Gaza

Y a-t-il une explication à ce qui se passe à Gaza ? Christine Ockrent peut-elle m’éclairer ?

Je retiens qu’Israéliens et Palestiniens veulent leurs disparitions respectives. Dans ces conditions, il y a peu de chances que le conflit s’arrête. Trump, un temps modérateur, serait devenu suiveur. Les pays arabes, voyant comment il traite ses alliés, adopteraient une attitude circonspecte.

Israël ne risque-t-il pas le sort de la France, qui, après avoir ravagé l’Allemagne, a été ravagée par l’Allemagne ? A moins que, comme ces mêmes Allemands, un temps, elle ne pense qu’une nation ne puisse exister que « contre » des adversaires ? L’esprit d’Israël, pour parler comme Montesquieu, serait-il la guerre ?

(Israël et le « mur de fer ».)

Gauche et antisémitisme

Lorsque j’ai lu « gauche antisémite », j’ai cru que l’on faisait payer la monnaie de sa pièce à la gauche, qui traite si facilement ceux qui lui déplaisent de « Nazis ». Ainsi, aux USA, ceux qui s’opposent à la gauche sont les « pro life », ce qui fait implicitement de la gauche un parti d’assassins…

Dans ma jeunesse, elle était du côté du Juif, victime desdits Nazis. Elle multipliait les livres et les films sur la question juive. Les Palestiniens étaient des terroristes. Et l’on plaignait les Israéliens qui étaient venus chercher la paix en Palestine, après bien des malheurs, et qui y trouvaient la guerre. (cf. La Tour d’Ezra.) Comment imaginer un tel revirement ?

En fait, il semblerait qu’effectivement il y ait, à gauche, un courant antisémite persistant, qui ait précédé l’antisémitisme de droite et qui ait refait surface récemment :

le signe « juif » est un empêchement à la vie par la corruption ou la désagrégation qu’il génère. En 1870, la banque, l’agiotage et la Bourse dominés par les « Sémites » étaient un obstacle à l’existence sociale prolét-aryenne et à tout projet de refondation égalitaire. C’est au nom de l’humanisme émancipateur et de la morale anticapitaliste qu’agit la gauche antisémite du xixe siècle en ciblant ce qu’elle considère comme l’épicentre du mal. Un siècle plus tard, c’est toujours au nom de l’humanisme et désormais de l’antiracisme que l’on s’affirme antisioniste afin de libérer le monde de l’état-major de l’axe du mal. Dans un cas comme dans l’autre, la haine du Juif incarne la vertu

Les gauches antisémites

Marx était antisémite, apprend-on. Il en aurait voulu à la « judaïté », à la culture des Juifs.

Etrange affaire. La culture d’une communauté entrerait en conflit avec une idéologie ?

Interprétation

J’avais à peine écrit l’article précédent que je lis :

In recent days, Ahmed Fouad Alkhatib has spoken with many Gazans who are furious about the starvation unfolding around them and hold Hamas responsible for their suffering. “The best way to undermine Hamas’s position is to instead flood Gaza with food,” he argues

The Atlantic

Une loi dit que la parole du témoin indirect n’a pas de poids. Si l’on ne parvient pas au coeur de la mêlée, on ne peut pas savoir réellement ce qui se passe. Non seulement les médias interprètent l’information selon leur biais culturel, mais ils dépendent d’informateurs.

Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas agir. Mais, pour cela, il faut user d’autres principes que ceux qui ont cours. Par exemple ceux de la paix, plutôt que ceux du bien et du mal ?

Reconnaissance

Complexité palestinienne. Le conflit est sous le feu des projecteurs.

