L'hébreu, langue du changement?

L’hébreu est une langue formidable, dans laquelle les termes sont construits autour de racines de 2, 3 ou 4 consonnes: il y en a 22, cela limite donc le nombre de racines existantes. Une même racine, conjuguée dans l’une des 7 formes qui existent (cf. l’article Wikipedia sur la conjugaison hébraïque), peut prendre des sens différents, mais souvent assez proches: apprendre et enseigner, écrire et dicter, venir et apporter, etc. 


C’est bien entendu le cas du verbe « LeChanot », qui signifie changer. Mais ce qui est étrange, c’est que l’une des formes dérivées, « LichNot », signifie répéter, apprendre par coeur, voire étudier! On le retrouve dans le terme « Michnah », qui qualifie le texte qui a servi de base au Talmud, la version par écrit de la loi orale, traditionnellement transmise de génération en génération depuis Moïse. Comment ces deux sens peuvent ils se rapprocher?

Les dix commandements, un sacré changement pour l’époque…
Une première interprétation, consiste à comprendre que cette loi orale n’aurait jamais dû, initialement, être figée, par écrit. Contrairement à la Torah, fixe, inchangée depuis sa promulgation, la loi orale était flexible, évolutive, susceptible d’adapter un cadre légal rigide aux évolutions de la modernité: par exemple, adapter les lois des fêtes juives à une présence en dehors de la terre sainte, quand la diaspora devient nécessité. Son enseignement se faisait par répétition, par coeur, des textes initialement transmis. Répétition et enseignement sont toujours allés de pair dans l’enseignement talmudique.

Quelques traités de Michnah
Il y a une autre interprétation du lien cacher entre ces deux sens d’un même verbe. On ne change pas du jour au lendemain: pour changer, il faut répéter plusieurs fois les mêmes gestes, développer de nouveaux réflexes, faire sortir les anciennes habitudes pour en acquérir de nouvelles. La répétition est la principale forme d’enseignement. N’appelait-on pas autrefois, en français, certains enseignants des « répétiteurs »?…

Google grignote ?

Rien ne bouge sur Google+. Même pas Hervé Kabla. Flop ?

Mais Google crée des pages entreprise. Le Monde s’y installe.

Raisonnement intéressant : Google serait une sorte de tortue qui démarrerait lentement, mais dont l’avancée serait irrésistible. La prise de part de marché de Chrome en serait un exemple. (Le Monde.fr sur Google+ : pour quoi faire ? | Rézonances)

Du coup, j’ai rajouté Le Monde à ma page Google+. Au moins cela lui apporte un peu d’animation. 

Reflux de la vague d’outsourcing

Quelques-uns des pires désastres économiques de ces dernières années ont été causés ou aggravés par l’externalisation. Il y a huit ans, Boeing, le plus gros fabricant d’avions américain, a décidé de suivre l’exemple des fabricants automobiles et d’utiliser des sous-traitants pour faire le gros œuvre de son nouveau 787 dreamliner. Ce fut un cauchemar. Certaines pièces ne s’ajustaient pas. Parmi les dizaines de sous-traitants, certains n’arrivèrent pas à livrer leur composant dans les temps, malgré qu’ils aient sous-traité leur travail à des sous-sous traitants. Boeing a dû reprendre des fournisseurs pour leur éviter de disparaître. Si le Dreamliner sort des lignes de production à la fin de l’année, comme le promet Boeing, ce sera avec un surcoût de plusieurs milliards et trois ans de retard.

On constate le désastre qu’a été l’outsourcing. C’était bien une mode de management.

Mais difficile de revenir en arrière : les entreprises n’ont plus les compétences sous-traitées.

L’outsourcing n’est pas mort, mais dorénavant il devrait être plus intelligent. (The trouble with outsourcing)

Compléments :
  • J’avais fait ce constat dans un livre, il y a quelques années. Simple bon sens. Que les entreprises n’aient pas voulu le comprendre montre probablement qu’elles préféraient les illusions à court terme à une gestion durable de leurs affaires. 
  • Billet de ce blog sur ce sujet. Et désaccord avec Hervé Kabla…
  • L’article explique aussi que l’Angleterre a externalisé 10% de son emploi…

Killer app de Google+ ?

