Stable coins

J’avais entendu parler des « stable coins ». Je pensais, à tort, que c’était une autre cryptomonnaie. En fait c’est effectivement une cryptomonnaie, mais d’un nouveau type. L’émetteur s’engage à la rembourser si nécessaire. Avec l’argent qu’on lui donne, l’émetteur achète des obligations d’Etat. Ce qui permet d’assurer la garantie, et de faire des bénéfices.

Comme les cryptomonnaies, ils permettent les manoeuvres frauduleuses.

Le gouvernement américain apparemment voudrait les utiliser à la fois pour faire baisser la valeur du dollar et le taux de sa dette, ce qui est contradictoire. (Plus le dollar baisse, plus il faut payer cher pour sa dette.)

Apprentis sorciers ? (Affaires étrangères de France culture.)

Monde quantique

La découverte de la mécanique quantique aurait produit une transformation du monde bien supérieure à la révolution industrielle. Car nous sommes quantiques : il n’y aurait pas de laser, d’électronique, donc de smartphone, d’ordinateur, d’Internet et de numérique, sans mécanique quantique.

Je n’en avais pas conscience.

D’ailleurs, c’est un paradoxe. Car la mécanique quantique nous reste toujours en travers de la gorge. L’émission qui m’a fait écrire ces phrases (la science cqfd, de France culture) faisait entendre Louis Leprince-Ringuet qui disait, d’ailleurs, que ses élèves polytechniciens avaient beaucoup de difficultés avec la mécanique quantique, alors qu’ils n’en avaient pas avec la relativité.

Autre paradoxe : les découvertes ont immédiatement conduit à des applications. Ce qui montre peut-être que nous sommes avant tout pragmatiques.

C’est Einstein qui semble personnifier le mieux le trouble que suscite le quantique. Planck a eu l’idée de proposer une modélisation quantique pour résoudre une énigme. Einstein a pensé qu’il y avait une réalité derrière cette modélisation. Ce qui lui a permis d’expliquer le phénomène photo-électrique. Du coup, il a montré la voie à la physique. (Ce qui ferait de lui le véritable père de la physique quantique. Avec, de surcroit, la découverte de la dualité corpuscule – onde.) Mais, au même moment, il s’est dit que ce qu’il avait trouvé était impossible, sans quoi le monde serait absurde.

Police numérique

Après plusieurs drames, l’opinion anglaise semble réclamer de plus en plus bruyamment que la jeunesse soit protégée d’internet, ses applications et réseaux sociaux.

Ce qui paraît naturel. La loi s’applique partout, pourquoi pas à Internet ? Et, on considère que l’enfant, jusqu’à sa « majorité », doit vivre sous tutelle. Et cela parce qu’il est en « formation », donc influençable.

On dit qu’Internet a été une expérimentation. Sa version actuelle est l’oeuvre de libertaires. Ils pensaient que l’homme vit mieux sans lois. Et qu’Internet le démontrerait. Et qu’Internet deviendrait le monde réel. La masse bêlante serait alors bien obligée de se convertir. Et ces libertaires étaient nos dirigeants ?

Internet ou le changement par les voies détournées de la « soft power » ?

Kim Kardashian

Autre milliardaire de Good, bad billionnaire.

La particularité de Kim Kardashian est de donner en spectacle sa vie privée.

Curieux phénomène, je ne sais pas s’il a été étudié par le sociologue ou le psychologue : un grand nombre de gens vivent « par procuration ». C’est la fameuse question des « influenceurs » et des « suiveurs ». Elle a probablement existé de tous temps, mais elle n’a jamais été aussi évidente que depuis l’avènement des réseaux sociaux. Certaines personnes s’identifient à d’autres. Elles se nourrissent de leur vie. Elles ne semblent pas bien finies. Elles n’ont pas « d’identité » ?

Mais être un influenceur, c’est un métier. Kim Kardashian l’a appris des personnes célèbres qu’elle fréquentait, du fait des relations de sa famille. Bizarrement aussi, pour un pays puritain, une des figures obligée sont les « sextapes » : diffuser ses ébats amoureux sur les réseaux sociaux. Et prélever des droits sur les ventes.

Le modèle économique du « people » est d’utiliser sa notoriété pour vendre les produits de ses clients, et les siens propres. C’est comme cela que l’on fait fortune. C’est un phénomène que n’ont pas compris nos « médias » : la leçon de morale ne fait pas vendre.

Mais être riche a un prix. Les évolutions physiques de Kim Kardashian sont surprenantes, si l’on en croit les photos que l’on trouve sur internet : d’une gentille petite fille, la chirurgie a fait un produit de consommation standard.

Les inconvénients du libertarisme

Après Sam Bankman-Fried, c’est Binance qui passe en jugement. On lui reproche d’avoir permis le financement d’à peu près tout ce qu’il peut y avoir de criminel et de terroriste.

Les crypto monnaies étaient un rêve des libertaires qui nous dirigent. Le mal, selon eux, c’était la société, la main visible de l’Etat. Un système qui s’en passerait ne pourrait qu’être vertueux.

Il est possible qu’ils aient retrouvé les idées des économistes français des Lumières, pour qui la main invisible du marché devait régler l’existence des individus.

Il est aussi possible que la démonstration qu’ils ont faite est qu’une société est un organisme complexe, qui guide gentiment ses membres, et leur évite de faire de grosses bêtises.