Notre président a décidé de reconnaître la Palestine. Bonne idée ? Peut-être. Peut-être pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la vertu. Le risque pour nous aurait été d’être seuls, il semble être suivi. Ensuite, c’est peut-être la seule menace que puisse entendre Israël, et qui puisse, peut-être encore, donner un espoir d’envisager sérieusement d’ôter aux belligérants l’idée que la seule issue à leur guerre est l’élimination de l’autre. Ce qui est aussi bon pour l’Occident : il disparaît et a tout intérêt à laisser à ses successeurs un monde dans lequel on n’a pas de comptes à régler… Et, enfin, c’est probablement aussi bon pour nos négociations avec Trump : plus nous avons de conflits avec lui, plus il y a de place pour des concessions de sa part.

Beaucoup de si. Beaucoup de hasards. Aucune certitude. Sinon, peut-être une dernière fois, que « le cave se rebiffe ». Celui qui n’est pas respecté est faible. Pour se faire respecter, il faut prendre des risques.

Génocide

En faisant une recherche sur les naissances palestiniennes, j’ai trouvé des quantités d’articles parlant du « génocide » palestinien.

Nous referait-on le coup de « l’anthropocène » ? Drame humanitaire, d’accord, mais pas génocide. Et il se passe ailleurs des crimes au moins aussi terribles qui ne suscitent que l’indifférence.

Le plus curieux est que ces articles soient destinés aux Juifs qui, eux, ont subi un véritable génocide. On a fini par dire que l’extrême gauche était devenue antisémite. En tous cas, elle semble prendre du plaisir à accuser le Juif de tout ce qu’il a vécu. Elle le traite même, parfois, de « Nazi ».

Comment expliquer cette bizarrerie ? Il est plus facile de se donner bonne conscience en critiquant un Etat démocratique comme Israël que M.Poutine ou Xi ? Le démocrate veut-il que la démocratie soit impeccable ? Il balaie devant sa porte ? Après tout, les droits de l’homme, ce n’est pas l’affaire de Poutine ?

Bizarrement, il y a là quelque-chose de similaire au changement qu’a connu le Front National : d’ennemi mortel de De Gaulle, il se veut, maintenant, le gardien de sa mémoire. Pour mieux la trahir ? Le comportement actuel refléterait-il une vieille rancune ?

Une enquête à mener ?

Démographie et Palestine

Un ami me disait qu’un million de Palestiniennes étaient enceintes.

Je ne suis pas parvenu à vérifier cette information. Mais la recherche fut intéressante. D’abord, je constate que dès que l’on cherche « palestinien » sur Internet, on tombe quasi immédiatement sur des articles parlant de « génocide ». Israël a visiblement perdu la bataille d’Internet.

J’ai aussi lu des réactions indignées à la suggestion d’une croissance de la population palestinienne. Cela irait-il à l’encontre de la thèse du génocide ?

En tous cas, il semble bien qu’il y ait une guerre des bébés. D’un côté, il y a les Juifs orthodoxes. Ils devraient représenter un tiers de la population israélienne, d’ici 2065, et la moitié des jeunes de moins de 15 ans (article). En outre, il y aurait aussi 20% d’Arabes israéliens. De l’autre, les Palestiniens. Le taux de fertilité de ces derniers serait supérieur à celui de Israéliens, dans son ensemble, mais faiblirait, peut-être du fait de mauvaises conditions de vie. Toujours est-il que cette rapide croissance démographique ne fait que dégrader ces conditions et envenimer les tentions entre les peuples.

Comment cela va-t-il finir ? Les Israéliens font tout pour se faire haïr, et ils vont bientôt être aux mains de fondamentalistes qui ne veulent pas combattre…

(Leur situation ressemble à celle de la France face à l’Allemagne. Lorsque la première, qui n’arrêtait pas d’être ravagée par la seconde, après l’avoir ravagée pendant des siècles, a compris qu’elle ne pourrait jamais être la plus forte, elle a proposé une alliance entre égaux. Conséquence paradoxale ? La croissance démographique allemande s’est effondrée.)

Changement à Gaza

BCG modelled plan to ‘relocate’ Palestinians from Gaza
Boston Consulting Group modelled the costs of “relocating” Palestinians from Gaza and entered into a multimillion-dollar contract to help launch a new aid scheme for the shattered enclave, a Financial Times investigation has found.

