Reprise à l'Ouest

Vacances de Pâques ? Les articles de The Economist sont deux à trois fois plus longs que d’ordinaire. D’ailleurs tout commence par une éruption volcanique en 1815 ! Conclusion : les éruptions sont imprévisibles, peuvent avoir des tas de conséquences imprévues, mais l’humanité est beaucoup plus résiliente aujourd’hui qu’hier.
M.Renzi réforme, rien de neuf là aussi. D’après The Economist, les systèmes clientélistes auraient une sorte de point de bascule politique. « Quand un politicien démontre de manière convaincante qu’il ne fléchira pas, ses anciens ennemis changent souvent de camp. » La radio française et ses « 388 délégués syndicaux » (sur 5000 personnes) sont en grève tournante. Preuve d’efficacité : il y a eu « 622 réunions de comité d’entreprise en 2013 ». La Grèce rend visite à la Russie, mais revient bredouille. La Biélorussie, affectée par la crise ukrainienne, pourrait se tourner vers l’UE. En Angleterre, la dirigeante du parti indépendantiste écossais a une grosse côte de popularité. Elle dit vouloir faire gagner les travaillistes, mais c’est D.Cameron qui pourrait le mieux servir ses intérêts. L’accord sur le nucléaire iranien semble rencontrer moins de résistance que prévu. Mais il suffit que ceux qui s’y opposent en Iran parviennent à gêner les actions de contrôle pour que cela permette à ceux qui s’y opposent aux USA de le faire échouer. C’est de plus en plus chaotique en Iraq, en Syrie et en Lybie. USA. Si Mme Clinton est élue, elle fera la politique, très favorable à l’entreprise, de son mari. Cuba n’est plus en froid avec les USA. « Les entreprises américaines sont impatientes de traverser les détroit de Floride, mais il reste des obstacles. » « Mais le changement, même s’il est lent, ne peut probablement pas être arrêté. » Asie. « Il semble que M.Xi soit guidé par un rêve d’hégémonie régionale, dans lequel des pays comme la Corée du Sud et le Japon dérivent de leur propre volonté de l’orbite stratégique américaine vers celle de la Chine. »

L’énergie renouvelable se développe. En partie grâce à la Chine, très polluée. Il va devenir rentable de produire son électricité. Shell achète BG. Signe des temps. Le gaz est plus porteur que le pétrole. Les grands projets d’exploration ne sont plus d’actualité. Et les baisses de prix ont plus affecté les grandes compagnies que les petits producteurs de gaz de schiste. Bref, les grands fusionnent pour survivre. Mais l’avantage est peut-être aux petits. Le drone grand public a le vent en poupe. DJI, une entreprise chinoise, en vend déjà pour 500m$ par an. L’économie européenne décolle enfin. Ceux qui devraient en profiter sont ceux qui ont rendu flexible leur marché du travail, en particulier l’Allemagne et l’Espagne. Mais pas la France. « La reprise européenne devrait bénéficier aux entreprises et aux pays qui ont utilisé la crise pour devenir moins européens. » En Amérique, aussi, cela devrait repartir durablement. Du fait du départ à la retraite des produits du baby boom, la demande de main d’œuvre pourrait dépasser l’offre d’où augmentation des salaires. Les USA facilitent le « crowdfunding ». Beaucoup de petits investisseurs risquent d’y laisser leur chemise. 

Libérez les villes !

