L'avenir est-il à la santé connectée ?

Cette épidémie ne va-t-elle pas être le triomphe de la « santé connectée » ? Dans un monde où le contact entre hommes (et même avec les animaux) est porteur de dangers, pourra-t-on encore aller chez le médecin ?

Les enseignements de la crise contredisent ce point de vue :

  • Les technologies permettent un « gain de productivité » de la médecine traditionnelle. Beaucoup de déplacements sont inutiles. Certains diagnostics sont aussi efficaces à distance que de près. Et même plus efficaces (comme je l’ai constaté régulièrement ces dernières années) : vous pouvez avoir un mauvais médecin de proximité et accès à un bon médecin à distance. 
  • La médecine connectée, par son effet spéculatif, est en partie cause de la crise actuelle. Comme on l’a vu avec l’histoire des masques, certains fabricants ont pensé que l’équipement traditionnel ne leur rapportait pas assez, ils devaient lâcher la proie pour l’ombre. 
  • Paradoxalement, le risque de la santé connectée est l’erreur humaine. Un algorithme est programmé par un homme, et un homme fait des erreurs. L’homme reconnaît aussi ses erreurs. Mais s’il n’est plus là ce sont seulement ses erreurs qui décident de votre sort. 

Objets connectés

D’après ce que j’entends, les entreprises qui déploient des réseaux de communication (Lora ou Sigfox) pour objets connectés sont inquiètes. Elles ont besoin de millions d’objets pour pouvoir vivre. Or, au mieux, il y en a des milliers. Les applications de masse, publiques ou industrielles, se font attendre. 
Pourquoi ? Bulle spéculative ? Les financiers se sont convaincus de l’intérêt du concept alors qu’il ne correspond à aucun besoin brûlant ? Peut-être même, fait-il peur ?…
(Ericsonn, lui, dit qu’il va y avoir des « milliards » d’objets connectés, grâce à l’adoption de nouvelles normes et aux Chinois…)

Cybersécurité

La cybersécurité, cela devient un sujet sérieux. Elle consiste à assurer la sécurité de son entreprise face aux risques posés par Internet : virus, espionnage industriel, calomnie (il y a même des robots pour diffuser de « fausses nouvelles »). Mais ils sont, encore plus, systémiques : si une attaque virale paralyse un de vos clients ou fournisseurs, vous êtes atteint, parfois coulé. A plus forte raison, si le système électrique européen s’arrête de fonctionner… Bienvenue au paradis des objects connectés.
On vient de trouver une nouvelle source d’inquiétude. Le « cloud ». Si un grand fournisseur était touché, les dommages pourraient s’élever à 120md$ dit une étude Lloyds citée par le Financial Times
Internet : propriété privée ou bien public ? 

Le mystère de l'Internet des objets

L’Internet des objets serait-il une affaire française ? En ce qui concerne les opérateurs, on ne parle que de Sigfox et LoRa. Tous les deux français. Plus curieux. Alors que l’on pourrait s’attendre à ce que chacun se fiche de la France, marché minable où rien ne se joue, et dont les fonds d’investissement n’ont ni vision ni moyens, ils semblent être fascinés l’un par l’autre.
Il est logique que les opérateurs soient inquiets. Mais pourquoi n’achètent-ils pas Sigfox ? A moins que leur avenir repose sur du très compliqué, très coûteux pour le client (5G), et que l’innovation frugale à la Sigfox menace leur modèle économique, leur vie même. Orange prochain EDF ? Rejouerait-on ici la bataille de Google, et sa démocratisation des SI, et des monstres du SI maison (Oracle, IBM, HP…) ? Mais pourquoi aucun étranger ne semble s’intéresser à la question, en particulier Google ou même Amazon ? Y aurait-il quelque-chose que nous n’avons pas vu ?

(Le point de vue de Gartner.)

