La 5G : dilemme du prisonnier ?

L’Occident est fichu. La Chine a pris un avantage décisif dans la technologie 5G. Or, la 5G, c’est l’avenir. Voici ce que l’on entend. Qu’en est-il vraiment ?

Le Financial Times disait que la 5G est un casse-tête pour le gouvernement occidental. En effet, il envisageait de mettre aux enchères les fréquences qui lui sont utiles, un moyen de réduire ses dettes. Mais les Chinois ont donné ces bandes de fréquences à leurs opérateurs. Si l’avenir s’y joue, nous devrions faire de même…

Qu’est-ce qu’apporte la 5G ? Beaucoup plus de débit, au particulier. Pour l’entreprise, c’est la promesse de l’objet connecté. Pour la ville, celle de la « ville intelligente ». Mais cela a aussi des inconvénients. Il faudra, pour les opérateurs et pour les utilisateurs, de nouveaux équipements, apparemment chers. Tout le monde devra-t-il changer son téléphone, même sans usage de la 5G ? Et la 5G « porte moins loin ». Ce qui signifie plus d’antennes, et peut-être plus de zones blanches. Et si la 5G faisait beaucoup de perdants ? De gilets jaunes ?…

Surtout, y a-t-il un marché ? Est-ce vital de pouvoir télécharger instantanément des films sur son téléphone mobile ? Ressentez-vous un besoin irrépressible pour une « ville intelligente », ou pour que votre réfrigérateur pilote vos trajets en fonction de ses besoins ? Et les questions de cybersécurité ? Quand tout est connecté, tout peut s’effondrer comme un seul homme. Et, aussi, quel en est le coût ? Ces technologies absorbent une énergie folle, et toujours plus d’énergie. Et il faut toujours plus de batteries, non recyclables… Elles sont anti développement durable.

Depuis 30 ans, j’entends que « le débit va créer l’usage ». Le passage d’une G à l’autre est toute la stratégie des opérateurs de télécommunication. Ils y trouvent l’espoir : un jour ça marchera, et nous serons riches. D’ailleurs, si on ne le fait pas, nos concurrents, ou les Chinois, le feront. Dilemme du prisonnier ? Serait-il temps que l’on retrouve nos esprits, et que l’on mette un terme à cette course en avant ?

Blockchain et bitcoin : qu'est-ce que ça cache ?

Bitcoin, blockchain = compliqué ? Emanation directe du « libertarisme » des milliardaires de la Silicon Valley. La société c’est le mal, l’oppression ; moi (mais pas les autres), le bien. Il faut éliminer la régulation faite par l’homme, et la remplacer par une régulation faite par la machine. Bitcoin et Blockchain, ce n’est pas plus que cela : l’économie auto-régulée. Bitcoin, blockchain = idéologie.

Hegel parlait « d’aliénation », homme opprimé par une abstraction qu’il a créée. Par peur de l’homme, on se donne au Diable ? Plus modestement, la technologie est-elle infaillible ? Outre qu’elle est totalement dépendante d’Internet, la blockchain consomme énormément d’énergie. Récemment l’Iran aurait arrêté des opérateurs nationaux pour cette raison. Le problème du libertaire est qu’il oublie qu’il doit tout à la société. Notre problème est que ces libertaires nous mènent par le bout du nez.

(Origine de la réflexion : une émission de France Culture.)

60 millions de consommateurs du moteur de recherche

Et si l’on comparaît les moteurs de recherche ? Que donne une même requête ?

En ce qui me concerne, et par rapport à ce que je cherche, Bing donne des résultats significativement différents de ceux de Google. Du coup, j’ai changé de moteur de recherche par défaut.

Serait-il possible de monter une étude comparative du type de celles de 60 millions de consommateurs ? Une question pour Hervé Kabla ?

(Est-ce que les billets sur les moteurs de recherche sont jugés tendancieux, et censurés, par ceux-ci ?)

Les lois d'Internet : lois de la jungle ?

Expérience. J’utilise un moteur de recherche pour chercher un article de mon blog. Je lui donne le nom du blog et les mots qui sont dans l’article. Non seulement je ne le trouve pas, mais ce qui m’est suggéré ne contient pas tous mes mots clés !

La loi d’Internet, c’est la « popularité ». Il est possible que le moteur donne un poids énorme à un mot « populaire », quitte à considérer qu’il n’est pas important que les autres mots de la recherche n’apparaissent pas dans ce qu’il trouve.

Or, la popularité ça s’acquiert. Argent ou sectes millénaristes, c’est, finalement, essentiellement une question de puissances occultes, d’instincts primaires, « greed and fear » comme disent les Anglo-saxons.