En dépit du progrès technique, la créativité est une affaire de troupeau. Plus du monde peut vivre dans une ville, plus cela profite à l’économie. Mais la réglementation a nombre d’effets pervers, notamment spéculatifs, qui empêchent les villes de se développer. Comme d’habitude, les pauvres en sont les premières victimes. « La part croissante du revenu national qui va vers les possesseurs de capital, plutôt que vers les travailleurs, est largement due à une augmentation des paiements aux  propriétaires de logements. » Les « zones économiques spéciales » sont à la mode. Malheureusement, elles donnent rarement les résultats attendus. Alors, on innove. Elles vont bientôt pouvoir faire leurs lois. (« Dumping social » : on n’a encore rien vu ?)
Les Hollandais ont le blues en dépit d’une économie, relativement florissante. Car, comme dans beaucoup d’autres pays, elle profite à peu de gens. Toute petite Bretagne ? Malgré une comptabilité créative, le budget de l’armée anglaise rétrécit rapidement, avec l’influence internationale du pays. Et curieusement, alors que « l’Europe s’est transformée en 40 ans, d’un club français protectionniste et illibéral, en un groupe favorable à la liberté des marchés et des échanges, plus anglo-saxon », grâce à l’action de l’Angleterre, M.Cameron veut la quitter. Le Nigéria élit un nouveau président, dans le calme. Mais, il va devoir compter avec une économie en mauvais état. Elle dépend d’un pétrole dont le prix baisse. Tout le reste est importé… Et si l’Iran devenait notre ami ?Sa production de pétrole a peu de chances de repartir rapidement, mais il a des gisements de gaz qui pourraient être utiles à des Européens en délicatesse avec M.Poutine. Plus inattendu. M.Assad est devenu fort dépendant des Iraniens, et de leurs alliés. Et ceux-ci veulent arrêter les frais. « « Nous allons nous débarrasser de M.Assad à un moment ou un autre », dit un dirigeant du Hezbollah, « je pense que l’Iran attend le bon moment ». » Le sud des USA est resté marqué par son passé confédéré. Par ailleurs, plus les armes tuent, plus les lobbys font voter aux élus des lois favorables aux armes. « L’Iowa envisage une loi qui permettrait aux enfants de moins de 14 ans d’utiliser des révolvers. » Contrairement à sa réputation, le Japon compte beaucoup de pauvres. (Seulement 5 pays de l’OCDE en ont une plus grande proportion.) Comme partout ailleurs, c’est une question de chômage et « d’emplois de mauvaise qualité ». En Grèce, le problème, ce sont les retraites. 17,5% du PIB. On arrête tôt le travail et on est très généreusement payé.
Microsoft a été le pionnier du cloud et du mobile. Mais a échoué pour avoir voulu protéger son monopole Windows. Il a appris de ses erreurs. Maintenant se pose une question : le monde dans lequel il entre est infiniment moins rentable que celui dont il vient… La production d’acier chinoise, qui avait atteint des sommets, entame un déclin. Des moments difficiles se préparent pour une industrie particulièrement peu efficace, qui va devoir se rationaliser ? Baisse des profits des entreprises américaines. Mauvaise nouvelle pour l’économie mondiale, dont les moteurs, Chine et USA, sont également en ralentissement ? L’art est un investissement. Mais il est hautement spéculatif. Alors, autant aimer ce que l’on achète. Car on risque d’avoir du mal à le vendre.
Une grossesse qui se déroule dans de mauvaises conditions (« infection, malnutrition, stress, pollution de l’air ») produit des hommes diminués. « Une théorie dit que l’adversité durant la grossesse met en marche des gènes qui prédisposent l’enfant à des maladies chroniques. » Aux USA, un organisme privé installe un système sophistiqué de surveillance des fonds marins. Mais sans avoir consulté les scientifiques et les pêcheurs. Cela aurait ralenti le projet. Maintenant on espère qu’il sera utile. 

Enseignement supérieur : la fabrique du crétin ?

