Bas salaires, basses qualifications

Boris Johnson veut mettre un terme aux « bas salaires, basses qualifications », dans son pays. Renversement de tendance. Et changement que nous devons tous réussir. 

« We are not going back to the same old broken model with low wages, low growth, low skills and low productivity, all of it enabled and assisted by uncontrolled immigration » (BBC)

Pour que l’entreprise française ou anglaise soit concurrentielle, internationalement, elle doit être hautement productive. Ce qui implique hauts salaires et hautes qualifications. Mais productivité veut dire innovation. Et cela n’a rien d’évident. Cela n’est pas une question de technologie, de « numérique » ou autre, mais demande avant tout connaissance de son métier et talent de le réinventer. 

Voilà le défi qui nous est lancé. 

Kim Bo Ris

On se voit rarement tel que l’on est. Les Anglais se sont crus James Bond, un Ecossais athlétique d’un mètre quatre-vingt-dix auquel aucune femme ne résiste. Maintenant ils imaginent que leur île est Singapour. Mais n’est-elle pas plutôt la Corée du Nord ? 

Car leur stratégie n’est-elle pas celle de MM.Kim Jong-Un ou Poutine : exister par son pouvoir de nuisance ? Et, surtout, par le coup tordu. 

Peut-être avons-nous besoin de parasites ? Non seulement, ils révèlent nos failles, mais, surtout, ils s’en prennent à des valeurs tellement importantes pour nous que nous les avions crues des acquis définitifs, que nous les ignorions. Le coup tordu nous force à en redécouvrir l’importance. Ce qui ne tue pas renforce. 

Le parasite maintient l’homme sur ses gardes. Boris Johnson, hygiène de l’esprit ?

Perfide Albion

« Boris Johnson a accordé une interview au Telegraph dans laquelle il suggère qu’il existe plusieurs domaines dans lesquels la Grande-Bretagne pourrait diverger du bloc – mais son gouvernement a gardé le silence pour ne pas compromettre les négociations. 

« Nous n’avons pas forcément voulu en parler beaucoup car cela n’aurait peut-être pas été fructueux », a déclaré Johnson. «Ce que je dis à mes collègues, ce sont des ports francs ? oui ! ; des accords de libre-échange, des réglementations ? fantastique ! ; améliorer le bien-être animal ? formidable ! ; ces trucs nouveaux dans les données ou les produits chimiques ? Regardons ! 

Nous voulons voir ce que nous pouvons faire avancer. Nous ne voulons pas diverger pour diverger. Mais nous voulons faire les choses différemment lorsque cela est utile pour le peuple britannique.  » (Politico.)

Autrement dit M.Johnson ne compte pas respecter l’accord qu’il a signé. Et c’est ce qu’attend de lui l’opinion anglaise, puisqu’il le clame haut et fort.  

Et l’UE, comment voit-elle les attentes de ses citoyens ?

Coronavirus, révélateur ?

Le coronavirus agit, avant tout ?, comme un révélateur :

« Boris Johnson a exhorté le pays « à perdre du poids pour vaincre le coronavirus » grâce à l’exercice et à une alimentation saine. Le Dr Jean Adams, du Centre for Diet and Activity Research de Cambridge, suggère que les politiques alimentaires devraient être conscientes du fait qu’une alimentation plus saine dépasse le budget de trop de personnes au Royaume-Uni. » (Lettre d’information de l’université de Cambridge.)

Tricky Boris ?

Ce blog, qui a toujours tort, a pensé que Boris Johnson était un clown, puis que, comme le mauvais garçon des films américains, il se révélerait dans l’adversité. Maintenant, il se demande s’il n’est pas simplement un enfant gâté par une mauvaise éducation.

On a appris, il y a quelques temps, qu’il ne voulait pas respecter les accords qu’il avait signés. C’est une personne, donc, à qui l’on ne peut pas faire confiance. Or, la bourse de Londres a pour devise « my word is my bond ». Je n’ai qu’une parole. Si le temple du capitalisme donne une telle place à l’engagement, c’est qu’il n’y a pas de capitalisme sans lui. Que dire de la société ?

Ce qui est très inquiétant pour l’Europe, aux gouvernants si terriblement crédules. Mais ça l’est encore plus pour l’Angleterre. Même si on l’a dit perfide, je ne crois pas qu’elle ait pu un jour imaginer une tel déshonneur. A moins que Boris soit à l’image de l’Angleterre moderne, et que chaque nation ait le Churchill qu’elle mérite ?

Macho Boris

Qu’est-ce qui a expédié Boris Johnson aux soins intensifs ?

Son état d’esprit. Il faut rire de la maladie, et travailler dur quoi qu’il arrive. Il n’a pas pris les précautions que l’on recommande au reste de la population, et même malade, il a continué à travailler.

Et, il semble aussi qu’il y ait beaucoup de gens malades autour de lui. Culture macho ? La culture comme facteur de risque ? (Bloomberg.)

Combien de personnes a-t-il contaminées ?

Pensée pour Boris

Lorsque, hier soir, j’ai reçu des alertes annonçant que Boris Johnson entrait en soins intensifs, cela m’a touché. J’ai craint pour sa vie.

