Connaissez-vous Change?

Un petit article iconoclaste sur ce blog, pour parler de R&B et de soul music (bien à propos pour la disparition de Whitney Houston). Connaissez-vous le groupe « Change« ?
Miracles / Change of Heart

Change a connu son heure de gloire dans les années 80, avec un chanteur mythique, nommé Luther Vandross. Des titres très chaloupés, très rythmés, une voix profonde, bref un excellent groupe, mais un groupe de studio, qui n’a (je crois) jamais fait de concert.

Je ne connais pas l’origine du nom du groupe, mais certains des titres de ses albums ont un rapport avec ce qu’on peut attendre du changement :

  • Paradise
  • Miracles
  • Hard times
  • Let’s go together
  • Examination

Et si vous changiez votre manière de communiquer sur Internet?

Les médias sociaux sont la grande révolution de ces dernières années. Ils ont fondamentalement modifié notre manière de communiquer, dialoguer, échanger sur Internet. Cette révolution touche aussi bien les organisations (administrations, associations, entreprises) que les particuliers.

Au sein de Media Aces, nous organisons tous les 3 mois des conférences pour anticiper les changements induits par l’utilisation des médias sociaux en entreprise. La prochaine conférence a lieu le 6 mars prochain à l’ESG – Ecole de Management, av Philippe Auguste, Paris 11e. Avec des témoignages de CEGOS, HOURA.FR, de la CCI de MONTPELLIER et de MYSCIENCEWORK.

Prix des places 30€, inscription en ligne.

Le commerce électronique ne fait pas de détail

Parmi les changements que nous promet Hervé Kabla, il y aurait celui du commerce de détail européen, qui emploie aujourd’hui 17,4m de personnes, peu qualifiées.

Apparemment de nouvelles directives européennes devraient favoriser le développement du commerce électronique, ce qui pourrait avoir l’impact d’une lame de fond sur le petit et le grand commerce, d’autant plus que les protections qui les entourent ne sont pas favorables au consommateur.  (Schumpeter: The coming retail boom | The Economist)

Compléments :
  • J’imagine que cela devrait aussi être favorable aux transporteurs. Quid du développement durable ? 

Facebook vaut-il cent milliards ?

Facebook devrait lever 5md$ rapidement, et beaucoup plus en mai. L’entreprise serait évaluée à 100md$. Vaut-elle autant ?

Elle aurait un chiffre d’affaires entre 4 et 4,5md$, une marge supérieure à 50% et récupérerait une partie notable de l’affichage publicitaire Internet aux USA. Cela justifie-t-il une telle valorisation ? D’autant que l’enthousiasme pour Facebook pourrait être en passe de tiédir…

En fait, la valeur de Facebook est liée à l’atteinte d’un Graal qui remonte à la bulle Internet : on lui prête la capacité d’inventer un algorithme qui transforme l’information qu’il reçoit de ses utilisateurs en une indication utile pour l’entreprise.

Facebook est ce que les financiers appellent une « option ».
Compléments :

Ce qu'Internet a changé: les outils

Après les protocoles, la seconde grande catégorie de changements introduits par internet dont je veux vous parler, c’est celle qui se situe au niveau des outils mis à la disposition de nos sociétés modernes.

Vous connaissez presque tous le logo ci-dessus: c’est celui qui identifie l’AppStore, le grand magasin d’applications mobiles lancé par Apple en même temps que ses terminaux mobiles. Riche idée, superbe mise en oeuvre industrielle, mais était-elle seulement imaginable il y a 20 ans à peine?

Certes non. Et pour cause, internet a produit une telle rupture par rapport à l’ère qui l’a précédé, que les changements fonctionnels introduits n’étaient même pas envisageables par des auteurs de science-fiction. Plusieurs types de changements fonctionnels peuvent être distingués:

  • des changements d’organisation: internet a tué, par exemple, la plupart de métiers d’intermédiation: il est tellement simple d’effectuer une recherche sur Google pour obtenir un service, que les entreprises qui se situaient entre l’offre et le consommateur se sont retrouvées en tenaille: exit les locations de vidéos, les marchands de journaux, les agences de tourisme, et jusqu’à la photo papier (adieu Kodak, intermédiaire entre moi et mes photos…)
  • des changements au niveau des outils: communications mobiles voix + données, téléviseur connecté, cartographie en ligne, dématérialisation, etc. Chaque année apporte son lot d’innovations technologiques dont Internet est l’un des prérequis. 
  • des changements au niveau des modes de consommation: accéder à des produits étrangers, ou des produits de niche, est désormais à la portée de n’importe qui: il suffit d’entrer en contact – rien de plus simple, via mail, site, réseau social – avec son producteur au brésil, au Vietnam ou ailleurs. La langue reste la seule barrière, et encore, la prédominance de l’anglais l’a potentiellement balayée.
Sur la base de protocoles stricts mais évolutifs, Internet a permis l’apparition d’outils inimaginables il y a 20 ans. Ce sont les deux premiers changements produits par Internet. Nous verrons ensemble le troisième: celui des mentalités et des moyens.