Le modèle américain d’enseignement supérieur, et de massification de celui-ci, a gagné le monde, dit The Economist. Mais, aux USA, il  ne fabrique plus de connaissance, mais de la discrimination. C’est le diplôme qui compte. Parce qu’il est l’unique critère d’embauche utilisé par les entreprises. Ce qui provoque un effondrement de la qualité de l’enseignement et une explosion de son coût. Donc une sélection par l’argent d’une élite très peu éclairée. Quant aux autres, l’éducation qu’ils reçoivent n’est plus digne de ce nom. (La fabrique, massifiée, du crétin ?)
Ailleurs dans le monde, l’Arabie Saoudite et l’Iran se livrent une guerre par pauvres interposés. Au fond, ce qui compte, c’est que l’autre ne prenne pas l’avantage. Résultat : au Moyen-orient et en Afrique, c’est le chaos. (Ce qui arrange tout le monde ?) En France, les partis de gouvernement se réjouissent, mais Mme Le Pen a gagné. L’Ukraine est gouvernée par des oligarques. C’est eux son problème. Pour le moment, ils semblent se disputer. (La Russie a été dans la même situation, mais M.Poutine les a remis à leur place.) Mme Merkel dirige l’Europe. Son plan : une apparence de France forte, pour qu’on n’ait pas l’impression que l’Allemagne est sans contre-poids ; et « une Europe unie, gouvernée par des règles fiscales strictes, en paix avec ses voisins. » (Une Europe triste, mais digne ?)  En Angleterre, rien ne va plus ? M.Cameron pourrait être éliminé par son parti, s’il est réélu. Mais, le plus probable est que l’élection de mai produise un gouvernement minoritaire de gauche, incapable de gouverner. Ce n’est pas ce qu’il faut à la fragile économie anglaise. M.Netanyahou doit se battre contre les Palestiniens et M.Obama. Deux ans à attendre. Traités commerciaux des USA avec l’Asie et l’Europe. L’Amérique veut imposer ses normes au monde, surtout à la Chine. Pour le moment l’affaire tournerait à l’avantage de cette dernière. « Présenter (le traité avec l’Asie) comme une façon de contrer la Chine risque d’ajouter une (humiliation) inutile : cela pourrait faire ressembler (la défaite de la diplomatie américaine à) une victoire chinoise. »
L’industrie d’extraction de charbon connaît un mauvais moment. Il pollue (et pas que par le CO2 : mercure, sulfure, oxydes nitriques), et la Chine réduit sa consommation. Seul espoir : l’Inde. Mais elle veut exploiter ses propres ressources. Le vrai danger : que les milieux financiers n’y croient plus, et privent de financements les entreprises du secteur. Wall Street a produit des entreprises zombies qu’une nouvelle génération de fonds cherche à restructurer. Exemple : Kraft « a fait l’objet de 7 fusions ou cessions depuis 1980 ». Du coup l’entreprise a perdu le nord. C’est « le résultat de l’hyper activité des hommes d’affaire de Wall street ».
Monde numérique. La guerre du moment, c’est l’application de messagerie. Il s’agit, par le biais de « plates-formes », de mettre la main sur les flux de données des particuliers et des entreprises. Et d’asservir ses concurrents. Finalement, le capitalisme asiatique s’ouvre aux pratiques occidentales. Ils n’ont pas pu faire autrement. C’est la loi de la globalisation. Transparence et simplification, entrée d’administrateurs étrangers aux familles dirigeantes, et de quelques activistes.
« La capacité de digérer le lait pourrait expliquer comment l’Europe est devenue riche. » Pour permettre au drone d’éviter l’imprévu, on cherche à lui faire imiter les insectes. (Le plus surprenant est qu’on y parviendrait.)

