1919. Keynes claque la porte du traité de Versailles, et écrit un livre pour le dénoncer. Immédiatement traduit en allemand, il fait le bonheur du revanchard. Occasion de revenir à la guerre de 14.
En 1919, le monde est un chaos. Non seulement la guerre a fait des dommages considérables, mais l’Europe est ravagée par les révolutions et les épidémies. C’est effrayant. Et ce qui est surprenant, c’est que la paix parvienne à se rétablir vers 1925.
Keynes, pour sa part, prend une attitude très moderne. Il ne voit que par l’économie. L’Allemagne est le moteur économique de l’Europe. Il serait suicidaire de lui imposer des sanctions. Voilà ce qu’il dit. En outre, comme sa famille et les milieux économiques anglais, il est germanophile.
Quant à Clémenceau, il a un autre point de vue. La France est dévastée, alors que l’Allemagne est intacte. Or, l’Allemagne est, démographiquement et économiquement, beaucoup plus puissante que la France, et il ne peut y avoir qu’une autre guerre. Il faut l’affaiblir au maximum, pour, qu’au moins, le prochain conflit ne soit pas trop déséquilibré.
Ce qui aurait pu arranger les choses aurait été que les USA ne fassent pas payer les dettes qu’on leur devait, comme ils l’ont fait en 45. Seulement, s’ils ont été généreux en 45, c’est qu’ils avaient peur des rouges. En 1919, ils se moquaient de l’Europe.
La guerre de 40 n’aurait pas été inévitable, d’ailleurs. Sa cause aura probablement été la crise américaine de 29, et l’étalon or, qui l’aura répercutée en Europe.
Voilà ce que je retiens d’In our time, de la BBC. Pour une fois, j’ai entendu des Anglais exprimer leur sympathie pour la France.