Ce qu'Internet a changé: le protocole

Avec quelques jours de retard par rapport à ce que j’avais prévu, je poursuis cette chronique sur le changement introduit par Internet. Premier paradigme: le transport d’informations sur la base d’un protocole d’échanges. C’est une première rupture.

L’homme a toujours eu besoin de transporter de l’information: oralement ou par écrit, d’ailleurs. L’information est la base de la décision. Sans une information de qualité, difficile d’engager une organisation, quelle qu’elle soit, dans une direction ou une autre. Espionnage, renseignement, recherche scientifique, toutes ces activités n’ont qu’un but: récupérer de l’information pour faire « avancer la machine »…

L’information doit être, parfois, transportée vers le lieu de décision. Microfilm des bons vieux films d’espionnage, pigeons voyageurs, plans, imaginez tout ce que vous voudrez, mais c’est un fait: il faut présenter l’information à celui qui va la traiter. Les réseaux de communication ont permis un premier niveau d’accélération dans ce processus de transfert. Réseaux propriétaires, fermés, jusqu’à l’arrivée de l’internet. Et là s’est opéré le grand « changement »:

  • plutôt que de penser un immense réseau, internet s’est construit sur le tas, par agglomération de réseaux parfois passablement hétérogènes en terme de structures, de débits et de financements (et aux finalités parfois diverses)
  • à la base d’internet, des protocoles de transfert de données, dont le plus connu est sans doute HTTP (mais il y en a d’autres, comme FTP ou l’email). Ces protocoles ont été pensés de manière à être ouverts et à permettre à chaque application qui le souhaite de pouvoir y accéder (moyennant des mécanismes d’accréditation applicatifs)
  • ces protocoles vivent et s’enrichissent, permettant à internet de progresser et d’offrir de nouvelles perspectives: streaming, internet mobile, etc.
Internet a changé beaucoup de choses, mais c’est avant tout en définissant un cadre strict mais évolutif que ce changement a pu s’opérer: pour bénéficier de plus de liberté, il faut penser à structurer, à cadrer, légiférer; ce n’est pas une idée si répandue, et pourtant, elle est à la base de toute construction durable.
On verra dans mon prochain article les changements fonctionnels induits par cette transformation.

Free et l'art de la stratégie

Free pourrait illustrer quelques théories de l’art du management et de la stratégie, à commencer par l’attaque d’un concurrent installé.
  • Reengineering : la société est construite avec une offre bon marché en tête. Par conséquent, les structures de coût de ses concurrents, résultat des méandres de l’histoire et d’un bien confortable monopole, sont certainement beaucoup plus lourdes que les siennes.
  • Modèle économique : Free ne propose pas de terminal, alors que c’est le principe de l’offre concurrente. Faire d’une force de son ennemi une faiblesse est le sommet de l’art chinois de la guerre.
  • Analyse de la valeur : l’offre de Free est bâtie sur ce qui compte le plus pour les segments de marché visés.
  • Par ailleurs, comme le note Hervé Kabla, Free réussit un coup de pub habile, qui profitera certainement à toute sa gamme. (FreeMobile, la révolution du 10 janvier 2012)
Quant à ses concurrents, leurs lourdes organisations leur permettront-elles de réagir et de ne pas se faire dépecer ? En fait, il est possible que le mal que va leur faire Free n’est pas tant sa concurrence directe que le changement qu’il a opéré dans la perception de leurs prix et de leurs services par le marché (« Non, vous n’êtes pas des pigeons », la réponse de Bouygues à Free).
Finalement, si la téléphonie mobile pouvait devenir moins coûteuse, cela ferait du bien à beaucoup de familles modestes, et peut-être aussi au reste de l’économie. Des mérites du libéralisme ? 

Choisir un président (1) : JS. Mill

Comment voter ? Début d’une série de billets sur des théories qui traitent du sujet.

Sont-elles décisives ? Je soupçonne que ce qu’elles ont d’utile n’est pas les solutions qu’elles nous apportent, mais les questions qu’elles nous posent. Pour cette raison les exercices d’application au cas de notre prochaine élection sont laissés au lecteur.