Instabilité du couple et péril nucléaire

Le risque nucléaire était moindre durant la guerre froide qu’aujourd’hui. La raison ? On était alors plus raisonnables que maintenant. La bombe s’est démocratisée et beaucoup de monde se sent floué. « La Chine et la Russie sont mécontents de ce qu’elles perçoivent comme un ordre international basé sur la loi et créé et dominé par l’Ouest. » Le chantage au nucléaire devient acceptable pour gagner quelques avantages. Et aucun système d’avertissement ou de négociation n’existe entre potentiels liquidateurs de l’espèce humaine.
Plus on veut égaliser l’homme et la femme plus ils sont différents. La fille tend à être studieuse et à faire des merveilles à l’école. Le garçon a un comportement de bourrin : soit il est éjecté du système scolaire et termine dans le caniveau soit il gagne des fortunes, car les postes les mieux rémunérés réclament le sacrifice de son humanité. (Et les mathématiques sont pour les bourrins !) Pas facile de constituer des couples dans ces conditions.
Pour le reste, M.Poutine pourrait avoir décidé de faire régner la terreur en Russie. Des bandes de truands exécutent ses opposants. Le plus préoccupant ?, est qu’il pourrait ne pas les maîtriser. Les Russes installés en Estonie s’intégreraient au pays. En Italie, on tente de faire de la RAI, reflet des luttes politiques nationales, une « entreprise normale ». Après une gesticulation coûteuse, la Grèce semble reprendre le chemin du précédent gouvernement. Amnesty Internationalserait en cheville avec un mouvement proche de l’Etat Islamique (Cage). Iran. L’économie souffre. « Plusieurs banques d’Etat seraient au bord de la faillite. » Règne de l’hypocrisie : les forces militaires qui le gardent s’enrichissent dans l’importation, et les groupes américains font de très bonnes affaires par le biais d’intermédiaires. Obamacare a « disrupté » l’économie de la santé et provoqué une forte innovation. Il semble que ce soit bon pour la population, et pour le système de soins, particulièrement inefficace : il consomme 17% du PIB national, et donne des résultats médiocres. Mais les Républicains ne désespèrent toujours pas d’abattre la loi. Républicains qui ont appelé M. Netanyahou afin qu’il critique leur président. Ce qui leur aurait permis de faire oublier leur dernière reculade (concernant une loi sur la légalisation d’immigrés).
Les Google, Apple et Facebook se font bâtir des sièges sociaux grandioses. « Le besoin d’élever un monument au prestige et à la puissance d’un gouvernant existe depuis les origines de l’histoire. » Et marque le début de sa fin.
La stratégie de M.Drahi est « emprunter, acheter, virer ». Même si, en ces temps de taux faibles, il ne manque pas d’investisseurs, son niveau d’endettement commence à être très préoccupant. A ce sujet, l’art est devenu le moyen de placement, de dissimulation ?, des extra riches. Un moyen un peu trop opaque, y compris pour leur propre bien.
Les grands empires bancaires (dont la BNP) passent un mauvais moment. Ils sont devenus beaucoup trop complexes, et réglementés, pour être économiquement performants. Mais aussi pour être démontés… Curieuse histoire de Citigroup, au passage : une banque monstrueuse qui ne semble pouvoir survivre qu’à coups de paris fous, qui se terminent en drames !
Le management par objectif tente un retour. Mais modifié. La définition et le suivi  du respect des objectifs individuels est collectif, et plus ou moins permanent. A nouveau, les effets pervers semblent difficiles à éviter… 

Liberté de parole et complications

Stéphane Charbonnier, was asked if he could understand that moderate Muslims might have been offended by (Charlie Hebdo’s) cartoons of the Prophet Muhammad. “Of course!” he replied. “Myself, when I pass by a mosque, a church or a synagogue, and I hear the idiocies that are spoken in them, I am shocked.”” La liberté de parole pose des problèmes compliqués. En Arabie saoudite, par exemple, l’Amérique fait passer son intérêt avant ses principes. En Chine, les Ouigours font front avec Al Qaeda, mais c’est en résistance aux tentatives d’assimilation chinoises… Le Pape ne serait pas heureux si l’on s’en prenait à ce à quoi il croit.
La BCE tuée par Mme Merkel ? La BCE imprime trop tard et trop peu. Seul effet probable : baisse de l’euro. L’Allemagne l’a entravée par crainte que les pays du sud ne soient pas contraints à la réforme. Mais si c’est l’échec, la BCE aura perdu toute crédibilité. La banque centrale suisse ne soutient plus sa monnaie. Importants dégâts. Mais encore difficile de savoir ce qui va en résulter.
Aux USA, avoir un travail bien payé demande d’avoir fait un certain type d’études. Ce qui permet aux classes supérieures, qui ont verrouillé le système éducatif, de se reproduire. Machiavélique Obama ? Son discours à la nation serait-il un piège pour Républicain ? Les pousser à censurer des mesures favorables aux 99% pour défendre les 1% ? En Italie, M.Renzi veut réformer les institutions. Mais pour cela il doit affronter des « marais », qui ont « avalé plus d’un candidat à la réforme ». M.Hollande s’est comporté en homme d’Etat. Habilement, il a subtilisé « les valeurs patriotiques »  et le drapeau à la droite. Marine Le Pen a fait des erreurs tactiques. Mais l’état de l’économie française rendra ce succès sans lendemain.  En Allemagne arrivée d’un parti à droite de la droite… la place des Nazis ? L’Angleterre n’est pas plus antisémite que par le passé. Mais il y a de plus en plus de Juifs orthodoxes. Ils font des cibles tentantes. En Ukraine, M.Poutine relance la guerre, histoire de montrer que l’Ouest ne le fera pas plier. L’Etat Islamique fait le jeu de l’Iranqui vole au secours des Etats shiites. Mais cela lui coûte cher. D’autant que ses revenus pétroliers baissent fortement. Partout, des groupes religieux cherchent à se tailler des royaumes (Nigeria, Yemen…).
Baisse des prix du pétrole. Elle va durer peu, le temps d’éliminer les faibles. Les forts, eux, licencient, augmentent leurs dividendes et investissent. L’innovation frugale envahit l’Occident. Grâce à l’émergence d’une classe de pauvres.  « Les grands perdants (des transformations connues par le monde ces dernières décennies) comprennent les classes moyennes des pays riches ». Standard and Poor est condamnée par la justice américaine. Cela signifie-t-il que les agences de notation ne sont plus au dessus des lois ? 

