Instagram : 1 milliard de $ pour 13 employés et pas de chiffre d’affaires

Facebook achète un milliard de $ Instagram, « une start-up de 18 mois d’existence comptant 13 employés et aucun chiffre d’affaires » (Pourquoi Facebook dépense 1 milliard de dollars pour Instagram – La Tribune).

Pourquoi un tel prix ? Signe des temps, Internet est has been, l’avenir c’est le téléphone mobile ? (Instagram Deal Is Billion-Dollar Move Toward Cellphone From PC – NYTimes.com)
Lors de la première bulle Internet, on racontait que l’on vendait des chats à « un million de $ ». Comment avez-vous fait ? Contre deux chatons à 500.000$. 

Le blog a changé ma vie !

Hervé Kabla m’a demandé ce qu’Internet a changé dans ma vie, j’ai répondu : rien. Avec ou sans lui, j’aurais été un intello autiste.

Erreur, et excuses à Hervé. Le blog m’a transformé, et cela indirectement. Pour pouvoir l’alimenter, je me suis à la fois exposé à l’actualité, que je hais, et j’ai cherché à analyser ce que je lisais et voyais (surtout les films).
Ce mécanisme produit une forme de remise en cause permanente de mes certitudes, d’autant plus inconfortable et stimulante, qu’elle se fait au vu et au su de l’univers… 

Ce qu'Internet a changé: les usages

Troisième et dernier volet de la petite série entamée il y a quelques semaines, sur les changements induits par Internet: les usages.

En l’espace d’une vingtaine d’années, Internet et les outils qui l’accompagnent ont radicalement modifié les modes de fonctionnement de nos sociétés modernes (et même de celles les moins avancées). Insidieusement, petit à petit, nos modes de communication se sont transformés, au point qu’on parle désormais d’une génération Y, dont l’apprentissage d’Internet s’est effectué en même temps que les autres apprentissages de la vie, et de ce fait censée être dotée d’un avantage sur les générations précédentes.

Faisons ensemble le tour de ces usages si différents.

  • « Googler » un terme. Pour vérifier la définition d’un terme ou même son orthographe, il suffit de lancer une recherche sur Google et de parcourir les deux ou trois premiers liens proposés.
  • Se repérer sur une carte: qui achète encore des cartes Michelin, des cartes IGN ou de tout autre distributeur? Les cartes sont désormais disponibles en ligne, qu’elles soient fournies par Google (encore) ou Microsoft ou Open Street Map.
  • Regarder la télévision, cela se fait de plus en plus via un boitier d’accès Internet (Freebox, Livebox, etc.) ou sur un mobile… via Internet mobile.
  • Ecouter de la musique, en streaming (encore un terme apparu avec l’Internet) ou après téléchargement.
  • Faire ses achats: personnellement, j’achète presque tous mes livres et DVD en ligne, sur Amazon ou d’autres sites. Je n’en suis pas encore à la phase ultime, celle de lire les livre sur un ordinateur ou une tablette, mais cela viendra probablement.
  • Apprendre ou enseigner. L’e-learning n’est plus un rêve. 
  • Séduire, au travers de sites dédiés à la rencontre entre célibataires ou au libertinage moins innocent.
Sans oublier les formes de travail collaboratives. Les réseaux sociaux ont pris place dans notre décor quotidien, Facebook permet à plus de 800 millions de personnes d’échanger, et le jour où nous pourrons tous nous adresser les uns aux autres s’approche doucement.
Internet a envahi tous les usages, toutes les activités humaines. En réalité, le nombre des activités où Internet n’intervient pas doit pouvoir se compter sur les doigts d’une main. Pourtant, Internet n’a pas encore atteint le terme de sa croissance, et d’autres défis se présentent:
  • un défi économique: les services auxquels nous faisons appel aujourd’hui pourront-ils survivre 5, 10, 20 ans?
  • un défi politique: l’internet d’aujourd’hui, ouvert et accessible à tous (ou presque) survivra-t-il à la mainmise de régimes autoritaires, réfractaires à la libre expression?
  • un défi philosophique: internet ne devient-il pas, peu à peu, sa propre raison d’être?
A suivre…

Windows 8, ou le PC devient tablette ?

Windows 8 semblerait chercher à fusionner l’univers du PC et des smart phones (ou des tablettes). (Windows 8: Microsoft Gambles on a Tablet-centric Future – Technology Review)

Retour à la stratégie qui a fait le bonheur de Microsoft : utiliser son monopole pour l’étendre ailleurs ? (Ici imposer son système d’exploitation smartphone aux utilisateurs de PC, et de là revenir en vainqueur vers le marché smart phone / tablette.) Et si c’était le contraire qui se passait ?
Je me demande si Microsoft n’a pas un terrible handicap : ses produits ont le look de Bill Gates. 

