Les malades qui nous gouvernent

Hasard de wikipedia. Je découvre la fiche de Kennedy. Sa santé était dans un état détestable, et il était prêt à avaler les médecines les plus douteuses pour ne pas en subir les conséquences.

According to Travell’s records, during his presidential years Kennedy suffered from high fevers; stomach, colon, and prostate issues; abscesses; high cholesterol; and adrenal problems. Travell kept a « Medicine Administration Record », cataloging Kennedy’s medications:

injected and ingested corticosteroids for his adrenal insufficiency; procaine shots and ultrasound treatments and hot packs for his back; Lomotil, Metamucil, paregoric, phenobarbital, testosterone, and trasentine to control his diarrhea, abdominal discomfort, and weight loss; penicillin and other antibiotics for his urinary-tract infections and an abscess; and Tuinal to help him sleep.

Combien de temps aurait-il pu survivre ? me suis-je dit.

Puis : comment fit-il pour donner une telle image de jeunesse et de dynamisme, et mener autant de liaisons extra-maritales ?

Il y a des personnes qui ont un « élan vital » exceptionnel ?

Ich bin ein Berliner

Witness history de la BBC rappelle le Kennedy de « Ich bin ein Berliner ». Kennedy le combattant de la liberté, l’ami de l’Europe.

On ne peut pas rêver plus opposé à Trump et à la politique actuelle des USA. Pas de mémoire, pas de fidélité, que l’intérêt à court terme.

Au fond, c’est peut-être la morale des affaires : seul mon bon plaisir compte, et les promesses n’engagent que ceux qui les croient ?

Désinformation ?

Donald Trump veut faire de Robert Kennedy junior son ministre de la santé.

Celui-ci, pendant la campagne présidentielle, était présenté comme un charlatan. Or que veut-il faire, si j’en crois une émission de la BBC ? Combattre l’obésité ! Un mal effrayant qui frappe un nombre considérable d’Américains.

Désinformation ?

Voilà un changement qui n’a que peu de chances de réussir ? M.Trump veut des résultats rapides. Il veut aussi réduire la taille du ministère de la santé alors que M.Kennedy aurait besoin de plus de moyens. Et il fait face au cynisme d’un secteur de l’agroalimentaire qui n’a aucun intérêt à ce que l’Américain ait une alimentation saine.

(L’émission de la BBC.)

Le complot et JFK

Des documents relatifs à l’assassinat du président Kennedy sont rendus publics. Ils révèlent que celui qui est considéré comme son assassin avait été repéré par les renseignements américains. Mais voilà, tout n’a pas été dévoilé, et ce pour des raisons de « sécurité nationale ».

Sherlock Holmes et le complotiste diraient d’une même voix que le plus simple est le plus vraisemblable : la CIA a laissé faire. Et c’est pour cela que comme pour la question des origines du covid en Chine, il n’est pas possible d’enquêter.

Le complot n’est pas premier, c’est la dissimulation ?

J Edgar Hoover

J Edgar Hoover a travaillé pendant 55 ans au FBI. BBC 4 lui consacrait un feuilleton. 

Qu’en penser ? Le consensus est probablement que c’était un sale type. D’ailleurs wikipedia anglais lui réserve le traitement des sales types : une interminable discussion de sa sexualité. Grand paradoxe, à l’heure de la Gay Pride, être soupçonné d’homosexualité est une honte… 

En fait, l’histoire de Hoover a quelque-chose de très actuel, et en dit long sur la nature de l’Amérique. En effet, c’était un croyant. Son obsession était la subversion des valeurs américaines. Car c’était elles qui assuraient le « développement durable » de la nation. Et cette subversion ne vient pas tant des communistes, qu’il a combattus, que de ce que l’on appelle aujourd’hui « l’extrême gauche » et sa « contre culture ». Il semble l’avoir trouvée beaucoup plus dangereuse que la Mafia, qui ne parait pas l’avoir beaucoup intéressé.

Convaincu que l’être déviant avait un comportement déviant, il se débarrassait de ceux qu’il considérait comme dangereux en traquant leurs fautes de conduite. C’est ainsi qu’il semble avoir sauvé son poste à l’époque Kennedy, représentant des idées honnies, en montrant à son frère, alors « attorney général » (ministre de la justice), que le président avait partagé une maitresse avec un chef de la Mafia. Mafia qui, d’ailleurs, se croyait protégée pour lui avoir fait gagner les élections.

Quant à sa lutte contre le communisme, elle s’est servie de ce que la plupart des leaders communistes des années 20 n’avaient pas la nationalité américaine. Il les a fait déporter. 

