RSE

Une juriste s’interroge. Entre les mains du monde pourri des affaires, n’est-il pas obligatoire que la RSE soit vidée de son sens ? Je doute :

Les Etats s’effacent, les entreprises prennent leur place. Elles doivent assumer la responsabilité de la planète. C’est la logique (mondiale) de la RSE : entreprises comportez vous bien, si vous ne voulez pas être réglementées. Effectivement, il y a des batteries de lois liées à l’environnement, à la santé au travail… Elles vont dans le même sens que la RSE. Parce que la RSE correspond à des préoccupations mondiales.

Ensuite, l’entreprise obéit à la loi, et il y a des choses en commun entre l’esprit des lois et la RSE :

  1. L’article 1382 du code civil parle de responsabilité (civile). La question de la RSE, qui revient à s’interroger sur les responsabilités de l’entreprise, n’est-elle pas équivalente ? Construire une politique RSE ne revient-il pas à réduire les risques de poursuite auxquels l’entreprise est exposée ? (Voir les assurances responsabilité civile pour entreprise.) 
  2. La constitution, et en particulier ses annexes, notamment le fameux « principe de précaution ». 
  3. Esprit des lois qui régissent l’entreprise. En France, l’entreprise a une personnalité morale. Son fondateur ne peut pas faire ce qu’il veut d’elle, de même que les parents ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent de leur enfant. 
  4. Est-ce que la loi, d’une manière générale, n’a pas pour objet d’organiser la vie en société ? Est-ce que réfléchir à sa responsabilité sociétale n’amène pas, naturellement, à respecter l’esprit de la loi ? 

Finalement, comme le dit Adam Smith, ce n’est pas parce que l’on est inspiré par le mal que l’on ne peut pas faire le bien (et inversement). La presse étrangère dit que les investisseurs activistes imposent à l’entreprise des mesures environnementales, ou autres, qui sont du domaine de la RSE. Mais, s’ils le font ce n’est pas par amour de la nature, ou de l’humanité, mais parce qu’ils pensent que les Etats ou les opinions peuvent nuire à leurs intérêts. De même, l’actionnaire peut pénaliser une entreprise susceptible de subir les conséquences du réchauffement climatique.

Morale. La RSE peut être compatible avec les instincts les plus primaires de l’homme. « Greed and fear » disent les Anglo-saxons. Une erreur qui tue le changement est, justement, de voir le monde en termes de bien et de mal.

Iso 26000 et mariage pour tous

Grosses manifs contre le mariage pour tous. Et plus petites contre un projet d’Aéroport.

Est-ce ainsi que fonctionne la démocratie ? Les mouvements organisés ont le dessus ? Rapport de force comme principe fondateur ?
Ne pourrait-on pas s’inspirer d’ISO 26000 ? ISO 26000 prône le « dialogue entre parties prenantes ». On repère les groupes concernés par une question et on organise un échange d’avis afin de parvenir à une solution. Bien entendu, il faut aussi que ceux qui n’ont pas de voix (les enfants, les générations futures, la nature…) soient représentés. 

Génération BSP et RSE

Par Dominique Delmas.

Vendredi, dans le cadre de mes expertises, je suis allé consulter le dossier public «environnement» d’un industriel important. La DRIEE avait mis à ma disposition une dizaine de documents, récents, de 50 à 400 pages chacun, qui matérialisent le suivi du respect des obligations dudit industriel en matière d’environnement… En 1990 lorsque je rédigeais ces mêmes documents, ils ne comportaient qu’un seul volume de 30 à 40 pages! Et lorsque je frappais à la porte des dirigeants d’entreprise pour vendre ces études d’impact avec des contrôles de pollution, le contact était condescendant, ironique, amusé, agacé, rarement curieux et jamais aucun volontarisme ou motivation n’alimentait l’échange.

C’est donc sans doute la foi inébranlable et la fougue de la jeunesse qui me poussaient. L’écologie, l’environnement étaient alors encore, l’apanage des doux rêveurs idéalistes. 20 ans plus tard, lorsque je regarde la génération des dirigeants en place, je m’amuse de voir leur intérêt appuyé et leur connaissance sérieuse lorsque l’on parle « d’environnement ».

