Banalité du mal ?

Hasards des rencontres. J’ai vécu, il y a quelques temps, une journée Gaza.

Cela a commencé avec des amis juifs, et s’est fini avec des amis libanais, dont les villages de montagne font l’objet de frappes israéliennes. Elles tueraient des familles venues de Beyrouth.

La guerre ne tolère pas la modération. Les uns s’étaient convertis à la colonisation, seul moyen de protéger Israël, les autres s’étaient convaincus qu’il faudrait éliminer Israël. Tous estimaient que l’Occident était leur ennemi. Pourquoi condamne-t-il Israël ? Pourquoi livre-t-il des armes à Israël ? D’ailleurs, pourquoi a-t-il exporté son antisémitisme au Moyen-orient, alors que l’on y vivait en bonne entente entre religions ?

La guerre semble une maladie sans coupable, ou plutôt à culpabilité collective. Tout le monde est plus ou moins responsable. Que font les pays des environs pour calmer le conflit ? Pourquoi l’Iran s’est-il engagé dans une guerre avec Israël ? L’Occident, depuis 1989, a pris les commandes du monde, et a fait énormément de bêtises. Mais les guerres finissent comme elles ont commencé. On ne sait pas comment. Souvent par un sursaut de sagesse collective que l’on n’attendait pas.

Banalité du mal ? Et si la raison dont rêvaient les Lumières était là : mettre un terme à la lâcheté qui produit des catastrophes ?

Guerre au Moyen-Orient

Lorsque j’ai lu que des « pagers » avaient explosé au Liban, je me suis demandé si « pager » avait bien la signification que je lui donnais. Eh bien oui.

Pourquoi avoir faire sauter tous ces « pagers » ? Démoraliser l’ennemi ? Plus rien n’est sûr ? Un expert interviewé par la BBC pensait que, contrairement à ce que l’on aurait pu croire, ce ne serait peut être pas un coup de maître des Israéliens. Leur but aurait été d’utiliser cette manoeuvre pour « aveugler » l’ennemi lors d’une offensive. Or, l’offensive n’était pas prête. Ils auraient détruit les pagers, parce que le Hezbollah était sur le point de découvrir la supercherie.

Prochaine étape ? Lancer une offensive malgré tout ? Et que va faire le Hezbollah ? Se venger en utilisant des moyens « conventionnels » ? Lesquels ? La créativité, dans ce domaine, n’est jamais une bonne chose.

Tout ce monde va-t-il finir par mettre l’humanité à feu et à sang ? N’y a-t-il pas d’issue ? Faut-il attendre que cette guerre finisse comme toutes les autres, faute de combattants ? Que penser de M.Netanyaou ? On entend dire qu’il fait la guerre pour éviter la conséquence des procès qui lui pèsent sur la tête : et si on lui proposait une amnistie ?…

Emigration

Un ami, Libanais, réagit à mon billet concernant le budget de l’Etat : et si notre modèle était le Liban ?

Effectivement, le Liban continue bien à survivre… mais grâce essentiellement à l’argent frais envoyé par les Libanais à l’étranger à leurs familles et amis au Liban.

Un tour de passe-passe systémique comme les aime ce blog ? Et si la solution à nos problèmes n’était pas l’immigration, comme on l’a tant entendu, mais l’émigration ?

Du danger d'être victime

Emission de la BBC, il y est question de Jamaïcains qui sont des victimes, à la fois de l’esclavage, de la discrimination vis-à-vis des noirs, et du réchauffement climatique, le « global north » péchant, et le sud payant la note. 

Des amis parlaient du Liban. Les envolées lyriques de M.Macron n’ont rien changé. Le pays s’enfonce dans la chaos. Commentaire : les Libanais s’adapteront. D’ailleurs, se plaignent-ils ? 

Même lorsque l’on est une victime, il n’est pas bon pour la santé d’en être convaincu, car qui viendra à votre secours ? 