L’industrie automobile menacée par un embouteillage mondial ?

L’avenir de l’automobile serait à la congestion, dit Ford. 4md de voitures d’ici peu.

Ce qui contredit un de mes précédents billets qui parle de surproduction…

Solution ? Si je comprends bien, ce serait une sorte d’Internet des transports individuels. Il coordonnerait leur flux, comme Internet organise le voyage des paquets de données ?

Une solution qui évite les transports en commun et l’intervention de l’Etat ? En tout cas, cela demanderait une coopération entre constructeurs, et un équipement spécial des routes.

En outre, elle semble favorable aux petits véhicules (ce qui est bon pour les constructeurs français, s’ils survivent jusuque-là).

Compléments :

Ce qu'Internet n'a pas changé

Hervé Kabla publie un feuilleton sur Ce qu’Internet a changé. Pour le provoquer, je vais développer une thèse différente. Rien n’a changé. Internet a été une innovation comme les autres…

  • Les phases d’innovation produisent un renouvellement rapide des entreprises dominantes, jusqu’à l’atteinte d’un équilibre caractérisé par des normes partagées. Cela n’a pas raté cette fois-ci. Les leaders solidement installés ont été malmenés (IBM, HP) ou éliminés (DEC, Kodak), les nouvelles apparitions ne sont souvent que des feux de paille (Compaq), ou vieillissent vite (Microsoft, Intel, Dell). Ce n’est pas fini. Rien ne va plus.
  • Parce qu’elles font disparaître les repères sur lesquels s’accroche la raison, les phases d’innovation sont systématiquement exploitées par la spéculation. Le phénomène (Bulle Internet) a probablement été d’autant plus remarquable que l’innovation s’est combinée à une sorte de millénarisme (la nouvelle économie). Le monde anglo-saxon et Nicolas Sarkozy ont cru que leur heure était venue. Non seulement l’ennemi soviétique était à terre, mais Internet éliminait les « coûts de transaction » qui justifient l’existence de l’entreprise. Il n’y aurait jamais plus de « big brother », l’individu pourrait vivre éternellement heureux, dans la main invisible du marché mondial. « Et Dieu créa l’Internet » a écrit un polytechnicien en lutte contre l’oppression de ceux de ses camarades qui dirigeaient les entreprises d’État.
  • Peut-être, le coup de génie de cette spéculation a été la fiction de la gratuité. C’est un thème ancien dans le folklore américain, puisque, déjà, les pionniers de la presse pensaient que l’avenir était au gratuit, financé par la publicité. Cette fiction a coulé l’industrie du contenu (cf. la musique), appauvri le consommateur (suréquipé), et enrichi les fournisseurs de contenant. Deux solutions ont été trouvées aux maux des créateurs de contenu : celle des gouvernements, qui veulent punir les consommateurs ; et celle d’Apple, qui a encapsulé le contenu dans le contenant.
  • Enfin, l’innovation, si elle ne fait pas l’objet d’une « mise en œuvre du changement » appropriée, nuit gravement à la santé de l’individu et de l’entreprise. En effet, elle tend à emprunter la pente de moindre résistance, c’est-à-dire leurs faiblesses, de même que l’agroalimentaire nous transforme en obèses en exploitant notre goût pour le sucre et les matières grasses. Or, notre grand moment de libéralisme était incompatible avec la moindre intervention. Internet semble effectivement avoir obéi au paradoxe de Solow : il n’a probablement pas été un facteur de productivité pour l’économie dans son ensemble. Au minimum, il se caractériserait par un grand bruit. Quant à l’individu, plusieurs études laissent penser que son cerveau aurait été recâblé par l’usage des « nouvelles technologies » pour le rapprocher de l’état de légume, qui sied au consommateur idéal. Mais il est probablement trop tôt pour se prononcer sur cette question.
Compléments :

Et si vous changiez votre manière de communiquer sur Internet?

Les médias sociaux sont la grande révolution de ces dernières années. Ils ont fondamentalement modifié notre manière de communiquer, dialoguer, échanger sur Internet. Cette révolution touche aussi bien les organisations (administrations, associations, entreprises) que les particuliers.