Ce long cheminement a été bien sûr porté par l’émergence du code de l’environnement et la pression de son volet pénal (aujourd’hui plus épais que le code civil), et par l’évolution de la société civile.Quelle entreprise n’a pas son  « responsable environnement » ? La génération actuelle, qui pétille d’initiatives, est née avec les concepts du développement durable dans les cartables et les cartoons.

Elle sera probablement le maillon entre son arrivée à maturité et le développement en marche de son prolongement : la RSE/RSO – Responsabilité Sociétale des Entreprises ou Organisations. Les réalités douloureuses comme la raréfaction de certaines ressources, la pression de la démographie, la mondialisation, la faiblesse des Etats, les technologies de l’information, l’évolution de la société civile en tant de crise seront probablement ses moteurs.

Mais si la prise en compte de « l’environnement » dans l’entreprise a été poussée par la réglementation, la RSE semble poussée par le BSP (le bon sens paysan). ISO 26000, basé sur le volontariat et conçu par plusieurs centaines d’experts du monde entier, en est l’illustration parfaite. Sans doute la RSE arrivera-t-elle à faire ce que le développement durable à loupé, convaincre les actionnaires et investisseurs.

Un article de la newsletter de Mc Kinsey Quarterly (merci Christophe) pose la question : comment avec la RSE créer de la valeur pour l’entreprise et pour la société ? L’étude montre que les managers restent frileux à l’idée de transmettre des projets étiquetés RSE qui seraient vus comme en décalage avec le cœur de métier par les parties prenantes au business. Ses trois auteurs proposent que l’entreprise s’appuie sur quatre principes simples pour mettre en cohérence pur business et RSE :

  1. garder comme objectif la satisfaction des besoins des parties prenantes et de leur marché,
  2. communiquer sur des actions solides et des objectifs de l’entreprise qui sont dans l’intérêt des parties prenantes,
  3. travailler sur le volet RSE avec des parties prenantes déjà partenaires
  4. évaluer et contrôler régulièrement que les objectifs et initiatives de l’entreprise sont en cohérence avec ceux des parties prenantes

Cette démarche correspond à un calibrage permanent de l’étude de marché de l’entreprise. Ce processus donne la capacité d’anticiper le marché, d’innover de créer de la valeur chère aux actionnaires, ce qui rassure les parties prenantes et augmente leur écoute !

Ne serait ce pas là un cercle vertueux ?

Creating shared value

Article de Michael Porter, signalé par Julien, que je remercie.

