Le mal profond de l'Iran : un régime dysfonctionnel ?

L’Iran abat un avion civil. Le peuple manifeste bruyamment.

Car cette bavure trahit le mal de l’Iran : le dysfonctionnement. Le régime iranien marche très mal. Et le peuple est mécontent. Voilà la véritable menace qui pèse sur la tête de son pouvoir religieux. (POLITICO EU.)

(Où l’on voit que la démocratie est une fin et pas un moyen ? Le véritable besoin d’un peuple est de vivre bien ? Sa revendication : que les trains arrivent à l’heure ? Le droit de vote lui permet, simplement, de se faire entendre quand il n’est pas content, sans avoir besoin de faire une révolution ?)

Les USA frappent l'Iran, et après ?

Les USA éliminent un général iranien. C’était probablement l’homme le plus important du régime, plus important même qu’un premier ministre. Quand M.Trump a parlé de réplique à l’attaque de son ambassade, il n’a pas exagéré.

Cela ressemble aux méthodes des Russes lors des prises d’otages au Liban : ils découpaient en petits morceaux ceux qu’ils soupçonnaient d’être coupables. C’était efficace.

Le rôle et le succès du général iranien posent une question que l’on n’aborde pas souvent. L’Iran est-il, comme le dit M.Trump, un facteur de déstabilisation redoutable ?

Peut-être qu’il n’y a pas débat sur la question dans les hautes sphères du pouvoir mondial. Ce qui change est la façon de résoudre le problème. Hier, on croyait à la négociation, et aux vertus pacificatrices (corruptrices ?) du marché, maintenant, on estime qu’il faut se faire respecter ?

Nucléaire iranien : à quoi tient une crise

Je m’interroge sur les raisons de la politique de M.Trump vis-à-vis de l’Iran. Jusque-là, je suis arrivé, à mon avis, à expliquer un bon nombre de ses décisions, mais, pour celle-ci, c’est un échec. Serait-il aux mains d’une minorité d’illuminés (américains), qui veulent liquider l’Iran pour accélérer leur arrivée au paradis ? Sous-estimerions nous la volonté hégémonique perse ?… Rien ne semblait très crédible.

En fait, M.Trump aurait, simplement, « voulu contrarier Obama« .

A moins qu’il y ait là une logique ? M.Trump fait le contraire de ce que l’on a fait avant lui (ne l’a-t-on pas élu pour cela ?), et, si ça résiste (comme Obamacare), c’est qu’après tout ce n’était peut-être pas si mauvais que cela ?

Variante du pragmatisme anglo-saxon ?

Guerre en Iran

M.Trump va-t-il faire la guerre à l’Iran ? (Un article de la Tribune sur le sujet.) Probabilité élevée. Mais l’Iran a peut-être trouvé le seul moyen qui puisse faire hésiter l’Amérique. Une tactique redoutable. Probablement, celle qu’a utilisée le Hezbollah contre l’armée Israëlienne. Pas loin de celle des Vietnamiens contre les Américains. Une guerre « asymétrique » qui vise à faire beaucoup de dégâts chez l’assaillant.

M.Trump est-il idiot, comme on le dit souvent ? Ou révèle-t-il les aspirations d’une partie des USA, jusque-là cachées ? C’est aussi cela la démocratie.

Guerre d'Iran

Les USA, Israël et l’Arabie Saoudite s’unissent pour combattre l’Iran. La seule issue que l’on puisse voir à ce conflit est la guerre. Voilà ce que disait un universitaire interrogé par Soft Power de France Culture.

On oublie souvent que les USA sont un Etat religieux. Est-on parti pour une nouvelle guerre d’Irak, contre l’axe du mal ? Mais, leurs intérêts économiques ne sont jamais loin de leurs préoccupations. Quels sont-ils, dans ce cas ?

Iran

Iran : faut-il avoir peur de M.Trump ? L’accord obtenu avec les Iraniens semblait sain. Surtout, il visait à donner un coup de pouce à un régime modéré, et à isoler les fondamentalistes bellicistes. M.Trump risque d’obtenir le contraire. Cette fois-ci, ce n’est pas la Corée du Nord qu’il affronte. Mais une puissance mondiale. Certes pas très riche, mais qui est intelligente, habile, et qui a un sens de l’honneur certain.