L'irrésistible soft power de la globalisation

Iran. Khomeini c’est fini. Plus de fièvre révolutionnaire. Pays occidental comme les autres. « La globalisation a le dessus sur le puritanisme, même là. » Idem en Chine, contaminée par le protestantisme (qui aura bientôt plus d’adhérents que la PC) et qui se convertit au droit. Idem en France. Les questions que pose le changement de patrons à la tête de nos entreprises trahissent la « tension entre la globalisation croissante de l’industrie française et le principe centenaire selon lequel l’entreprise doit servir les intérêts nationaux étroits. Les grandes entreprises françaises sont sorties dans le monde en partie pour échapper aux taxes élevées, à la réglementation du travail contraignante et à la faible croissance domestique. » Quant au Brésil, ce sera pour la prochaine fois. Pour celle-ci, l’ennemie de The Economist a gagné. Mais le pays est plus divisé que jamais. Riches et pauvres, d’un côté, et 28 partis politiques de l’autre… Un peu la même chose en Ukraine. Un pays qui a voté à l’Ouest, mais des gouvernants préoccupants. 
A vrai dire, la France est incorrigible. Elle s’est arrangée avec l’Europe pour lui faire accepter son absence de réflormes. Quelques manœuvres habiles leur ont permis un sauvetage de face. En Allemagne, die Linke prend le pouvoir en Thuringe. Le SPD, qui perd beaucoup dans son alliance avec le CDU, pourrait être tenté par une stratégie post Merkel de gauche. L’Europe essaie de donner des leçons d’écologie. Mais qui l’écoute encore ? En Tunisie, les laïcs gagnent. Comme en Egypte, retour à l’avant printemps arabe ? Elections de mi mandat aux USA. Elles expriment, avant tout, le ras le bol d’Obama.
Test bancaire en Europe. Jusque-là, on pensait que c’était la faiblesse des banques qui empêchait la reprise de l’économie. Maintenant, les Etats n’ont plus d’excuses pour ne pas agir. Les USA mettent un terme à la stimulation monétaire de leur économie. C’est dommage, cela avait plus d’avantages que d’inconvénients.
Imitons Hollywood pour qui chaque nouveau film est une nouvelle entreprise. L’entreprise familiale est plus efficace que l’entreprise commune. (Pour de nombreuses raisons, mais aussi parce que la famille a un vrai rôle d’investisseur : elle joue les assureurs de dernier ressort ?, me suis-je demandé.) Seule difficulté : faire fonctionner la famille de manière rationnelle. 
Une fusée américaine privée explose. Peut-être parce que son constructeur utilise des moteurs russes. On essaie, à nouveau, d’employer l’effet de sol dans le transport maritime.
Les cellules souches permettent de créer des organoïdes. Grâce à eux on peut faire des expériences in vitro, et réparer les organes en bonne et due forme. Gène de la violence ? Plutôt combinaison : notre équipement génétique fait que nous vivons plus ou moins bien certaines conditions (drogue, par exemple). 

Sympathie pour l’opprimé et incertitudes internationales

Imprévisibilité du changement. L’accord avec l’Iran annonce une nouvelle ère d’incertitude. Va-t-il employer ses nouveaux moyens pour attiser les conflits du moyen orient, ou pour les calmer ? The Economist estime que, de toute manière, la situation était intenable. Quant à la Chine elle multiplie les provocations contre ses voisins et les USA. Stratégie Munich ?

