Vingt ans après

Après la BBC, Christine Ockrent et ses Affaires étrangères se penchaient sur l’Iraq.

On est bien moins correct que les Anglais. Il était dit que ce qui avait motivé les Américains était, outre le désir des néoconservateurs d’établir la pax americana partout dans le monde, le pétrole iraquien. C’aurait été le moyen de remettre à sa place l’Arabie saoudite, grand fournisseur de terroristes.

Et, comme dans toutes les histoires de ce blog, cela a donné le contraire de ce qui était attendu. Les Iraniens, qui devaient être gagnés par la contagion iraquienne, ont pris le contrôle du pays, qui est devenu leur plaque tournante. Quant aux USA, ils ont perdu la face, et tout crédit. L’hyper puissance a démontré son impuissance.

(On peut d’ailleurs se demander si ce n’est pas aussi l’histoire de la Chine. Les Américains auraient-ils cru la convertir au capitalisme en déversant sur elle tout leur savoir-faire ? Ce qui, d’ailleurs, était bon pour leurs affaires. Jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’ils avaient bradé la corde pour les pendre ?)

Apparemment, le mea culpa ne serait pas à l’ordre du jour.

Iraq, 20 ans après

Suite de l’enquête de la BBC, sur la guerre d’Iraq.

L’Iraq s’est instantanément dissout. Le spectacle qu’il donne fait penser à l’histoire de l’URSS au temps de la Glasnost. Simplement, il n’a pas été repris en main par un M.Poutine. Le chaos y règne toujours.

Cela a été une défaite complète pour l’Occident. Mais peut-être pas celle que l’on croit. En effet, comme au Mali ou en URSS, le monde était convaincu de la capacité de l’Occident à apporter la paix et la prospérité. Après tout, l’Iraq est un pays riche de ressources naturelles. Le spectacle ridicule qu’il a donné a fait douter de l’Occident. Quant aux opinions publiques occidentales, elles ont perdu toute confiance en leurs élites, qui les avaient menées en bateau.

En outre, une fausse leçon aurait été tirée de cette déroute. L’Occident ne serait plus intervenu, lorsqu’il aurait fallu le faire… M.Blair, à qui ce reportage réussit, explique qu’on ne le croyait plus, alors, qu’au contraire, c’était parce qu’il avait commis des erreurs que son expérience avait un intérêt. (Quel dirigeant français aurait reconnu s’être trompé ?)

A l’envers cela a encouragé M.Poutine à intervenir. En soutenant les dictatures, et en ne les lâchant pas. (Leçons de l’expérience occidentale ?)

L’Ukraine pourrait aussi être une conséquence de l’Iraq. Seulement, M.Poutine a commis la même erreur que M.Bush. Et, nouveau rebondissement paradoxal, il a redonné du poil de la bête à un Occident en pleine détresse existentielle.

Iraq

Pourquoi la guerre d’Iraq ? La BBC enquête. Les « néocons » américains ont décidé d’opérer un « changement de régime ». (Pourquoi ?) Les attentats du 11 septembre leur ont permis de convaincre le président Bush de passer à l’action. Apparemment, Tony Blair aurait été embarqué dans cette affaire contre sa volonté : il désirait une alliance forte avec l’Amérique quoi qu’il en coûte.

Il a tenté, tout de même, de la faire entrer dans la légalité. Mais il ne pesait pas lourd. Son seul espoir, alors, a été les « armes de destruction massive ». Apparemment, le chef de ses services secrets y croyait, et y croit toujours. Quand les inspecteurs envoyés sur le terrain ont dit qu’ils ne trouvaient rien, on les a censurés.

Ce qu’il y a d’effrayant dans cette histoire est qu’elle fournit un précédent à l’invasion de l’Ukraine.

Si la démocratie a une force, c’est la BBC : sa capacité à enquêter sur elle-même. Il faudrait qu’elle en profite pour éviter de répéter des erreurs criminelles.

Stupidité massive

M.Poutine veut envahir Kiev, parce qu’elle possède des « armes de destruction massive », lisait-on hier dans Politico.eu. 

Une leçon que nos « forces du bien » devraient méditer ?

(« PUTIN’S SPEECH: Putin announced his decision to move into Ukraine in a flabbergasting televised speech to his nation. He unleashed a litany of false charges about Ukraine posing an acute threat to Russia’s security, claiming Kyiv was preparing to arm itself with nukes: “With the appearance of weapons of mass destruction in Ukraine, the situation in the world, in Europe, especially for us, for Russia, will change in the most radical way,” he said.« )