Google+ peut-il rejouer, vis-à vis de Facebook, Microsoft contre Netscape ? Éternel problème de marketing : le nouvel entrant face au concurrent installé.

Avec Google+, plus de demande (difficile à refuser) de rejoindre le réseau d’une personne. L’effet réseau est obtenu en choisissant ceux que l’on veut informer. Ils peuvent refuser l’invitation, et qui sont ou non des utilisateurs de Google+.

Google+ permet de dire non poliment à des gens à qui on ne peut pas dire non. Donc de débarrasser son réseau « d’amis » Facebook de ceux qui ne l’étaient pas vraiment, ou ne le sont plus. (How Google+ Will Balkanize Your Social Life)
Si les réseaux sociaux peuvent être facilement piratés, pourquoi leur valorisation est-elle aussi élevée… ?

Compléments :

  • Hervé Kabla se demandait comment il se faisait que Google, ayant depuis plusieurs années les briques techniques qui lui permettait de nuire à Facebook, ne l’avait pas fait. Manque de réactivité peut-être. En tout cas, cela lui a peut-être permis de voir la faille de Facebook. (En leur temps les Japonais laissaient à un concurrent innovant le temps d’explorer une niche, avant de l’en déloger et de développer agressivement le nouveau marché. Facebook, un peu japonais ?)

Google+

Ce qu’il y a surprenant avec Google+, n’est pas tellement que Google veuille ennuyer Facebook, mais la prise en main de cette innovation par Hervé Kabla.
Il s’achemine déjà vers la centaine de contacts, et sature le système de ses commentaires, lapidaires. (Serait-ce lui qui l’a fait s’effondrer ?)
Hervé Kabla : le Kasparov du média-social ? La seule personne capable de produire vingt idées à la minute ?
Compléments :
  • Et très supérieur à Einstein, qui pensait que l’on n’avait qu’une idée par vie.
  • Mais, moins populaire que Mark Zuckenberg.
  • Curieusement, il n’a pas encore investi la rubrique vidéo. 
  • Et pourquoi choisit-il une photo qui lui coupe le haut de la tête ? (Par modestie, pour masquer son aura ?)

Quel avenir pour DSK ?

Hervé Kabla pense que DSK renaîtra. (Et si DSK revenait dans la course avant la fin de l’année? | Kablages) J’ai aussi tendance à croire que les hommes politiques sont insubmersibles.
Mais DSK est-il un homme politique comme N.Sarkozy, F.Mitterrand ou J.Chirac ? Est-il animé de la même envie de pouvoir qu’eux ? Est-il un aussi subtil manœuvrier ? (En tout cas, moins que S.Royal.)
Et puis, l’affaire dont il est accusé n’est-elle pas de celles qui ruinent définitivement les images de marque ? Beaucoup d’hommes politiques, français ou non, sont de grands séducteurs, ce que l’on peut comprendre comme une forme d’affection professionnelle. Ce que l’on dit de DSK, chimpanzé en rut, ressortit à une maladie honteuse.  

