Les forces de l'Amérique : armée et dollar ?

Et si la force de l’Amérique n’était pas l’innovation, ou son économie ? Mais le dollar, et ses bons du trésor, qui rendent possible l’économie de marché ? Et une armée formidable, qui maintient le calme ? Ou, plutôt, qui permet au « système » économie de marché, dont l’Amérique est le grand bénéficiaire, de fonctionner ? Alors, contrairement à ce que pense M.Obama, l’Amérique est condamnée à régler la circulation mondiale ? Et cela a un bien faible coût, en regard des avantages qu’elle tire du dit système ? me suis-je demandé en lisant le dernier numéro de The Economist.

(Dans le même ordre d’idées : le paradoxe de Triffin.)

USA : champion de l'interdit ?

La plupart des Etats membres ont enregistré en excédent commercial avec les USA, en 2013. L’Allemagne (+52md€) a continué à avoir l’excédent le plus important, suivie par l’Italie (15md), et la Grande Bretagne (9md) dit le Financial Times

L’Europe exporte beaucoup plus vers les USA qu’elle n’importe. Curieusement, l’entreprise américaine, que nous admirons tant, n’a rien de formidable. D’ailleurs, la façon dont le traité de libre échange en cours de négociation est perçu en dit peut être long sur le sujet. Chez nous on parle de bœuf aux hormones et d’OGM, aux USA, on a peur de perdre des emplois.

Et si les USA étaient les champions de l’innovation, effectivement ? Une innovation qui signifie aller au delà de ce qui est permis ?

Traité de libre échange : faut-il avoir peur ?

L’UE négocie un traité de libre échange. Certaines opinions publiques s’inquiètent, du coup, la commission européenne

va lancer une large consultation sur la disposition la plus critiquée, notamment en Allemagne où l’opinion publique est vent debout, celle qui prévoit la création d’un tribunal arbitral qui permettra aux entreprises de poursuivre les Etats si elles estiment que le traité n’est pas respecté. Un tel tribunal existe déjà dans le traité de libre échange entre le Mexique, les Etats-Unis et le Canada et il a permis, par exemple, à des sociétés américaines de poursuivre le Québec qui a annulé unilatéralement les permis de recherche de gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

La question est curieuse. Notamment parce qu’elle révèle des différences culturelles majeures :

  • L’opinion allemande semble suivre le débat, et intervenir. Mais quid de la France ?
  • En Europe (continentale de l’Ouest ?), le mal c’est l’entreprise, la multinationale et ses lobbys, prêts à tous les coups bas ; l’Etat, c’est la voix du peuple, de la démocratie, le rempart contre le mal. Aux USA, le mal c’est l’Etat, la bureaucratie, qui étouffe l’initiative individuelle, dont l’expression même est l’entreprise (même si celle-ci est une super bureaucratie !).
  • La justice est elle-aussi vue différemment par eux et par nous. Pour l’Américain, c’est la justice qui fait la loi (cf. ce qui se passe actuellement avec Obamacare). Chez nous, c’est le peuple. L’Etat est souverain. (Et la justice est le fait d’hommes, influençables par les lobbys.) Voici ce que je trouve chez wikipedia, au début de l’article sur le conseil constitutionnel :

Le général de Gaulle avait pour souci d’éviter ce qu’il considérait comme une dérive américaine aboutissant à une forme de « gouvernement des juges » : pour lui, « la [seule] cour suprême, c’est le peuple ».

En résumé : cette négociation porte-t-elle sur le commerce ou sur la culture ? (Cherche-t-elle à modifier notre constitution, sans consultation ?) Où sont nos hommes politiques français ?

2014 : rien ne va plus ?