L’Allemand se sent pauvre. Mme Merkel va renforcer la solidarité sociale. The Economist le regrette. En Angleterre, la croissance est de retour, mais le pouvoir d’achat n’arrête pas de reculer. Et le nord n’arrête pas de sombrer. Heureusement, M.Cameron a trouvé un moyen de diviser l’Europe, afin de faire prévaloir les intérêts de son pays : raviver les différences entre l’ancienne ligue hanséatique et le sud. Curieuse France : dure à l’extérieur, molle à l’intérieur. Ayant perdu ses protections, M.Berlusconi pourrait connaître l’arbitraire de la justice italienne… Les réfugiés syriens arrivent en Bulgarie, par la Turquie. Quant à l’Ukraine, sa classe dirigeante semble particulièrement nauséabonde. Pour le moment, l’Europe a résisté à la tentation de se boucher le nez. Aux USA la fraude atteint des niveaux exceptionnels, entre 70 et 240md$ par an. A tel point que les malfrats abandonnent le commerce de la drogue pour escroquer l’Etat.
Il est de plus en plus facile d’acheter des armes de plus en plus puissantes. Les services secrets tentent de garder la trace de leurs mouvements. Et il y a un marché pour la contre-mesure. C’est bon pour les affaires. Que penser du Bitcoin, monnaie électronique qui échappe à tous les contrôles ? Il a subi des manipulations spéculatives et pourrait être remplacé par d’autres monnaies électroniques. Ce qui ne répond pas à la question. Quant au commerce de détail, il est attaqué par Internet. Pas facile de vendre, de manière rentable, des produits frais, en ligne. Va-t-il céder au « dilemme du prisonnier » ? En tout cas, il pourrait apprendre des erreurs des autres vendeurs en ligne.
L’innovation peut-elle combattre le réchauffement climatique ? Les papetiers auraient trouvé le moyen de « réduire la consommation d’énergie par au moins un quart et sa production de CO2 par plus de deux, d’ici 2050 ». « Le projet était inhabituel en ce que les entreprises ont collaboré. D’habitude elles sont en concurrence. Les papetiers sont parvenus à travailler ensemble en confinant leurs efforts à des « concepts génériques et pré concurrentiels », c’est-à-dire à des avancées sur les fondamentaux ». Le codéveloppement aurait-il le vent en poupe ? 
Comment éviter au dirigeant de « dérailler », comme M.Messier ? Peut-être, simplement, prendre conscience qu’il n’est pas un dieu. La sympathie de la société irait-elle maintenant aux opprimés ? Dans son cœur, les débiteurs semblent prendre l’avantage sur les créditeurs.

Et l’on a découvert que les tissus des êtres vivants (des dinosaures) parvenaient à se conserver quasiment indéfiniment. 

Méfions-nous des Iraniens quand ils font des cadeaux ?

Les Iraniens semblent plein de bonne volonté. Ne seraient-ils pas en train de démanteler leur programme nucléaire ? Curieux. La radio m’apprend aussi que les Américains négocient sous le manteau, sans en parler à leurs partenaires. Tout ce monde a l’air bien pressé…

On reproche à M.Obama de ne s’intéresser qu’aux nobles idées. Idées à l’emporte pièce sans grand lien avec une réalité qu’il méprise. Et, en plus, de n’être concerné que par son pays. De n’avoir qu’une vue caricaturale du reste du monde.

Est-il prudent de laisser à un tel homme la responsabilité d’une négociation importante ?

Grand Satan français

Les Iraniens prennent la France pour le Grand Satan. Notre pays fait dérailler les négociations entre l’Iran et l’Occident. Quelle mouche nous a piqués, nous petit pays ridicule ? Nos vieux démons venus d’une grandeur passée seraient-ils toujours vivants ?

A la réflexion, je n’en suis pas sûr. Toute négociation a ses rites. Celle-ci aussi. Je soupçonne, contrairement à ce que l’on nous dit, qu’il n’y a pas un bon, le président, et un méchant, le guide suprême, en Iran, mais deux larrons. Ils s’entendent pour obtenir le meilleur accord possible. Car jamais le bon n’aurait été élu sans l’aval du méchant. En conséquence, si nous voulons parvenir à un accord équilibré, nous devons faire de même.

