Société résiliente

Qu’est-ce qu’une société résiliente ? 

Internet a été à l’origine de la mode de la théorie des réseaux. Celle-ci a une réponse à cette question. Un réseau résilient répartit la charge de traitement de l’information entre ses noeuds. Son équivalent social est donc le contraire de l’organisation d’une armée, d’une multinationale ou de la République française. 

Mes recherches m’ont fait aller au delà de ce modèle. Le « milieu » a un rôle critique dans la stimulation de l’individu. Ce milieu est, en quelque sorte, l’écosystème immédiat du dit individu. Pour un renard, c’est la forêt dans laquelle il vit. Pour Apple, c’est la Silicon Valley. Dans ce modèle, le réseau n’est pas homogène, comme la nature, il présente des paysages différents.

Comment concilier ces deux modèles ? La théorie des réseaux fait l’hypothèse implicite d’un réseau représentable sur une feuille de papier, par des traits entre points. Elle ne prend en compte qu’un type de lien entre individus. Dans la réalité, nous appartenons à de multiples réseaux. Nous avons de multiples « milieux ». Il est même possible que le « milieu » puisse être défini en fonction de l’individu : c’est un milieu sans milieu. Chacun est au milieu, ne serait-ce que parce qu’il se déplace. 

Comme le dit la phénoménologie : méfions nous de la science, elle prétend voir objectivement la réalité, alors qu’elle repose sur des hypothèses culturelles implicites ? 

Intelligence d'Android

Android partage la culture du PC : il n’est pas intelligent. 

Selon l’expression de ma mère, « ce n’est ni fait ni à faire ». Non seulement c’est laid, mais, contrairement à la logique d’Apple, il n’y a pas de cohérence. Rien n’est correctement fini. Même le français utilisé semble celui d’extra terrestres. Et l’on ne sait jamais bien à qui appartient l’application que l’on utilise et à quoi vont servir les données auxquelles elle demande accès. D’ailleurs, c’est le principe même d’Android : il est proposé gratuitement par Google pour servir ses intérêts. 

Curieux choix : d’un côté du pas cher, moche et dangereux, de l’autre (Apple), du beau et bien fait, mais un très mauvais rapport qualité prix. L’économie de marché produirait-elle nécessairement une société de classes ? 

Cyber canaille

Entre les deux guerres, le libéralisme était à la mode en France. Charles Gide avait trouvé une image curieuse pour le caractériser : dans un jardin libre, ce sont les mauvaises herbes qui gagnent. 

On a parlé d’Internet comme d’une création libertaire. Qu’est-il devenu ? Il est parcouru de bandes sans foi ni loi qui rançonnent le faible. Faiblesse relative, d’ailleurs, car le faible ne l’est que par son manque de relations et sa méconnaissance de la science du piratage informatique. Comme jadis, les maîtres de ce monde sont des gueux. 

Le surhomme et la loi d'Internet

Notre société est totalement numérique. La cyber criminalité devient donc une menace mortelle. Qui vise-t-elle ? Le faible ! (Article.)

Autrement dit, vous et moi. Car, que pesons-nous, nous les amateurs d’Internet, face à un spécialiste ? Ou à une organisation criminelle ? 

D’ailleurs, que pensent de nous ces génies du numérique ? 

Dans Les caves du Vatican, André Gide imagine le caprice d’un être parfait, qui précipite d’un train un voyageur ridicule. L’esprit d’Internet ? 

James Bond a trouvé son maître, il est chinois

MI6, les services secrets anglais, appellent à l’aide. Ils ne sont pas de taille à lutter avec la Chine. Son effort de guerre technologique ridiculise les moyens anglais. (Nouvelles de la BBC d’il y a quelques jours.)

Il y a quelques années, on entendait parler de la « vieille Europe », et d’une Chine nouvel Eldorado, et nouveau paradis terrestre des forces du progrès. Sommes-nous gouvernés par des innocents ? 

Maintenant, tout est numérique. Les cyber criminels parviennent déjà à paralyser des entreprises. Demain une nation ? Face aux moyens considérables, et à la détermination, des Chinois et autres Russes, les innocents vont-ils reprendre leurs esprits ? 

