Une forme de libéralisme estime que le riche est responsable de son succès et le pauvre de son malheur. Bref, tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes. Le libéralisme est un conservatisme.
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Choisir un président (2) : Kant et la République
Maintenant, au tour de Kant et de la République. Pour Kant, le régime politique idéal est celui de la République. C’est-à-dire un exécutif qui met en œuvre la volonté générale, représentée par le législatif. Les deux doivent évidemment être séparés. Ça commence mal pour la France.
- Un exécutif qui exécute sa propre volonté est une dictature. Par conséquent le candidat qui est porté par une idéologie et qui a la capacité de la mettre en oeuvre doit être écarté.
- L’intérêt général sous-entend la recherche de ce qui unit la nation. Un candidat qui « divise pour régner », ou qui utilise la démagogie (voir ce qu’en pense Aristote) pour disloquer les principes fondateurs du pays, devrait donc être hors jeu.
- Mais l’exécutif doit aussi avoir la capacité à exécuter. Un exécutif qui ne sait pas se décider est aussi un mauvais choix (on retrouve les idées du billet précédent).
Cercle du changement
Une caractéristique de notre époque est que la pensée est instrumentalisée par l’intérêt. Il n’y a pas, d’ailleurs, que de grandes idéologies globalisantes, fiction du marché porteur du bien général ou autre. Chacun y va de son sophisme, pour remporter une petite victoire, parfois seulement avoir le dernier mot.
Vers la paix perpétuelle de Kant
Les Lumières veulent libérer l’homme – la liberté étant la capacité de penser par soi-même. Pour cela, il doit, en particulier, s’affranchir des croyances, inaccessibles à la raison. Donc de la métaphysique, qui ne peut qu’être vaine spéculation.Amérique : l’esprit des lois
Qu’est-ce qui fonde la société américaine ? La terreur des guerres idéologiques.
(Les pères fondateurs) étaient inquiets non seulement des guerres de religion en tant que telles, mais surtout des disputes politiques, qui étaient « religieuses » de par leur intensité. Ils voulaient créer un État et un système politique auxquels des gens ayant des idées totalement différentes de la métaphysique et de beaucoup d’autres choses pourraient être d’une loyauté inconditionnelle. The faith (and doubts) of our fathers
Compléments :
- La critique de la raison pure de Kant est peut être une solution différente à un même problème. Toutes les religions sont fondées sur une idéologie inaccessible à la raison. Dans ces conditions la seule façon de prouver la supériorité de la dite idéologie est de s’étriper en son nom. Les guerres de religion qui ont résulté de ce principe ont dû particulièrement marquer les esprits.
Europe, Allemagne, crise et raison
Dans la crise de l’euro, l’Allemagne semble tenir tête au monde. Face aux arguments des économistes internationaux, elle répond (La zone euro espère vaincre la défiance des marchés malgré ses divisions – Coulisses de Bruxelles) :
selon moi, il est incroyable de penser que l’on peut gagner la confiance de quelqu’un en enfreignant les règles
Je suis convaincue que si nous avons la patience et l’endurance nécessaires, si nous ne laissons pas les revers nous abattre, si nous avançons systématiquement vers une union budgétaire et de stabilité, si nous parvenons réellement à réaliser l’union économique et monétaire (…), l’Europe ne surmontera pas seulement cette crise, l’Europe sortira de cette crise plus forte qu’elle n’y est entrée.
Le paradoxe du libre arbitre
L’homme doit croire au libre arbitre, surtout si c’est une illusion. Je retrouve ce paradoxe, sujet d’un billet récent, dans un texte de Kant, dont c’est une idée centrale.
Michel Puech
Michel Puech, un philosophe du développement durable (ou « soutenable ») mène une lutte pour la « micro action ». Il faut faire, avec nos moyens limités, ce que nous pensons bien. (Souvenir de Kant ?)
- Cette pensée marque-t-elle l’anti pensée 68 : après le droit à l’irresponsabilité, devoir de responsabilité ?
Erreur de Kant ?
Le billet précédent me fait penser que l’impératif catégorique de Kant est erroné.
Médecine allemande, la victoire de la raison ?
Les représentants des médecins participent à la négociation du budget consacré aux dépenses de santé, le montant des honoraires est ajusté en fonction de l’activité totale des médecins au sein du budget limité.
(…) Le bon fonctionnement de l’ensemble repose sur un système de représentation des professions médicales légitime, unifié et responsable (autant de qualités qui manquent en France). (PALIER, Bruno, La réforme des systèmes de santé, Que sais-je, 2010.)