crash stratégie d'Emmanuel Macron ?

Dans le film « Mars attacks« , on voit le gouvernement français, tout sourire, annoncer au monde qu’il a conclu « a negotiated settlement » avec les Martiens, avant que la France ne soit rayée de la carte. 

Trait culturel français ? M.Macron semble lui aussi penser qu’il peut régler seul la crise russe. Apparemment, M.Poutine se moque de lui. La France, combien de divisions ? (Au sens militaire du terme, sinon nous serions champions du monde.)

Ou « crash strategie » de M.Macron ? (La « crash stratégie » est l’obsession qui vous aveugle.) 

Je me souviens avoir vu un show de M.Blair. C’était un numéro d’acteur, sans notes. J’ai été frappé de retrouver quelque chose de l’acteur chez M.Macron. Cela explique peut-être pourquoi il ne peut s’empêcher de faire, à la France et au Monde, des discours interminables. Vocation ratée ? 

Sa biographie dit aussi qu’il a l’amour des anciens. Une émission de Ch.Okrent remarquait qu’il avait un grand respect pour le président italien. Il a cherché à devenir l’ami de M.Trump. Et, maintenant, il y a Vladimir ?

Faut-il s’en inquiéter ? Ou penser que le ridicule ne tue pas, et que la réputation, interplanétaire, du Français n’est plus à faire ?

(PS. Du fait de la particularité de la programmation de ce blog, ce billet a été écrit bien avant d’être publié, au moment où M.Macron avait appelé M.Poutine, qui s’était moqué de lui. Sa rencontre récente obéit à une autre logique : celle du co leader de l’UE. L’initiative de la France était judicieuse : affirmer la présence de l’Europe, se répartir les tâches avec le dirigeant allemand (par ailleurs apparemment très timoré), gagner du temps, en répondant au besoin de M.Poutine d’être traité comme une grande puissance, apprendre à le connaître… Reste le problème que pose ce billet, démontré en son temps par M.Sarkozy dans des circonstances similaires : la capacité de la France à se laisser abuser…)

Danger, sens unique

Le FT dénonçait, hier, les effets délétères de la pensée unique. Phénomène fréquent en phase de difficultés

Message destiné à l’entreprise. Mais n’est-ce pas le cas, actuellement, de notre pays. N’est-ce pas ce qui fait que l’on a l’impression d’une guerre de religion ? 

Mais comment faire autrement ? 

La pensée unique est contre-productive. Elle n’a rien de rassurant. Par définition, on ne peut pas la croire. Qu’a-t-on intérêt à cacher ? se demande-t-on. La malhonnêteté ou l’incompétence ?

Ce qui est rassurant, c’est de savoir ce qui se passe. Cela permet de comprendre ce que fait le pilote, et de s’assurer qu’il est honnête et compétent. 

(Ce que disait le FT : « How cronyism corrodes workplace relations and trust. When a group is under threat, the instinct can be to close ranks rather than act in the best interest of the organisation.« )