En outre, il ne faut pas oublier ce qui est en jeu. Ce n’est pas uniquement des centrifugeuses. C’est surtout beaucoup d’argent. Une fois que l’Iran ne sera plus soumis à sanctions, l’argent affluera. Et il sera utilisé pour de saintes guerres.

Il se pourrait que, pour une fois, la France n’ait pas été ridicule.

La Syrie révèle les divisions occidentales

La Syrie divise. Aux USA et en Angleterre, elle révèle que la politique n’est plus une affaire de partis mais d’individus. Le cas le plus intéressant est l’anglais. M. Cameron pensait avoir un accord avec M.Miliband, mais ce dernier l’a trahi en dernière minute. D’où refus du parlement d’une intervention en Syrie. En fait, les Anglais approuveraient dans leur majorité une frappe des USA contre la Syrie. Mais ils ne tiennent pas à être mêlés à l’affaire. (Quant à M. Miliband il donne un bien triste spectacle : premier ministre désastreux en perspective ?) Aux USA, il semble que M.Obama rassemble autour de son projet d’intervention un morceau de son parti, et des Républicains. Quant à la France, elle est dans une situation déplaisante, d’autant que sa population est plutôt opposée à une frappe en Syrie. Curieusement, de bonnes nouvelles pourraient venir d’Iran. Le nouveau président doit réparer les relations de son pays avec l’Occident, s’il veut remettre son économie en marche. Et il n’a aucun intérêt à une dégradation de la situation syrienne. Des contacts seraient pris avec l’administration américaine.

Reste du monde. Election à Moscou. M. Poutine a sorti un opposant de ses geôles. Il veut donner à la dite élection un air démocratique. « Après le mouvement révolutionnaire égyptien, un Etat autoritaire reprend les pouvoirs qu’il a brièvement laissés au peuple », apparemment sans que cela émeuve ce peuple. Changement en Chine. M.Xi élimine une puissante faction d’ancien régime.

Economie. Le marché de l’énergie européen devrait être intégré, et posséder une stratégie commune (par exemple en mettant ses panneaux solaires en Espagne plutôt qu’en Allemagne). Cela ferait de grosses économies (65md par an). Mais cela entraîne des changements difficiles. Une fois de plus, « beaucoup va dépendre de l’Allemagne ». Aux USA, le bus a le vent en poupe. Faute d’un réseau de transport en commun moderne. Les USA et l’UE subventionnent leurs agriculteurs. Ils le font pour des raisons différentes. « Les contribuables européens paient souvent pour bloquer le marché (…) Les subventions américaines donnent aux agriculteurs un avantage sur le marché des matières premières. » La téléphonie mobile se simplifie. Vodafone et Verizon se séparent ; Microsoft achète les terminaux mobiles de Nokia ; l’UE serait partie pour une consolidation de ses « marchés fragmentés ». Certains analystes prévoient une « nouvelle récession mondiale avec des vagues de déflation allant vers l’Ouest, venant d’Asie, la Chine devant dévaluer du fait d’une perte continue de compétitivité », mais la faiblesse émergente fait baisser les prix des matières premières. C’est bon pour l’Ouest. Incertitude donc. Mais les marchés sont optimistes. Les gouvernements suisse et américain se sont mis d’accord pour que les banques suisses transmettent des informations sur les comptes des fraudeurs américains qu’elles abritent (et paient des amendes). Apparemment, ces informations permettraient de savoir vers quels autres paradis part l’argent de la fraude lorsqu’il quitte la Suisse. Ces paradis pourraient à leur tour subir le traitement suisse. Le fraudeur ne serait, alors, plus en sécurité nulle part. Changement chez les avionneurs. Hier les nouvelles compagnies des pays du Golf demandaient des longs courriers. Aujourd’hui, le marché va vers des moyens courriers (moteurs moins puissants, moins de carburant). Les constructeurs modifient leurs appareils.

Science. Ronald Coase, un économiste, est mort. Il avait montré « pourquoi les entreprises existent ». Qu’il puisse exister des entreprises a extraordinairement surpris les autres économistes. La sélection naturelle permet aux oiseaux de Tchernobyl de s’adapter à la perte de la vue.