Cette émission pose la question de qui écrit les consensus. En effet, au début des années 20, les grèves paralysaient les USA, dit le personnage de Hoover dans l’émission. Or, le but du communisme était de prendre le pouvoir partout. Et cela aurait pu réussir. En Allemagne, par exemple, la « montée des extrêmes » aurait pu aboutir à la victoire du communisme, et pas du nazisme. Ce sont de « sales types » qui ont permis d’écrire l’histoire que l’on l’entend aujourd’hui ?

Chappaquiddick

Wikipedia rappelait l’anniversaire de l’accident qui a ruiné la carrière de Teddy Kennedy. Officiellement, une sortie de route. Sa voiture tombe à l’eau et il se tire d’affaire. Mais en oubliant de prévenir les secours. Car il y avait une femme avec lui. Elle s’est noyée, après avoir survécu deux ou trois heures, dans une poche d’air. La justice a fait quelques remontrances à M.Kennedy. Mais, jamais cette affaire n’a été oubliée. Il n’a pas pu avoir d’ambition présidentielle. (Ce qui lui a peut-être permis de finir sa vie dans son lit, contrairement à ses frères.)
Une autre explication (de la BBC) semble plus cohérente avec les faits que celle-ci. A l’écart d’une réception, il s’était engagé dans quelque ébat amoureux lorsqu’il a entendu venir du monde. Il faut dire qu’il était marié (et que sa femme était enceinte, et qu’à la suite de cette histoire elle a fait sa troisième fausse couche), et qu’il était sénateur. Il est reparti à pieds, laissant à sa compagne le soin de ramener sa voiture. Elle a fait une mauvaise manoeuvre. 
Plutôt que d’avouer son infidélité, il a préféré mentir et être accusé de meurtre, de lâcheté ou de bêtise ? Autres temps ? 

Obama mauvais politique ?

Obama et l’armée. Son salut est plus impeccable que celui du militaire de carrière, il maîtrise mieux les dossiers que lui, et il décide vite et bien, comme un militaire. Mais il ne veut pas que ça se sache, que ces guerres détournent le pays de ce qui compte pour lui : ses réformes internes. Et pour cela il s’inspire d’Eisenhower.
Mais est-ce bonne politique ? Ce que je crois sa droiture, qui le conduit à une grande discrétion, donc à un déficit d’image, fait qu’il prête le flanc à toutes les attaques. Ne devrait-il pas, comme nos politiques français, mieux promouvoir ses actions, quitte à compromettre un peu les intérêts de la nation ?
Peut-être pense-t-il qu’à long terme justice lui sera faite ? Une forme de respect pour son peuple ?
Compléments :
  • Le cas d’Eisenhower. Il savait ce que nous avons appris depuis, que l’URSS était dans un état déplorable. Il ne servait donc à rien de s’engager dans un surarmement, qui ne pouvait qu’être fatal aux finances de l’Amérique. L’histoire lui a donné raison : Kennedy n’a pas eu son intelligence. D’où déficit, renoncement à Bretton Woods (Nixon), ce qui ne règle rien. Depuis un demi-siècle l’Amérique vit à crédit. (Pour Eisenhower et Kennedy, voir le livre dont parle Grand expectations.)

Contre l’énergie éolienne

Il semblerait que l’implantation d’éoliennes aux USA rencontre la résistance de militants écologistes. Cas classique de résistance au changement ?
Ceux qui trouvent que les éoliennes causent des méfaits à l’environnement sont ceux qui vivent à proximité, mais ne profitent pas de leurs bénéfices financiers, et à qui, en quelque sorte, on les a imposées (cas de la famille Kennedy). Pour les convaincre, il faut que la décision d’installation vienne d’eux (qu’ils soient responsables du changement), même s’ils n’en profitent pas directement. Ou, comme en Europe, qu’obéir aux directives du gouvernement soit une caractéristique culturelle. 

Ted Kennedy

J’ai vu passer plusieurs notices nécrologiques concernant Ted Kennedy (par exemple : More flawed and more influential than his brothers). Il semblait terriblement sympathique et regretté. Et je me suis demandé si ce n’était pas la mort qui l’avait rendu tel :

Ted Kennedy serait-il désormais comme un vieux film : plus rien de ce qu’il fait ne pourra nous surprendre ? D’ailleurs n’est-ce pas pour cela que j’aime le blues et toutes ces musiques qui parlent tristement du passé ? Le passé étant passé, il n’est plus menaçant, ses règles sont désormais bien connues ?

Ce que je dis est un peu faux. Il y a des morts à qui l’on en veut à mort. N’est-ce pas le cas de notre président avec Madame de La Fayette ? D’ailleurs, je suis sûr que Platon n’a pas que des amis, et qu’il n’en faudrait pas beaucoup pour que Marx soit de nouveau insulté. À la différence des morts sympathiques, les idées de ces morts là leur ont survécu, et elles continuent à nous inquiéter.

Les morts qui nous plaisent sont ceux qui n’ont pas laissé de trace, ou des idées desquelles nous avons fait le deuil ?