Comment ne pas répéter le passé ?

Ce qui me frappe est que l’on n’arrête pas de répéter les mêmes erreurs. En particulier, tout ce qui avait été mis en place après guerre pour empêcher que les mêmes causes ne produisent des effets encore plus violents a été démantelé.

La « vaccination sociale » ne pourrait-elle pas marcher ? Placer les nouveaux venus dans des situations qui ont mal tourné, dans le passé. Mais dans une version très atténuée des événements.

Faut-il comprendre un criminel ?

Edgar Morin pense qu’il faut essayer de « comprendre » un criminel. (Ce qui ne signifie pas pardonner ou absoudre.)

Pourquoi ? Parce qu’un être humain est multiple et ne peut se réduire à une dimension, criminel, polytechnicien ou homosexuel, par exemple. Parce que les situations sont déterminantes. Mais surtout parce que ce « réductionnisme » est le poison qui provoque la haine et détruit les sociétés.

Comment dire non poliment

Le problème du non, c’est que l’on est à peu près sûr que l’on doit dire non, mais on ne sait pas l’expliquer clairement. Ce qui fait que l’on est maladroit.

Je me demande si l’on ne devrait pas aborder la question comme cela : « je pense que je dois vous dire non, mais je ne sais plus pourquoi ; si vous avez un peu de temps à m’accorder, je vais essayer de retrouver mon raisonnement« . Les relations humaines ne s’en porteraient-elles pas mieux ?

Respecte, et dis non

Je lis « Comment dire non ». Condition nécessaire d’un non efficace : ressentir du respect pour l’autre.

Je me suis demandé si le manque de respect ne caractérisait pas la politique américaine, actuelle, et la contestation française, depuis toujours. Cela explique peut-être pourquoi trouver un accord est aussi difficile, et, surtout, pourquoi l’accord ne tient pas : on méprise celui qui l’a signé.

D’après le livre, c’est dans la famille que l’on se respecte le moins : « ne pose pas de questions, je te l’ordonne ».

Comment ressentir du respect pour l’autre, pour ses enfants, en particulier ? Il y a une technique pour cela, elle est surprenante : éprouver du respect pour soi. Ce qui n’est pas évident. Cela exige un travail d’introspection. Il faut trouver nos valeurs, ce qui nous meut. Une fois que vous avez compris que vous aimez vos enfants, vous leur trouvez des qualités.

(Corollaire surprenant : si quelqu’un vous manque de respect, c’est probablement qu’il en manque vis-à-vis de lui-même.)

Journée sans voitures

27 septembre, journée sans voiture ? Je ne m’en étais pas rendu compte.
La Mairie de Paris ne semble pas avoir réussi son changement. Kurt Lewin dirait que, pour changer l’individu, il faut agir sur le groupe, et qu’elle n’a pas su créer un mouvement social qui arrête la voiture. Pour cela, il aurait suffi que les piétons envahissent les rues. Mot d’ordre pour la prochaine fois ? 

Agence VW

Le scandale VW illustre le phénomène de « l’agence », obsession de l’économiste. Comment faire que celui qui a l’argent (principal) ne soit pas arnaqué par celui à qui il le donne (agent) ? Car ce dernier est mieux informé que le premier. L’économiste se préoccupe ordinairement d’entreprise. Mais le phénomène est général. Dans le cas de VW, VW a utilisé ce qu’il savait mieux que nous contre nos intérêts. Goldman Sachs, autre exemple : naguère il vendait des produits qu’il savait dangereux. On lui a fait un procès pour cela. Mais alors, me direz-vous, comment puis-je avoir confiance en mon vendeur de légumes, en mon assureur, en mon médecin… ? 
La solution trouvée par l’entreprise moderne est de remplacer l’homme par le robot. Mais, d’ordinaire ce n’est pas comme cela que la société procède. Elle utilise le lien social. Ce sont ses membres qui se contrôlent les uns les autres. Ainsi, vous ne roulez pas à gauche, parce que si vous le faisiez, vous n’existeriez plus. Il est possible que si Goldman Sachs, VW ou votre médecin peuvent tricher, c’est parce qu’un excès d’individualisme a détendu le lien social. 

Le chaos comme cancer social

Pourquoi le changement produit-il le chaos, suite. Une nouvelle modélisation.
« Pourquoi dois-je me battre contre ceux pour qui je me bats« , me disait un dirigeant de l’économie sociale. Constatation que j’entends souvent. Pourquoi ceux que l’on veut aider cherchent-ils à nous voler ? Cela s’explique facilement, si l’on part de l’idée que :
  1. nous sommes dans un régime clientéliste qui nous a appris à vivre sur la bête ; 
  2. nous avons une très haute opinion de nous-même qui nous fait croire que tout nous est dû. 
Cela explique un paradoxe curieux : pourquoi ne m’en veut-on pas de rendre des services, que l’on ne me rend pas ? (Les psychologues disent qu’ainsi je fais perdre la face à mes interlocuteurs, ce pour quoi ils devraient me haïr.)
Mais ce n’est pas nouveau. Pourquoi le chaos ? Parce que les conditions s’y prêtent :
  • La division des tâches. L’efficacité sociale passe par la spécialisation. C’est aussi une situation de monopole facile à exploiter. Plutôt que de jouer son rôle social, on nuit à la société. 
  • La déréglementation de la fin du XXème. Ce qui évite d’ordinaire le phénomène précédent est probablement le contrôle (le lien) social. La déréglementation, plus généralement l’individualisation de la société, en le rendant difficile, a donc favorisé la transformation de la division des tâches en un cancer social

Demandez à Google qui vous aime

Un cousin m’écrit que lorsque l’on tape « linkedin » dans Google, on trouve un billet de moi en 6ème position. D’autres font l’exercice, mais ne me trouvent pas. Explication : les résultats de Google dépendent de vos intérêts.

Voilà un moyen de savoir si vous comptez pour quelqu’un : lorsqu’il fait une recherche sur Google, est-ce que vos travaux apparaissent en premier ? Comme le dit un ami, c’est un exercice à ne pas faire en famille…

Qu'est-ce qu'un ami ?

Doit-on se brouiller avec quelqu’un qui ne partage pas ses idées ? Ou même dont on juge les idées dangereuses ? Question à se poser en cette période de bonnes résolutions ?

Pour ma part, je trouve le conflit d’opinions désagréable, mais stimulant. C’est pour cela que j’écoute France Culture et lis The Economist, par exemple. A la réflexion, je crois que ce qui compte est le comportement, non les idées. L’ami est là dans les moments difficiles. Les autres en profitent. Ce que j’apprécie aussi est le talent. Je trouve souvent quelque chose d’exceptionnel à mes amis. Malheureusement, les grandes qualités ont souvent comme contrepartie de grands défauts. C’est probablement la raison pour laquelle il faut s’accommoder des derniers. Et espérer que le conflit entre nos idées finira par faire émerger le meilleur des mondes. Dialectique diraient les philosophes.