Armée européenne ?

L’Angleterre vole au secours de la Suède et de la Finlande. Ces pays veulent adhérer à l’OTAN. En attendant qu’ils y entrent, l’Angleterre leur offre la protection de son armée et de sa force nucléaire. 

La BBC se demandait ce qui se passerait en cas d’attaque russe impliquant des soldats anglais. 

(Bien sûr, les risques sont faibles, et le perfide M.Johnson a certainement saisi là une occasion de diviser son véritable ennemi : l’UE.) 

Depuis quelques temps, je me demande s’il n’y aurait pas intérêt à ce que nos troupes se trouvent sur le front russe. J’ai gardé de mon service militaire une image effrayante de la désorganisation de l’armée française. Avec mon mauvais esprit naturel, je crois que la situation n’a changé en rien. 

Etre au contact d’un ennemi aussi redoutable que le Russe, toujours prêt au mauvais coup, ne serait-il pas à la fois un grave danger, mais aussi, un entraînement salutaire pour notre armée ?

Faire respecter un contrat

Comment établir un contrat avec quelqu’un qui ne veut pas le respecter ? Voilà la question que pose un précédent billet concernant Boris Johnson. 

Il y a dans un célèbre livre chinois (Le roman des trois royaumes) une solution à ce problème. Un stratège, quasi mythique, veut pacifier une de ses frontières. Il part en guerre contre son voisin belliqueux, et lui inflige une cuisante défaite. Mais il le relâche. L’autre recommence. Nouvelle défaite, à nouveau relâché. Au bout de six ou sept batailles, le barbare se rend à la raison.

C’est un exemple d’apprentissage social. A envisager en ce qui concerne Boris Johnson ? 

L'étrange M.Johnson

Boris Johnson : ses collègues conservateurs se demandent s’ils doivent s’en débarrasser. Les actuelles élections locales devraient décider de son sort : est-il bon ou non pour leur carrière ? 

Qui est-il ? Quelqu’un de négligeant ? Ou plus que cela ? En particulier, pourquoi ne respecte-t-il pas l’accord du Brexit, ou, pire, les lois qu’il promulgue ?

Et s’il considérait que les contrats sont le contraire de ce que nous croyons ? C’est-à-dire un moyen de piéger celui qui le signe, en lui faisant croire que « my word is my bond » ? Arme de manipulation massive ? 

Perfide Albion

Je lisais que Boris Johnson va dénoncer ses engagements concernant l’Irlande. En pleine crise ukrainienne, bravo ?

Voilà qui nous rappelle que le propre de l’Occident est qu’il ne faut jamais tourner le dos à vos amis, ils ne pourraient pas résister à la tentation d’y planter un couteau ? 

En tous cas, inflation galopante, tanks russes ou invasion de Taiwan, ou autre, nous entrons dans des temps d’incertitude et nous préparons des moments difficiles. Espérons que le pays restera manœuvrable, et que ses citoyens sauront voir au delà de leurs malheurs personnels, que l’intérêt général est dans leur interêt particulier… Contrairement à M.Johnson ?

(La BBC interviewait l’autre jour un économiste qui lui expliquait que l’UE allait souffrir bien plus que l’Angleterre : faut-il penser, avec mon mauvais esprit, que les Anglais ont trouvé le moyen de bien moins subir les sanctions contre les Russes que l’UE ?)

Schadenfreude

Schadenfreude est le mot anglais pour « se réjouir du malheur d’autrui ». 

C’est une explication que l’on donne, à la campagne, à ce que tant de personnes âgées se retrouvent aux enterrements.

En ces temps d’incertitude l’histoire de Boris Johnson nous apporte une rare occasion de se réjouir. Va-t-il finir en bouc émissaire ? Les bavures et les coups tordus à la Trump se succèdent. Bientôt des photos de « tricky Johnny », avec comme légende : « lui achèteriez-vous une voiture d’occasion ? ». 

Mais, la messe n’est pas dite. Car il semble avoir la capacité de retourner ses opposants, qui n’ont probablement pas beaucoup de leçon d’éthique à lui donner. On dit que c’est le haut qui donne l’exemple. Mais le haut est aussi à l’image de la nation…

Voilà le changement comme le décrit ce blog, quelque-chose de mystérieux. Qu’est-ce qui fait qu’un groupe de personnes se mobilise et devient assez fort pour changer le cours des événements ? 

(En tout cas ses opposants, de tous bords, semblent tous se présenter comme des modèles de vertu sourcilleuse : « nous ne sommes pas Boris Johnson ». Un indice quant au « monde d’après » ?)

Exercice d'éthique en Angleterre

Une jeune cousine me parlait des exercices d’éthique qu’on lui faisait faire. Il s’agissait de choix entre des décisions qui ont pour conséquences de tuer plus ou moins de personnes. 

A en croire la BBC, le gouvernement anglais est en face d’un tel choix. Une partie importante du personnel médical refuse de se faire vacciner (77.000 personnes, je crois). Le gouvernement a décidé de le licencier. Seulement, le NHS est fragile, et perdre autant de monde pourrait causer plus de dégâts que ceux évités par la vaccination. Que faire ? 

