Je découvre, à titre posthume, que Jean-François Kahn aurait bien pu être mon idéal de journalisme : informer et donner à penser. C’est ce que me semblent avoir réussi ses publications, si je comprends bien. En plus, il a été capable d’un véritable reportage d’enquête, mettant au jour, par exemple, les scandales du Rainbow Warrior ou du sang contaminé, alors qu’il semble que seuls les Anglo-saxons sachent le faire. Mieux, avec les Nouvelles littéraires, il avait inventé l’équivalent français de Rolling Stone : aborder les questions de société par le biais de la culture.
Et, finalement, il a compris très tôt que les partis politiques traditionnels s’engageaient dans l’impasse dans laquelle nous sommes actuellement.
Fait surprenant, il semble s’être mis tout le monde à dos. Non seulement Le Monde et le Figaro, mais aussi les banques et les fabricants de papier qui ne voulaient pas de lui comme client !
Phénomène mystérieux, il semble qu’en France il y ait des choses que l’on n’ait pas le droit de dire, et ce même si apparemment elles sont dans l’intérêt général. Et que la censure soit du type de celle des pays totalitaires : les citoyens en prennent l’initiative sans avoir besoin de recevoir d’ordre… Voilà qui mériterait une enquête ?