En lisant The Economist, je me demandais si 2014 ne pouvait pas voir quelques bouleversements sérieux. Et si l’Inde élisait un homme dangereux ? « Un populiste avec un passé inquiétant et un bon bilan économique. » Le rodéo politique italien se poursuit. Je me demande s’il ne reproduit pas notre troisième République. En tout cas, on semble vouloir s’acheminer, comme chez nous, vers le bipartisme. (Ce qui me semble une idée antidémocratique.) Aux USA, Républicains et Démocrates se sont enfin entendus sur un budget fédéral. Apparemment en jouant sur les mots pour masquer leurs concessions réciproques. Le libéralisme allemand serait en berne, il ne correspond pas à une tradition du pays. Le président turc s’en prend aux forces religieuses modérées. L’Ukraineest toujours aussi incertaine, le peuple (une minorité occidentalisée ?) est dans la rue, mais, pour le reste, cela semble une bataille entre oligarques. Étrange Thaïlande : d’un côté, un parti, représentant le petit peuple, a le pouvoir de gagner les élections, d’un autre, l’opposition a la force de renverser le gouvernement. En Syrie, le démantèlement du stock d’armes chimiques serait un succès, mais la sortie des dites armes dépend de la capacité de M.Assad à dégager des routes, et à gagner des guerres… Finalement, Israël est « désorienté ». « les jeunes Israëliens ont oublié le projet commun des pionniers (…) idem pour les entrepreneurs qui ont fait des fortunes dans les glaces et l’électronique. » Le nouveau dictateur nord coréen fait regretter son père. 
Le peuple chinois ne veut pas des OGM, mais son gouvernement a décidé qu’ils étaient bons pour lui. Résultat de la crise ? Brutalement des négociations de libre échange se dégèlent. Le « Doha round » de l’OMC d’un côté (démarré en 2001), Europe Mercosur de l’autre. Curieusement, les entreprises utiliseraient un prix (coût) du carbone dans leurs calculs d’investissements. Et il serait beaucoup plus élevé que celui des marchés – qui, par ailleurs n’arrivent pas à se mettre en route. (L’entreprise meilleure pour notre santé que la démocratie ? Ou que le marché ?) Tom Enders veut faire d’EADS une entreprise normale, qui ne suit que son intérêt et pas celui des gouvernements qui l’ont financée. Et les dits gouvernements vont le laisser faire. Gaz de schiste et USA, phénomène curieux. Le pays n’est pas capable d’écouler le type de pétrole produit (le marché n’est pas équipé pour l’exploiter), du coup son prix baisse, ce qui menace sa production… Pourquoi les fusions et acquisitions échouent-elles ? Parce qu’elles échappent à la rationalité. Il faut gagner à tout prix.

Science. La nouvelle science de l’épigénétique montre que l’alimentation du père peut avoir une conséquence sur la constitution de l’enfant. Les journaux scientifiques appliquent d’autres critères de sélection que ceux de la qualité de la recherche. Mais, d’une manière générale, l’homme, qu’il soit ordinaire, scientifique ou autre, n’est pas rationnel, il tend à « interpréter les artefacts d’une certaine façon ». Et les requins pourraient savoir ce qu’ils font quand ils attaquent l’homme. 