Peut-être ce que l’on n’enseigne pas à ma petite cousine. Le gouvernement anglais dit maintenant que la variante Omicron, bien que le vaccin soit efficace contre elle, cause moins de dommages que prévu…

(Au passage, on notera que, contrairement à ce que l’on dit, l’Anglais est bien plus coriace que le Français. Le Français : une grande gueule, mais pas méchant ?)

La faute de Boris ?

Boris Johnson est mis à mal. N’est-ce pas un peu ridicule ? C’est le chaos fait homme, pourquoi, maintenant, s’en étonner ? Ses péchés ne sont-ils pas véniels par rapport à ceux de Tony Blair, qui a emmené son pays dans la guerre d’Irak, premier domino de l’ébranlement du moyen orient, en inventant des preuves « d’armes de destruction massive » ? 

Deux hypothèses :

  1. Cela révèle l’état d’usure des habitants du pays. Il est soumis, pour son bien, et comme beaucoup d’autres, à un régime féroce de restriction des libertés. 
  2. Churchill a été débarqué après la guerre. Apparemment, l’électeur avait jugé que son idéal d’Angleterre impériale convenait à un conflit, mais pas à la paix. Il est possible que l’Anglais pense que M.Johnson a fait son temps, il faut maintenant un « premier ministre normal ». 
Une leçon pour ses collègues gouvernants ?

Boris Johnson ou la défaite

Boris Johnson semble mal parti. Le chef donne l’exemple, et l’on faisait joyeusement la fête dans son ministère, alors que la Reine pleurait son mari, et qu’il avait imposé l’isolement aux Anglais. Qui a vécu par le glaive… ? Peut-être pas. 

Il semble pitoyable.

Je me suis souvenu d’une histoire de samouraï. Un misérable a trouvé un moyen de gagner un bol de riz. Il défie les maîtres d’école de sabre. On est nourri lorsque l’on se livre à cet exercice. Un jour, alors qu’il se met en garde, son adversaire, une sorte de maître des maîtres, tombe à genoux. Le gamin ne comprend pas. L’autre lui dit : j’ai vu dans vos yeux que vous n’aviez pas peur de la mort. 

C’est peut-être cela la défaite : la peur de la mort. C’est accepter la logique de l’autre. La force de Boris était de se moquer de tout. 

Vaccination et liberté

Les conservateurs s’opposent à Boris Johnson. Il jugent les mesures qu’il veut imposer, pour éviter une aggravation de l’épidémie, liberticides. C’est à dire contraires aux principes mêmes de ce que signifie être conservateur : la liberté de l’individu. Ces mesures seront adoptées, car elles sont soutenues par les travaillistes. Seulement, ce type de décision additionné aux scandales qui le concernent pourrait faire que son parti décide de choisir un autre premier ministre, avant les prochaines élections. Son remplaçant pourrait être Liz Truss, une réincarnation de Mme Thatcher. 

Intéressante question. Ne faudrait-il pas, de temps à autres, s’interroger sur ce que sont les principes de notre démocratie, et, s’ils sont violés, quels peuvent en être les conséquences ? 

Cela dit peut être surtout qu’une démocratie n’est pas ce que l’on croit. On ne peut lui imposer que ce qui fait consensus. Ce qui ne marche pas, c’est la décision fruste, grossière, façon « j’ai raison, vous avez tort ». La démocratie demande du débat, et des mesures subtiles et complexes. La démocratie, c’est l’intelligence collective. Et on en est encore loin. 

Indigne Boris

La grande affaire de la semaine en Angleterre fut les fêtes des Boris Johnson. Alors qu’il le niait, il est maintenant démontré qu’au moment où les rassemblements étaient interdits, on faisait la fête dans la maison du premier ministre. Au même moment il est révélé que ses appartements ont été retapés grâce à un don, non déclaré, d’un riche partisan (en France ou condamne des François Fillon pour moins que ça ?). 

Cela peut être examiné selon plusieurs angles. D’abord, les gens qui enfreignaient la loi, à l’époque des fêtes, étaient susceptibles d’une amende. Ensuite, il y a l’insulte : alors que l’Angleterre se privait, le gouvernement ne se refusait rien. Et il y a le mensonge. Le parti conservateur estime que « conservateur » est, avant tout, un état d’esprit. Et qu’il est l’exact opposé du comportement de M.Johnson. Ue réflexion entendue : l’exemple vient d’en haut. 

Le plus intéressant, peut-être, sont les circonstances atténuantes qu’on lui trouve : quand on travaille aussi dur que nous, on a bien droit à une petite compensation. 

Cela définit probablement le terme « élite », et pourquoi il est aujourd’hui employé avec dérision. Alors qu’après guerre le service de l’Etat était un sacerdoce, l’élite est désormais constituée de gens qui pensent avoir tous les droits, du fait de leur position sociale. 

(Rubrique « people ». On annonçait aussi que M.Johnson vient d’avoir un enfant. C’est le second qui lui naît, depuis qu’il est premier ministre. Je me demandais s’il s’était marié tard. En fait, c’est son nième mariage. Je n’ai pas fait un compte exact, mais, entre les légaux et les illégaux, il semble avoir engendré au moins huit descendants. Un modèle à suivre ?)