Bernard Arnault

Good, bad billionnaire de BBC5 parlait de Bernard Arnault.

A sa sortie de polytechnique, son père lui fait don de la société familiale de BTP. 1000 personnes. Beau départ dans la vie. L’assurance n’attend pas le nombre des années. Après tout, il est polytechnicien. Il la transforme en société immobilière. A l’arrivée de la gauche, il émigre aux USA. Mais y fait un flop. Il n’a pas compris le marché. Le tournant de sa carrière est la reprise du groupe Boussac, qui embarrasse le gouvernement de l’époque. Contrairement à ses engagements, il licencie en masse. Et il le vend par appartements. Il fait de gros bénéfices. Puis il est appelé en ami par le groupe LVMH. Le loup est entré dans la bergerie.

Mais, on n’attendrait pas cela de l’austère et cassant polytechnicien : il a aussi beaucoup de flair. Il exploite les modes. Non seulement il perçoit, avant tout le monde, ce qu’il peut tirer du nouveau riche asiatique, mais il sait aussi exploiter la société des réseaux sociaux en associant ses marques à des célébrités montantes. Et il sait choisir des créateurs brillants et des dirigeants compétents.

Il semble aussi avoir perçu, avant beaucoup, que le marché avait de grosses défaillances. En particulier, qu’il est incapable de comprendre que le tout vaut plus que ses parties. Le groupe de Bernard Arnault, en conséquence, ressemble à Beaubourg : on en voit les organes. C’est une fédération de marques.

On peut aussi penser qu’en en faisant un produit de consommation pour oligarque, il a vidé le luxe français de son âme. Mais cela, c’est le propre du milliardaire : son innovation est bien souvent un tour de passe-passe ? C’est ce que la RSE peine encore à saisir ?

La crise et ses remous (suite)

Décidément le monde vacille. Ce qui caractérise l’Egypte désormais, ce sont des divisions croissantes. En Europe, les meilleurs élèves de la rigueur, le Portugal et l’Irlande coulent, leurs gouvernements flanchent. Les partis politiques qui ont gouverné l’Espagne depuis son retour à la démocratie souffrent. De nouveaux partis émergent. Mais le PS devrait pouvoir créer une coalition. En Angleterre, ce n’est pas gai. « L’investissement des entreprises a baissé de 34% depuis 2008 ». « La livre a baissé de 25% depuis 2007 (…) pourtant les exportations ont baissé de 1,5% ». Fait unique, le chômage baisse. Cela vient d’une chute des salaires (de 9%), et d’une baisse de productivité. (L’homme devient moins cher que la machine ?) Heureusement, la consommation a augmenté. Ce qui a évité la récession ! Et l’Angleterre voit disparaître ses forêts, victimes de maladies venues d’ailleurs. « La propagation de ces parasites et pathogènes (…) est synonyme de commerce, qui propage les infections comme la prospérité. » L’Angleterre doit aider l’Europe à fermer ses frontières. La France n’échappe pas au jeu de massacre. C’est sa nourriture qui est touchée. Les restaurants trouvent trop cher de cuisiner, et ils sont devenus trop chers pour les Français. « Trois quarts des repas consommés hors de la maison sont maintenant du super bon marché. » France qui n’a pas raté l’occasion de se ridiculiser dans l’affaire Snowden, en dénonçant les USA, mais en bloquant l’avion du président Morales.
The Economist conclut sur l’Europe : « Si la viabilité à long terme de l’euro est assurée, les Européens auront fait mentir l’histoire. » (C’est une étude sur les similitudes entre l’étalon or et l’euro qui le dit. Elle prévoit l’éclatement et quelque variante du nazisme.) 
Au Mali, l’armée française semblerait avoir ramené l’ordre. Mais avoir repoussé les jihadistes ailleurs en Afrique.
La production d’acier mondiale est dans une mauvaise passe, particulièrement en Europe. L’Europe est en surcapacité, et la Chine construit la sienne, dont elle va bientôt déverser la production sur le monde. La rentabilité n’entre pas dans ses calculs. Les aciéristes, peu concentrés, sont pris entre un oligopole de 4 fournisseurs de minerais et un petit nombre de clients. Les Allemands ne veulent pas du nucléaire, mais ils ne veulent pas non plus des câbles à haute tension que suppose le transport de l’énergie des éoliennes de la mer du Nord. Cette installation, extraordinairement coûteuse, ne servira, d’ailleurs, peut-être à rien, ce mode de production d’énergie n’étant pas compétitif. Les Taïwanais, qui « produisent 89% des notebooks mondiaux ainsi que 46% des PC fixes », sont attaqués en haut de gamme par les Coréens, et en bas de gamme par les Chinois. « Les entreprises taïwanaises peuvent s’adapter en très peu de temps. » Effectivement, elles semblent en passe de se réinventer. (Une leçon ?)
LVMH est condamné pour sa tentative de prise de participation dans Hermès. LVMH avait contourné la loi qui demande de signaler le dépassement d’un seuil de prise de participation, en utilisant une stratégie à base d’options. (Pratiques de voyous ? Symbole de la transformation de l’industrie du luxe française ?)

Les champignons seraient les opérateurs de télécom des plantes.