Cependant, cet accord semble présenter la faille commune à la politique de M.Obama : il n’a pas donné ce que l’on attendait de lui. Et voilà pourquoi il peut être mis en cause.

Quant à M.Trump, ce n’est pas lui le problème, mais nous. Ce qu’il nous rappelle, c’est que, pour une raison qu’il reste à expliquer, les démocraties sont sujettes au syndrome de Munich. Elles confondent pacifisme et lâcheté. Face à un déséquilibré, elles perdent leurs moyens.

Israël : la vengeance d'Obama ?

Hervé Kabla trouve que la réconciliation des Américains avec les Iraniens est une mauvaise affaire pour les Israéliens. Je me suis demandé si cela ne me donnait pas raison. Il me semble que M.Obama est un extraordinairement intelligent tueur. Or, M.Netanyahou lui a fait dans les bottes. M.Obama devait donc se venger. Et si l’accord iranien était cette vengeance ? Qu’elle se mange froide confirme peut-être ce que l’on peut apercevoir de la personnalité d’Obama…
En outre, cet accord a beaucoup d’intérêts. Ajouté au gaz de schiste, qui rendent les USA indépendants des Saoudiens, cette manœuvre permet de neutraliser le pouvoir de nuisance de ces derniers. Ils vont devoir maintenant dépenser des ressources financières en déclin pour contrer un ennemi puissant, alors qu’ils ont besoin de leur argent pour acheter la paix intérieure. Nouvel avatar de la technique américaine visant à paralyser le Moyen-Orient ? 

Obama méritait-il le prix Nobel ?

En traitant avec les Iraniens, B.Obama nous a-t-il évité une guerre nucléaire ? Vu le nombre de pays qui possèdent la bombe atomique, je doute que ce soit le cas. D’autant que la Corée du Nord l’ayant acquise apparemment sans difficultés, je me demande pourquoi l’Iran et ses ingénieurs d’élite ne pourraient pas faire de même en s’épargnant la tragi-comédie actuelle. 
Mais le Comité Nobel semble avoir eu le nez creux. Il a compris que B.Obama était susceptible de faire le contraire de la politique de M.Bush. C’est à dire de penser que la guerre n’était pas la solution, mais le problème. Certes, ses drones méprisent un peu les lois. Mais il ne faut probablement voir là que l’expression du pragmatisme américain. C’est mieux qu’une intervention armée. Et on expérimente avec ce que l’on a. Jusqu’à trouver une solution satisfaisante. 

Iran et enjeux de l'accord nucléaire

Quels sont les enjeux des négociations actuelles entre Iraniens et Occidentaux ? On nous explique que c’est une histoire de guerre nucléaire. Peut être. Mais la technologie de la bombe nucléaire n’a rien de compliqué, et beaucoup de pays la possèdent. En outre, l’Iran utilise cette technologie pour des usages civils, me disait quelqu’un qui a fréquenté le pays. 
Et si la raison de la négociation correspondait à ces conséquences ? L’Iran est un pays dynamique, innovant, avec quelques-uns des meilleurs ingénieurs au monde, beaucoup plus proche du modèle occidental que tout ce qui se fait dans la région. C’est un marché important, en particulier pour les USA. C’est aussi le plus puissant contre-poids au sunnisme, à l’Etat Islamique et à l’influence saoudienne et Qatari. C’est diviser pour régner ?
Mais si l’objet des négociations n’est pas nucléaire, pourquoi a-t-on fait tout ce bruit autour du nucléaire ? Et si ce n’avait été qu’un moyen de gêner l’Iran, vu alors comme un ennemi ? Des mystères de la diplomatie ? 

Le capitalisme futur sera familial ?