L’Amérique, arbitre du bon goût

Quant il le veut, M.Obama peut bien faire. The Economist rejoint mon opinion. Et si M.Obama comprenait enfin que l’Amérique a un rôle décisif à jouer dans le monde ? Certes, elle a commis l’erreur de ne pas entendre le conseil du général de Gaulle. Il lui avait pourtant bien dit que le défaut des superpuissances était de croire que tout pouvait se régler par la force. Mais rester prostré serait dangereux. L’Amérique est toujours forte et sans équivalent. Et, sans son action régulatrice, l’humanité pourrait aller dans une direction qui n’est favorable ni à ses intérêts ni à ses valeurs. 
Par ailleurs, l’Amérique est au centre de deux négociations de libre échange. Curieusement, elle pourrait ne pas les signer. Les Républicains sont favorables au repli. La Chine semble bien partie pour de grades réformes libérales. Elle irait jusqu’à permettre les ONG et une justice indépendante. Quant au Mexique, malgré de bonnes intentions, il ne va pas assez loin dans cette même libéralisation. Il devrait ouvrir ses ressources pétrolières aux étrangers. En Allemagne, Mme Merkel est empêtrée dans les négociations de constitution d’un gouvernement. En Italie, un morceau du parti de M.Berlusconi se détache. Va-t-il rejoindre celui du premier ministre et constituer quelque chose qui ressemble à l’ancienne démocratie chrétienne ?
Rapprochement avec l’Ukraine, une bonne affaire pour l’Europe ? L’Allemand économise, mais n’achète pas d’actions. Pourquoi les lois américaines font elles des milliers de pages ? Parce qu’il y en a peu, si bien qu’on essaie d’accrocher à celles qui ont une chance de passer, tout ce qui ne pourrait être voté, sinon. « Freeport ». Ce sont des zones de transit indéfini qui permettent aux biens qui s’y trouvent d’échapper aux impôts. Les gens riches y entassent leurs trésors. C’est un savoir-faire suisse qui s’exporte partout dans le monde.  
Nokia débarrassé de ses terminaux reprend du poil de la bête. Son métier principal est la construction de réseau. Il pourrait acheter Alcatel, en panne d’intelligence. Les chantiers navals coréens et Singapouriens vont bien, eux aussi. Ils ont choisi la qualité, ce qui a mis en déroute la Chine et ses faibles coûts de main d’œuvre. L’A380 a coûté 15md€ à Airbus, le marché pour ce type d’appareil n’est pas encore visible.
Les gourous du management se posent la question de la complexité, et l’enseignement de l’économie redécouvre l’étude des travaux fondateurs. Quant aux retraites, une solution qui permettrait d’éviter les promesses intenables, mais aussi l’incertitude des retraites par capitalisation. Une partie serait assurée, l’autre dépendrait de paramètres susceptibles d’évoluer. Mais le tout serait mutualisé, et non individuel. 
Histoire. Grâce à une meilleure organisation, l’Angleterre a défait la France de Napoléon. (The Economist ne semble pas avoir remarqué qu’il y avait d’autres pays que l’Angleterre qui se battaient contre la France. A moins, qu’il ne les considère comme les marionnettes anglaises ?)

La responsabilité de l'Europe dans la crise financière

Les Européens racontent qu’ils sont les innocentes victimes de la crise, alors qu’ils y ont massivement contribué. Voici ce que dit The Economist dans une publication qu’il destine aux étudiants.

Il me semble qu’il y a une façon de réconcilier les deux points de vue. Le « libre échange » qui est, justement, le combat de The Economist. Dans les années 90 on nous a parlé de nouvelle économie et de consensus de Washington. Le marché avait gagné, il fallait tout déréglementer pour lui laisser les mains libres. C’est ce que le monde a fait, l’Europe continentale en tête. La crise est la constatation que ce modèle ne marche pas. Dans ces conditions il y a, comme avec le nazisme, deux types de responsabilités. Celle de ceux qui ont été à l’origine du concept, et celle de ceux qui ont collaboré à sa mise en oeuvre.

