Internet peut-il révolutionner les professions libérales ?


Le cas. Pas facile de se faire connaître quand on a une profession libérale. Non seulement on est souvent seul, mais encore on n’a parfois pas le droit à la publicité (avocats). Les médias sociaux peuvent-ils faire quelque-chose pour les professions libérales ?

Des avocats, des chirurgiens… ont compris qu’Internet permettait de « faire savoir ce que l’on sait faire ». C’est plus facile et plus efficace que d’écrire un livre. Cela demande cependant de savoir écrire, un certain « goût du risque » et d’avoir de la ténacité : une ou deux heures par jour. Mais, comme la course à pied, avec un peu de pratique, cela devient une habitude et un plaisir…

Le cours de Facebook plonge

Le cours de l’action de Facebook plonge. Fait unique, la bulle spéculative n’aurait-elle pas survécu à l’introduction en bourse de Facebook ?

Il est tentant, mais pas très scientifique !, d’y voir une validation de mes théories : il y avait suffisamment de gens pour acheter, mais pas assez pour maintenir le cours.
Je me suis d’ailleurs demandé si l’augmentation de dernière minute du nombre d’actions mises en vente n’était pas la preuve que les banques qui portaient l’affaire avaient pleine conscience que l’occasion ne se représenterait pas, et ont essayé de tondre la bête au plus ras.
J’ai certainement un esprit mal tourné. Cependant, ma théorie a quelques éléments à son appui. En effet, les analystes des banques qui ont réalisé l’introduction pariaient contre Facebook…
Compléments :
  • Facebook : des prévisions déjà dégradées par Morgan Stanley ?
  • Dans un billet je m’interrogeais sur le décalage entre l’intérêt que suscitait Facebook, et l’opinion des experts. Ceux qui ont acheté étaient-ils, non pas mal informés, mais désinformés par les banques qui menaient l’introduction en bourse ? Pire, va-t-on apprendre, une fois de plus, que, dans ces banques, il se trouvait des personnes qui jouaient sur la chute du cours ?
  • L’introduction de Facebook marque-t-il la fin d’une ère ? Celle de Mme Thatcher et de M.Reagan, celle de la toute puissance de la déréglementation, de la bourse et des marchés financiers ? 

Internet va-t-il faire un reengineering de la société ?

Et si Internet permettait de concentrer les relations humaines sur ce qu’elles ont de vraiment important ? Rencontres moins fréquentes, mais plus intenses ? Mais aussi, en réduisant le temps d’entretien que demandait jusqu’ici un lien social, Internet nous permettra-t-il d’avoir plus d’amis ?

Dans le langage de l’entreprise, ceci s’appelle un « reengineering ».

C’est une idée qui m’est venue en lisant une étudesur la transformation du comportement de l’automobiliste.

Peut-être retrouve-t-on là, l’idée de Michel Serres ? Quelles vont en être les conséquences ? Peut-on espérer y trouver le moyen d’allonger la durabilité du monde ?

Facebook fait des heureux

Tout ce que je lis sur Facebook pousse à ne pas y investir. En particulier, le cours des sociétés qui lui ressemblent se sont mal comportés après leur introduction en bourse.

Mais j’entends aussi que la sienne va être un succès.

Cela signifie probablement qu’il existe une communauté de fans de Facebook, qui ne sont pas influencés par la presse. Il est possible que cette communauté soit suffisante pour l’offre initiale, mais pas pour maintenir le cours du titre.

Cependant, il y aura des gagnants certains dans l’affaire. Tous ceux qui collectent l’argent du rêve. Autrement dit, les actionnaires actuels de la société, les banques qui organisent l’introduction en bourse, ou l’État californien, qui va récolter une masse d’impôts.

Compléments :

Internet peut-il révolutionner la communication des PME ?


Le cas. Tout cours de marketing digne de ce nom dit que la publicité permet de faire du « pull », c’est-à-dire d’attirer le client. Ce qui est la façon la moins coûteuse de faire du commerce. En outre, la publicité attire des employés et des investisseurs. Mais seules les très grandes entreprises de la grande consommation peuvent se payer une campagne de publicité. Les médias sociaux ne pourraient-ils pas faire la même chose pour les PME, pour un budget compatible avec leurs moyens ? Une révolution ?

Un exemple surprenant : Blendtec. L’entreprise fabrique des mixeurs industriels. Rien de plus ennuyeux. Mais elle a eu un jour l’idée de mixer des iPhones, et généralement tout ce sur quoi elle pouvait mettre la main. Et de mettre la vidéo de l’expérience sur YouTube. Résultat ? 100m de vues, un chiffre d’affaires multiplié par 4, et un réseau de distribution international propulsé par sa notoriété.

Pour les moins aventureux, le blog permet une prise de parole sur les sujets d’actualité pour lesquels l’entreprise a une légitimité. Les réseaux sociaux professionnels (linkedIn, Viadeo) sont un moyen de transformer ses commerciaux en ambassadeurs. Et l’on peut se faire assister par une agence spécialisée pour un coût raisonnable.

Konrad LORENZ et l'effet de SERRES!

Michel SERRES dans un ouvrage succulent – Petite Poucette – nous pose une question simple qui me semble faire écho à celles que pose ce blog :

L’homme saura t -il s’adapter au monde qu’il a engendré?

Michel SERRES peut rentrer dans notre PANTHEON idéal du DD, il fait partie de ces humanistes, dont le parcours de baroudeur éclectique depuis 80 ans, donne de la profondeur et du sens à ses réflexions optimistes de philosophe.

