Tapie, maire de Marseille ?

On dit qu’Internet a tué la presse papier. Et pourtant, elle ne manque pas de repreneurs. Le complexe Citizen Kane ?

La dernière acquisition de Bernard Tapie aurait un objet plus immédiat qu’une simple volonté d’influence. Il voudrait utiliser ses journaux pour prendre la mairie de Marseille

Super Obama et autres histoires

The Economist constate la victoire d’Obama. Sa stratégie électorale fut à l’image de son intellect, redoutable. Il a visé des « niches », des groupes ayant des intérêts particuliers (par exemple les homosexuels), et se les ait attachés en leur donnant ce qu’ils attendaient. De même, il a convaincu l’opinion des défauts qu’il attribuait à son opposant. The Economist lui conseille maintenant de trouver un accord avec ses adversaires pour rétablir les finances américaines. C’est une autre paire de manche. 
Il ne fait pas bon être pauvre aux USA, dit un autre article. (Raisons culturelles : pauvreté = crime ?)
La Chine change d’équipe de direction. Le pays ne semble pas dirigé par un homme, mais par un groupe, avec de multiples ramifications vers des centres de pouvoir extérieurs. Apparemment, les nouveaux seraient les protégés des anciens, ce qui sous-entendrait un même cap.
Sur le front grec, rien de nouveau. Le pays ne pourra jamais payer ses dettes. Un défaut doit être organisé.
Les Américains pourraient échanger les Palestiniens contre les Iraniens, i.e. pression sur l’Iran contre  négociation Israël / Palestine.
Le pirate somalien n’aurait plus le vent en poupe. La navigation dans ses parages se serait organisée et armée. Et il ne veut pas risquer sa vie.
En ce qui concerne Internet, la presse aurait enfin trouvé une formule efficace : le portail payant. Fin du modèle du contenu gratuit, payé par la publicité, et des illusions de la bulle Internet ? Mais pas fin des bulles. Il y aurait peut-être bien une spéculation sur la dette d’entreprise, rien d’autre ne rapportant quoi que ce soit. Attention à l’éclatement (assureurs…). Facteurs d’éclatement ? Crise ou reprise ! Autre souvenir de bulle, les agences de notation seraient attaquées par la justice. Ellesexpliquent qu’elles n’ont fait qu’exprimer une opinion. On leur répond qu’elles étaient payées pour que cette opinion soit sérieuse.
Pourquoi vote-t-on alors que cela ne nous rapporte rien ? Peut-être parce que le coût du vote est inférieur à ce qu’il en coûterait de s’interroger sur son utilité. (Pour ma part, je soupçonne que l’on est programmé par la société pour voter, de même que l’on pratique moult autres rites sociaux qui ne nous rapportent rien.)
Et si l’altruisme, une caractéristique de l’espèce humaine, venait de notre propension à la guerre, une autre de nos caractéristiques ? Nous y aurions pris l’habitude de nous sacrifier pour le groupe… 

La Chine au bord de l’explosion et Internet augmente notre réalité locale

Toujours aussi peu de temps pour lire The Economist :
La Chine change harmonieusement de gouvernement. Mais, pour le reste c’est explosif : « instable à la base, découragée à la strate intermédiaire, et hors de contrôle au sommet ». Et son nouveau dirigeant est impénétrable.
L’austérité est toujours une erreur. Mais, pour une fois, ce n’est pas l’Europe qui subit les critiques du journal, mais l’Angleterre, et surtout les USA. Et pourtant le budget européen est otage des égoïsmes partisans, opposés à l’intérêt collectif.
Et si l’Allemagne était ennemie de la redistribution au sein de l’Europe parce qu’elle en est elle-même victime ? Ses Etats riches sont rançonnés par ses Etats pauvres…
Dossier spécial sur Internet, téléphonie mobile et la géographie. Où l’on découvre qu’Internet n’efface pas les distances, comme on l’a cru. Il diffère d’ailleurs d’un pays à l’autre. Surtout, il apporte une nouvelle dimension à notre voisinage immédiat. Les services cartographiques deviennent même un enjeu stratégique. Mais, au fait, me suis-je demandé, pourquoi nous disait-on que les distances ne compteraient plus ? Pour mieux délocaliser ? Et si nos intérêts influençaient méchamment notre interprétation des bénéfices de la technologie ?
Pour une fois, une entreprise française est un modèle. Vinciest donné en exemple à ses concurrents chinois. Son secret ? Acquérir judicieusement. Soit des entreprises bien installées dans un marché, soit des consultants ayant des spécialités utiles. Et aussi « ne pas courir après la part de marché » : savoir choisir les affaires rentables. Ce bon sens fait défaut à Hitachi, un assemblage disparate d’un millier de sociétés, peu rentable ; et à Siemens, autre monstre, victime de plusieurs bévues stratégiques. (Et d’un brin d’arrogance germanique ?)

