Étiquette : intellectuel
Qu'est-ce qu'un individu ?
La vie de Clémenceau m’a fait penser qu’il y a un divorce irréparable entre sa pensée et celle d’Hannah Arendt d’un côté, et le collectivisme de l’autre. C’est l’homme comme individu contre l’homme comme « masse ». Le radicalisme voulait sortir l’homme de la masse. Le collectivisme voulait faire d’un mal un bien : la condition de certains hommes était de vivre en masse, autant trouver du bon à cela. Au fond, la pensée de la gauche actuelle demeure sur ce modèle de l’union entre la masse laborieuse et l’intello, son Zorro. (Cf. la « massification » de l’enseignement.)
La masse est-elle la condition naturelle de l’homme ? Rien ne paraît le prouver. La masse semble être, plutôt, ce qui arrive lorsque le groupe humain n’est pas structuré par des règles. Elle est une conséquence paradoxale d’un excès d’individualisme, produit par la destruction du lien social.
Qu’est-ce qu’être un individu, alors ? La particularité du modèle des masses / de la lutte des classes est l’absence de pensée. La masse est un être animal. L’intellectuel, lui aussi, ne fait qu’appliquer des modèles. Il a sous-traité son cerveau. Les Lumières semblent avoir vu juste : l’individu est quelqu’un qui est capable de juger par lui-même. Mais, curieusement, cette capacité lui est apportée par la société. Comme dans le modèle de Maslow, l’homme ne peut se « réaliser » que si la société lui a donné ce dont il avait besoin pour cela… D’ailleurs, l’individu n’est pas un loup solitaire. Les individus sont reliés par une sorte de socle commun de croyances, valeurs, objectifs ou autres comme les joueurs d’une équipe sportive.
L'intellectuel est-il un idiot ? utile ?
J’écoute distraitement le cours de Michel Onfray. Il parle des intellectuels et de 68. Ils n’en sortent pas grandis.
Ils obéissent aux modes. Marxisme, existentialisme, structuralisme. Apparemment, ils n’y comprennent rien. Et leur propos est incohérent. En dépit de leurs diplômes, ils ne sont pas intelligents. Peut-être l’art de faire des études est-il, justement, d’absorber ce que l’on ne comprend pas et de le restituer d’une façon confuse, qui fait croire au génie ?
Ils n’ont pas participé aux manifestations de 68. La liberté, le petit peuple… qu’en ont-ils à faire ? Ils pensent avant tout à leur carrière, au Collège de France. Eux que l’on prend pour des contestataires semblent les alliés objectifs des pouvoirs en place. N’est-ce pas pour cela qu’ils défendent des sortes de marginaux mythiques ? Pour écraser le peuple sous une culpabilité imaginaire, afin qu’il se laisse tondre ? La philosophie est l’opium du peuple ?
Comment noter ?
- Il y a ceux qui me trouvent sympathique et veulent faire du zèle. Ils passent malheureusement souvent à côté du sujet. Ce qui me navre.
- Il y a le « bon élève », l’intellectuel. Cette fois-ci j’ai, plus ou moins, la lettre du cours. Mais pas son esprit. Le bon élève est un as de l’économie. Il obtient la meilleure note pour le minimum d’effort.
- Il y a les « rebelles ». Ils en font à leur tête. Curieusement, ils ne font pas ce que je leur demande, mais ils se prennent de passion pour le sujet, et en découvrent l’esprit. Cette catégorie en comprend deux : les rebelles de l’écrit et les rebelles de l’oral.
Le Français ne pense pas, il sait
Un précédent billet disait que notre école ne nous apprenait pas à penser. A quoi nous sert-elle, alors ? me suis-je demandé.
Depardieu ou la révolte d’un être humain ?
Le gouvernement semble avoir cru qu’il ferait de Depardieu un bouc émissaire commode. A-t-il oublié que la France est spontanément du côté de l’opprimé, contre le pouvoir ?
La logique de l’intellectuel
La logique de l’intellectuel (de gauche ?) serait que l’opprimé est fatalement un juste. J’ai saisi cette idée au hasard d’une émission de France Culture dont j’ai attrapé une minute, dans la confusion, d’où l’approximation de la citation. Entout cas, la modélisation semble étonnamment puissante.
Quand l’intello manœuvre le peuple
Une série télé des années 70 – 90 semble avoir fait baisser massivement les naissances brésiliennes. Les héros avaient un enfant alors que la famille de l’époque en avait 6, en moyenne.
Promotion Jules Ferry ?
Le nouveau gouvernement est-il né sous le signe de la redistribution ? On y gagne moins que dans la précédente édition, mais on y est très nombreux.