Le numérique est la colonne vertébrale de l’humanité, or, la France, dans ce domaine, est totalement dépendante des USA. Seul moyen de se tirer d’affaires : le « logiciel libre ».
Etrange phénomène ? Les meilleurs logiciels mondiaux, les plus fiables, systèmes d’exploitation en tête, sont gratuits. Pourtant, ils sont développés par des « communautés » des meilleurs informaticiens de la planète.
Une des raisons pour cela est, justement, qu’il n’y a que les virtuoses qui soient à la hauteur de la tâche. Il est glorieux d’appartenir à ces communautés, comme il est glorieux de faire avancer les mathématiques. Et tout ce qui est essentiel et glorieux ne rapporte pas d’argent. Le monde du « libre » a retrouvé l’esprit de la recherche, qui a déserté le CNRS ou le CEA.
C’est un écosystème très curieux, d’ailleurs. Les communautés se font et se défont. Si bien que, si vous n’y prenez pas garde, vous pouvez vous retrouver avec un logiciel obsolète. En conséquence, c’est la jungle : il faut être en permanence sur ses gardes. Et le risque est opportunité. Si une nouvelle communauté se crée, c’est qu’elle a du nouveau à apporter. Il faut en profiter.
Paradoxe ? Le logiciel libre génère une kyrielle de licornes aux USA. Leurs valorisations se mesurent en dizaines de milliards d’euros. Comment gagner de l’argent, avec quelque-chose qui est gratuit ?
Comme avec les mathématiques. Par leur application. Le principe même de la fortune, dans ce monde, est que le logiciel n’est que pour les héros, par pour les PDG ou leurs informaticiens. Il faut donc à ces derniers des intermédiaires. Ceux-ci, venus du Walhalla, ont développé des outils qui permettent de tirer le meilleur du logiciel libre et de profiter de ses mouvement telluriques. C’est, plus ou moins, ce que l’on appelle « open core ». On profite de la dynamique des communautés, tout en développant des outils et un savoir-faire dit « propriétaire ».
Dernière curiosité, la France serait en pointe dans l’adoption du logiciel libre, en Europe. Et la demande y serait tirée par la commande publique. Kafkaïenne, comme d’habitude, mais tout de même agissante. Enfin une raison d’espérer ?