La croissance : un incident historique ?

La croissance a été un incident historique. Voilà ce que dit le très respecté Martin Wolff du Financial Times. Inattendu. Il s’appuie sur les travaux d’un très sérieux universitaire, qui avance de très convaincants arguments de fond. A savoir que l’histoire de la croissance est due à 3 vagues d’innovation. Elles ont recréé la société. Or, ces vagues sont de plus en plus courtes. Par exemple Internet est quelque peu ridicule en comparaison du remplacement du cheval par la locomotive. Secondargument : notre croissance récente vient de facteurs non durables tels que le baby boom ou la femme au travail.

Il resterait comme dernier espoir le rattrapage des développés par les émergents. Mais ce n’est pas un moteur aussi enthousiasmant et pérenne qu’une vague d’innovation.
L’économie serait-elle touchée par une de ses lois d’airain : les rendements décroissants ? Je n’en suis pas sûr. Si l’on croit ce qu’a lu ce blog, le monde n’est pas durable. Il doit se réinventer. Beaucoup plus qu’une question d’énergie verte, cette transformation concerne notre mode de production et de consommation. Voilà un formidable moteur pour la croissance : sauver sa peau. Et je pense, contrairement à ce que dit ce blog, qu’Internet est une invention majeure, parce qu’il donne à l’espèce le moyen de coordonner sa transformation, et qu’il réinvente nos modes d’interaction et de déplacement.
A ce point Martin Wolff avance un argument encore plus inattendu, venant du FT : ce qui bloque la croissance, c’est le conservatisme de l’élite. Elle est très satisfaite d’un monde sans croissance, dans lequel les revenus des « 99% » reculent.
Je lui réponds que l’accentuation des inégalités et l’apparition d’une élite féodale n’est pas notre problème majeur. Car les avantages acquis ne résistent pas à la vindicte populaire ou à la fureur des éléments. En revanche, le phénomène qui les a créés a des conséquences plus inquiétantes. Comme le note Hot, Flat and Crowded, notre époque a été marquée par l’exploitation parasitaire de l’héritage de nos parents. Nous avons cessé d’investir, or, sans investissement, impossible de créer les moyens de changer notre sort.
En résumé : pour survivre, nous devons nous transformer, d’où croissance, mais nous reste-t-il la musculature nécessaire pour ce faire ? 

France désemparée, Inde libérale, Chine belliqueuse, calotte fondante…

The Economist félicite la France. Finies les fanfaronnades, son gouvernement embrasse la raison économique. Encore faut-il qu’il passe à l’action immédiatement. Mais peut-être avec un peu moins de brutalité qu’au Portugal, qui se révolte contre la rigueur. L’Inde, aussi, se libéralise. Moins de subventions pour le diesel, les investissements étrangers sont autorisés, la grande distribution internationale va rationaliser le marché indien. Des myriades de petits boutiquiers inefficaces vont mordre la poussière. (On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs ?)

Les banques centrales ont fait ce qu’attendait d’elles le marché, à savoir exprimer clairement leurs intentions. La FED attaque le chômage, et la BCE défend l’euro. Mais le journal n’est pas satisfait des gouvernants européens. Ils se sont embarqués dans la construction d’une Europe utopique, alors qu’ils devraient se préoccuper des besoins immédiats de l’économie. Et ce n’est pas mieux aux USA. On s’insulte entre prétendants à la présidence, ce qui ne présage rien de bon quand au désamorçage de la bombe budgétaire de fin d’année. Et Romney fait gaffe sur gaffe. Mais cela affecte moins l’électorat que la santé de l’économie. (Je m’interroge : ne serait-il pas utile de chercher une explication à ses gaffes : travestit-il la réalité pour faire plaisir à son public du moment ? Est-il idiot, ou incapable de préparer un dossier ? Demain, prendra-t-il des décisions sans comprendre ce qu’il fait ?…)

La Chine et le Japon vont-ils entrer en guerre pour des îlots inhabités ? Parallèle avec l’Allemagne d’avant guerres, puissance montante et revancharde ?

Grand chambardement dans l’industrie du transport. Internet a remplacé la voiture dans la culture occidentale. Ce n’est plus la bagnole qui fait l’homme. Les émergents continueront à s’équiper, certes, mais vont vite suffoquer sous les embouteillages d’un monde hyperurbanisé. Bref, l’avenir serait à la voiture sans chauffeur, au partage, au vélib et au transport en commun.