Les théories économiques sont fausses, dit The Economist. L’avenir est au capitalisme familial.Son poids est énorme. Et ce sera encore mieux demain : les pays émergents ne sont que capitalisme familial. Et si le journal avait trouvé l’avantage décisif du modèle ? La transmission. La famille ne cherche pas à optimiser la valeur actionnaire, elle veut transmettre une belle entreprise à ses petits enfants. Et, surtout, elle transmet une « culture », tout un savoir-faire accumulé au cours des ans (mais aussi tout un réseau relationnel !). Les inégalités ont de beaux jours devant elles.

Effectivement le capitalisme actionnarial semble s’autodétruire. Les grandes entreprises sont devenues des organismes financiers. Leur métier officiel n’est qu’une façade. Ce qui compte pour elles est de faire fructifier leur argent sur les marchés. D’où cercle vicieux. Le mécanisme d’investissement productif est désamorcé, les entreprises font grimper la valeur de leurs actions en les achetant et en fusionnant entre elles. Quant au risque financier, on est parvenu à en protéger les banques. Le financement de l’économie est maintenant entre les mains d’acteurs que l’Etat n’aura pas à protéger. Mais il est bien plus grave qu’avant. La croissance de la Chine faiblit dangereusement. Va-t-on vers un crash ? On parle de construction et d’immobilier, de risque de bulle. On entre dans l’abstraction économique. Apparemment, la croissance chinoise n’a plus un fondement très sain. Il y a beaucoup de raisons d’inquiétude, mais aussi de signes que l’atterrissage est maîtrisé. La popularité de M.Poutine atteint 90%. Le Russe se sent menacé par le reste du monde. Et M.Poutine joue sur sa peur. Mais ne peut-elle pas se retourner contre lui ? Car, ce dont il accuse les Occidentaux n’est rien d’autre que ses propres tactiques… On nous dit beaucoup de mal de l’Europe du Sud, et pourtant la Finlande est en aussi mauvaise santé qu’eux. Et, en plus, elle est un pionnier en termes de vieillissement de la population. Et si elle se transformait en laboratoire de recherche sur la question ? « A mesure que d’autre grands pays vieillissent, ils pourront apprendre de la Finlande – et peut-être acheter quelques-uns des produits et services qu’elle fabrique. » Et justement. Pour cause de vieillissement accéléré ?, l’Allemagne reçoit deux cent mille demandeurs d’asile par an. Ses ressortissants en ont ras la casquette. Au Moyen-Orient, la paix des USA avec l’Iran semble être liée à la chute des prix du pétrole. L’Arabie saoudite fait baisser les cours du pétrole, ce qui affecte la Russie et l’Iran. Mais la Russie arme l’Iran, dont l’influence contre-balance celle des Saoudiens et des milices sunnites. Et les USA, dont les producteurs de gaz de schiste résistent mieux que prévu aux baisses des prix, jouent les arbitres. (Neutralisation de « l’axe du mal » ?)

GE ferme son activité financière. Elle était énorme. Mais elle était devenue un handicap. Ce qui reste est un portefeuille de participations, remanié sans cesse, et sans grande cohérence. L’Europe attaque Google. Mais, le problème de l’Europe en termes de numérique, n’est pas Google. C’est l’absence d’un marché commun. C’est pour cela qu’aucun Google ne peut se développer. Nokia achète Alcatel. Mais s’ils sont aussi mal tous les deux, c’est du fait d’acquisitions ratées… Le cloud computing remplace une activité rentable par une autre qui ne l’est pas ! « En termes météorologiques, les gros utilisateurs d’IT peuvent espérer des ciels bleus (…) les fournisseurs de capacité de calcul en ligne, un ciel couvert, de faible rentabilité (…) et les fabricants traditionnels de logiciel et de matériel, des conditions orageuses ». Les écoles privées anglaises (Eton and co) sont un modèle à suivre. Elles se sont positionnées avec succès sur le marché de l’ultrariche. Elles facturent 30.000£ par élève et par an.

Les politiciens manipulent l’économie pour lui donner une apparence de santé, et se faire réélire. Mais, le phénomène est plus que compensé par l’inquiétude que fait naître l’élection, qui paralyse l’économie. Solution ? Transparence. L’économie n’oscillera pas stupidement si on lui dit la vérité.