Étiquette : Islande
Rêve en Chine et déprime ailleurs
Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D’ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L’Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu’ils reviendront à la maison ?
Terne semaine
En dehors des Nordiques du billet précédent, que donne le tour du monde de The Economist, cette semaine ?
Islande tirée d’affaires
Sarkozy contre Atomic Anne
- Au revoir to Atomic Anne
- Risque ? Tuer l’innovation et « too big to fail » (Crédit Lyonnais et FT de Michel Bon) ? M.Sarkozy fait de la France une grande Islande ?
Modèle économique irlandais
En Irlande des économistes tels que Philip Lane du Trinity College de Dublin, voit des risques à suivre l’exemple de l’Islande. L’Irlande a besoin, en tant que rampe de lancement de multinationales, de sa place dans l’UE. Il survit des liquidités de la Banque Centrale Européenne, et, dans tous les cas, ne peut pas se permettre de se couper de l’Europe. (A parable of two debtors)
Contre les quotas de femmes administrateurs
- L’imposition de quotas ailleurs qu’à la tête des entreprises suscite-t-il un tel émoi (victorieux par KO au premier round, d’ailleurs) ?
- Nouvel épisode d’une contre-attaque de la doctrine des droits de l’homme, vue comme une idéologie gauchiste perverse, dont l’Angleterre serait l’élément avancé ?
- Une analyse détaillée du point de vue anglais : Quotas are no silver bullet for women on the board.
- Les administrateurs masculins du secteur financier américain n’ont pas mieux évité que les administratrices islandaises sa crise de folie. Quelle que soit leur composition les conseils d’administration sont incapables de contrôler quoi que ce soit ?
Internet des transports ?
Ça va péter ?
Selon The Economist nous connaissons une bulle spéculative financière (Bubble warning). Rien de neuf. Ce qui l’est, c’est l’idée suivante :
Pour éviter les dommages de la crise, les gouvernements se sont massivement endettés. Pour résorber ces dettes ils devront prendre des mesures inacceptables par leurs administrés. Ils tricheront. Ceux qui le peuvent dévalueront leur monnaie (comme le font l’Angleterre, et les USA), d’autres ne paieront pas ce qu’ils doivent aux étrangers (ce que tente de faire l’Islande), j’imagine que l’inflation doit aussi être efficace…
Comme lors des crises précédentes, le système de contrôle de la finance mondiale (aujourd’hui les banques centrales indépendantes) sera victime de cette manœuvre, qu’il était supposé empêcher.
The gold standard broke down in the 1930s because countries would not pay the political price, in the form of austerity, to maintain the link. They chose domestic workers over foreign creditors. The Bretton Woods system broke down because America was unwilling to bear the burden of being the linchpin of the system. Now, the system that prevailed in the 1980s, 1990s and 2000s, in which creditors trusted central banks to maintain the value of debtor countries’ currencies, is breaking down as well.
On en réinventera un nouveau sur les ruines fumantes de l’économie mondiale ?
De ceci sort une image cohérente, conforme aux réflexes innés de l’homme face au changement : le refuser. On espère qu’il suffit de dépenser pour régler les problèmes du monde, puis lorsque l’on a trop de dettes on les élimine par un tour de passe-passe.
Compléments :
- Traduit autrement, ce billet dit que nos gouvernements n’ont pas le savoir faire de conduite du changement qui évite une crise destructrice pour une partie de la société.
- Sur l’Islande : Is it a blizzard?
- Voting away your debts.
Avantage économique des démocraties
Democracy, diversification, and growth reversals explique que la force des démocraties est la maîtrise de leur croissance. Les pays peu démocratiques vivent des montagnes russes.
Ce qui explique ces montagnes russes, c’est le manque de spécialisation (par exemple pétrole) de leur économie, quand l’industrie locale a le vent en poupe, le pays se développe vite, quand ce n’est plus le cas, c’est le chaos. Les démocraties laissent prospérer l’initiative individuelle, qui diversifie les risques.
Et l’Islande ? C’est pourtant un pays démocratique. Et l’Irlande, les USA et l’Angleterre (dans une moindre mesure) ?
Ceci donnerait-il raison à Simon Johnson ? Nous avons vécu une période où l’oligarque, le manager professionnel, a été roi, il a tué (via les fonds d’investissement) les entrepreneurs, il a détruit la diversification et la vitalité du tissu économique (cf. les modes de management qui ont affecté, notamment, l’automobile) ? Il est parvenu à démolir les processus démocratiques, ceux qui font qu’aucun individu ne peut imposer ses intérêts aux autres, et que du coup la nation est multiple ? Est-ce cela le fondement de la démocratie ?
Compléments :
- Les oligarques de l’économiste Simon Johnson : Trou noir. Oligarques et démocratie : Crise : destruction destructrice.
- Sur l’Islande : Faillite islandaise, sur l’Irlande : Les malheurs de l’Irlande ; sur l’Angleterre : Angleterre victime de M.Blair, sur l’Amérique : Grande illusion.
- Sur les modes suivies par les managers de l’automobile : Irrationalité et industrie automobile.

