Concubinage honnête

La disparition du mariage me pose un problème de vocabulaire désagréable : comment appeler la personne avec qui une autre personne vit ? Sans passer par ce type de périphrase.

Les Anglo-saxons semblent utiliser « partner », partenaire.

Le terme correct, en français, est concubin, mais il a une connotation péjorative. Le dictionnaire du CNRTL donne comme « quasi-synonymes » : amant(e), maîtresse, amie (fam.), compagnon, onne. (Compagne ?) Ce qui n’est pas mieux.

Curieux que notre langue ait autant de mal à s’adapter au changement… 

Faut-il protéger le français ?


Le français est assailli par l’anglais. Sujet d’une émissionde France Culture, dont j’ai entendu des bouts.

Est-ce un mal me suis-je demandé ? L’anglais ne nous envahit pas tant avec des mots issus de l’anglo-saxon, que de l’ancien français, voire du grec. Et puis il enlève un peu de rigidité à la langue. N’est-elle d’ailleurs pas le fruit de multiples influences, et le produit d’un latin populaire ?

Argument meilleur : absorber la langue de l’autre, c’est gober son idéologie. Est-ce certain ? En tout cas, il semble, effectivement, que parler une langue amène à adopter le comportement de ses locuteurs… (Trahi par les langues étrangères)

Défendons le français ? La meilleure défense n’est-elle pas l’offensive ? Le problème du français n’est-il pas, avant tout, qu’il y a manque de Français à admirer ? Notre langue n’est-elle pas une éponge parce que nous n’avons plus rien à dire ?

L'hébreu, langue du changement?

L’hébreu est une langue formidable, dans laquelle les termes sont construits autour de racines de 2, 3 ou 4 consonnes: il y en a 22, cela limite donc le nombre de racines existantes. Une même racine, conjuguée dans l’une des 7 formes qui existent (cf. l’article Wikipedia sur la conjugaison hébraïque), peut prendre des sens différents, mais souvent assez proches: apprendre et enseigner, écrire et dicter, venir et apporter, etc. 


C’est bien entendu le cas du verbe « LeChanot », qui signifie changer. Mais ce qui est étrange, c’est que l’une des formes dérivées, « LichNot », signifie répéter, apprendre par coeur, voire étudier! On le retrouve dans le terme « Michnah », qui qualifie le texte qui a servi de base au Talmud, la version par écrit de la loi orale, traditionnellement transmise de génération en génération depuis Moïse. Comment ces deux sens peuvent ils se rapprocher?

Les dix commandements, un sacré changement pour l’époque…
Une première interprétation, consiste à comprendre que cette loi orale n’aurait jamais dû, initialement, être figée, par écrit. Contrairement à la Torah, fixe, inchangée depuis sa promulgation, la loi orale était flexible, évolutive, susceptible d’adapter un cadre légal rigide aux évolutions de la modernité: par exemple, adapter les lois des fêtes juives à une présence en dehors de la terre sainte, quand la diaspora devient nécessité. Son enseignement se faisait par répétition, par coeur, des textes initialement transmis. Répétition et enseignement sont toujours allés de pair dans l’enseignement talmudique.

Quelques traités de Michnah
Il y a une autre interprétation du lien cacher entre ces deux sens d’un même verbe. On ne change pas du jour au lendemain: pour changer, il faut répéter plusieurs fois les mêmes gestes, développer de nouveaux réflexes, faire sortir les anciennes habitudes pour en acquérir de nouvelles. La répétition est la principale forme d’enseignement. N’appelait-on pas autrefois, en français, certains enseignants des « répétiteurs »?…