Meilleurs objets connectés

Tout le monde en parle, mais à quoi cela ressemble-t-il donc un objet connecté ? A une brosse à dents, connectée à votre banquier, à une balise pour sportif de grande distance (un « tracker »), à des chaussures…
La montagne Internet accoucherait-elle d’un mulot ? Ou, comme souvent, il faut longtemps à l’homme pour trouver les applications d’une innovation ?

Le téléphone mobile conquiert la planète…

Demain l’humanité aura dans sa poche un superordinateur. En quoi cela va-t-il changer sa vie ? « Le téléphone est une pièce centrale de l’Internet des choses » : c’est « une télécommande pour presque tout ». Cela va aussi bousculer l’entreprise puisque la plate-forme de choix n’est plus le PC ou Internet, mais l’application mobile. Et peut-être aussi notre sécurité. Les téléphones sont particulièrement mal protégés, et ce sont des espions nés ! (Un exemple : « les gyroscopes qui détectent les mouvements peuvent être utilisés pour enregistrer la parole même quand le micro du téléphone est éteint » !). Curieusement l’omniprésence du téléphone mobile pourrait à la fois rendre impersonnelle l’interaction humaine tout en établissant un lien permanent avec l’humanité. (Société d’individus isolés sous le regard de tous ?)
L’Allemagne devient le leader de l’Europe. Qu’est-ce qui la guide ? Eviter que les crises ne dégénèrent en guerre ; éthique ; défense du système international ; conserver l’unité de l’UE, de l’OTAN et de l’Ouest. Et, comme tactique : abandonner ce qui est perdu, pour « sauver le reste ». Ce qui ne fait pas une stratégie. Et ce qui manque de force de dissuasion. Le nouveau gouvernement grec doit faire avaler à ses électeurs qu’il ne peut faire autrement que mener la même politique que ses prédécesseurs. M.Renzi, as du changement ? Il réformerait le droit social. Et ce pour apporter un peu de protection à sa masse de travailleurs précaires et réduire les protections des travailleurs installés. En espérant que cela donne envie d’embaucher à l’entreprise. Les Espagnols sont prêts à tout pour renouveler leurs partis de gouvernement. Après Podemos, voilà qu’arrive Ciuadadanos. Il proposerait un « programme de réformes pragmatiques ». L’Ukraine est prise entre les tanks russes et le FMI. L’infrastructure du Liban a été détruite par la guerre, et seulement partiellement reconstruite. Qu’il existe des installations critiques pour la vie du pays favorise les comportements mafieux. Des partis politiques aux entrepreneurs.
Renouveau industriel aux USA ? Apparemment seulement. Dans beaucoup d’industries de pointe, le pays ne serait pas compétitif. Une question d’impôts et d’éducation. Au moins. Au Venezuela, la situation économique est catastrophique. Le gouvernement cherche à éviter de perdre les élections en jetant en prison ses opposants. La situation économique du Brésil est préoccupante. Désespérée ? A tel point qu’un mouvement thatchérien émerge.
L’Islam est-elle une religion de violence ? Ceux qui disent le contraire sont discrédités aux yeux du peuple… L’Etat Islamique étant un Etat, il a besoin de femmes.
On croyait vivre « l’âge d’or du gaz ». Pas de chance pour les producteurs. Ce le sera peut-être un jour. Mais pas maintenant. L’offre dépasse la demande. Ce qui devrait poser des difficultés à beaucoup d’entre eux, et à leurs fournisseurs.
Xiaomi, fabriquant chinois de téléphones mobiles, connaît un gros succès. Grâce à une formule gagnante : il réalise ses marges sur les applications mais pas sur les téléphones. Honda a essayé de rattraper ses concurrents. Pour le moment cela lui cause surtout des problèmes de qualité. Ils entraînent le départ de son PDG. HSBC a grandi trop vite. Sa gouvernance n’a pas suivi. Du coup, elle a empilé les petits arrangements avec la légalité. Ce qui lui explose à la figure aujourd’hui. Finmecanica, conglomérat hétéroclite, est restructuré. Autre exemple du vent de réforme qui souffle en Italie. 
Histoire des relations difficiles entre économie et politique. Avant 1918, les riches gouvernent. Peu d’impôts et d’Etat. Puis c’est le suffrage universel, l’Etat intervient, éducation et sécurité sociale. Après guerre, c’est le keynésianisme. L’Etat empile les dettes. Inflation et chômage. Puis c’est le monétarisme et ses banques centrales. Aujourd’hui, les nations sont aux prises avec des forces qui les dépassent. Les hommes politiques sont impuissants. Ce qui est mauvais pour la démocratie. (Je ne suis pas d’accord : ce n’est pas parce qu’on ne peut pas contrôler les forces de la nature, que l’on est impuissant !)

