L’association des interpreneurs essaie de faire bouger le pays. Bien souvent, elle a envie de jeter l’éponge. Travailler en France c’est nager dans l’irrationalité. Notre pays a peut-être du talent et de la bonne volonté, mais nous manquons totalement de méthode. D’où la situation actuelle.
Nicolas Dufourcq en appelle à une formation massive des chefs d’entreprise. Mais qui peut former un chef d’entreprise ? Un professeur d’université ? Un employé de la BPI, fort de ses diplômes ?… Si nous avions un savoir-faire de formation de l’entrepreneur, cela se saurait !
A chaque contact l’association observe que deux ou trois conseils de « pairs » expérimentés peuvent avoir un impact colossal sur le sort d’une entreprise et de son dirigeant. Il n’y a pas besoin de cours ! Mais comment apporter cet accompagnement à des millions d’entreprises, faire qu’il se démultiplie ?
Autre enseignement : la « pénurie RH » crée une forte « anxiété de survie » chez le dirigeant. Or, ce problème a une solution : le « modèle suisse » : faire toujours plus de « valeur ajoutée » avec les mêmes personnes. Ce qui est bon pour tout le monde : entreprise plus prospère et prestigieuse, emplois plus qualifiés et mieux payés.
Cette question de la « valeur ajoutée » est au centre du « rapport Gallois », et de l’analyse que font, désormais, nos gouvernements du décrochage de l’économie nationale. Ils concluent : « faites comme les Allemands, équipez vous de robots ». Copier est une mauvaise idée, pense l’association. Or, nos entrepreneurs ne voient pas qu’ils possèdent un savoir faire qui a un potentiel considérable. Ce potentiel, une « autre idée » de l’entreprise, ne demande pas de robots, et peu d’investissement.
Exemple : un constructeur de piscines, un métier rendu compliqué par le peu de ponctualité du monde du BTP, a eu l’idée de commercialiser une gamme de produits d’entretien de piscines. Résultat : un entrepreneur heureux, un métier stimulant, un développement accéléré et très rentable.