Si la guerre d’Iran a quelque chose de bon, c’est de nous amener à nous interroger sur l’usage et l’efficacité de l’intelligence artificielle, dont elle fait un emploi massif.
A ce sujet, je note une première. Jusque-là la guerre était la mère de l’invention, dans ce cas, les USA se servent des produits du marché.
L’intelligence artificielle fait gagner les batailles, mais perdre les guerres ? L’homme tend à lui déléguer ses responsabilités, or, elle n’a pas de vision d’ensemble. Résultat, elle démolit beaucoup, et de manière indiscriminée, mais elle ne comprend rien à la stratégie. Curieusement, comme je le note depuis des années, elle semble révéler les biais cognitifs humains. Dans le cas de l’Iran et du Hezbollah, il a été fait l’hypothèse implicite que ces sociétés étaient construites sur le modèle occidental du surhomme. Il suffisait de le décapiter pour que le pays s’effondre. Exemple type d’énantiodromie : faute de chef, M.Trump n’a plus d’interlocuteur. (Aurait-il fabriqué une société de terroristes qui n’obéissent à personne ?)
Autrement dit, le rôle de l’homme est plus important que jamais. Il doit apprendre par la pratique le bon usage de l’intelligence artificielle, ce que ne font pas les Européens, qui se sont interdit d’aller en Ukraine. Et surtout, il doit construire des sociétés résilientes. Le modèle jacobin a vécu ?
(Réflexions suscitées par Affaires étrangères.)
(M.Trump, dit-on, est soucieux de laisser une trace dans l’histoire. Il a, d’ores et déjà, réussi son coup. Une autre preuve que l’homme est tout et l’intelligence artificielle, rien ?)