Impuissance française et libre échange

L’assemblée nationale rédige un rapport préparatoire aux négociations de libre échange entre l’Europe et les USA. Étonnant. C’est un peu le libre échange, l’Amérique, et l’UE pour les nuls. Une sorte de mémoire fait par un étudiant de Master. Et on y voit des députés observant leur sujet avec un étonnant détachement. Voici ce que j’en retiens :
Pourquoi cette négociation ? Jusque-là, l’Europe ne voulait entendre parler que de traités multilatéraux. Mais ils ont été bloqués par les émergents. Du coup, on se tourne vers le bilatéralisme. Il est surtout dit que l’initiative viendrait de M.Barroso (d’après des commentaires de députés), pour raisons personnelles. La commission, d’ailleurs, utiliserait « un double langage ». Ce qui expliquerait l’embarras français ? Pourtant elle a toute latitude pour négocier. Face à l’infâme Barroso, on espère semble-t-il le contrepoids du parlement européen, personnification du bien.
Qu’en attend-on ? Apparemment la justification du projet tient à une étude. Elle est basée sur une modélisation. Aucun lien avec la réalité ? En tout cas ce qui bloque les échanges n’est pas le tarif douanier mais la norme non tarifaire. Or, attention, ces normes ne sont pas forcément volontairement protectionnistes. Elles peuvent refléter des « préférences collectives ». (Voici un nouveau concept. Contrepoison à l’économie néolibérale ? Mais admettre une dimension sociale dans l’existence n’est-il pas une implicite remise en cause du primat des droits de l’homme me suis-je demandé ?) Elles peuvent aussi émaner de différences culturelles. Par exemple les normes de sécurité sont définies par la « puissance publique » en Europe, alors qu’aux USA on joue de « l’auto certification » qui suppose la responsabilité individuelle. Comment unifier des cultures ?
Implicitement, il me semble aussi que l’on y voit une tentative de sortir le libre échange de la définition de l’économie néoclassique. Le libre échange n’est pas toujours bénéfique. Pour cela il faut que la concurrence soit juste, et qu’aucun parti ne dispose d’un avantage excessif. Ce qui n’est pas le cas pour l’énorme industrie de défense américaine, ou dans des secteurs où se trouvent des « disparités des coûts de production, liées notamment à l’exigence des normes sociales, environnementales et de bien être animal ». Autrement dit, les Américains se fichent des droits de l’homme. Contre attaque ? Le rapport rappelle qu’ils sont non négociables. Le libre échange doit aussi être limité par des considérations d’intérêt national : « souveraineté alimentaire », « équilibre du territoire »…   
Une fois de plus, décidément rapport très ethnologique, la culture va compter. En effet, en Europe, c’est la tête qui fait les lois. Aux USA, elles viennent d’en bas, de l’industrie et de ses intérêts. En outre, la parole de l’Etat fédéral n’engage pas les Etats fédérés ! Autrement dit, seule l’Europe est contrainte par cette négociation ?
Il est aussi dit clairement que l’arme des USA est l’hypocrisie. L’Amérique présente ses intérêts comme étant ceux du monde. (Exemple : pourquoi les OGM ? parce qu’ils sont appuyés par des « preuves scientifiques » – on notera que ceci ne vaut pas pour le réchauffement climatique.) Et elle n’est intéressée que par ce qu’elle peut gagner. En outre, l’Europe attaque la négociation en position de faiblesse. En effet l’Amérique ne désire que l’Asie. Sans compter que l’Europe est divisée. Outre le bon Barroso, il y a l’Angleterre, qui aimerait utiliser ces négociations pour démanteler ce qui ne lui va pas dans les lois européennes. Et l’Allemagne, et ses exportateurs. La France ? Stratégie CGT ? Elle laisse la négociation se faire. Mais elle n’y participe pas. Autruche ?
On parle, bien entendu, beaucoup d’agriculture, qu’il s’agit de défendre. Et aussi de culture. Mais là, mystère. Tranchant avec le reste du texte, pas de pédagogie. La culture, c’est sacré ? Il est peu question de nos autres industries. Lobbys à l’oeuvre ?
A tort ou à raison, ce qui me frappe dans ce document est l’extraordinaire manque de leadership français. La France semble incapable de penser. Et encore moins d’agir. 