Le monde stagne

Les Américains sont de retour en Iraq. Il y a eu changement de premier ministre. Le précédent étant plus ou moins à l’origine des événements actuels. Puisqu’il a mécontenté sa minorité sunnite, qui s’est alliée avec « l’Etat Islamique », défaisant ainsi ce qu’avaient fait les Américains. L’issue de l’affaire ne semble pas claire.
Les troubles en Libye et au Moyen-Orient produisent une vague d’émigrants qui submergent les pays du Sud de l’Europe, et demandent l’asile au nord, en France notamment.
En Angleterre un tiers de la population blanche a été incapable de s’adapter aux changements de l’économie nationale. Concurrencée par les Polonais et les Africains, elle est inculte et dans la mouise. Quant aux indépendantistes écossais, ils vont probablement perdre les prochaines élections, mais ils sont là pour rester. On espérait un miracle économique au Japon, mais il semble avoir fait flop. (Le Japon sombre dans la déprime ?) Crise ukrainienne, le convoi humanitaire russe serait réellement humanitaire. Relations publiques de M.Poutine. Et la Russie s’adapte aux sanctions. 
En Turquie, M.Erdoggan est président. Incertitude sur son premier ministre et sur sa capacité à avoir une majorité nécessaire pour changer la constitution. En Espagne, les grands partis politiques sont affaiblis par la corruption. Il va falloir « former des coalitions pour gouverner ». La zone euro stagne, rien en vue. L’aide au pays en développement serait efficace, à défaut d’être efficiente.
Linkedin « disrupte » la chasse de têtes (des petites plutôt que des grosses). Entre le grand Linkedin et le petit Xing, Viadeo a choisi une option originale (et très française) : ne pas être rentable. On applique à la géothermie la même technique qu’au gaz de schiste. (Décidément on veut brutaliser la nature.)

Et si l’on remplaçait les conseils d’administration, incompétents, par des consultants, compétents ? Les PME ne trouvent plus d’argent auprès des banques. Les Assureurs sont prêts à leur prêter mais ne savent pas comment les évaluer. Et la titrisation de leurs dettes inquiète le régulateur. Les entreprises rachètent massivement leurs actions. Ce qui permet aux bourses de ne pas trop baisser. 2007 est la dernière fois que l’on a vu ce phénomène…

USA en Iraq: "containment" ou donneur d'aide ?

M.Obama ne voulait pas. Mais son armée est revenue en Iraq. Engagement limité, mais qui pourrait durer une décennie, ou plus.

Alors quelle stratégie ? « containment », le strict nécessaire pour que l’on s’entre égorge entre amis, sans que cela nuise aux intérêts des USA ? Ou « nation building », aider la région à inventer des institutions qui lui assurent une paix définitive ?
Le retour sur investissement de la solution 2 est sûrement le meilleur. Mais on ne sait pas comment faire… Certes. Mais l’on n’apprend que par la pratique. Et, si l’on réussit, on aura acquis un savoir-faire qui pourrait bien transformer la planète… L’occident sera devenu un « donneur d’aide ». 

La prostitution disruptée par Internet

The Economist semble aux mains des stagiaires.
Ils étudient la « disruption » de la prostitution par Internet. Les lois du marché à l’œuvre comme dans n’importe quelle autre profession de service. Ce pourrait même être une réussite du modèle de l’autoentrepreneur. Désormais, on peut faire commerce de son corps de chez soi et sans intermédiaire. Et en toute sécurité. Internet est grand.
La Russie semble avoir fait une croix sur l’économie, puisqu’elle est l’outil de sanctions. Elle se préparerait à l’autarcie et au sacrifice. Plus rien ne l’empêche d’attaquer l’Ukraine. (Les sanctions occidentales auraient-elles eu l’effet inverse de celui qui était escompté ?) Cuba, aussi, chercherait des partenaires qui ne soient pas susceptibles d’utiliser l’économie pour faire un coup d’Etat. En Turquie le premier ministre actuel serait certain de conserver le pouvoir tant qu’il assure la prospérité à son peuple. Ce qui n’est pas le cas de M.Renzi. La faiblesse de l’économie italienne pourrait mettre en péril ses réformes. Les Palestiniens et les Israéliens sont fatigués. Le Hamas n’est plus soutenu que par l’Occident. Les pays arabes n’apprécient pas sa nuance d’Islamisme et jugent qu’il y a des drames bien plus sérieux qui se jouent ailleurs. En Iraq, M. al Maliki pourrait envisager de partir, avec l’accord des Iraniens et des Américains. Aux USA, M.Obama ne sait toujours pas parler aux patrons. En réaction aux pressions de la Chine, les Uigurs veulent affirmer leur identité grâce à l’Islam. Ce qui augure de la persistance de troubles. Ebola cause une panique chez les pays riches. Menace pour le commerce des pays infectés. Ce dont ils n’ont pas besoin.

Pourquoi le gestionnaire de fonds existe-t-il encore, alors qu’il est inefficace ? Parce qu’il permet aux fonds de pension de croire au miracle… 10 à 20% des fusions ne se font pas. Unilever se veut vertueuse. Ce qui signifie former les paysans, laver les mains des enfants, et exiger de ses clients d’économiser l’eau de leur douche. Il n’est pas certain que la bourse apprécie. Warren Bennis a été le premier à s’intéresser au leader. Beaucoup de ce que les MBA disent du leader vient de lui. Apparemment les leaders modernes l’auraient désespéré. Mais une nouvelle génération, pleine de promesses, arriverait. Il y a trop de banques en Europe. Les subventions de la Chine à ses chantiers navals leur a permis de faire boire la tasse à leurs concurrents. L’organisation mondiale du commerce a connu un nouvel échec. L’Inde, pourtant devenue libérale, a refusé de lui soumettre sa politique de subventions à l’agriculture. Avenir compromis. 