Long comme un jour sans Internet

Coupure d’Internet. Que l’on est peu de choses ! Car, comme beaucoup, je suis à 100% en télétravail. Et mon métier, c’est, pour beaucoup, d’animer des réunions… 

Et pas d’être humain à qui confier ses malheurs. Les opérateurs ne sont plus que des robots. Après un parcours compliqué, qui amène les dits robots à tester ma ligne, ils décident qu’elle a un problème, et qu’ils vont dépêcher un réparateur. La ligne sera réparée au plus tard dans trois jours. 

Un fil est cassé ou débranché, me dit cette personne (qu’il est bon d’entendre une voie humaine !). L’équipement qui l’abrite est, de toute manière, en mauvais état. Cela pourrait venir de la fameuse concurrence entre opérateurs, dont on nous a tant chanté les bénéfices, chacun ne prenant pas beaucoup de soin des branchements des autres. Mais aussi de ce que les opérateurs ayant parié sur la fibre ne s’occupent plus de l’ADSL. 

Faudrait-il que je cède à leur chantage ? Même pas. Le maire de ma ville vient de leur expédier une lettre en se plaignant de ce que, pour des raisons identiques à celles qui touchent mon ADSL, ces lignes subissent sans cesse des coupures.  

Voilà mes malheurs. Quand j’entends qu’il y a des gens qui ont le courage de risquer leur vie dans les forêts polonaises gelées, je me dis que j’appartiens à une race dégénérée…

L'ère des associations ?

Petit débit Internet ? Opérateurs ne sont pas intéressés ? Une coopérative a monté un réseau radio et pense même poser de la fibre. Créer un opérateur serait-il plus simple qu’on ne le dit ? (Article.)

Et si beaucoup de problèmes avaient de telles solutions ? Et si les gros monstres qui prétendent devoir leur efficacité à leur taille n’étaient finalement pas du tout efficaces ? A un moment où le pays constate sa « perte de souveraineté » et le coût croissant de ses services publics, associons-nous ? 

Minitel : exception culturelle ?

Superfail de Guillaume Herner (France Culture) parle de Minitel. A chaque fois que je rencontre un dirigeant étranger un peu cultivé, il me regarde avec un air entendu : « ah, vous êtes français… les inventeurs du minitel ! ». Le minitel c’est le bonnet d’âne de la France. 

En fait, ce que disait l’émission de Guillaume Herner est que la France avait tout ce qu’il fallait pour inventer Internet. (Le plus curieux est que je pense avoir rencontré le héros de l’affaire.) Ce qui s’est joué est étrange : selon Guillaume Herner, c’est la société américaine dans son ensemble qui a fait réussir Internet, en absorbant (plutôt mal que bien) des idées étrangères, en les transformant en des produits, qui se sont diffusés partout. Quant à la société française, au contraire, elle a tout fait pour tuer l’idée dans l’oeuf ! 

Illustration des travaux de Michael Porter sur « l’avantage concurrentiel des nations » ! C’est la culture qui est créative !

GAFAM : M, comme Mafia ?

« La Mafia  se réinvente influenceur de médias sociaux. Les chefs de l’organisation criminelle d’Italie du sud adoptent les plates-formes numériques pour diffuser leur message. » Lit-on dans le FT.

Il y a quelques décennies, on écrivait partout qu’Internet, fondé par des libertaires, allait déchaîner sur la terre les forces irrésistibles de la démocratie. 

Cela s’appelle l’énantiodromie : nos rêves donnent leur contraire. 

Internet über alles ?

Année du virus, année Internet. Télétravail, et commerce électronique : changement immédiat. 

Deux questions : 

  • Ecologie. Le tout Internet c’est terrible : consommation d’énergie, émission de CO2, besoin de métaux rares, matériels non recyclables ultra polluants… `
  • Indépendance de la France. Lorsque l’on me demande d’où vient ma famille, je réponds : prenez une carte de la Corrèze, c’est au milieu de la tâche verte. Il en est de même pour la France, en ce qui concerne Internet. Nous semblons totalement démunis. Nous n’avons ni applications (GAFA), ni matériels (Huawei). Même le débit nous est compté. Pourtant, nous n’étions pas sans atouts. Peut-on se tirer d’affaires ? Sans répéter nos erreurs ?