Fatale solitude

La solitude tue :

Evidence increasingly demonstrates that both social isolation and loneliness are linked to poorer health and an early death.

Article

On a trouvé chez les solitaires et les isolés des protéines qui semblent effectivement liées à une mauvaise santé. L’étude n’explique pas en quoi la solitude les génère.

Questions :

  • MM.Musk et Trump sont-ils de vrais solitaires ? Des exceptions qui confirment la règle ? A-t-on testé les protéines produites par l’égoïste ou le milliardaire ?
  • Quid de l’économie de marché, qui prône la concurrence de tous avec tous : tue-t-elle ?
  • Quid du télétravail et du réseau social ? Lien suffisamment humain pour maintenir en bonne santé ?

Inventons le réseau social ?

Le premier emploi de l’innovation est toxique. Bombe atomique, par exemple. Solution de facilité ?

Il en fut de même pour le réseau social. Il promeut le narcissisme. Et souvent la perversion. Il est asocial. Il disloque le lien social. Une sorte de crime contre l’humanité ?

Et si l’on inventait un réel réseau social, à quoi ressemblerait-il ? L’envers ? Il renforcerait le lien social ? Il encouragerait l’oeuvre collective, à commencer par l’initiative qui est à son origine et reconnaîtrait la contribution que lui apporte l’individu ?

Cross culturel

J’ai été embarqué dans une réflexion sur le « cross culturel ». Une entreprise tend à se replier sur elle-même. Elle a besoin d’être ébranlée par des idées nouvelles, des gens « différents ».

J’ai observé, et j’observe encore, pas mal de situations dans lesquelles on est allé chercher à l’extérieur des personnes que l’on croyait meilleures que ce que l’on avait chez soi. On a récupéré des « politiques ». Car c’est ce que produit la multinationale moderne, et c’est elle que l’on veut imiter.

Or ces entreprises avaient des trésors parmi leurs employés. J’en arrive à penser qu’il faut commencer par faire du « cross culturel » au sein de sa propre culture.

C’est probablement moins évident, d’ailleurs, qu’avec un étranger : une personne qui parle notre langue est supposée penser comme nous…

(Sophisme ? Je crois que la France a énormément à gagner d’une démarche « cross culturelle » : sa population se hait…)

Proximité

Dans ses travaux sur les « business clusters », Michael Porter dit que, pour se développer et embellir, l’entreprise a besoin d’un milieu favorable, le cluster, et qu’une de ses caractéristiques est la « proximité », condition nécessaire de la confiance, elle-même ingrédient critique du succès entrepreneurial.

Je ne sais pas trop ce que signifie « proximité », mais je constate qu’il y a quelque-chose de juste dans cette idée :

La France est caractérisée par un niveau de défiance extraordinaire. Une autre de ses caractéristiques est que l’on y tient des propos d’une bêtise stupéfiante (au sens où ils ne résistent pas à l’analyse). Or, effectivement, si l’on arrive à rapprocher les opposés, ils se transforment. Les autres, en nous forçant à ne pas sombrer dans la facilité, nous contraignent à utiliser notre intelligence ?

Seulement, comme dans la théorie de Michael Porter, notre paresse naturelle tend à nous faire repousser les autres, alors qu’ils sont bons pour notre santé ?

Peut-être qu’un scientifique trouvera un jour un moyen de mesurer cette proximité, indicateur de QI collectif ?

Confiance

La devise de la Bourse de Londres est “my word is my bond” – je n’ai qu’une parole. C’est probablement celle du capitalisme : pas d’affaires sans confiance. En France, il est exceptionnel que quelqu’un tienne ses engagements. Par exemple, il est devenu fréquent de ne pas venir à un rendez-vous que l’on a sollicité. Ou de ne plus répondre à un échange de mails. Et cela quel que soit l’âge, le degré d’éducation et le niveau de responsabilités de la personne.  

Fable du lion et du rat ? Ceux qui ont ce comportement comprennent-ils les conséquences qu’il peut avoir ? Car, si nous ne pouvons pas leur faire confiance, ils ne pourront pas, non plus, compter sur nous, et nos réseaux. Et, le jour où l’on nous demandera notre avis sur eux, nous donnerons le conseil de s’en “méfier”.