EADS va-t-il s’unir à BAE ? Cela dépend des gouvernements européens. Pour ma part, je me demande si ce n’est pas un marché de dupes. Et si le patron d’EADS voulait surtout devenir gros ? Et si, pour cela, il absorbait un BAE vacillant et survalorisé ? D’ailleurs, qu’un si gros morceau de l’industrie aéronautique européenne soit entre les mains d’une seule entreprise n’est-il pas dangereux ? Et si elle faisait faillite ?… Ici, comme pour sa politique économique, notre gouvernement semble désemparé. Se fait-il rouler dans la farine ? En est-il réduit à adopter les idées de ceux qui en ont ? Patrons ici, économistes libéraux, là ?

Pour finir, la calotte glacière bat tous les records de fonte estivale. Le climat mondial pourrait en être bouleversé. Mais rien ne s’est encore passé. L’économie va-t-elle profiter du dégel ? Le comportement des éléments est trop incertain pour cela.  

Les médias sociaux peuvent-ils révolutionner la communication de la nouvelle entreprise ?

Le cas. Je monte mon entreprise, suis-je concerné pas les médias sociaux ? Si oui, comment dois-je m’y prendre pour en tirer parti, sachant que je suis au four et au moulin ?…

Internet n’est qu’un média, mais c’est un média extrêmement puissant pour diffuser de nouvelles idées, et c’est surtout le média du pauvre. Donc, oui, il est important de s’en préoccuper rapidement.
3 choses à ne pas rater : un site web ouvert (présentant des « fonctionnalités sociales ») ; fédérer son « écosystème » au moyen des médias sociaux professionnels (linkedIn…) ; construire un plan de « marketing en ligne » : analyser comment les différents médias sociaux peuvent accélérer le développement de la société. Très simplement : des vidéos de démonstration de produits ou d’interviews sont un moyen extrêmement puissant de faire savoir ce que l’on a de nouveau à dire.

De même qu’il a un comptable, le dirigeant doit se faire accompagner par une agence spécialisée. Et ce pour la conception et la mise en œuvre de son plan de communication. Prix ? de l’ordre de 6 à 15.000€/an (pour une petite entreprise).

Les médias sociaux peuvent-ils révolutionner les modes de management des consultants ?

Le cas. La mode de management fait la fortune du consultant. Mode de management ? Un nouveau type de mission de conseil, qui se répand comme une traînée de poudre, parce qu’elle répond à un besoin fort de beaucoup d’entreprises.
Si Internet n’est qu’un média parmi d’autres, bien utilisé, il donne quand même un sacré coup de pouce à la diffusion de nouvelles idées. Rare cas de cordonnier bien chaussé !, Hervé Kabla prend pour exemple le livre qu’il a coordonné pour l’association Media Aces des professionnels des médias sociaux. Plus de vingt mille téléchargements !
Conseils ? Utiliser l’exemple de clients qui veulent ringardiser leur concurrence (cf. Free), viser des relais d’opinion, donner beaucoup (mais pas trop !). Un service particulièrement adapté au consultant et à ses modes : Slideshare, site de partage de présentations. 

Différence Google Analytics et statistiques Blogger

Pourquoi y a-t-il de telles différences entre Google Analytics et les statistiques de Blogger ? N’appartiennent-ils pas à la même maison ? J’ai mené une enquête :

  • Le problème serait général : il y aurait de très gros écarts entre Analytics et les statistiques données par les hébergeurs de blogs. 
  • Son origine vraisemblable : la capacité à distinguer les clics humains de ceux qui ne le sont pas (beaucoup de robots roderaient sur Internet…). Analytics serait meilleur à ce jeu, mais peut-être un petit peu trop intransigeant. 

Conclusion ? Plus du bricolage qu’une science exacte. Probablement, Analytics serait plus fiable que les autres programmes, mais un peu au dessous de la réalité.

Compléments :

  • Cela expliquerait pourquoi les statistiques de Blogger pour ce blog indiquent autant de lecteurs étrangers : ce sont des robots ! (Russes, notamment.)
  • Que j’aie pu penser que les deux programmes ont une même base provient probablement de ma culture colbertiste ; l’entreprise américaine doit être dirigée par les lois du  marché : ses équipes partent dans tous les sens, et les meilleures gagnent.

Média social : nouveau CV

Il semble qu’au moins aux USA, les recruteurs cherchent à définir le profil psychologique d’une personne à partir de ce qu’elle publie sur Internet.

Dans un sens, c’est ce qui était prévu : on pensait pouvoir déduire les goûts des hommes à partir des données qu’ils fourniraient à Internet. Ce qui l’était moins est que le recrutement serait le premier utilisateur de ces informations.

Il paraîtrait aussi qu’il y aurait maintenant des agences qui vous aident à vous montrer à votre avantage…