Dans ce dernier livre, Michel SERRES marche dans les pas de Konrad LORENZ (les 8 péchés capitaux) lorsqu’il rappelle que depuis un siècle l’homme a rompu ses liens avec la nature. Ainsi, en 1900 la majorité de la population était agricultrice et aujourd’hui, c’est 1% qui a conservé cette capacité de symbiose avec la terre nourricière, le reste est citadin en recherche de loisirs et de tourisme.
Les corps de moins en moins sollicités et les esprits sur-excités, ne cessent de se transformer sous l’influence de l’espace qui se restreint (la population est passée de 2 à 7 milliards durant cette période) tout en évoluant avec le GPS, le mobile et la toile. Tout est bousculé, menacé, instable.
Au coeur de ces transformations, il y a le savoir et sa transmission.
Michel SERRES nous dit qu’aujourd’hui ce sont les médias, la pub et la toile qui prennent la place des enseignants qui n’ont pas su s’adapter.
Il évoque la transformation génétique que provoquent ces nouveaux apprentissages en excitant des zones cognitives différentes de celles excitées jusque là.
Ah si Konrad LORENZ avait pu rencontrer Michel SERRES…! c’est ce que ce médecin, éthologue expliquait déjà en 1973, sans prévoir l’avènement d’internet.
Comme le club de ROME et sa projection alarmante pour 2030 (et confirmée dernièrement), LORENZ est ressuscité par SERRES, mais ce dernier, à défaut de proposer des solutions, apporte de l’optimisme aux nouvelles générations, qu’il affectionne, et c’est là que se produit l’effet de SERRES.
Au passage, il nous livre l’origine du mal être des enseignants : je le cite

…j’ai compris avec le temps, en quarante ans d’enseignement, qu’on ne transmet pas quelque chose, mais soi

La question sous-jacente est  : comment être soi?

Michel SERRES considère que la notion d’appartenance est en fin de vie. La religion, la nation, la région, le riche, le pauvre, le sexe, au nom de qui la génération précédente a tué, ne servent plus de référence.
Aujourd’hui un nouvel individu est né. Grâce aux nouvelles technologies, il est en inter-relation avec le monde et sa « bio » diversité, et se doit d’inventer de nouveaux liens sociaux. Il n’ y a plus de chef qui fédère (il cite R. DOMENECH comme un précurseur!).
Ce nouvel individu a accès à un savoir illimité et immédiat, ce qui rend les institutions fondées sur  un savoir-faire jalousement gardé et distillé, totalement obsolètes. Il faut lui apprendre, comme MONTAIGNE l’annonçait, à avoir une tête bien faite et non bien pleine.

Michel SERRES annonce la troisième révolution après l’écriture (de l’oral vers l’écrit) et l’imprimerie (de l’écrit vers l’imprimé). Avec ce passage de l’imprimé vers les technologies, il  propose de casser toutes les cloisons qui ordonnent, classent, trient et qui surtout, empêchent d’inventer.
Comme l’écriture puis l’imprimerie ont fait évoluer l’ordonnancement de nos neurones, ce savoir accessible et illimité va  pousser ce nouvel individu à s’adapter pour construire le monde en mode durable.

Un monde qui lui permette avant tout d’être « soi même » et en toute transparence, clé de la durabilité?

Internet peut-il révolutionner une fédération professionnelle

Le cas : une fédération d’entreprises de service. Le métier des ses adhérents est en danger. Ils souffrent d’un déficit d’image colossal. Leurs clients cherchent à réduire leurs prix, ce qui entraîne un risque de dégradation de service, donc de disparition d’un métier qui aura perdu toute sa compétence. Comment fédérer des gens qui sont partout sur le territoire, autour d’un projet commun ? Comment montrer au monde ce qu’ils apportent réellement ?

Réponse ? Si la fédération est capable « d’une prise de parole engagée », alors les médias sociaux peuvent faire des miracles pour elle. Si c’est le cas, la vidéo lui dit comment procéder.

L’automobiliste change de comportement.

Le phénomène est peut-être international : l’automobiliste roule moins.

Pourquoi ? En fait, ce serait du fait d’une forme de gain de productivité dans le déplacement. Par exemple, on stocke la nourriture, et, grâce à Internet, on ne rencontre nos amis que pour des occasions réellement importantes. (Lonesome highway)
Le changement dont parle ce blog est un changement de comportement collectif, et ceci en est un exemple.

Compléments :

  • Mais ce n’est peut-être pas tout. Pour la génération qui a précédé la mienne, la bagnole c’était à la fois le progrès et la virilité, un peu comme la cigarette. La pression sociale aurait-elle changé notre mentalité ?

Facebook et la rationalité des marchés

Des scientifiques essaient d’évaluer Facebook. Conclusion ? Son prix d’introduction en bourse est surévalué de 50 à 200%. Pire : « la nouvelle génération commence à trouver que Facebook est peu intéressant, « c’est ce qu’utilisent les parents » ». (Facebook shares are overvalued, say financial analysts – New Scientist)

Mais pourquoi veut-on évaluer une entreprise en fonction de ses revenus futurs, comme le font tous les modèles économiques ? La bourse est un marché et fonctionne selon l’offre et la demande. Si l’action de Facebook vaut aussi cher, c’est qu’il y a des gens qui sont prêts à acheter à ce prix. Dans ce groupe, il y a des gogos qui croient au Madoff et des gens qui savent qu’ils jouent, mais qui ont confiance en leur talent (et en leur chance).