Il y a de surprenants parallélismes entre M.Porter et ce blog.
  • Il condamne pour cause de stupidité économique tous les dogmes des précédentes décennies (en particulier la supply chain, les délocalisations, les économistes et les MBA, plus généralement le champ de vision incroyablement étroit de l’entreprise, et les œillères de leurs dirigeants, qui ne savent rien de la vie réelle). Fondamental, pour lui, l’entreprise doit comprendre qu’elle est dépendante de son écosystème et qu’il lui donne des échasses. Il faut donc investir dans cet écosystème, notamment employés et fournisseurs, et non l’essorer. Elle doit, aussi, saisir que le développement durable ne parle que de création de valeur : nouveaux marchés (tous ces gens qui manquent de tout, par exemple) et réduction de coûts (protéger l’environnement c’est moins dépenser). Importance déterminante de la notion de tissu économique (local) pour la prospérité de l’entreprise : son intérêt est de le développer, notamment en comblant ses faiblesses.
  • Identité de vue aussi sur l’échec de l’approche du développement durable par l’activisme, ou la régulation, ou encore sur la confusion entre RSE et charité.
Deux points nouveaux par rapport à mes idées :
  1. Une analyse systémique digne de Forrester et Senge : les entreprises sont obnubilées par le résultat économique à court terme, la réduction de coût, c’est de là que vient leur irresponsabilité sociétale ; en voulant les faire payer pour mauvaise conduite le régulateur augmente leurs coûts et les rend encore plus irresponsables !
  2. Les entreprises n’ont pas toujours été aussi irresponsables (elles ont connu le paternalisme !). Elles le sont devenues parce qu’elles ont délégué leurs responsabilités à des acteurs non économiques. En outre, la globalisation leur a fait oublier qu’elles étaient un résultat d’une accumulation de capital social local.
Mais je ne suis pas complètement d’accord sur tout.
  • M.Porter dit que pour sauver le capitalisme du discrédit, lui faire retrouver une nouvelle vague de croissance, le reconnecter à la société, il faut que l’entreprise optimise la « valeur partagée » (par la société) plutôt que la « valeur actionnaire ». Mon expérience et ma mission ISO 26000 dernière montrent que le moteur ultime de l’homme n’est pas l’argent. Une réflexion RSE est avant tout pilotée par le désir de transformer son métier pour le rendre digne de ce qu’il devrait être. Ce n’est que dans un second temps que l’on découvre qu’elle rapporte aussi beaucoup. Surtout, M. Porter demeure dans une vision économique et quantifiée, or ce qui est important pour notre survie n’est ni l’un ni l’autre.
  • M.Porter pousse, à quelques discrètes notes près, l’entreprise à agir seule. C’est une erreur. En effet, si elle cherche à fournir un bien commun (par exemple la bonne santé de ses employés), elle n’en donnera qu’une quantité suboptimale (cf. Mancur Olson). Pour obtenir l’optimum, il faut que l’écosystème en entier s’occupe du dit bien commun. Ici la démarche ISO 26000, avec son mécanisme de dialogue avec les parties prenantes, est très supérieur à la proposition de M.Porter.
Point curieux, lorsqu’il parle du régulateur, il lui dit de donner des objectifs à l’entreprise et de lui laisser trouver le moyen de l’atteindre ; puis de contrôler qu’elle tient ses engagements. C’est exactement ainsi que j’explique que l’on place quelqu’un en situation de responsabilité. Ce qui me surprend est que ceci signifie que le régulateur est le « dirigeant », et l’entreprise le subordonné. Je ne suis pas sûr que la main invisible, dont parle M.Porter, l’entende de cette oreille.
Conclusion. Je pense que la méthodologie proposée par M.Porter est inférieure à celle d’ISO 26000. Par contre, elle fournit un intéressant moyen d’explorer l’aspect économique du développement durable, qui est peu développé par la norme.
Mais tout ceci est secondaire. Enfin quelqu’un qui s’intéresse au développement durable, prend le point de vue de l’entreprise, et montre que, si on le formule dans sa logique, le développement durable présente un formidable intérêt, c’est même la « vraie » façon de créer de la valeur.  

Mise en œuvre de la RSE

Écriture d’un article sur la mise en œuvre d’une politique de RSE. J’en retire 2 idées :

  • Ce qui doit être premier : prise de conscience que l’entreprise appartient à un écosystème (de « parties prenantes »), sans lequel elle ne peut pas vivre, et que cet écosystème va crever. Si l’idée de la RSE n’est pas suscitée par l’anxiété de survie de l’entreprise, elle n’a aucune chance d’être autre chose que la charte d’éthique d’ENRON.
  • La première durabilité qu’il faut assurer alors est celle de cet écosystème. Et cela passe par la reconstruction des « interrelations entre parties prenantes ». Principe central : coopérer et non exploiter le plus faible (pratique actuelle). Une fois que l’écosystème fonctionne correctement il peut s’occuper de régler les questions que l’on associe aujourd’hui au développement durable, par exemple « empreinte carbone » ou « discrimination ».
Compléments :
  • 2 erreurs sont commises : les entreprises utilisent la RSE comme de la poudre aux yeux ; les activistes veulent nous imposer d’être responsables par la force !
  • Iso 26000 : esprit, mise en œuvre.

Développement durable = réduction de coûts

Les entreprises américaines découvriraient qu’économiser l’environnement réduit leurs coûts. Le développement durable aurait-il du bon ?
Exemple peut-être le plus frappant : des fabricants de chips cherchent à exploiter l’eau des pommes de terre pour couvrir l’intégralité des besoins des usines de fabrication.
Pourquoi ne l’ont-ils pas fait plus tôt ? me suis-je demandé. Technique de créativité bien connue : la contrainte produit l’innovation ? Ou serait-ce une illustration d’une idée (voir la fin du billet) qui m’était venue lors d’une mission ISO 26000 : la RSE force à penser à long terme, et lorsque l’on pense à long terme on trouve d’excellentes solutions pour le court terme ?

Éthique et responsabilité sociétale

Je reçois un mail du dirigeant d’un club d’éthique d’une association d’anciens élèves me proposant un diagnostic RSE gratuit, fait par son cabinet de conseil.
Image même des contradictions de notre société ? Instrumentalisation des organes devant servir l’intérêt général (une association) au profit d’un individu ? Et, en plus, le dit individu se proclame le grand inquisiteur de l’Éthique et de la Responsabilité sociétale !
Tartuffe est ridiculisé ?