Au sein de Media Aces, nous organisons tous les 3 mois des conférences pour anticiper les changements induits par l’utilisation des médias sociaux en entreprise. La prochaine conférence a lieu le 6 mars prochain à l’ESG – Ecole de Management, av Philippe Auguste, Paris 11e. Avec des témoignages de CEGOS, HOURA.FR, de la CCI de MONTPELLIER et de MYSCIENCEWORK.

Prix des places 30€, inscription en ligne.

Ce qu'Internet a changé: les outils

Après les protocoles, la seconde grande catégorie de changements introduits par internet dont je veux vous parler, c’est celle qui se situe au niveau des outils mis à la disposition de nos sociétés modernes.

Vous connaissez presque tous le logo ci-dessus: c’est celui qui identifie l’AppStore, le grand magasin d’applications mobiles lancé par Apple en même temps que ses terminaux mobiles. Riche idée, superbe mise en oeuvre industrielle, mais était-elle seulement imaginable il y a 20 ans à peine?

Certes non. Et pour cause, internet a produit une telle rupture par rapport à l’ère qui l’a précédé, que les changements fonctionnels introduits n’étaient même pas envisageables par des auteurs de science-fiction. Plusieurs types de changements fonctionnels peuvent être distingués:

  • des changements d’organisation: internet a tué, par exemple, la plupart de métiers d’intermédiation: il est tellement simple d’effectuer une recherche sur Google pour obtenir un service, que les entreprises qui se situaient entre l’offre et le consommateur se sont retrouvées en tenaille: exit les locations de vidéos, les marchands de journaux, les agences de tourisme, et jusqu’à la photo papier (adieu Kodak, intermédiaire entre moi et mes photos…)
  • des changements au niveau des outils: communications mobiles voix + données, téléviseur connecté, cartographie en ligne, dématérialisation, etc. Chaque année apporte son lot d’innovations technologiques dont Internet est l’un des prérequis. 
  • des changements au niveau des modes de consommation: accéder à des produits étrangers, ou des produits de niche, est désormais à la portée de n’importe qui: il suffit d’entrer en contact – rien de plus simple, via mail, site, réseau social – avec son producteur au brésil, au Vietnam ou ailleurs. La langue reste la seule barrière, et encore, la prédominance de l’anglais l’a potentiellement balayée.
Sur la base de protocoles stricts mais évolutifs, Internet a permis l’apparition d’outils inimaginables il y a 20 ans. Ce sont les deux premiers changements produits par Internet. Nous verrons ensemble le troisième: celui des mentalités et des moyens.

Ce qu'Internet a changé: le protocole

Avec quelques jours de retard par rapport à ce que j’avais prévu, je poursuis cette chronique sur le changement introduit par Internet. Premier paradigme: le transport d’informations sur la base d’un protocole d’échanges. C’est une première rupture.

L’homme a toujours eu besoin de transporter de l’information: oralement ou par écrit, d’ailleurs. L’information est la base de la décision. Sans une information de qualité, difficile d’engager une organisation, quelle qu’elle soit, dans une direction ou une autre. Espionnage, renseignement, recherche scientifique, toutes ces activités n’ont qu’un but: récupérer de l’information pour faire « avancer la machine »…

L’information doit être, parfois, transportée vers le lieu de décision. Microfilm des bons vieux films d’espionnage, pigeons voyageurs, plans, imaginez tout ce que vous voudrez, mais c’est un fait: il faut présenter l’information à celui qui va la traiter. Les réseaux de communication ont permis un premier niveau d’accélération dans ce processus de transfert. Réseaux propriétaires, fermés, jusqu’à l’arrivée de l’internet. Et là s’est opéré le grand « changement »:

  • plutôt que de penser un immense réseau, internet s’est construit sur le tas, par agglomération de réseaux parfois passablement hétérogènes en terme de structures, de débits et de financements (et aux finalités parfois diverses)
  • à la base d’internet, des protocoles de transfert de données, dont le plus connu est sans doute HTTP (mais il y en a d’autres, comme FTP ou l’email). Ces protocoles ont été pensés de manière à être ouverts et à permettre à chaque application qui le souhaite de pouvoir y accéder (moyennant des mécanismes d’accréditation applicatifs)
  • ces protocoles vivent et s’enrichissent, permettant à internet de progresser et d’offrir de nouvelles perspectives: streaming, internet mobile, etc.
Internet a changé beaucoup de choses, mais c’est avant tout en définissant un cadre strict mais évolutif que ce changement a pu s’opérer: pour bénéficier de plus de liberté, il faut penser à structurer, à cadrer, légiférer; ce n’est pas une idée si répandue, et pourtant, elle est à la base de toute construction durable.
On verra dans mon prochain article les changements fonctionnels induits par cette transformation.