Peut-être aussi faut-il voir dans ces jugements le pragmatisme anglo-saxon. Il a un temps fermé les yeux sur ces agissements, après tout il est protestant, il aime l’initiative individuelle, et les génies autoproclamés du numérique sont issus des meilleures familles. Mais il y a un temps pour tout. Il y a un moment où l’intérêt général se rappelle au souvenir de la nation. Fin de la récréation.

Supply chain sous contrôle

Certains rêveraient de connaître qui commerce avec qui.

La cartographie de la « supply chain » aurait apparemment beaucoup d’intérêts : identifier ses points faibles, et donc éviter ses accidents (qui coûteraient 2% du PIB mondial chaque année !), la fraude, le non respect des droits de l’homme, faciliter la « transition écologique ». (Article.)

Apparemment faire une telle cartographie serait facile pour les pays qui collectent la TVA à la transaction (contrairement à la France).

Un temps, on a cru qu’Internet serait le paradis du libertaire. Maintenant, on envisage un total contrôle de l’individu. Y aura-t-il un moyen terme, façon Aristote ?

Verternet

On n’en parle pas…

Within the next few years, artificial intelligence, internet usage, algorithms and other data-driven technologies are expected to consume more than 30% of global electricity.(Article de l’Université de Cambridge.)

On embête l’aviation et l’automobiliste, alors que le danger pour le climat, c’est l’ordinateur !

L’université de Cambridge a eu l’idée d’un nouveau matériau qui ferait que l’ordinateur manipule autre chose que des 0 et des 1, ce qui améliorerait sa mémoire, et soit capable de retenir et de calculer en même temps…

These materials can work like a synapse in the brain: they can store and process information in the same place, like our brains can

En tous cas, comme je le dis depuis pas mal de temps, il y a beaucoup à faire dans ce domaine.

(A commencer par transformer les usages en éliminant le gros de la publicité, par nature inutile et énorme consommatrice d’énergie, puisqu’en vidéo.)

Internet ou la culture de l’Amérique

Aux premiers temps de l’Internet conquérant, on lisait, dans la littérature scientifique, qu’insidieusement, il allait diffuser la culture américaine, en particulier la démocratie.

Mais il n’y a pas que de la démocratie en Amérique. Il y a aussi le rapport de force. Le gros cherchant à écraser le petit, et le vendeur, son client.

Ce blog en est l’exemple. Au premiers temps, tout était gratuit, l’hébergeur faisait tout pour promouvoir le contenu qu’il abritait. Il pensait que cela lui apporterait l’argent de la publicité. Cela n’a-t-il pas marché ? Ou a-t-il été victime de ses appétits, très américains ? Il a commencé à pressurer ses hébergés, en leur retirant des fonctionnalités les unes après les autres, et en utilisant la publicité à la façon d’une prise d’otage : si vous ne voulez pas de publicité, il va falloir payer !

Dernièrement, wordpress, sur lequel ce blog a fini par atterrir, a annoncé qu’il ne pouvait plus relayer ses contenus vers Twitter, Elon Musk ayant décidé de punir ses clients.

Le résultat de tout cela est peut-être l’Amérique à son plus mauvais : Internet est le royaume de l’argent, et des bas instincts. De Donald Trump ?

Internet ou les limites de l'individualisme

J’ai toujours géré des « communautés ». Eh bien, c’est un calvaire. Avec les réseaux sociaux tout, pourtant, devrait être facile. Pas du tout. Personne ne maîtrise correctement leurs fonctions. Même les plus évidentes. Et, comme pour les vaccins, il y a une quantité non négligeable de récalcitrants absolus. Et je ne parle pas de ceux qui ne voient pas passer leurs mails. Si bien que je dois avoir une stratégie adaptée à chacun : envoyer un rappel, juste avant une réunion, un sms au démarrage (avec le lien visio) ou téléphoner lorsque je soupçonne un oubli. Ce qui ne va pas de soi car tous ces gens ne sont pas des proches. Certains pourraient même se considérer comme mes supérieurs. Leur seul point commun est d’être une sorte d’élite intellectuelle, pour laquelle le progrès technique devrait être une évidence.

Une histoire de vieux ? Quand j’enseignais, j’avais proposé à mes élèves un travail sur un blog. Mon mot de passe ne marche pas ! Est-ce celui avec lequel vous vous êtes inscrit ? etc. Que des problèmes idiots… 

N’allons pas chercher plus loin la perte de productivité que produit l’informatique ?

Un temps, on disait que les libertaires avaient vu Internet comme le moyen d’imposer leur mode de vie. L’expérience montre qu’une société se construit. Elle doit définir ce qu’elle veut faire, écrire les lois qui correspondent à son projet et, surtout, former ses citoyens pour qu’ils les suivent. Bref, c’est ce que les livres de management appellent le changement. Dommage qu’on ne les lise pas.

Cyber Russe

L’Occident cherche à dissuader la Russie d’envahir l’Ukraine par la menace de sanctions économiques.

Mais la Russie a aussi ses moyens de contre dissuasion : ses cyber criminels d’Etat. Elle a commencé à attaquer l’Ukraine. Ses prochaines cibles pourraient être occidentales. En particulier le secteur de l’énergie. Voilà ce que disait la BBC, hier matin. 

Peut-être serait-il temps de faire de la cyber sécurité, et donc d’Internet, une affaire d’Etat ? 

(Le libéralisme et la joyeuse anarchie des marchés s’auto réglementant ne peuvent qu’être éphémères ?)