Alberto Moravia

J’ai un souvenir lointain d’avoir lu des oeuvres d’Alberto Moravia. Je ne m’imaginais pas qu’il avait été un des géants de la littérature italienne. C’est ce que m’a fait découvrir une ancienne émission de radio.

En revanche, je n’ai pas compris en quoi il était un génie. Il s’est perdu dans la traduction ?

Comme dans mes souvenirs, son oeuvre semble être vaguement érotique. Peut-être le lecteur de l’époque y retrouvait-il ses aspirations ? C’était le temps de Brigitte Bardot. Juste avant 68 et sa libération. Après guerre : années érotiques ?

Les temps sauvages

D’ordinaire je n’ai pas une grande estime pour Joseph Kessel, gloire d’un temps révolu. En fait, je n’aime pas les romans.

Mais ce livre, dont je n’ai entendu que des extraits, n’en est pas un. A la fin de la guerre de 14, l’Etat major allié craint que l’Allemagne ne reconstitue un front en Russie. Il décide d’envoyer des troupes en Sibérie. Kessel est volontaire.

Il découvre une humanité de la fin des temps, l’homme redevenu animal. Le milieu naturel de l’aventurier et de l’écrivain.

Méthode Dumas

Alexandre Dumas a produit une oeuvre qui est impossible à lire en une vie. Un temps, il écrivait tous les feuilletons des journaux parisiens.

Sa méthode consistait à utiliser une équipe de personnes qui lui fournissait des idées et des ouvrages plus ou moins achevés. Il les réécrivait en leur apportant, peut-être bien, l’art qui leur manquait et qui faisait leur succès.

Pourquoi s’acharner à vouloir faire une oeuvre du sol au plafond ?

(France culture : La vie de Dumas père : Les trois mousquetaires, Conférence de l’Université des annales (1ère diff 17/10/1955))

Adrienne Monnier

Curieuse Adrienne Monnier, découverte grâce à France Culture.

Les grands noms de la littérature d’entre deux guerres semblent lui devoir d’être sortis de l’anonymat. Autodidacte, venue d’un milieu modeste, elle avait acheté une librairie. Elle l’utilisait pour convertir ceux qui y entraient, et le méritaient, à ses idées. Elle expédiait ceux qui voulaient simplement acheter un livre chez ses confrères. Les auteurs qu’elle défendait s’y donnaient en spectacle.

Les entrepreneurs que je rencontre ressemblent beaucoup à Adrienne Monnier. Eux aussi ont une cause à défendre, et fort peu de souci de la logique économique.

(France culture : Tribune des critiques – Tribune consacrée à Adrienne Monnier (1ère diffusion : 03/11/1965)).

Force de la nature

Louis Philippe a lancé Alexandre Dumas. Il était encore duc d’Orléans et Alexandre Dumas, son employé, un jour, lui a proposé de venir, lui et ses invités, assister à la première de sa seconde pièce. Ce fut un succès.

Alexandre Dumas avait peu d’éducation, un toupet énorme et beaucoup de talent. La recette de la réussite ?

(Curieusement je n’ai jamais tellement aimé ses romans. Ce qui me plaît est la façon dont il raconte ses voyages.)

La jeunesse d’Alexandre Dumas.

Andersen

Andersen, homme de contes. Je constate à nouveau qu’il est difficile de connaître une personnalité en quelques émissions. (La première est ici.)

Enfance pauvre, mais succès immédiat. Andersen était quelqu’un qui inspirait de la sympathie et que tout le monde désirait aider. Il aurait rêvé d’être connu pour autre chose que ses contes. Il a beaucoup voyagé et a fini son existence célébrité nationale, fêté par ses souverains.

Il semble avoir été un original, un innocent ? qui a survolé la vie.

Roger Vailland

Roger Vailland semble avoir été une gloire littéraire d’après guerre. (France culture, Les écrits intimes de Roger Vailland.) D’ailleurs, j’ai découvert qu’un de ses livres était dans la bibliothèque familiale.

Mais qu’il est difficile de se faire une idée d’un homme en une émission ! surtout lorsque celle-ci finit en explication psychanalytique.

J’ai eu l’impression d’un roman à la Borgès : l’histoire d’un écrivain fictif.

Lucrèce

On doit au poète Lucrèce de connaître l’oeuvre d’Epicure.

Apparemment la transmission s’est faite par copie. Et le matérialisme d’Epicure était difficile à avaler par le spiritualisme du Moyen-âge. Un poète était plus acceptable ? D’autant qu’il semble avoir été une sorte de livre de cours de latin ?

Peut-être est-ce aussi une légende qui a été inventée récemment ? On aurait aussi inventé le fait que Lucrèce était dépressif.

En tous cas, me disais-je, notre société n’a pas toujours été matérialiste, et ses époques spiritualistes n’ont pas été de grands succès. Peut-être parce qu’une société spirituelle est aussi arbitraire ?

(Venu d’Avec philosophie, de France culture, dont je n’ai pas retenu grand chose.)

Triste roman ?

1970 : que dire des romans publiés depuis la guerre ?

Ce qui me frappe est que les romanciers, en ces temps, étaient des célébrités. Des artistes et des maîtres à penser.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Il me semble qu’il n’y a plus que du roman de masse, façon bande dessinée, et quelques auteurs qui se prennent pour les gloires du temps passé.

La littérature est peut-être un « fait social ». Il faut des écrivains, qui aient les moyens de vivre, une école (contre laquelle souvent l’écrivain se rebelle, mais qui l’a façonné) et des lecteurs ?