Tactique post Brexit

On s’était trompé sur le compte de M.Johnson. Ce n’était pas un clown. Voici ce que je lis.

Et maintenant, l’Europe a, à ses portes, le champion du coup tordu. Bien décidé à se nourrir sur la bête. Avec les vifs encouragements de M.Trump.

Et si l’Europe, pour une fois, comprenait que la meilleure défense est l’attaque ? Et si elle réfléchissait à comment mettre en pièces la Grande Bretagne, à sa première entourloupe ? Et si elle devenait un peu britannique ?

Boris Johnson ou la fin du chaos ?

Election législative britannique : la victoire de B.Johnson dépasse largement ce que prévoyaient les sondages. (Le Financial Times, hier soir, parlait de « thumping victory ».)

Les Anglais ont-ils voté pour le Brexit, ou pour la fin du chaos ? Le pire qui puisse arriver à un pays est une guerre civile ?

Une leçon pour le reste du monde ?

(En tout cas, les milieux financiers se réjouissent. Et cela a été aussi, surtout ?, un vote contre J.Corbyn et les libéraux.)

Boris va-t-il gagner ?

Boris Johnson va-t-il gagner les prochaines élections anglaises ?
Les sondages le pensent. (Article de CNBC, dont est tiré le graphique suivant.)

En Angleterre, avec un peu plus du tiers des votes exprimés, on a une majorité absolue… 
Le plus surprenant est la répartition des votes. Le parti travailliste est en tête chez les moins de 50 ans, l’Angleterre de demain. Mais les conservateurs écrasent leurs opposants chez les plus de 65 ans… 
Saine démocratie ?

UK : nid de pirates ?

« Fears rise over post-Brexit workers’ rights and regulations » dit le Financial Times. Le gouvernement anglais a prévu de ne pas tenir parole. Contrairement à ce à quoi il s’est engagé, il va jouer sur le droit social pour nuire à l’UE.

Le fonds de commerce de l’Angleterre post Brexit : jouer les parasites de l’UE ?

Rien de neuf ?

(Quant aux « workers » qui ont voté pour le Brexit, ils sont bien partis pour être les dindons de la farce ? Ils ont oublié que la gloire de la Grande Bretagne était contemporaine de Dickens et Marx.)

Folie des foules

Plus MM.Trump et Johnson bafouent les lois et la raison, plus leur cote monte.

J’avais noté cet effet lors de la campagne de N.Sarkozy, en 2012. (Il m’a semblé tout à son honneur qu’il y ait mis un terme, à l’occasion d’un attentat. Ce qui pourrait lui avoir coûté la présidence.)

Un scientifique s’est-il penché sur cette question ? Il semblerait que, lorsque l’on dépasse certaines bornes, la foule soit prise d’un instinct suicidaire. Le désespéré a soif de revanche ?

(Syndrome du noyé ? Dans certaines circonstances, l’intellect se déconnecte ? – La noyade expliquée.)

Brexit : on touche l'absurde ?

La cour suprême anglaise a jugé qu’empêcher le parlement de faire son travail dans une démocratie parlementaire était anticonstitutionnel. Ce à quoi un ministre de M.Johnson a répondu que la cour avait fait un coup de force anticonstitutionnel.

D’autres accusent M.Johnson de bien pire. Abus de faiblesse. Il a induit en erreur la Reine.

L’Angleterre a été en pointe dans le changement de notre temps. Il était naturel qu’elle soit la première à le pousser à l’absurde. Elle détruit son modèle en disant lui rendre sa grandeur. A tel point que Boris Johnson est allé jusqu’à se faire passer pour une réincarnation de Churchill.

Boris Johnson : l'électrochoc de la démocratie anglaise ?

Le Brexit va faire retrouver à l’Angleterre son génie. Ce qui ne tue pas renforce, disait Nietzsche. Voilà comment j’entends les arguments des promoteurs du Brexit.

Et si c’était maintenant qu’il fallait qu’elle le retrouve ? En suspendant son parlement, M.Johnson s’en prend à son âme. Le choc va-t-il être assez violent pour remettre le cerveau du patient en fonctionnement ?

Sinon, le cas sera désespéré ?

PS. Je viens de lire la présentation d’une enquête concernant les partisans du Brexit. Cela semble confirmer ce que je disais. “In Brexit Party leader Nigel Farage’s cult, facts and logic are dirty words, and fish are quite literally the holy cow. True believers view October 31 as a mythical day of judgement: an all-solving panacea that will raise Great Britain from the dead.” (Lien vers article.)

Boris Johnson, le nihiliste ?

Boris Johnson suspend le parlement anglais. Or, le parlement, c’est la démocratie anglaise. (Financial Times.)

Si je comprends bien, Nigel Farage menace de siphonner les voix des conservateurs. Boris Johnson veut être plus Farage que Farage. Pour cela il doit bâillonner les anti Brexit. Coup de force contre l’esprit de la constitution.

Où tout cela mène-t-il ? Le Brexit semble partir de l’idée que, confrontée au néant, l’Angleterre va, par miracle, se métamorphoser. Les nazis, eux aussi, pensaient cela…

Leçon ? Il faut un rien pour que le monde bascule dans le chaos. Espérons que le Brexit ne sera pas notre Sarajevo.

L'Angleterre vend son âme à Trump ?

Le Danemark refuse de vendre le Groenland, M.Trump va-t-il se rabattre sur l’Angleterre ? Si l’on en croit Politico, la transaction entre l’Amérique et l’Angleterre serait d’une autre nature. A la fois plus essentielle, et moins coûteuse. M.Johnson serait Faust et M.Trump, Méphistophélès :

« The United States will exact a high price for helping a weakened Britain, writes POLITICO’s Contributing Editor Paul Taylor. “Trump expects the U.K. to renege on the 2015 Iran nuclear deal,” Paul writes. “He also expects Johnson to follow the U.S. in shutting Chinese telecoms giant Huawei out of public tenders for 5G mobile communications infrastructure.” In short, Trump will push for closer alignment with U.S. policies on issues on which London has been broadly in disagreement with Washington and in lockstep with its EU partners in recent years: the Middle East, arms control, multilateralism, climate change and trade.« 

(M.Macron parle d’asservissement.)