La France au secours de l'Iraq

J’entendais dire ce matin que M.Juppé voulait faire quelque-chose en Iraq
Problème compliqué. Car l’homme qui gouverne l’Iraq (Nouri al Maliki) n’écoute apparemment que ses intérêts. Les injustices qu’il commet ont soulevé contre lui une partie de la population. Mécontentement qu’exploite « l’Etat Islamique ». Et, le bon M.Obama, constatant les dégâts qu’a entraînés l’intervention américaine, ne veut absolument plus s’occuper que des intérêts commerciaux des USA. 
La question ne semble donc pas tant d’arrêter les Islamistes, que de trouver un moyen de mettre en place un gouvernement qui tienne. Et cela ne semble pas pouvoir se faire par un mécanisme démocratique. C’est lui qui est à l’origine du chaos actuel. 
D’ailleurs, tant que l’on y est, peut-être pourrait-on se pencher sur le problème libyen ? Il me semble me souvenir que la France y est pour quelque-chose… 
(Je soupçonne que si l’on résout toutes ces questions, on devrait pouvoir être utile aux Syriens, aux Palestiniens et aux Israéliens…)

Iraq et Russie, même combat ?

Anniversaire de la guerre d’Iraq. Je vois passer pas mal d’articles disant que l’affaire fut un attrape nigauds. Elle a coûté très cher aux USA. Et elle a créé un chaos et non une démocratie.

Ce qui m’a fait penser aux réformes russes, qui ont, elles-aussi, abouti à un désastre. Je me suis demandé si, dans les deux cas, les réformateurs venus des USA n’ont pas détruit les Etats préexistants pour les remplacer par des marchés. Et si l’Etat était un élément nécessaire à la civilisation et à la paix ?

Sans aller jusqu’aux procès de Nuremberg, n’avons nous pas un devoir d’inventaire, comme l’on dit aujourd’hui ?

Economie américaine : contre mauvaise fortune bon coeur?

The Economist cherche-t-il à se rassurer ? Veut-il nous montrer que sa maison-témoin, les USA, est increvable ? Un rapport montre que, si le gouvernement fédéral est bloqué, les Etats se débrouillent, et l’entrepreneur innove. Mais la santé américaine paraît bien relative. Et pas vraiment le fait d’un mouvement de fond. L’Amérique a l’intelligence d’avoir évité la rigueur européenne. Pour le reste, sa croissance semble surtout portée par le gaz de schiste. Comme en Afrique, autre raison de se réjouir pour The Economist, la croissance mondiale semble bien peu innovante ?

La clé de la survie de l’UE pourrait être de rapidement remettre sa population au travail. Sinon, elle risque de faire l’unanimité contre elle. Quant à Chypre, en faillite pour avoir prêté à l’oligarque russe, The Economist pense que le mécanisme de stabilité bancaire doit sauver ses banques, sans mouiller son gouvernement. Les autres solutions n’ont que des inconvénients. Malheureusement, ce sont elles qui ont les faveurs européennes.
En Angleterre, la famille traditionnelle ne survit que chez les riches, et les immigrés. Ailleurs, elle a explosé. Apparemment, ça ne poserait pas de problème aux enfants.

Moment périlleux pour la Chine ? Rejouerait-elle la scène de l’Ancien régime et de la Révolution ? Aurait-elle besoin de réformes qui pourraient avoir l’effet de celles de Louis XVI ? En tout cas, la politique de l’enfant unique chancellerait.
En Iran, on donne dans le trafic de voitures. L’inflation galopante en ferait une valeur refuge. Pas brillant, mais cela ne donne pas l’image d’un régime totalitaire.
Un livre sur la situation irakienne. La succession de mesures prises par l’Occident, pour transformer l’Irak en démocratie, l’a enfoncé, à chaque fois plus fortement, dans le chaos et la division. La constitution donnée par l’Amérique aurait été une sorte de bouquet final. L’intérêt individuel est devenu roi. Curieusement, le premier ministre actuel est parvenu à tromper tout le monde, et à s’assurer un pouvoir stable.
L’Inde va-t-elle être un géant de l’Internet mobile ? « Le gouvernement est un obstacle. »
L’ascenseur aurait le vent en poupe. De plus en plus de villes et d’immeubles. Et surtout les revenus récurrents de la maintenance. Oligopole et grosses marges. Cela va-t-il attirer de nouveaux entrants ?

The Economist enjoint le nouveau pape de délocaliser son organisation managériale. La dirigeante de Facebook viserait une carrière politique. Sur les traces d’Obama.

Apparemment la science aurait trouvé de nouveaux moyens de recherche. D’abord, il semble que l’on puisse faire des modèles réduits des grandes questions cosmologiques, à commencer par le comportement des trous noirs. Ensuite, l’espace, du fait de l’espacement entre les molécules qui s’y trouvent, permettrait de voir des réactions chimiques difficiles à apercevoir chez nous.