Éthique de l’économiste

Les économistes ont vendu leur âme aux financiers. Ils se demandent maintenant comment la racheter. Peut-être un code d’éthique ?
Comment ont-ils pu prêcher que l’homme suivait son intérêt sans réaliser qu’ils étaient des hommes ? Comment n’ont-ils pas compris l’étendue de leur responsabilité, alors que leurs idées affectent la planète entière, faisant des gagnants et surtout des perdants ? D’autant plus qu’ils n’avaient pas compris que le monde était infiniment plus complexe que leurs équations, pavant ainsi l’enfer de leurs bonnes intentions ?…  Voici quelques remords qui les rongent.
Truman désirait des économistes manchots. Il n’en pouvait plus de leur indécision : « d’un côté… de l’autre » (on one hand, on the other). L’économiste moderne est effectivement manchot. Sa quête d’éthique n’est-elle pas celle du bras manquant ?
Compléments :
  • Par ailleurs je vois là la formulation d’un problème de RS(E). Une question pour ISO 26000 ?

Esprit d’ISO 26000

Ma lecture de la norme ISO 26000. À l’origine, je vois une double idée :
  1. Disparition du service public. Il faut que quelqu’un récupère les responsabilités abandonnées par l’État. La Responsabilité Sociétale de l’Entreprise accompagne la déresponsabilisation de l’État.
  2. Globalisation et interdépendance (conséquence de la fameuse mode de la « supply chain » ?) conduisent à un impact mondial de décisions locales. La responsabilité de l’entreprise s’est massivement amplifiée.
À tout ceci vient s’ajouter des « groupes vulnérables » particulièrement susceptibles aux crises économiques et dont il faut d’autant plus prendre soin que l’État n’assure plus son rôle. Mais la norme l’avertit qu’il doit se ressaisir et assumer ses responsabilités. Le rôle des services publics est « primordial », notamment en ce qui concerne les susdits « groupes vulnérables ». (Attention : que l’entreprise devienne responsable ne signifie pas que l’Etat ne doit plus l’être : leurs rôles et responsabilités sont différents, non substituables.)
La question que pose ISO 26000 est simplement : quelles sont mes responsabilités d’homme ? La norme en elle-même est là pour aider cette réflexion en proposant une liste (minimale ?) de questions à se poser. Mais rien ne peut dégager l’homme de sa responsabilité, surtout pas une norme.
On découvre qu’être responsable c’est répondre de l’impact de ses décisions, ne rien cacher, connaître et respecter les lois (« primauté du droit », un point sur lequel la norme insiste lourdement), avoir un comportement éthique, respecter les normes de comportement international (coutumes, si possibles universelles…), respecter les intérêts de ses « parties prenantes », respecter les droits de l’homme.
Cela demande aussi (de manière un peu redondante ?) de connaître et de s’interroger sur les droits de l’homme, les droits des travailleurs (une partie des précédents), les droits des clients, les bonnes pratiques du métier, l’environnement et la société. Et de se donner la « gouvernance » qui permet de respecter ses engagements.
Technique centrale. Le dialogue avec les parties prenantes. Leur rôle : aider à trouver une solution aux questions ci-dessus. Mais attention. Elles ne dégagent pas la responsabilité de celui qu’elles aident. Elles peuvent ne pas penser à tout. Et surtout elles ne représentent pas tous les intérêts en cause. Il ne faut pas oublier ceux qui ne peuvent pas faire entendre leur voix (comme les générations futures ou la nature, ou encore les chômeurs, ou toute communauté mal organisée).
Le but de ce dialogue est aussi (essentiellement ?) d’éliminer les conflits entre intérêts. Entre parties prenantes, entre parties prenantes et sujet de la RSE, entre parties prenantes et société.
Commentaires
ISO 26000 c’est le monde à l’envers :
  • L’individualisme triomphant jusqu’ici (les droits de l’homme) est mâtiné d’une forte couche d’influence sociale. (Importance de « comprendre les attentes générales de la société » ; normes de comportement international, en particulier les coutumes qui dirigent les peuples – une pierre dans le jardin des Lumières.)
  • Le rappel permanent à la légalité contraste bizarrement avec le Far West que nous avons vécu. 
  • L’Etat est sommé de reprendre son rôle d’Etat. 
Le plus curieux, c’est le dialogue avec les parties prenantes. C’est la dialectique grecque qui cherche à établir une solution juste entre intérêts apparemment contradictoires (la norme parle de « conflits »). Mais contrairement au modèle grec (et anglo-saxon), les parties prenantes ne se limitent pas à celles qui ont un pouvoir de nuisance. La responsabilité de l’entreprise concerne aussi, surtout, ceux qui ne peuvent pas se faire entendre. D’ailleurs, même vis-à-vis des parties prenantes, son rôle n’est pas tant de les écouter que de les remettre, le cas échéant, sur le chemin de la vertu.