Premier sur l’estrade : John Stuart Mill. Il donne des critères de sélection un peu surprenants.
  • Contrairement à ce que l’on tend à penser, il n’est pas essentiel que notre représentant partage nos valeurs. Du moins, en dehors des valeurs essentielles. Ce qu’il faut trouver c’est quelqu’un qui sache affronter un monde imprévisible, raisonner bien et prendre des décisions justes.
  • John Stuart Mill aimerait un système qui mette les personnalités exceptionnelles aux vus et aux sus de la nation, et qui permette de les choisir. Le bon représentant du peuple, selon lui, est celui qui ne veut pas être élu, qui n’est poussé que par l’intérêt de la nation. Bref, il ne semble pas très bien disposé vis-à-vis des partis politiques.
Compléments :
  • Pour plus de détails sur la position de John Stuart Mill : Gouvernement représentatif.
  • Les médias sociaux d’Hervé Kabla sont-ils un moyen de faire connaître par la nation quelques personnalités exceptionnelles, de les faire échapper à l’emprise des partis politiques ?  

Ce qu'Internet a changé

Henri Kaufman a raison, Internet a tout changé 

Après cette rapide présentation, entrons dans le vif du sujet. Pour ce qui me concerne, j’ai choisi de parler du changement qu’introduisent les nouvelles technologies de l’information, et plus particulièrement Internet.

Cette expression de « nouvelles technologies de l’information et de la communication » – NTIC, c’est encore mieux, ça fait branché – me fait doucement rigoler. Qu’y a-t-il de nouveau dans des technologies dont les bases remontent aux années 70? Parle-t-on encore de nouveauté pour le TGV (1981), le téléphone mobile (1997) ou l’euro (2001)? Parle-ton de nouveauté à des jeunes (la génération Y) dont les premiers moments dans la vie ont été peut-être transmis, par photo numérique interposée, dans le corps d’un email? Non, bien entendu. Alors pourquoi cette terminologie perdure-t-elle?

C’est que justement, ces fameuses NTIC sont nouvelles parce qu’elles introduisent des nouveautés que peu d’humains ont été capables d’adopter rapidement. Par peur, par immobilisme, par un je ne sais quoi de réfractaire à des outils pourtant d’une simplicité quasi enfantine. A condition d’y accorder quelques minutes d’attention.

Internet – et les NTIC, gardons les avec nous pour le moment – ont introduit trois changements importants:

  • Un changement en termes technologiques: la capacité de transporter de l’information d’un point à un autre n’est pas une nouveauté (cf. la TSF) mais ce qui est nouveau, ce sont les protocoles qui ont permis de développer des services par dessus.
  • Un changement en termes d’outils: Internet a donné un sacré coup de vieux à nombres d’outils dont nos aïeux s’enorgueillissaient, du téléphone à la radio en passant par la presse écrite ou le catalogue de la CAMIF
  • Un changement en termes de moyens: avec Internet, on peut, grossièrement, faire des choses dont on n’avait guère imaginé qu’elles fussent envisageables, ne seraient-ce que 30 ou 40 ans plus tôt. Paradoxalement, les auteurs de science-fiction se sont émerveillés devant les voyages sur Mars et la voiture volante, sans penser une seule seconde au réseau des réseaux.
Voici donc les thèmes de mes trois prochains articles à venir sur ce blog: changement dans les technologies, changement dans les outils, changement dans les usages.
A la semaine prochaine.

Cercle du changement

La rédaction de ce blog s’étend. Idée ? Ouvrir ses « colonnes » à des spécialistes d’un type de changement particulier. Comme dans un journal traditionnel, chacun possède sa rubrique. Et, comme Les Inrocks, ou The Economist, ce « journal » a un esprit propre.

Une caractéristique de notre époque est que la pensée est instrumentalisée par l’intérêt. Il n’y a pas, d’ailleurs, que de grandes idéologies globalisantes, fiction du marché porteur du bien général ou autre. Chacun y va de son sophisme, pour remporter une petite victoire, parfois seulement avoir le dernier mot.

Ce blog oppose à tout ceci une autre idéologie, celle de Kant ? : il y a quelque chose qui s’appelle la science, et qui permet de juger sans a priori.
Qu’est-ce que la science ? Avant tout un art de se poser des questions. Ce sont elles qui informent le jugement qui conduit à la décision pratique. Et ces questions à se poser ? Quels sont ceux qui ont cherché à traiter le sujet auparavant, et qu’en ont-ils dit ?
La théorie doit être à l’appui de l’action. Les rédacteurs de ce blog sont ce qu’Edgar Schein appelle des « process consultants ». Comme dans le film, Mon nom est personne, ils cherchent à aider ceux qu’ils rencontrent à avoir le destin qu’ils méritent.
Toutes ceux que j’ai approchés ont accepté mon invitation. Le comité de rédaction de ce blog devrait dépasser la dizaine de personnes dans les prochains mois, le temps que chacun trouve son rythme. Jean Haguet, Hervé Kabla et Dominique Delmas (par ordre d’apparition) ont commencé à publier. Et j’en suis très heureux. 

Et moi, qu’attends-je du cercle du changement ? Une stimulation intellectuelle. Peut-être une nouvelle façon d’écrire des billets ? Qui sait ?, la transformation de ce blog en un vrai média, positif et motivant, qui donne envie de régénérer le monde !