L’équipage

La guerre de 14, une escadrille d’aviation. Ce qu’a vécu Kessel. Et cela commence bien. On se retrouve balloté dans un biplan au dessus des lignes ennemies. Mais cela tourne court. Tout l’intérêt du livre est ruiné par une sotte et invraisemblable histoire d’amour, pleine de bons sentiments. Un conflit entre le coeur et le devoir, bien sûr. Au moins, Kessel écrit-il simplement et clairement. Ce qui est un mérite, aujourd’hui.

Rien à voir avec Ceux de 14 de Maurice Genevois. Les aviateurs mangeaient beaucoup et buvaient sec, ils étaient bien logés, et étaient la plupart du temps désoeuvrés. De temps à autre, ils étaient abattus en flamme. Aucune comparaison avec l’horreur des tranchées.

Et question récurrente, déjà posée au sujet des corsaires : comment se fait-il que l’on tire des récits aussi mièvres de pareilles expériences ? Le héros est inconscient ? Et lorsqu’il se met à écrire, il fait ce que lui dicte la société ? Girouette humaine ?

(Rien à voir, non plus, avec Pilote de guerre de Saint Exupéry. Le récit d’une seule mission, elle aussi d’observation. Elle se vit minute par minute. Et, surtout, on y comprend les raisons de la défaite, l’esprit qui y a conduit.)

Les temps sauvages

D’ordinaire je n’ai pas une grande estime pour Joseph Kessel, gloire d’un temps révolu. En fait, je n’aime pas les romans.

Mais ce livre, dont je n’ai entendu que des extraits, n’en est pas un. A la fin de la guerre de 14, l’Etat major allié craint que l’Allemagne ne reconstitue un front en Russie. Il décide d’envoyer des troupes en Sibérie. Kessel est volontaire.

Il découvre une humanité de la fin des temps, l’homme redevenu animal. Le milieu naturel de l’aventurier et de l’écrivain.