Traité de libre échange et conduite du changement

L’Europe s’engage dans la négociation d’un traité de libre échange. Quels sont les enjeux ? Voici ce qu’en dit un rapport de l’assemblée nationale :

Une étude d’impact a également été commanditée par la Commission européenne, étude selon laquelle un tel accord pourrait entraîner une hausse allant jusqu’à 28 % des exportations européennes vers les États-Unis (soit une hausse de 6 % de l’ensemble des exportations européennes). L’étude annonce aussi un gain potentiel allant jusqu’à 119 milliards d’euros par an pour l’Union européenne et 95 milliards pour les États-Unis, soit un supplément de revenu disponible de 545 euros pour chaque famille européenne et 655 euros pour chaque famille américaine. Ce gain ne serait pas obtenu aux dépens du reste du monde, qui connaîtrait aussi un surcroît de revenu suite aux effets d’un accord transatlantique. Ce gain ne serait pas non plus obtenu aux dépens des travailleurs européens et américains et, en particulier, la libéralisation du commerce transatlantique n’accroîtrait que marginalement la rotation de l’emploi (0,2 % à 0,5 % seulement des travailleurs européens pourraient être amenés à changer d’emploi en conséquence de ce processus). 

(Mais) quand bien même les gains économiques susmentionnés se réaliseraient, il convient de les relativiser car cela représenterait au mieux à terme, si l’on prend le cas de l’Union européenne, un surcroît global de PIB de l’ordre de 0,5 %, gain étalé sur de nombreuses années et donc quasi-imperceptible.

Surprise : les ambitions du traité sont extraordinairement modestes. Cela signifierait-il que nos gouvernements sont tellement désespérés qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer ?

Mais, surtout, n’y a-t-il pas un risque de type euro ? C’est-à-dire n’apercevoir que trop tard les conséquences négatives de la décision ? Pour les éviter, il serait judicieux de contrôler le changement. C’est à dire de ne pas s’en remettre à des modèles théoriques pour estimer les gains possibles. Mais comprendre physiquement comment ils vont être obtenus. Et mettre en route un processus de vérification qui va permettre de s’assurer que l’on obtient ce que l’on veut. Et, si ce n’est pas le cas, que l’on revoie le dispositif d’échange.

Traité de libre échange : la France négocie

Paris a sans doute grillé toutes ses cartouches en se battant pour l’exception culturelle. «Cela fait partie, avec le siège du Parlement à Strasbourg et la politique agricole commune, des constantes politiques françaises», se justifie un diplomate hexagonal, tout en reconnaissant qu’il va désormais être difficile d’agiter le veto français pour défendre la réglementation sur les OGM ou les normes sanitaires. «La Commission a bien joué avec l’exception culturelle : elle a pour longtemps cornerisé les Français», admire un diplomate européen. (L’article.)

 La France négocie un traité de libre échange. Un tel traité, par définition, définit des lois qui contraignent notre démocratie. Or, nous y entrons dans une position étonnante. Face à l’Amérique et à ses lobbys, l’Europe est divisée. Sauf en ce qui concerne la France, haïe de tous. Dans ces conditions, on aurait pu s’attendre à ce que notre gouvernement rassemble nos forces derrière lui. Pas du tout. Aucun débat. Il part au combat la fleur au fusil. D’ailleurs, il n’a même plus de fusil.

La France et la politique des vaches sacrées

J’entendais ce matin France Culture parler des négociations de traités de libre échange entre l’Europe et les USA. Chacun y défend ses intérêts, si possible au détriment de ceux des autres. En particulier les USA, l’Angleterre et l’Allemagne. Et la France ? On peut être surpris qu’un sujet aussi important, qui peut décider de la vie ou de la mort d’un secteur économique, ne soit pas l’objet d’un débat public. Vieille tradition dirigiste ? En tout cas, si j’en crois France culture, contre les pressions de la City ou celles des exportateurs allemands, notre gouvernement combat pour notre exception culturelle !

Voilà qui fournit un extraordinaire moyen de négociation à nos partenaires : vous favorisez mes intérêts économiques ou j’attaque votre exception culturelle ! Que cache la hargne de notre gouvernement à défendre  notre culture ? (D’ailleurs, quelle culture ?) Un lobby ?