Réaction paradoxale ? Y a-t-il réellement un risque ? Etre un peu sérieusement malade, n’est-ce pas une forme de justice immanente : il n’avait pas pris l’épidémie au sérieux ? N’est-il pas puni par là où il a pêché ?

Ou égoïsme ? Qu’il soit dans une situation grave montre que l’infection est encore plus dangereuse qu’on ne le pense ? Nous sommes tous des Boris Johnson ?

L'Angleterre nationalise

Mme Thatcher doit passer un mauvais moment. Ses descendants, les conservateurs britanniques, nationalisent les compagnies ferroviaires !

Enseignement : l’Etat, c’est à dire la société (nous), est l’assureur de dernier recours de l’entreprise. La société est une assurance, autrement dit.

Faut-il affirmer, avec l’économiste Frank Knight, que c’est l’assureur en dernier recours qui possède une société ?

 (Le Financial Times :

The British government has suspended the UK rail franchise system in a move that effectively nationalises any losses by railway companies for the next six months — in the latest sign of how the coronavirus pandemic is blighting the economy. The Department for Transport announced on Monday morning that it would temporarily end normal franchise agreements and transfer all revenue and cost risk to the government for at least half a year. Operators will continue to run services day-to-day for a small management fee under an “emergency measures agreement”, it said.)

Boris Johnson, cinquième colonne du socialisme ?

On s’attendait à Boris Johnson ultra libéral. C’est tout le contraire qui semble se passer. Non seulement, il augmenterait le déficit du pays pour financer la remise sur pieds du système de santé national (NHS), mais on apprend qu’une cellule spéciale du ministère des finances a pour mission de traquer l’évasion fiscale des familles riches. J’entendais dire qu’il y avait eu prise de conscience, chez les conservateurs, que les réformes thatchériennes étaient allées trop loin.

Assisterait-on à un revirement, en Occident : dorénavant, la classe moyenne serait privilégiée par les politiques ? Le principe de la société va-t-il changer ? Jusqu’ici c’était le « mérite » que l’on gagne en réussissant ses études. Maintenant, ce serait le « mérite » qui résulte d’une vie laborieuse. Dans ces conditions, il demeurerait de « bons riches ». Ce serait ceux qui devraient leur richesse à leur travail, non à quelque manoeuvre habile. Des études au travail ?

A suivre…

(Financial Times :
Secretive UK tax unit homes in on rich families 
The UK’s tax authority has created a secretive unit to investigate the use of family investment companies by the very wealthy to avoid inheritance tax, putting family offices holding an estimated $1tn-plus in assets in its sights. HM Revenue & Customs set up the team last April to target the issue. The creation of the new unit, which was not previously disclosed, comes amid growing concern about inequality and the perception that the wealthy avoid taxes by using sophisticated legal instruments.)

L'Angleterre : nouvelle Singapour ?

L’avenir de la Grande Bretagne ?
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By Peter Forster from Centobuchi, Monteprandone, Italy. – Singapore 1960., CC BY-SA 2.0, Link

Une amie s’est installée à Singapour, ce qui m’a fait découvrir cette île. C’est une enclave chinoise de 6m de personnes, extrêmement riche. J’ai pensé que sa situation avait tout pour faire rêver l’Angleterre. Curieusement, je viens de voir, dans un article, que Boris Johnson a cette idée. L’Angleterre peut elle être Singapour ?

  • Singapour est petit (6m de personnes). Il est plus facile à un petit Etat de vivre en égoïste qu’à un grand. Il peut faire l’économie de beaucoup de frais généraux, et, surtout ?, de complexes de supériorité ruineux (n’est-ce pas M.Poutin ?). En outre, Singapour a les moyens de filtrer sa population, et de ne conserver que des gens qui partagent la même opinion. L’Angleterre a une importante population pauvre et peu éduquée, ainsi que quelques minorités remuantes : elle est aux prises avec beaucoup d’intérêts divergents. Jeremy Corbyn nous a rappelé, d’ailleurs, qu’un des deux partis de gouvernement anglais est farouchement anti capitaliste. A côté du scénario Singapour, il y a celui de la glaciation soviétique. 
  • Ce qui fait le succès de Singapour, un des plus grands ports mondiaux, c’est sa position aux croisements des trafics commerciaux asiatiques, et, peut-être aussi, sa situation d’îlot de civilisation à proximité de pays peu développés. L’Angleterre, perdue dans les tempêtes de l’Atlantique, est presque dans une situation inverse. 
  • L’Anglais, surtout, vit de ses rentes depuis au moins deux siècles. L’Angleterre d’après-guerre (le modèle de M.Corbyn ?) était particulièrement inefficace. Peut-il encore faire preuve de dynamisme ? Toute sa stratégie a consisté, depuis les temps glorieux, à attirer les entreprenants de tous les pays, afin de se nourrir de leur énergie. Même la Cité est une création étrangère. Le Chinois, par contraste, est un homme d’affaires.

Ce que possède l’Anglais, c’est sa formidable capacité de manipulation, qui a fait merveille dans ses colonies. Il s’allie aux élites locales afin d’exploiter les populations dont elles dépendent. Les élites européennes ont toujours été sensibles à ce type de séduction, que les Chinois (continentaux) n’ont pas su exploiter. M.Johnson, il vous reste un espoir ?