Les médias sociaux expliqués à mon boss

KABLA, Hervé, GOURVENNEC, Yann (sous la direction de), Les médias sociaux expliqués à mon boss – Par ceux qui en font et pour ceux qui aimeraient (mieux) en faire, Éditions KAWA, 2011. Ce qu’il faut savoir sur les médias sociaux, quand on veut les mettre en œuvre dans l’entreprise. Livre d’entretiens avec des phares du domaine, en France et aux USA.
Ce que j’en retiens est qu’il y a de « bonnes pratiques ». Par exemple, une grande entreprise technologique doit faire discuter ses techniciens star avec son marché (au moins) par le biais de blogs, elle doit faire appel aux bloggers quand elle organise un événement avec ses clients… à chaque fois, il existe une autre série de « bonnes pratiques » pour régler la chose. Mais, finalement, tout est une question de mise au point par essais et erreurs, d’expérience accumulée.
Par exemple, un blogger d’une grande entreprise explique qu’il blogue en dehors des heures de travail, de façon à pouvoir le faire en toute indépendance d’opinion. Mais cela ne revient-il pas à travailler gratuitement ? Comment l’entreprise peut-elle s’assurer qu’il ne nuit pas à son image ?… L’art est difficile !
Commentaire :
Le livre parle beaucoup de retour sur investissement. Les directeurs de la communication ne comprennent pas les médias sociaux et aimeraient une démonstration mathématique de leur rentabilité ?
Il leur suffit de regarder la Chine, l’Iran et quelques autres pour comprendre que les médias sociaux font les révolutions. Les contrôler est une question de vie ou de mort. B A BA de l’écriture du « plan média » : quand un média est utilisé par des leaders d’opinion du marché, il faut le maîtriser. Alors seulement entre en ligne de compte le coût de l’investissement : il faut disposer d’une maîtrise « satisfaisante » pour un coût aussi faible que possible.
En fait, comme pour toute nouveauté, ce n’est pas la raison qui fera entrer les médias sociaux dans l’entreprise, mais le panurgisme. On en est à la phase « early adopters ». La masse moutonnière des suiveurs se prépare. Non seulement, lorsqu’ils arriveront, il ne sera plus question de ROI, mais beaucoup d’entre eux investiront alors qu’ils n’auraient pas dû.
Compléments :
  • Plans médias, leaders, early adopters et suiveurs voir KOTTER, Philip, Marketing management, dernière édition.
  • L’exemple d’Orange Business Services, donné dans le livre, forme d’optimum ? Emploi important des ressources internes et de ressources gratuites (bloggers), en jouant au maximum sur leur motivation, mise à leur disposition de moyens peu coûteux (plates-formes de blog, réseaux…), etc.
  • Que l’octogénaire Bill Marriott ait été un pionnier des médias sociaux et que les directeurs de la communication surdiplômés soient incapables de comprendre de quoi il s’agit en dit long sur ce qu’est un entrepreneur (voir aussi ceci) et sur l’incapacité de l’enseignement à apporter autre chose que des complexes de supériorité ?

MEDEF et presse

Frédéric Chevalier « responsable du numérique au MEDEF » explique pourquoi le MEDEF invite des bloggers à son université d’été :

Toute une partie des journalistes présents sont à l’affût de la petite phrase (…) Et ils n’entrent pas dans le fond des sujets, ni dans le fond des thèmes que l’on aborde. Ils viennent avec leur agenda et leurs préoccupations politiques du moment.
(…) alors que les médias sociaux permettent d’ouvrir le débat.

Le journaliste n’est qu’idées préconçues ? Il est incapable de la moindre remise en cause, de la moindre enquête ? Dans ces conditions, doit-on s’étonner que la presse soit en crise ?
Compléments :
  • Tiré de KABLA, Hervé, GOURVENNEC, Yann, Les médias sociaux expliqués à mon boss, Kawa, 2011.
  • Dans l’interview de Frédéric Chevalier on découvre, que, curieusement, les 80 premiers bloggeurs à s’être présentés à l’université du MEDEF, en 2007, étaient des fans de N.Sarkozy.
  • Ce que dit l’Ambassade des USA sur le journaliste français. 

Facebook connect

Si je comprends bien, Facebook désire proposer une carte d’identité aux utilisateurs d’Internet.
Facebook connect est un bouton que n’importe quel site web peut afficher et qui permet à quelqu’un qui veut l’utiliser de se faire connaître comme s’il arrivait chez Facebook.
Est-ce un moyen pour Facebook de conjurer « la malédiction de la dérivée seconde », dont parle Hervé Kabla ? Ainsi, le nombre de comptes Facebook ne serait plus limité que par le nombre d’utilisateurs d’Internet ?
En tout cas, protéger autant de comptes est une énorme responsabilité (de l’ordre d’un pourcent des utilisateurs de Facebook auraient déjà rencontré des problèmes de sécurité).