Alberto Moravia

J’ai un souvenir lointain d’avoir lu des oeuvres d’Alberto Moravia. Je ne m’imaginais pas qu’il avait été un des géants de la littérature italienne. C’est ce que m’a fait découvrir une ancienne émission de radio.

En revanche, je n’ai pas compris en quoi il était un génie. Il s’est perdu dans la traduction ?

Comme dans mes souvenirs, son oeuvre semble être vaguement érotique. Peut-être le lecteur de l’époque y retrouvait-il ses aspirations ? C’était le temps de Brigitte Bardot. Juste avant 68 et sa libération. Après guerre : années érotiques ?

Autres temps

Il n’y a pas encore longtemps, en Italie du sud, les hommes partaient le matin chercher du travail… Que leur famille ait de quoi se nourrir dépendait de leur succès. (France culture.)

On comprend, dans ces conditions, le succès de la Mafia (ou de la Camorra).

Mais aussi que notre système d’entraide sociale est étonnamment récent. Et, peut-être, que ce n’est pas parce que certains en abusent qu’il faut céder aux injonctions d’autres, dont c’est l’intérêt myope, à le démanteler ?

Prison

Depuis que j’écoute la BBC, je constate qu’une des grandes affaires du moment, en Angleterre, est la surpopulation carcérale.

Qu’en est-il en France ?

Fin d’une illusion ? Les matamores qui nous ont gouvernés nous ont dit : zéro tolérance. Notre nation est-elle moins violente qu’auparavant ? Cela ne semble pas être le cas en Angleterre.

Alors, faut-il faire comme son gouvernement, qui envisage de relâcher le trop-plein ?

Cela m’a rappelé une histoire de la Mafia que cite ce blog : la Mafia a reculé lorsque l’Etat italien a offert des emplois à sa population…

Incurie

Le Pape se paie un auditeur. Idéal. Italien, croyant, une carrière anglaise, PDG de Deloitte. Ils se rencontrent, en privé tous les mois. (Heart and soul, BBC4.)

Tout va bien. Puis notre homme commence à trouver des choses curieuses. Mais tout rentre dans l’ordre rapidement : les cardinaux, qui ne sont pas hommes de chiffres, ont confondu le numéro du compte du Vatican avec le leur. Rien de plus normal. Mais, cela devient de plus en plus bizarre. Cette fois-ci, l’intervention est quasi-divine. L’auditeur est convoqué par le cardinal financier, qui lui signifie, façon Mafia, son licenciement, et l’expédie à la gendarmerie, pour malversations. On n’entend plus parler du pape. Depuis l’auditeur est en dépression, et en procès avec le Vatican pour plus de 9m€ d’impayés, et le cardinal a été reconnu coupable de détournements de plus de 100m€.

Le pape nous donne une leçon de conduite du changement ?

Sang du ciel

On est en Sardaigne, en 1899, un avocat-poète enquête sur un meurtre. Plus qu’un livre policier, l’affaire n’a rien de passionnant, c’est un roman noir : tout est dans l’ambiance. Il pleut, il pleut, il pleut. Et il pleut du sang.

La société que l’on y voit n’est pas celle que l’on imaginerait. Ce n’est pas la Sicile du Guépard. Elle est égalitaire et relativement bien éduquée. Pense-t-elle comme on pensait au 19ème siècle ? Ou, au contraire, est-ce la projection de notre société un siècle précédent ?

Sans intérêt.

Immigration et communication

L’Angleterre s’apprête à appliquer une politique féroce pour repousser l’immigration en « petit bateau ». Or, curieusement, il y aurait toujours autant d’immigrés en Angleterre. Le Brexit n’a rien changé.

J’avais entendu la même chose en ce qui concerne l’Italie et sa dirigeante « fasciste » : l’immigration est en forte croissance en Italie, mais on fait beaucoup de bruit quand il s’agit de rejeter à la mer ceux qui en viennent.

Tentative de satisfaire la chèvre et le chou ? Des entreprises qui dépendent lourdement d’une main d’oeuvre immigrée (mal payée ?) d’un côté, un peuple qui la prend pour une concurrence déloyale, de l’autre ?

Italie fasciste

L’Italie élit un parti fasciste. La Hongrie et M.Poutine ont un allié ? Une nouvelle crise pour l’Union Européenne ?

Samedi matin, la BBC disait que le pays souffrait et que ses électeurs essayaient toutes les solutions possibles, sans s’inquiéter de leur nature. Pourquoi pas le fascisme ? Et c’est comme cela qu’en quelques années un parti invisible (4% des voix) peut arriver au pouvoir. Il pourrait donc disparaître rapidement.

Affaires étrangères, de Christine Okrent (samedi d’avant), expliquait aussi que cela tenait à une curiosité du système électoral italien, qui donne l’avantage aux alliances. Or, il n’y a eu que l’extrême droite (minoritaire) qui a su s’unir… Voici qui rappelle les meilleurs moments de la montée du nazisme.

Quand j’ai écrit mon premier livre, je me suis demandé comment exprimer en un mot ce qui fait réussir le changement. J’ai trouvé « in quiétude », en deux mots… Autrement dit, ceux qui réussissent le changement sont sur le qui-vive, à l’image de l’alpiniste, ou du pygmée dans la forêt vierge…

On entre dans des temps « d’in quiétude » ?

Crise italienne

M.Draghi va-t-il quitter le gouvernement italien ? Pour l’UE, une crise en Italie pourrait être le début de la fin, disait un « média » étranger. 

Cela nous rappelle que nous vivons un curieux moment. Epidemie, Ukraine, inflation… Les crises succèdent aux crises. Question : et la prochaine ? Et si elle était fatale ?

L’UE a pris conscience qu’elle sort de l’ère de la globalisation extraordinairement fragile. Pour se redresser elle a besoin avant tout d’être unie. Or, cette faiblesse donne une force extraordinaire à l’égoïsme à courte vue du moindre minoritaire.

Jamais Montesquieu n’a eu aussi raison : le principe de la démocratie est la vertu… 

Mussolini revient

Mussolini serait-il réhabilité ? La BBC lui consacrait une émission. France Culture a fait de même. Surprenant.

Le danger de ce type d’histoire est de la juger en connaissant sa fin. La BBC s’intéressait à la perception que l’on avait de lui de son temps. Pour elle, son erreur avait été de croire à Hitler. S’il ne l’avait pas fait Mussolini serait mort, comme Franco, dans son lit. L’Italie, comme l’Espagne, aurait été fréquentée par les touristes des démocraties occidentales. Et on dirait de lui ce que pensaient beaucoup des gouvernements contemporains, par ailleurs estimables : qu’il avait eu le grand mérite d’unifier son pays. 

Modeste sud ?

Traditionnellement, le sud est dit ridicule. Et pourtant, l’Italie, confrontée à ce qui semblait un dangereux aventurier, a su trouver une solution raisonnable, mais inattendue, qui a frustré les manoeuvres du dit aventurier. Si le montage tient (sans quoi, le sus-dit aventurier n’aura que plus de chances de s’emparer du pouvoir), cela aura été une sacrée leçon : un pays structurellement instable tenu en équilibre par une coalition contre-nature…

On parle peu de l’Espagne. Mais, me semble-t-il, dans une moindre mesure, c’est aussi son cas.

Sens des responsabilités de certains peuples ? Un sens des responsabilités qui, paradoxalement, aurait fuit les grandes nations anglo-saxonnes, grandes donneuses de leçons de moralité ?