Espoir au Liban

Emission de Christine Okrent sur le Liban, France Culture, samedi. Je retiens :

  • Le mal c’est le confessionalisme, pas la religion. Un communautarisme mafieux, qui détruit la société. La religion n’est qu’un paravant pour l’intérêt personnel. Il faut un Etat « laïc ». 
  • Les communautés, occupées à s’entre déchirer vont chercher de l’aide à l’extérieur. Ce qui change tout, car, je pensais que les pays étrangers tiraient les ficelles du Liban, alors que c’est le contraire : sans complicités internes, ils ne pourraient rien faire. 
  • Finalement, les freins au changement sont les grands fauves qui dirigent le pays, dont l’assemblée nationale. Leur opposition n’est qu’apparente. En réalité, ils se serrent les coudes. 
  • La France serait le seul pays capable de discuter avec tout le monde, les autres nations ayant choisi leur camp (ou ne connaissent pas le Liban ?). 

Un espoir ?

Qu'est-ce qui coince au Liban ?

Comme souvent, le mal du Liban semble une « perversion » de son système. Le Liban est un assemblage de communautés religieuses (18 !), qui se partagent le pouvoir, et fonctionnent selon la logique du clientélisme. Ce système, déconnecté de la réalité, épuise la substance du pays. Ce qui signifie que, certes, les grands fauves du système se sont démesurément enrichis, mais que, probablement, la quasi totalité de la population est impliquée dans le système. Il n’y a pas de bons et de mauvais.

A cela s’ajoute le Hezbollah, qui a infiltré, apparemment, l’ensemble des communautés, et est l’homme de paille de l’Iran. Ce qui, paradoxalement, n’a pas l’effet immédiat que l’on pourrait imaginer : parce que l’Iran n’a plus d’argent, le Liban n’en a plus, non plus !

(Article.)

Pas de solution en vue. C’est aux Libanais de l’inventer. En tous cas, les conditions sont favorables : le pays est en faillite, mais, s’il réinvente son « business model », la communauté internationale semble prête à lui apporter les fonds nécessaires.

Poudrière libanaise ?

Des tonnes d’explosifs entreposés à côté de feux d’artifice, des ouvriers qui font de la soudure.
La situation était connue. Mais aucun avertissement n’avait de l’effet. Et boum. Un cratère à Beyrouth. (Sources : wikipedia anglais.)

Ils sont fous ces Libanais ? Mais, sont-ils seuls ? A l’origine, il y a un oligarque russe, en faillite, un bateau, qui ne peut plus prendre la mer et dont la cargaison est saisie.

Et notre système de santé, au fait ? Les ARS de médecins qui ne font plus de médecine, et qui affirment que le masque est inutile, puis le contraire. Des hôpitaux qui ne se préoccupent que de gestion… Combien de morts ? Petit, ou grand ?, Beyrouth ?

Nous sommes tous Libanais ? Résultat du « laisser faire » ? Ressaisissons-nous ?

Saint Emmanuel, priez pour nous ?

Emmanuel Macron va-t-il faire un miracle au Liban ?

Depuis des années, je n’écoutais plus ce qui se passait au Liban, parce que je ne voyais pas comment il était possible de se tirer d’un tel merdier. Dans ces cas, je dis que la seule solution est le miracle. Eh bien il est peut-être survenu.

Selon moi, il résulte de l’explosion, qui a dévasté Beyrouth. Elle-même résultat, sans aucun doute, de l’incurie locale. (A lui tout seul, le Liban est un site SEVESO.) D’où prise de conscience. Ce qui permet à Emmanuel Macron d’arriver en messie et de mettre le Liban en face du changement qu’il doit réaliser : dégager le gouvernement des gangs ; le remplacer par une société civile « moderne », pour qui la religion cède le pas à l’intérêt collectif. L’aide internationale peut financer ce nouveau « business model ». Elle doit contrebalancer l’action des mauvaises fées (Israël, Iran, Russie, Amérique…), qui tirent les ficelles de la politique régionale, et croient qu’elles retrouveront la grandeur en mettant le monde à feu et à sang.

Et M.Macron, qu’est-ce qui le motive ? Je crois qu’il a une vocation de Gérard Philipe, et qu’il rêve de grandes actions, et de grandes tirades. Autrement dit, son initiative est généreuse. Et l’on peut regretter, qu’en France, il n’ait pas trouvé la bonne longueur de tir. Mais, qui sait ?, les miracles surviennent.

(PS. Des idées pour redresser le pays, qui semblerait avoir été pillé…)

Pauvre Liban !

Ce matin, j’entendais des Libanais découragés. (France Culture.) Ils ont passé leur vie à reconstruire leur pays, or, maintenant, il est à nouveau détruit. Il n’y a même plus d’Etat.