La culture contre l’homme ? La nature a calculé nos cils de façon optimale « pour conserver la cornée humide, et éviter les poussières ». Mais la mode a fait du cil féminin un « signal ». Le faux cil est un crime contre l’humanité. 

Sigfox : Google en puissance ?

Sigfox ressemble aux très gros coups spéculatifs de la Silicon Valley. A mon avis, ces dirigeants ont une probabilité élevée de devenir milliardaires. Pour eux, toutes les tartines semblent être tombées du bon côté. 
  • A l’origine, il me semble qu’il y a une orientation stratégique géniale. Alors que tout le monde ne parie que sur la nième génération mobile, histoire de faire casquer le consommateur, Sigfox a fait de l’innovation frugale. Il installe un réseau mondial qui gère des sortes de tweets. Cela ne s’adresse pas à des ordinateurs ou à des mobiles, mais à des émetteurs consommant peu. En outre, la bande de fréquence utilisée semble gratuite. Le déploiement peut donc se faire relativement vite et à coup faible. D’autant que, pour accélérer, la société semble s’appuyer sur des partenaires locaux. Ce qui paraît très malin.
  • Tout cela permet de dire que Sigfox est le champion de « l’Internet des objets » (ou des choses). Un mot qui rend fou l’investisseur et le gouvernant. Mais, c’est faux. Car l’Internet des objets est une fumisterie de marketeux : ce sera surtout l’Internet des virus et des pirates. Sigfox, lui, me semble attaquer un besoin réel. Celui des objets ou des gens dont il faut suivre les mouvements, sans avoir besoin de beaucoup plus d’informations. Par exemple, j’ai découvert, il y a une vingtaine d’année, que la SNCF ne savait pas où passaient ses wagons. Avec Sigfox ce problème ne se poserait pas. (J’espère qu’il a été résolu.) Là où Internet présente un intérêt dans cette histoire, c’est qu’il offre un moyen sophistiqué hyper bon marché de traiter les données collectées, de leur apporter des services à valeur ajoutée. 
  • Autre coup de génie : Anne Lauvergeon préside Sigfox. Or, elle a ses entrées partout, et, probablement, une revanche à prendre sur la vie. Cela va la rendre encore plus redoutable que d’habitude. Hasard ? Il se trouve que Sigfox vient d’annoncer un partenariat avec Airbus et une levée de fonds de 100m€.
  • Les investisseurs initiaux semblent avoir été visionnaires et aventureux. Ce qui est assez rare pour être souligné. 
L’histoire est-elle écrite ? Non. La société peut se faire doubler, elle peut faire des erreurs stratégiques (par exemple en allant sur le « vrai » Internet des objets), elle peut avoir choisi de mauvais investisseurs, ses fondateurs peuvent être dilués, ou incapables de diriger une multinationale… Mais, déjà, avoir pris un tel départ est remarquable. 
(Mes références viennent du site de Sigfox.)

La concurrence n'est plus à la mode ?