Il est évident, sans même être la bourse de Londres, que la confiance est le ciment d’une société. Sans elle, c’est le chaos. 

En période de bouleversement social, il est d’usage de citer Thucydide et ses propos sur la manipulation du discours. Aujourd’hui, ce sont des règles bien plus fondamentales que celles concernant le langage qui sont attaquées.

Notre pays fait penser à une entreprise familiale de troisième génération. Entreprise de rentiers qui n’entretiennent pas leur bien ?

Ayons confiance, tout de même ?

Ere de la délation ?

Voici ce que l’on lit sur les marches d’une école primaire. Photo d’un ami.

Le mot « délation » rendait mon père livide. Il avait connu la guerre. Son exclamation lorsqu’un surveillant a demandé à des parents d’élèves que leurs enfants dénoncent ceux qui leur volaient leurs affaires est restée marquée dans les souvenirs de ma famille.

Comment peut-on faire l’apologie de la délation ?

L’affaire de ma vie : l’aide ?

L’honneur de l’homme est de se débrouiller seul. Quoi qu’il lui arrive. Pour lui, mais aussi pour les autres : ça leur évite de se retrouver dans un camp.

Mais il ne peut y parvenir seul, paradoxalement, et contrairement à ce que dit Clint Eastwood. Il doit s’être fait des amis. Une société qui a détruit le lien social est une société de délateurs ?

Possédé ?

La société semble une question d’opposés.

D’un côté, nous vivons une forme de guerre de religions. On s’affronte pour des idées. Misanthropie générale.

De l’autre, il y a des petits gestes gentils. Peut-être une renaissance de la famille et de l’amitié ? Humanisme de l’autre homme ?

Faut-il relire Les possédés ? Nos intellectuels se sont chargés des péchés de la société, pour que nous puissions devenir des « gens bien » ?

L’amitié est bonne pour la santé

« Le plus grand effort de l’amitié n’est pas de montrer nos défauts à un ami ; c’est de lui faire voir les siens. » (La Rochefoucauld.)

C’est toute la difficulté, et le bénéfice, de la vie en société. Une société qui fonctionne bien doit nous amener à nous corriger, sans nous fâcher. En particulier, elle doit rendre impossible le crime.

« Il corrige les moeurs par le rire. » Corriger sans fâcher est difficile, mais il y a des techniques pour cela.

Seulement elles ne sont utilisables, probablement, que si nous sommes suffisamment « proches » les uns des autres, pour pouvoir apercevoir ces défauts à temps, et nous parler. Justement, si la société est « amicale ». Une société trop individualiste est certainement dangereuse par nature. C’est d’ailleurs probablement pour cela que les Anglo-saxons mettent des caméras partout…

(Maslow disait, en substance, que l’amitié était la psychanalyse de la personne bien portante.)

McLevy

Le gisement anglais d’histoires criminelles est sans fond ! Cette fois, j’ai découvert « McLevy ». 

J’ai cru que l’on avait retrouvé, en Ecosse, la tribu perdue d’Israël. Mais, apparemment, McLevy serait un autochtone. 

En lisant sa fiche Wikipedia, j’ai vu que ce fut un des premiers inspecteurs de police écossais, qu’il a officié 30 ans, et qu’il a résolu quasiment toutes les affaires qu’il a traitées. 

Au même moment, les informations de la BBC disaient que, dans seulement 4% des cas, un cambriolage moderne débouche sur une conviction. 

Pourquoi de tels écarts ? 

Peut-être y a-t-il crime et crime ? Des victimes qui comptent plus que d’autres ? A moins que la société ait été plus étroitement imbriquée en ces temps lointains, et qu’il ait donc été plus facile de savoir ce qui s’y passait ?…

Economie et société

Et si l’économie se nourrissait de la destruction de la société ? Question que je me posais en réfléchissant aux malheurs des gens touchés par l’inflation. 

Ils vont devoir renoncer à Netflix et réapprendre à se distraire avec d’autres êtres humains. 

Idem pour l’électro ménager : il a libéré la ménagère pour qu’elle puisse travailler ? Et une fois au travail, elle s’est trouvée l’objet de discriminations inacceptables ? 

Comme tout, l’économie est probablement la meilleure et la pire des choses ? Il faut parvenir à la maîtriser, et éviter, comme aurait dit Marx, qu’elle nous « aliène » ?