Irlande

L’Irlande est un des pays les plus riches du monde. (Le second, par tête, selon wikipedia.). Il doit sa fortune à sa faible imposition de l’entreprise. Si bien qu’elle a attiré beaucoup de sociétés étrangères et que 20% de ses revenus viennent d’elles, contre 5% pour la moyenne des Etats.

Curieusement, il n’est pas parvenu à faire profiter l’ensemble de sa population de cette manne financière.

Et voilà qu’arrive Trump. Il constate que le déficit commercial des USA avec l’Irlande est plus important qu’avec l’Allemagne. Et que l’Irlande héberge une grande partie de l’industrie pharmaceutique américaine. Les Irlandais sont très malins, ce qui n’a pas été le cas des hommes politiques américains, dit-il. (Ne pourrait-on penser la même chose des gouvernements européens ?)

L’Irlande, qui ne l’avait pas vu venir, se trouve dans la situation de la cigale de notre fable.

(Ireland’s pot of gold, BBC.)

Logique de guerre ?

Le conflit irlandais s’est déroulé de mon vivant. On en parle encore souvent en Angleterre.

Enseignements ? La guerre est un phénomène systémique ? Il n’y a pas de bons et de méchants. La guerre impose ses règles qui font que tout le monde devient meurtrier, traitre, lâche, martyr, etc.

Le plus surprenant est qu’un jour ce cercle vicieux s’arrête. Pourquoi ? Mystère. Il semble que ce qui a mis fin à la guerre entre la France et l’Allemagne soit la prise de conscience par la France (Robert Schuman en particulier) que la seule façon d’éviter à l’Allemagne de nous nuire n’était pas de la punir, mais de s’unir à elle et de mettre en commun, au sein de l’UE, les moyens nécessaires à la guerre. Je ne sais pas ce qui s’est passé en Irlande.

(A quoi servent les pacifistes, dans ces conditions ? En dénonçant des crimes de guerre ne font-ils que jeter de l’huile sur le feu ? Qui veut faire l’ange, fait la bête ? Ne feraient-ils pas mieux de considérer qu’il n’y a pas de bons et de mauvais mais plutôt une commune humanité ? Et de se demander, comme le faisait Durkheim, comme soigner ses « pathologies sociales » ?)

La femme au travail

Le fait que l’épouse irlandaise ait le droit de travailler dans la fonction publique est relativement récent (1973). Cela est une conséquence de l’entrée de l’Irlande dans l’Union européenne. (The end of the irish marriage bar, Witness history, BBC.)

Qui a gagné dans l’affaire ? Jadis, il fallait une personne pour faire vivre une famille, maintenant il en faut deux. Et les tâches ménagères demeurent. Petit gain pour la femme, homme déclassé, le « grand capital » (comme on disait dans ma jeunesse) double sa capacité de production et tire les marrons du feu ?

Et si l’on avait libéré la femme en libérant l’homme d’une partie de son travail ?

Propos tendancieux ?

L’homme des îles

La vie de paysans pêcheurs irlandais accrochés au dernier rocher avant l’Atlantique, à la fin du 19ème siècle. Ecrit par l’un d’entre eux.

Probablement pas très différent de la vie d’autres paysans, ou d’autres pêcheurs. Une vie dure, en communauté et en cercle fermé, mais qui a ses joies, et où l’on gagne parfois bien. Souvent même mieux qu’aux USA, où l’on émigre parfois. La pêche peut rapporter beaucoup. Et le pêcheur est son propre chef. Pas un ouvrier sous les ordres d’un contre-maître. En outre, les épaves apportent des trésors, qui peuvent même éviter à l’île les famines que connaît l’Irlande, au moment de sa naissance.

L’auteur avait probablement le talent des études. Il reçoit peu d’instruction, mais un maître d’école lui demande de le seconder. Et, à chaque fois que la puissance publique décide de donner un coup de main aux iliens, on s’adresse à lui pour diriger ou réaliser les travaux. Il semble aussi avoir joué un rôle important dans la redécouverte de l’Irlandais.

Colonie irlandaise

A la fin du 18ème siècle, l’Irlande s’est révoltée. La révolution française avait cristallisé les mécontentements.

Je ne savais pas que la France avait envoyé, pour l’appuyer, 40.000 soldats, dirigés par Hoche. Mais ils n’avaient pu accoster. S’ils l’avaient fait, il est possible que l’histoire aurait été toute différente. Un petit corps expéditionnaire est arrivé, plus tard. Mais, après quelques victoires, contre le cours des événements, il a été défait. Son rôle, d’ailleurs, était peut-être surtout de gêner les Anglais, en créant une diversion. (In our time, BBC 4.)

L’Irlande fut une colonie anglaise. Mais, peut-être, la moins bien lotie des colonies. Car, ailleurs, l’Anglais, le colonisateur plus généralement, s’insérait dans la structure sociale du pays. (En lui apportant, une dimension d’exploitation de l’homme par l’homme qui n’était pas nécessairement présente initialement ?) Au Royaume uni, l’Angleterre a probablement imposé sa domination à des nations déjà constituées. D’où révoltes ?