Flop et MOOCs

MOOCs ? On n’en parle plus. Les rêves ont été défaits par la réalité.

Encore une mode qui a fait long feu. Marketing adroit, puis prospectivistes qui se nourrissent de nouveauté, puis, personne ne veut être en retard, moutons de Panurge, en particulier écoles d’élite. C’est à celui qui s’affirme le plus bruyamment le champion de la nouveauté. Est-ce comme cela que ça se passe ?

Combien cela coûte-t-il aux start up nations crédules ?

No touch

L’année dernière, j’ai découvert l’idée du « no touch ». Cela semble résulter d’un raisonnement ultra rationnel. Puisque l’on achète de plus en plus de logiciel, la commercialisation doit être dématérialisée. Le client apprend que le logiciel existe, il l’achète et l’utilise. Internet sera notre univers.

Dans un premier temps, il était permis aux commerciaux de s’aider encore du téléphone.

Cela a eu une conséquence imprévue : plus personne ne répond au téléphone, ou n’ouvre un mail d’une personne inconnue (ou regarde les publicités qui apparaissent sur les sites web). Approcher un client potentiel est devenu impossible, à moins d’avoir avec eux des relations personnelles, me disaient des commerciaux.

(Des sociétés proposent désormais des robots expéditeurs de séries de mails à des masses de gens. Ils cherchent à vous faire croire que leur propriétaire s’intéresse réellement à vous. « J’ai regardé votre site web… ».)

La valeur du travail

Je suis un ancien développeur, frappé par la médiocrité technique du logiciel moderne. Le monde semble avoir reculé.

En fait, le logiciel moderne (Google, par exemple), n’est pas une prouesse technique, comme il le fut. Il occupe un monopole, il a saisi un goulot d’étranglement social. Et il en tire une rente sans précédent. Internet s’y prête.

Si l’on parle des « génies » qu’emploient ces sociétés, n’est-ce pas pour masquer cette réalité ?

La société du flicage ?

Dans les années 90, Internet était une utopie libertaire. Il allait faire exploser la grande entreprise. Tout était permis, car personne ne pouvait connaître votre identité. « Personne ne pouvait savoir que vous étiez un chien », disait-on. D’ailleurs, beaucoup s’inventaient de nouvelles identités.

Aujourd’hui, Internet ce n’est que flicage. D’abord pour raison commerciale. On veut comprendre votre comportement, pour savoir quoi vous faire acheter. Mais cela tourne vite mal. Car ce qui fait acheter le plus sûrement, c’est le vice, la faille de caractère. Justement ce qui était caché. Et cela devient vite pervers. Vous vous croyez protégé parce que vous « n’aimez » que des sujets consensuels ? Mais, qui vous dit qu’ils le seront toujours ? Les modes vont et viennent, et sont souvent spéculatives. Et si, demain, vous vous révéliez un collabo ? Et votre amour est-il tactique, calculé, ou réel ? Et l’on sait aussi ce que vous avez regardé, mais pas aimé. Et aussi ce que vous ne regardez plus. Ne pas « aimer », c’est désapprouver… C’est dangereux.

Nouvel exemple d’énantiodromie ?

Réseaux sociaux et communautés

Le débit créera les usages, disait-on au temps de la bulle Internet. Quels usages ont émergé des réseaux sociaux ?

Si l’on en croit le réseau social, une communauté se résume à « influenceur » / « suiveur ». Si l’on observe la société animale, on peut se demander en quoi c’est un progrès.

Mais c’est peut-être tout de même une innovation. On nous dit que nos réflexes « primitifs » nous viennent de l’homme des cavernes. Et si c’était le contraire ? Et s’il fallait la protection de notre société pour que l’homme puisse avoir des instincts « primaires » ?

Réseaux sociaux et gilets jaunes

Quoi qu’il arrive, on parle « réseaux sociaux ». Les réseaux sociaux seraient le mauvais génie des Gilets jaunes. C’est une grande désillusion, pour certains. Car, initialement, on croyait que les réseaux sociaux serviraient les forces du bien, les valeurs démocratiques.

Ce type de raisonnement, que j’entends sur France Culture, paraît bâclé. En effet, les mouvements de foule n’ont pas attendu les réseaux sociaux. Lors de la Révolution, on parlait de « clubs », par exemple. Ensuite, la communication a le pouvoir de faire bouger les foules, si ça n’a pas été le cas de la communication « démocratique », c’est, peut-être, qu’elle manquait de séduction. Ses auteurs feraient peut-être bien de se demander ce qui n’allait pas. Et si, en particulier, l’on avait retenu que les réseaux sociaux étaient un moyen de manipulation ?