Renversement de tendance ? La concurrence ne serait-elle plus à la mode ? Toujours est-il que dans le moteur d’avion, le coût de la RetD conduit à des collaborations étroites entre motoristes, et avec leurs donneurs d’ordres. Quant à l’acacia, il s’allie avec la fourmi, qui lui sert de système immunitaire, grâce à une alliance qu’elle a elle-même conclue avec des bactéries qui sécrètent des antibiotiques. On essaie de lutter contre les crises. Elles viennent de dettes déconnectées de la réalité. « (seulement) 15% des prêts bancaires anglais sont utilisés pour des investissements en capital ». Deux pistes. Réorienter les capitaux qui s’égarent ;  augmenter la résilience du système. Par ailleurs, la crise que nous avons subie tempère l’envie de prendre des risques. D’où une chute marquée de la création d’entreprises et de l’investissement aux USA.

Si c’est une inversion de tendance, elle n’en est qu’à son début. Ailleurs, ça va toujours mal. L’Internet des choses nous menace d’Armageddon. En effet, les dites choses sont équipées d’ordinateurs et de logiciels bas de gamme plus facilement piratables qu’un PC. En en prenant le contrôle on peut aisément déclencher une catastrophe mondiale. Faute d’un minimum d’union, la politique énergétique et environnementale européenne est un désastre. La tactique de M.Assad semble payer. Il a déclenché une guerre civile qui a convaincu l’Ouest qu’il est le seul homme à qui l’on peut parler. En Egypte, les agités des deux bords ont convaincu la population qu’elle avait besoin d’une dictature. La Méditerranée de l’est possède des gisements énergétiques équivalents à ceux d’Irak. Mais, faute d’entente entre ses pays, elle ne pourra pas les exploiter. Ce qui n’a pas empêché leurs politiciens de vendre la peau de l’ours. L’Ukraine est à feu et à sang, sans que l’on voie où cela mène. La Hongrie ressemble à l’Ukraine, dirigeant populiste et imprévisible, oligarques, financements de M.Poutine… mais, elle, est au cœur de l’UE. En Italie, les leaders opposés se réunissent pour imposer au pays une réforme de sa constitution. Mais leurs plans sont d’une complexité invraisemblable. Peut-être, me suis-je demandé, n’ont-ils pas vu la cause réelle du mal : leur comportement même ? La Thaïlandesemble sur le point d’une scission. Mécontentements en Corée du Sud. Variante de la situation française ? Un gouvernement qui saurait si bien ce qui est bon pour son peuple, qu’il ne désire pas l’écouter ? L’économie espagnole irait un peu mieux. Mais une majorité de sa population est dans une situation lamentable. Heureusement que ses anciennes colonies d’Amérique latine ont amorti ses difficultés en achetant ses entreprises et en lui fournissant une terre d’émigration. Aux USA, les dépenses du NSA atteignent 75md$. M. Obama aurait décidé des réformer les apparences. La Chine s’attaque à la corruption des barons du parti. Très mauvaise affaire pour les marques de luxe. Mais la corruption n’est qu’une excuse, il s’agit surtout d’un règlement de comptes. En tout cas le pays se transforme. C’est le tertiaire qui tire désormais l’économie. Et c’est en Chine, où explose une nouvelle forme de consumérisme, qu’il faut chercher les tendances de demain : « La consommation mondiale va prendre un air chinois. Elle sera de plus en plus cosmopolite, tirée par le luxe et les ventes en ligne. » Le paradis de la truffe serait aux USA. En France elle a été tuée par la guerre et la pollution.

Changements et modèles économiques. Les fabricants de cigarettes essaient de réinventer leur modèle économique menacé par la toxicité de leur produit. C’est mal parti. L’Europe tente de trouver un moyen d’imposer les géants d’Internet. L’Etat américain les protège. Mais le mécontentement européen est grand. Un nouveau studio américain apparaît (Lionsgate). Durable ? Ou a-t-il surfé sur une vague ? L’église catholique utilise la canonisation comme arme de marketing et de politique.