Chaos en Irlande

Dans l’affaire du Brexit, l’Irlande du Nord, en particulier les « unionistes », semble jouer un rôle extraordinairement nocif. 

Actuellement, le parti protestant mène une croisade contre les contrôles douaniers qui résultent des accords du Brexit. Il n’en veut plus. La parole de la Grande Bretagne ne l’engage pas. Il a démissionné du gouvernement, ce qui a entraîné sa dissolution. L’Irlande n’a plus de chef. 

Un parti de martyrs de leur foi en la Grande Bretagne ? Si je comprends bien, c’est une manoeuvre politique. Ils risquent fort de perdre la majorité aux prochaines élections. L’Irlande serait alors dirigée par le Sinn Fein. Inacceptable ? Tous les coups tordus sont possibles ?

Voilà un type de complication que n’avaient pas prévu les théoriciens des démocraties. Elles envoient au pouvoir des égoïstes qui loin de représenter l’intérêt général servent leur intérêt personnel, qui est, bien souvent, le pouvoir pour le pouvoir. 

Si elles fonctionnent, c’est grâce à la contrainte sociale, qui finit par remettre l’individualiste dans le rang ?

Dubliners

Il y a eu un moment dans l’histoire de la littérature, à l’époque de Woolf, Proust, Tolstoi et Joyce, où ses auteurs ont cherché à décrire ces moments qui marquent une existence. Moments qui sont la manifestation du temps véritable, comme dans la théorie de Bergson ?

Anthropologie des sentiments ? Avait-on une acuité particulière en ces temps là ? En tout cas, cela a donné des chefs d’oeuvre. Ici, en quelques nouvelles, on croise l’existence des habitants de Dublin, de la fin du 19ème siècle.

Economie mondiale : en piqué, commandes bloquées ?

On ne peut même plus se réjouir du malheur des autres ! Il nous retombe immédiatement sur le nez.
Au cœur du problème se trouve l’illusion selon laquelle on peut gouverner le monde par la monnaie. La politique de création monétaire des banques centrales était supposée relancer l’inflation. Ce qui permettait d’éliminer les dettes. Résultat ? Baisse des obligations, augmentation corrélative des actions, baisse des taux de change, qui doit être compensée par une baisse de salaires… Bref, l’activité freine, les dettes augmentent, les riches s’enrichissent (ils possèdent les actions), et les pauvres (individus ou nations) coulent. Accélération de la déflation. Et maintenant, illustration :
En piqué
La politique monétaire du Japon a pour seul résultat la baisse de son taux de change. Il exporte sa déflation. Et ça ne lui profite même pas. Il ne fait que s’enfoncer. Et l’Irlande ?  L’Europe la veut succès de sa politique de rigueur. En fait, le peuple souffre. Et son embellie vient des exportations vers des pays en forme (USA et Angleterre). Elle pourrait être sans lendemain. Autre exemple. Alors qu’hier on nous donnait en modèle les BRICS, aujourd’hui ils sont au bord du gouffre. Ils n’avaient pas de moteur propre. Particulièrement la Russie et le Brésil. Il suffirait que les gestionnaires de fonds occidentaux prennent peur, pour que cela se termine en bain de sang.
Et maintenant, des individus. On découvre qu’aux USA, ce sont les 0,01% les plus riches qui se sont gigantesquement enrichis. L’effet est tellement disproportionné qu’il ne se sent pratiquement plus au niveau du 1% ! Et ces riches sont de plus en plus des rentiers.
Commandes bloquées
Quant aux pouvoirs, c’est la Bérézina. Elections américaines. Le pays a voté la paralysie de sa démocratie. S’il est ingouvernable, cela n’empêche pas ses dépenses de croître, et ses dettes de s’accumuler. Cela ne va pas mieux au Pakistan : pouvoir faible, état de chaos ? Ni en Espagne. Classe gouvernante corrompue jusqu’à la moelle. En Inde, on essaie de réformer un système de taxation incohérent, mais les résistances internes vident les réformes de leur substance. Les USA se barricadent contre le terrorisme canadien… En Syrie, la guerre contre l’Etat Islamique liquide les modérés. La Russie exproprie les entreprises occidentales, ce qui fait la fortune des oligarques. (L’obsession de M.Poutine du contrôle va-t-elle transformer le pays en Corée du nord ?) Allemagne. Anniversaire de 1989. Plutôt que d’une inégalité est / ouest, il faut parler de différences nationales : il y a désormais des Etats très pauvres et des Etats très riches. Ukraine. Les séparatistes ukrainiens doivent construire un Etat. Kiev leur a coupé les vivres. Il leur faut capturer des villes stratégiques. NSA. Les services secrets anglo-saxons désirent espionner Internet. Google et autres ne voudraient pas que ça se sache. Calme dans la tempête, la Chine veut installer son influence mondiale. Mais, dans le domaine automobile, sa politique de joint venture avec l’Ouest n’a pas fonctionné. Elle s’est endormie, alors qu’elle pensait lui piquer son savoir-faire.
Un autre jour au paradis
La Banque Mondialechange. Elle serait dirigée par un illuminé qui se prend pour superman, et restructure par oukase. Twitter, acteur de niche ? La qualité de l’eau devient un problème critique pour beaucoup de multinationales. Le cannabisest légalisé. Un cadre légal incohérent empêche le développement de grands monopoles. Pas pour longtemps. Et si les multinationales du tabac s’emparaient du marché ? Vive l’économie de marché !
Les enfants asiatiques sont devenus énormément myopes. Trop d’études et de jeux électroniques, et surtout pas assez de lumière.