Mes amis libanais m’avaient dit cela. Mais j’avais censuré la nouvelle. Je n’écoute que ce pour quoi j’entrevois des solutions. Le reste me déprime. Là, il n’y a que le miracle d’envisageable.

Le Liban paraît le symbole du mal mondial. Un déchaînement d’égoïsme aveugle. Le Liban a été dépecé par ceux à qui il s’était confié, et est victime de toutes les luttes d’intérêts internationales. Trump n’aurait rien arrangé…

Mais le problème n’est pas là. Pour lui et pour nous. Il faut que des forces de reconstruction émergent, alors que les calamités ne font que commencer. Lorsque l’on est à terre, tout devient menaçant.

Cas Ghosn : drame de la pauvreté ?

Que reproche-t-on à M.Ghosn ? D’après ce que j’ai pu trouver, il aurait utilisé sa carte de crédit pour faire des cadeaux à sa nouvelle épouse, et payer un mariage coûteux à sa fille. Il aurait aussi couvert une manoeuvre boursière malencontreuse. Voulant assurer son salaire contre un changement de cours du Yen, il aurait pensé prévoir les mouvements de la bourse, malheureusement, elle est allée à l’envers de ses prévisions. Et il s’est retrouvé à devoir payer de l’ordre de 15m$. Ce serait un ami milliardaire du Golfe (rencontré lors de ses études au Liban) qui l’aurait dépanné. M.Ghosn l’aurait remboursé sur les fonds de Nissan. On apprend aussi que Nissan payait la scolarité de ses 4 enfants à Stanford (très très cher). Cela avait été négocié légalement.

Management inter culturel
Ce qu’on lit aussi, c’est que M. Ghosn fut un héros japonais. Apparemment, il y avait même une bande dessinée sur lui, et il a donné son nom à un plat national. Et si les malheurs de M.Ghosn venaient d’une méprise ? Et si les Japonais avaient cru qu’il était un des leurs, alors que lui les considérait comme des Américains comme les autres ? Il pensait obtenir par la force ce que lui valait la confiance ? Et si c’était cette confiance trahie qui avait valu le déchaînement incontrôlé de la justice japonaise ?

Curieusement, j’avais entendu dire que M.Ghosn s’entendait mieux avec ses collaborateurs japonais que français. Est-ce que ce qui semblait avoir fait son succès, son management inter culturel, ne s’est pas retourné contre lui ? Et s’il avait, involontairement, exploité les failles des cultures, mais pas leurs forces ? Et si, une fois réveillées de leur surprise, celles-ci s’étaient retournées contre lui ?

L’ascenseur social fait une victime ?
Et s’il avait été victime, lui-même, d’un drame inter culturel ? Ce qui me frappe chez M.Ghosn, c’est à quel point il ressemble à mes amis libanais. Même sa capacité de travail, dont on s’émerveille tant, n’a rien d’exceptionnel. Ils sont malheureux dans leur famille. Leur activité professionnelle c’est leur vie. Leurs amis, leur véritable famille, sont leurs partenaires commerciaux. Mais, surtout, les plus brillants sont venus faire leurs études en France. La France leur a donné ce qu’elle avait de mieux. Mais ce n’est pas beaucoup. Car, nous sommes un Etat bureaucratique. Or leurs anciens camarades, incultes peut-être, ont fait fortune dans les affaires. Celui qui, dans son enfance, était le plus admiré, est maintenant, à leur échelle, un prolétaire. On lit que M.Ghosn a reçu 100m€ en quelques années. Mais que reste-il après impôts et divorce (M.Ghosn a été victime du démon de midi) ? Comment assurer un train de vie digne de son rang ? C’est peut-être le noeud du problème. Ce que ni vous ni moi ne pouvons comprendre.

Car, un yacht de milliardaire du Golfe, d’oligarque russe ou de Bernard Arnault peut valoir 500m$ ou plus. A quoi ressemble le voilier de 12m de M.Ghosn à côté de ces bateaux de 100 à 180 m ? On dit aussi que le départ de M.Tavarès vient de ce que M.Ghosn ne voulait pas prendre sa retraite. Mais comment vivre parmi ses égaux avec un salaire de retraité ?

Comme dans Stupeur et tremblements, le Japon a rappelé à M.Ghosn que le démiurge, cela n’existe pas ?