Amérique éternelle

« L’histoire financière de l’Amérique a été celle d’une succession de batailles perdues contre la dette et l’inflation » dit une revue de livre.

Et cela s’est fait par une série d’innovations qui ont permis de contourner l’esprit de la morale que l’Amérique s’était donnée. « La ruée vers l’or a créé une alternative à la notion puritaine de travail et d’épargne, qui avait caractérisé les débuts de la nation ». « La loi sur le cours légal, sous Abraham Lincoln, a pavé la voie à l’acceptation du déficit. Les mœurs monétaires se sont encore plus relâchées dans les années 20 avec l’explosion du crédit à la consommation (lié au développement de l’automobile) et de l’investissement spéculatif, alimenté par la dette ».

Un certain nombre de thèmes reviennent. Exubérance irrationnelle des marchés financiers, amenant à intervalle régulier le développement puis l’éclatement de bulles spéculatives de crédit. L’instabilité (et le pouvoir politique) des banques, et l’inconscience fiscale des États. La répugnance à la fois du gouvernement fédéral et de celui des États de collecter suffisamment d’impôts pour financer leurs engagements. La tentation de recourir à l’inflation comme solution des déficits publics et de laisser la dette croître plus vite que l’économie. (…) La faillite était utilisée pour favoriser les affaires des aventuriers de la fin du 19ème siècle, de la même façon qu’elle a été employée au profit d’objectifs politiques, avec General Motors et Chrysler. (…) le Fed a servi la Maison blanche et les grandes banques avant de servir le peuple – par exemple en fournissant régulièrement des liquidités pour stabiliser les marchés financiers sous couvert de sauver l’économie réelle. (…) Dès la fin des années 70, le logement a commencé à remplacer la défense comme moteur de croissance. Bien vite, le mythe que l’on n’a jamais suffisamment de quoi que ce soit s’était enraciné. Progressivement, la politique visant à rendre le logement plus accessible est devenue une entreprise géante englobant 1500 organisations publiques et privées. (L’auteur) n’est pas le seul à se demander comment l’économie américaine va faire sans un marché du logement florissant.

Peut-être a-t-on là une application d’une théorie de Durkheim ? Quand on est innovant on l’est pour le bien et pour le mal. Quand l’Amérique ne trouve pas de moyens honnêtes de se développer elle en cherche d’autres ?

L’extravagant Mr Deeds

Film de Frank Capra, 1936.
Copie presque conforme de Monsieur Smith au Sénat (ultérieur). Début par un décès qui propulse un homme du peuple au sommet du pouvoir et de la richesse. Jean Arthur se trouve dans les deux films avec le même type de rôle. Deux acteurs minces et de haute taille – innocents pleins de bon sens, et de sens des affaires – transforment la société par leur honnêteté. Une visite à un monument symbolique des valeurs américaines (la tombe de Grant ici, le monument de Lincoln là). Des règlements de compte à coups de poings. Une décision – de bon sens – qui peut faire beaucoup d’heureux. Une trahison du héros par un traitre. Et un sauvetage in extremis par l’acte héroïque d’une personne dont la conscience est réveillée par l’injustice. Mais aussi la complicité amicale d’une haute autorité (un juge ici, le président du Sénat là). 
Remarque. Une idée, qui va à l’encontre d’une théorie répandue aux USA, qui veut que le chômeur soit un paresseux : en période difficile, ceux qui ont de la chance doivent donner un coup de pouce à ceux qui n’en ont pas…