Les parties prenantes peuvent avoir des intérêts qui ne sont pas compatibles avec ceux de la société. 

En fait ce dialogue me semble l’opposé du diviser pour régner créateur d’un individualisme généralisé, c’est l’exercice central à la constitution et à la maintenance d’une société :
  • Le travail d’analyse préliminaire à ce dialogue montre que l’intermédiaire est pris dans une sorte d’injonction paradoxale. Son donneur d’ordre tend à le forcer (s’il ne veut pas perdre ses contrats) à mal faire son travail, c’est-à-dire à exploiter les faiblesses du marché. J’en suis arrivé à me demander si ce n’est pas comme cela qu’a fonctionné l’économie ces derniers temps. Elle a détroussé les faibles. Et si c’était cela qui rendait notre développement non durable ?
  • En mettant en lumière les conflits entre parties prenantes, le dialogue permet de sauver l’intermédiaire d’une situation non durable (l’injonction paradoxale n’est plus possible). Surtout, en confiant la résolution du problème à la société (non plus à quelques individus isolés, qui voient midi à leur porte), il permet de trouver des solutions honnêtes aux intérêts des uns et des autres.
ISO 26000, reconstitution du lien social ? Contrepied des décennies post 68 ?
Compléments :
  • Quelques observations pratiques résultant d’une première mise en œuvre. 

ISO 26000 : mise en œuvre

Problème : une profession voit son salut dans le développement durable. ISO 26000 a été conçu pour guider ce changement. Premières réflexions sur sa mise en œuvre.

  • ISO 26000 est une méthode lourde et exhaustive, qui ne colle pas au peu de temps dont nous disposons mes interlocuteurs et moi. Du coup, j’ai décidé d’utiliser ISO 26000 pour guider l’amélioration continue du comportement de l’organisation. (Idée 0.) En attendant, il faut franchir, vite, une première étape marquante, qui donne très envie de poursuivre, en montrant où l’on va. Comment faire ?
  • Première idée. Décrire son rôle. La question fondamentale de la RSE (développement durable appliqué à l’entreprise) est : quelle est ma responsabilité (par rapport à la société et à la nature) ? Comment dois-je modifier mon comportement pour l’assumer ? Eh bien, notre première responsabilité est de tenir notre rang dans la société !
  • Seconde idée. Quelles sont les forces qui transforment le monde ? Quelles sont les impacts qu’elles peuvent avoir sur mes « parties prenantes », sur la nature et la société ? Quelle peut être mon influence sur leur sort ? Dans quel sens pensé-je qu’il est bien, moral, que je l’exerce ? Cette simple question permet d’obtenir un résultat rapide, sans appliquer l’usine à gaz 26000. (Mais c’est l’esprit d’ISO 26000.)
  • Troisième idée. Comment dois-je faire évoluer ma « gouvernance », avec les moyens du bord, pour mettre en œuvre les actions envisagées ?

Tout cela a une conséquence imprévue. En travaillant à long terme, on voit apparaître d’inattendues opportunités économiques. On en tire une stratégie, qui conduit fermement la décision quotidienne. Du coup, plus de tentation de décision aveugle et suicidaire imposée par « le marché ».

Compléments :
  • Remarque. L’esprit de cette démarche s’oppose à celle des deux idéologies qui ont fait notre histoire récente. Le communisme voulait recréer la société. L’idéologie occidentale du progrès donnait la nature à l’homme pour qu’il la façonne. Ici on observe dans quel sens va l’histoire. Puis on cherche à lui faire emprunter l’embranchement qui nous convient le mieux. Pour cela on utilise les outils et techniques apportés par le « progrès ». Il n’aura pas été vain ?