Déflation et politique du pire

Risque de politique du pire. Cela pourrait être le message de la semaine. L’Allemagne est bloquée, bloque l’Europe et le monde. Mme Merkel en est en grande partie responsable. Elle a développé une technique redoutable pour conserver indéfiniment le pouvoir. Elle dit aux Allemands ce qu’ils ont envie d’entendre. En leur faisant croire que cela vient d’elle. Or, les Allemands ne veulent pas bouger. C’est pour cela qu’ils désirent imposer des réformes au reste de l’Europe. Idem aux USA. Les Républicains vont prendre le pouvoir aux prochaines élections et réduire M.Obama à l’impuissance. Il y aurait de quoi s’entendre, mais ce n’est pas dans l’intérêt des extrémistes de chaque bord. D’autant qu’il est possible de réutiliser les techniques mises au point par le subtil B.Obama pour démolir ce qu’il a construit. Idem en Angleterre. Il serait simple de satisfaire les aspirations, modestes, de la population. Elles n’ont rien à voir avec les thèses de Ukip. Partout en Europe, c’est la même chose. « Les populistes ne vont pas prendre le pouvoir (…) Cela laisse le gouvernement entre les mains des partis traditionnels (…) Puisque la zone euro poursuit une intégration de plus en plus étroite pour survivre, cela signifie demander aux électeurs de faire confiance à des institutions qu’ils en sont venus à mépriser. »
La déflation saisit le monde. « La crainte des investisseurs semble être que le monde développé glisse dans la spirale de la déflation (…) La récente faiblesse de l’euro et du yen pourrait être un signe que ces régions exportent la déflation au reste du monde, leurs exportateurs baissant leurs prix pour prendre des parts de marché ». Parmi les conséquences : prix du pétrole en baisse accélérée. Economie mondiale faible donc demande faible et offre en hausse, de tous côtés. Au Japon, les réformes économiques dont on attendait tant de bien plongeraient le pays dans la récession.
Ailleurs, autres crises ordinaires. Les Serbes basculent dans l’autoritarisme. Mais ils organisent des défilés d’homosexuels pour donner le change à l’UE. Renversement d’alliances en Turquie. Le gouvernement lâcherait les Kurdes, devenus alliés des USA, et se rabibocherait avec les généraux, et jouerait les comparses de l’Etat Islamique. Ce dernier réinvente l’esclavage. Le pouvoir syrien est faible. Mais il ne veut pas abandonner, même pour une solution qui lui sauverait la face. Résultat : chaos probable.
L’Irlande élimine une mesure qui permettait aux entreprises (étrangères) de ne pas payer d’impôts. Mais la compense par une contre-mesure. En Inde, M.Modi voudrait rendre fiable son administration avant, éventuellement ?, de libéraliser son économie. (Ce qui me semble sage.)
Ebola. Croissance exponentielle du nombre de victimes. Il devrait atteindre 10.000 par semaine. Compliqué et coûteux (une capacité de traitement de 100.000 lits coûterait de 1 à 2md$ par mois) d’enrayer l’épidémie. D’autant qu’elle attaque en premier les systèmes immunitaires sociaux, c’est-à-dire les personnels médicaux. Il faut des centres de traitement, changer les comportements  des populations et que les vaccins dont on dispose se révèlent efficaces. Puis relever les pays touchés des dévastations subies.
L’électronique européenne relèverait (modestement) la tête « grâce à sa force dans des technologies qui conviennent bien au nouveau monde des objets interconnectés et de consommation ultra basse puissance ». Apple offre un nouveau système de paiement sans contact. Les bénéfices n’en sont pas évidents pour le marché occidental. Mais les normes pourraient être utiles aux pays en développement, où la téléphonie mobile se substitue déjà aux réseaux financiers.
Toutes les prévisions faites au sujet d’Internet étaient fausses. L’univers d’hier n’a rien de différent de celui d’aujourd’hui. « Il y a un monde entre « disruption » et destruction ». Les économistes se sont trompés. Baisser les taux d’intérêt ne stimule pas l’économie ! Ce qui le fait, c’est la perception que les choses vont bien…