One scenario estimated more than 500,000 Gazans would leave the enclave with “relocation packages” worth $9,000 per person, or around $5bn in total.

Financial Times du 4 juillet

Le cabinet de conseil aura marqué notre temps. Du mien, le haut fonctionnaire était un esprit d’élite comme on n’en trouvait pas ailleurs. Aujourd’hui, il se dit d’élite, mais il sous-traite son travail.

Et il le sous-traite à des cabinets dont le niveau intellectuel a sombré depuis qu’ils ont choisi la quantité de préférence à la qualité. Il faut ajouter que leur atout, après guerre, était que peu de gens faisaient des études, même primaires.

Dans ce cas on est dans une situation de « conduite du changement ». Un sujet que ces braves gens du BCG ne semblent pas avoir étudié sérieusement. Car n’y a-t-il pas quelque-chose de curieux de penser régler par de l’argent un conflit dans lequel tant de personnes jouent leur vie ?

Iran

Guerre Iran, Israël : quels enseignements ?

Publicité pour la bombe atomique ? Avec elle ni l’Iran, ni l’Ukraine n’auraient été attaquées, probablement ? Bientôt, tout le monde sera équipé ?

La loi du plus fort est toujours la meilleure ? Nous, pays occidentaux, qui nous affaiblissons à vue d’oeil, aurions peut-être intérêt à changer les choses rapidement ? A faire régner la paix ?

Prospective

« Quels sont les pires scénarios ? » se demandait la BBC au sujet des affrontements entre Israël et l’Iran. Je n’en retiens pas grand chose, sinon que les USA pourraient être entraînés dans le conflit. Et ce d’autant mieux que leurs bases irakiennes sont exposées aux attentats des alliés de l’Iran, qui, contrairement au Hezbollah ou au Hamas, n’ont pas été affaiblis par les Israéliens.

L’émission de Christine Ockrent me semble plus instructive. Certes, il n’y avait pas d’accord entre les opinions de ses invités.

En ce qui concerne la situation à venir du monde, il se dégageait, me semble-t-il, le scénario d’une victoire israélienne, démantelant l’arsenal nucléaire iranien. Mais, les Israéliens ne sont pas équipés pour. Dans ce cas, la guerre pourrait être longue et dangereuse pour le monde. (Mais bonne pour M.Poutine, dont le pétrole prendrait du prix). L’Iran deviendrait un Etat nucléaire, ce qui serait aussi le cas, par réaction, de tous les Etats de la région.

Politiquement, c’est une bonne affaire pour M.Netanyaou : son peuple hait les Iraniens, qui, d’ailleurs, sont craints par leurs voisins. Un atout des Iraniens est d’être 90 millions, face à un Israël peu peuplé. En revanche, autre scénario, il semblerait que le régime iranien et les régimes du Golfe soient faibles et préoccupés de leur survie. Ce qui devrait le pousser à négocier.

Quant à M.Trump, sa politique de réduction de coûts par désengagement des USA des affaires du monde semble mal partie. Protégez-moi de mes amis… ?

Ligne directrice

Y a-t-il une logique derrière les agissements israéliens ?

Peut-être. Il suffit d’écouter ses voisins pour découvrir qu’ils ont tous des idées radicales de changement du monde. C’est simple et, d’une certaine façon, propre. Aujourd’hui, il semble que nous soyons dans un temps où ces idées peuvent s’exprimer. M.Trump veut faire des USA une nation de boutiquiers, vivant dans un Lebensraum. Il est possible que le gouvernement israélien, quant à lui, ait décidé de liquider tous ses adversaires. En particulier de susciter une contre révolution en Iran.

Voilà qui est un pari risqué. Il montre certainement que la raison s’est discréditée. En tous cas, elle aurait besoin de reprendre rapidement ses esprits, si l’on ne veut pas que les affaires du monde tournent mal.